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Peur de ne plus l'aimer, retour en France difficile, Ambivalence...

Réalisée par Quentin le 29 août 2015 3 réponses  · Approches psychologiques

Bonjour,


J'ai 26 ans, je suis en couple avec une Québécoise rencontré il y a un peu plus de deux ans à Sherbrooke au Québec. Alors voilà, il y a un peu plus de deux ans je suis partis à Sherbrooke pour un stage (mars-septembre 2013), j'avais, je pense, à l'époque un réseau d'amis correct, ma vie de famille était complexe (mère atteinte de SLA, père dépressif et anxieux, liens un peu distants avec mes frères) et j'avais déjà eu par le passé de nombreuses phases de déprimes, angoisses, culpabilité et pensées obsessionnelles. Après ce stage j'ai du rentrer en France 3 mois ou ma mère est malheureusement décédée. Ce fut un gros coup dur au moral, j'avais gardé une grande complicité avec ma mère et je l'aidais encore beaucoup dans sa maladie lorsque j'étais en France.


Après cette période, alors que je n'avais pas de promesse d'emploi au Québec j'ai décidé d'y retourner en m'inscrivant à l'université "temporairement". Cette situation ne me plaisait pas beaucoup mais je la croyais temporaire et je voulais que notre couple continue. Roxanne était la première copine avec qui je voyais vraiment un avenir (mariage, enfant etc...), nous ne nous disputons quasiment jamais et avons une complicité féroce. Alors voila le temps passe et malheureusement je ne trouve pas d'emploi, je reste donc un an (janvier-décembre 2014) inscris dans un programme qui ne me plait pas tout à fait, avec un petit boulot à coté pour arrondir les fins de mois. Aussi, je me complais dans ma relation de couple et ne fais pas d'effort particulier pour me faire des amis "à moi". La vie au Québec est faites de hauts et de bas, j'adore découvrir de nouvelles choses quotidiennement et, d'une certaine façon, je me sens plus libre qu'en France. Malgré mes difficultés à m'épanouir professionnellement je me sens beaucoup moins jugé, je ne sais pas comment l'expliquer. Mon amour pour Roxanne se développe énormément, nous emménageons ensemble et lors de notre vie à deux je vie de nombreux moments de bonheur. Souvent à cette période, la France me manque, je n’arrête pas de faire des comparaisons avec mon pays d'origine.


En Janvier 2015 j'obtiens finalement un permis vacances-travail, qui me permet de travailler a temps plein et d’arrêter cette inscription qui ne me plaisait pas. Parfois (rarement) j'ai des doutes dans mes sentiments pour ma copine, "est-ce que tout ces efforts en valent la peine ?" Oui bien sur, le bonheur que nous vivons ensemble est tellement fort. Puis je décide en Février 2015 que pour mon avenir, il me faut un projet professionnel. Je décide donc de reprendre un M2 en France en septembre, avec l'espoir que, étant donné que cela correspond avec la fin des études de ma copine, celle-ci m'accompagnera en France. Je suis venu au Québec car elle était lié à ses études, j'attendais l'inverse. Avant de quitter Sherbrooke en Mai, ce fut très difficile pour moi, je n'arrive pas à me résoudre à quitter cet endroit que j'ai parfois maudit et parfois tellement aimé. Notre appartement, notre vie à deux, ce bonheur tellement fort, j'ai peur de perdre tout cela. Roxanne m'accompagne 3 semaines en France (elle en vacance, elle est supposé revenir en France en septembre). Durant cette période tout va mal, je me pose de nombreuses questions, je ne retrouve aucun repère. En 2 ans et demi ma mère et deux de mes grands parents sont décédés, la vie dans la maison familial n'est plus celle que je connaissais c'est très troublant. Les moeurs, attitudes, comportements en France me semblent désagréables et souvent je souhaite repartir. Aussi des pensées troublantes m'envahissent, parfois je regarde Roxanne et je me met à penser "est-ce que tu l'aimes ?" "Tu ne l'aimes pas" "c'est un poids", et l'instant d'après je condamne ces pensées qui, pour moi, n'ont aucun sens. Pendant 2 ans je l'ai aimé sans aucun doute possible, je pose le pied en France et au bout de 2 jours je suis envahis de doutes.


Ces doutes vont et viennent, parfois nous avons eus des moments de bonheur simple en France aussi. Je me dis que peut-être, la-bas trop de choses dans mon quotidien, dans ma vie, dépendaient d'elle. Que d'une certaine façon elle était mon repère, et en venant en France je me suis retrouvé à être son repère à elle, et cela m'a troublé. Peut-être me suis-je trop accroché à elle, j'ai appris à être heureux à deux avant d’être heureux seul. Lorsque je ne suis pas avec elle, j'ai l'impression d'avoir une humeur très variable. Peut-être que quand je ne suis pas dans la relation ultra fusionnelle que nous avions, la réalité de ce qu'elle est réellement et de ce que je suis dans mes manques apparaît. Elle est repartis à Sherbrooke et m'a dit ne pas vouloir venir en France. Ses raisons je les comprends et je les accepte, elles sont valables, seulement je regrette que nous n'en n'ayons pas parlés avant. Je viens de passer 3 semaines à Sherbrooke pour essayer de mettre de l'ordre dans nos idées respectives. Là, retrouvailles, crise de nerf, de larmes etc... et bonheur retrouvé. Je la regarde et décompte chaque jour en me disant que je vais la perdre et cela me ronge. Elle m'avoue que les doutes qu'elle a pu avoir sur notre relation sont en fait des questions existentielles qu'elle se pose depuis des années. Elle m'aime de tout son cœur, mais elle a peur de se demander toute sa vie si elle n'est pas homosexuelle, si je suis "le bon" etc... Alors voilà je viens de rentrer en France (il y a 6 jours), et je suis perdu. Les mœurs françaises m’écœurent, j'ai peur d'affronter ma reprise d'étude, peur de reprendre la vie seul dans un appartement minable dans une ville ou je ne connais personne alors que j'avais le bonheur à deux là-bas. Je voudrais que tout soit clair dans ma tête et ce n'est pas le cas. Normalement je pourrais retourner au Québec dans 6 mois, si j'y trouve un stage... mais en attendant j'ai peur. Peur de changer, de redevenir le "Quentin Français" râleur, stressé et angoissé et de finir par accepter ça. J'ai peur de finir par accepter de vivre en France et de, peut-être, perdre l'amour de ma vie. Peur de faire le mauvais choix en fait. J'ai lu des choses sur le "TOC du couple" dans lesquels je pensais me reconnaître, avant de comprendre que ce n'était qu'une invention américaine qui ne représentait pas vraiment une maladie.

J'ai peur de me rendre compte que mon amour pour elle n'était qu'un mensonge...qu'en fait je l'ai peut-être aimé à la folie car j'avais besoin d'elle. Et si c'est vrai ? Je n'ai qu'une envie, retrouver ce bonheur.


Ce retour à la vie seule me fait comprendre que je dois apprendre à vivre par moi-même et pour moi-même. J'ai remarqué que quasiment toutes les activités m'apparaissaient comme des corvées. Je n'ai pas la volonté d'entreprendre des choses qui pourtant pourraient m'apporter du plaisir. Désir-Plaisir-Liberté, oui mais si je ne trouve pas le désir... Quand je déprime, je pense au bonheur que nous vivions et je m'accroche à l'idée que, non il ne faut pas reproduire le même schéma, ce serait une erreur, mais que oui peut-être il serait possible que je retrouve un peu de ce bonheur avec elle là-bas. Mais un amour "sain", pas un amour "dépendant". Je me dis que si je retourne au Québec, je dois le faire pour moi, et non pas pour quelqu'un d'autre.


Peut-être qu'à la base j'aimais Roxanne, mais qu'après le décès de ma mère et ma frustration dans ma situation face à l'emploi, je me suis trop reporté sur ma relation de couple. Peut-être que j'aime le fait qu'avec elle mes angoisses disparraisent et que j'ai l'impression que ma vie a un sens. Au quotidien la-bas, je me surprenais moi-même de l'énergie que je pouvais déployer pour lui faire plaisir ou simplement pour lui plaire. Ici, seul, je n'ai la force et l'envie de rien...

Pour le moment je me dis que je dois vivre au quotidien pour moi, que cette période de séparation va nous permettre de nous recentrer sur nous même et de voir ce que l'on désir vraiment. J'ai une estime de moi assez basse, je suis de nature plus positive qu'avant ma vie au Québec c'est certain, et je m'efforce de le rester car avant j'avais tendance à tout tourner au négatif. J'ai peur de ne plus l'aimer et de perdre ce que nous avons construit. Peut-être que je retrouve chez ma conjointe un sentiment (une relation) que j'avais auprès de ma mère ? L'impression d’être utile, d’être aimé par quelqu'un. Je puiserais mon estime personnelle de ma relation avec elle, et donc sans son regard sur moi je ne serais pas capable de me sentir d'une quelconque valeur. Lorsque je m'occupais de ma mère, c'était difficile mais j'aimais être là pour elle, je déployais aussi une folle énergie pour l'aider. Mais, en admettant que je réalise cela, que mon amour pour elle est devenu une dépendance pour tout un tas de raisons, je ne sais pas quoi faire ensuite. Je ne veux pas qu'on se quitte pour autant. Est-il envisageable de parvenir à démêler ce sac de nœud et à retrouver une relation saine avec elle ? Je me dis qu'en 6 mois, mes convictions vont peut-être se renforcer, je vais travailler à développer mon estime de moi pour moi et non pour les autres, et qu'après cela mon souhait sera peut-être toujours de retourner la-bas avec elle. Oui je l'ai TROP aimé, mais est-ce que pour autant je dois arrêter totalement du jour au lendemain ? Je ne peux pas m'y résoudre. J'ai lu quelque part que tout ceci pouvait être lié à la séparation-individuation. Je compte retourner voir un psy régulièrement lorsque ma formation débutera, je ne peux pas rester avec ces questions qui tournent sans cesse dans ma tête. J'ai beau me dire "vis ta vie, profite, les questions vont se mettre en ordre dans ta tête" les enjeux me semblent tellement important que cela m'occupe beaucoup l'esprit.


Comment être heureux pour moi ?

Comment avoir confiance et une attitude positive face à l'avenir ?

Mon estime personnelle dépend trop de ma relation avec elle, et je me suis investis totalement dans notre relation depuis 2 ans. Un échec de notre relation anéantirais tout ce en quoi j'ai cru et briserai mon moral...

J'ai aimé et hait le Québec, je ne sais pas si je pourrais y vivre mais je sais que je ne veux pas le quitter pour de bon. On s'adapte, je pense que je pourrai m'adapter à la France à nouveau, mais si je regarde une "photographie" de mon état d'esprit là-bas, je la préfère grandement à ici en France.


1000 Questions et l'impression d’être ambivalent et de ne pas avoir la moitié des outils pour y répondre ou y faire face. Je vais consulter car dans mes moments les plus durs (décalages horaires, journée très stressantes en début de semaine) j'ai eu des idées noir et cela m'a fait peur.


Merci si vous avez lu jusqu'ici, je ne m'attend pas à trouver toutes mes réponses dans les commentaires mais peut-être le début du chemin vers celle-ci.

bonheur

Meilleure réponse

Bonsoir,
Vous semblez toujours vous accrochez aux situations passées comme si "c’était mieux avant". A Québec, c’était mieux en France, en France c’était mieux à québec. En France c’était mieux lorsqu’il y avait vos proches... vous comparez sans cesse avec le passé auquel vous trouvez un goût délicieux.
Une psychothérapie vous aiderait à poser vos questionnements et à en comprendre les pourquoi.
Cordialement
Sylvianne Spitzer (92 Montrouge)

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Bonjour Quentin,

Vous vivez plusieurs difficultés en même temps, ce qui vous rend la vie si difficile. Vous pourrez démêler tout cela avec un thérapeute. Bien sûr que vous recherchez un peu votre mère dans Roxanne. Tout amour est un prolongement de l'amour que l'on a eu avec sa mère. Mais d'autres problèmes s'y intriquent, comme les deuils à faire, comme l'entrée dans l'autonomie avec la recherche d'un travail, comme la découverte d'une autre culture qui vous correspond mieux, etc.
Vous vous posez beaucoup de questions, ce qui est plutôt positif. Mais faites vous confiance, faites confiance à votre travail thérapeutique. Vous avez la volonté d'en sortir et de comprendre, vous vous en sortirez. mais il y aura toujours des moments difficiles. Essayez de vous entourez d'amis pour prendre du recul par rapport à tout cela.

Bien cordialement.

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31 AOÛT 2015

Logo Philippe Minier Philippe Minier

58 réponses

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Bonjour,


effectivement, il vous faut consulter un psychothérapeute (psychologue ou psychiatre) et ne pas rester avec des idées noires ...
Ne rester pas seul à ruminer ....
Les réponses à vos questions ne se trouveront que dans un dialogue en profondeur avec un professionnel.

N'attendez pas, faites-vous accompagner !

Bien cordialement,
Véronique de Lagausie

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31 AOÛT 2015

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