8 AVRIL 2026
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Bonjour,
Je vous lis et je perçois à la fois votre inquiétude de parents et votre sentiment d’impuissance face à la situation de votre fils. Vous avez mis en place beaucoup de choses : soutien, propositions d’aide, échanges avec les enseignants, adaptation… et malgré cela, les résultats chutent, ce qui peut être très déstabilisant pour vous.
En Gestalt, il est important de regarder non seulement les comportements (ici, les résultats scolaires), mais aussi ce qui se joue dans l’expérience globale de la personne, dans son contexte de vie.
Votre fils traverse plusieurs éléments simultanément :
un passage au lycée, qui est une étape exigeante avec plus d’autonomie et de charge de travail,
un TDAH, qui peut impacter l’organisation, l’attention, la régulation de l’effort dans la durée,
une baisse récente de résultats qui peut venir ébranler l’estime de soi,
un deuil (son grand-père), même s’il n’en parle pas,
et peut-être aussi d’autres tensions internes qu’il ne parvient pas encore à exprimer.
Le fait qu’il dise “travailler sans résultat” peut traduire un vécu de découragement, voire une forme de saturation ou de perte de sens. Chez certains adolescents, cela peut ressembler à un retrait progressif, une difficulté à mobiliser leurs ressources, parfois liée à une souffrance psychique, sans que cela soit forcément verbalisé comme telle.
Votre question sur une possible dépression est légitime. Certains signes que vous décrivez peuvent y faire penser (baisse d’engagement, perte d’efficacité, possible repli), mais il est difficile de poser une hypothèse sans un échange direct avec lui et avec un professionnel.
Dans cette situation, il peut être aidant de :
Créer des espaces de parole où il ne se sent pas évalué, mais simplement accueilli dans ce qu’il vit, sans chercher immédiatement des solutions.
Observer non seulement ses résultats, mais aussi son état général : sommeil, énergie, motivation, relations, humeur.
Éviter que la question scolaire devienne le seul lieu de tension dans la relation avec lui.
Lui proposer, sans forcer, un espace d’accompagnement (psychologue, psychiatre, ou autre professionnel), surtout si vous sentez une souffrance qui s’installe.
En tant que parents, vous êtes déjà très engagés, et il peut être important de reconnaître aussi vos propres limites dans ce que vous pouvez “porter” à sa place. Parfois, malgré tout l’amour et les efforts, un adolescent a besoin d’un espace extérieur pour pouvoir déposer ce qu’il vit autrement qu’en passant par les résultats scolaires.
Le deuil que vous évoquez, même s’il n’est pas exprimé, peut également avoir un impact. Les adolescents ne verbalisent pas toujours directement leur tristesse, mais celle-ci peut se manifester autrement (fatigue, désengagement, irritabilité, perte de motivation).
Votre inquiétude est un signal important, mais elle peut aussi être accueillie avec nuance : plutôt que de conclure trop vite à une dépression, il peut être pertinent de voir cela comme un ensemble de facteurs qui s’entrecroisent et qui méritent attention et accompagnement.
Si la situation persiste ou s’aggrave, un bilan avec un professionnel de santé mentale pourrait permettre d’y voir plus clair et d’orienter au mieux votre fils.
Vous n’êtes pas seuls dans cette situation, et le fait que vous soyez attentifs à ce qu’il traverse est déjà un point d’appui important.
Avec considération,
Christelle Courtay, praticienne en thérapie Gestalt