Bonjour,
Pourquoi certaines personnes, ayant subit de très grosses maltraitances de l'un de leur parent (enfermement à la cave, coup de ceinturon, coup de branche de noisetier, punissions sur les genoux mains sur la tête, ...), continuent à aimer le parent qui était violent (lorsqu'il était jeune) à l'age adulte et ne lui en veulent pas. Quand on voit les documentaires sur le sujet de la maltraitance, les personnes ayant subit des violences en veulent à leur parent. Alors pourquoi n'est ce pas toujours le cas ? Ais ce que le fait de continuer à aimer ce parent est normal en sachant qu'en dehors des moments de violence, la personne a vécu de superbe moment avec son père. Du coup, elle ne lui en veut pas et considère que ce qu'elle a vécu n'est pas cool mais que cela fait la personne qu'elle est maintenant.
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7 JUIL. 2026
· Cette réponse a été utile à 19 personnes
Bonjour,
Le rejet de ses parents est une manière brutale de tenter de mettre les souffrances à distance.
Reste que les souffrances restent inscrites dans la mémoire psychique et que la distance physique ne résout pas le problème de fond, en nous.
A l'opposé certains ont tendance à rêver leurs parents tels qu'ils auraient pu être et désirent les changer et maintiennent ainsi un lien qu'ils voudraient réparateur.
La bonne solution est entre les deux. Ne pas couper le lien mais accepter que notre enfance ne peut être refaite et ne pas être trop dupe que l'on puisse changer nos parents ou ce qu'ils ont été. La maturité psychologique consiste en cette acceptation de l'enfance que l'on a eu et à travailler sur nous, intérieurement, pour reconstruire ce qui a été blessé en nous. On n'en est pas responsable mais on a le devoir de faire ce travail pour pouvoir grandir et développer sa personnalité.
Je reste personnellement à votre disposition, sachant que ma première séance d'une heure en visio est entièrement gratuite et sans engagement. Vous pouvez librement prendre un rendez vous sur mon agenda en ligne.
Bon courage à vous
Michel le BAUT
Psychopraticien
Thérapeute Jungien
Analyse de rêves
13 JUIL. 2026
· Cette réponse a été utile à 0 personnes
Bonjour,
Il est difficile de totalement détester ceux qui vous mettent au monde. Cela donne une image dégradante de vous meme de se sentir issue de "gens méchants , nocifs " au sens symbolique. Parfois, le parent brutal est le seul objet d'amour auquel l'enfant peut s'accrocher dans le cas d'une famille monoparentale. Lorsque l'enfant est laissé à l'un ou l'autre parent vivant seul avec son père ou sa mère. Il faut avoir assez de recule et de maturité psychique pour désacraliser l'autorité parentale qu'ils exercent de facto et pouvoir les juger comme des gens ordinaires. A partir d'un constat limpide et sans concession sur les agissements du ou des référents l'enfant doit pouvoir s'affranchir de l'adulte maltraitant. Cela est souhaitable. C'est un chemin intellectuel qui nécessite une prise de conscience salvatrice ou chacun est vue tel qu'il ou elle est sans crouler sous le poids de la famille. C'est un vaste chantier qui porte la singularité de toutes les histoires que portent ces enfants.
X.NAKKACHDJI Psychanalyste Chantilly.
8 JUIL. 2026
· Cette réponse a été utile à 1 personnes
Bonjour,
Il n'existe pas une seule manière de vivre ou de se reconstruire après des maltraitances durant l'enfance. Certaines personnes éprouvent de la colère envers le parent qui les a fait souffrir, d'autres continuent à l'aimer, et beaucoup ressentent un mélange complexe d'amour, de tristesse, de colère et de culpabilité. Toutes ces réactions peuvent être compréhensibles.
L'enfant est profondément attaché à ses parents, même lorsque ceux-ci sont violents. Ce lien d'attachement est essentiel à sa construction et ne disparaît pas nécessairement parce que le parent est maltraitant. Il est donc tout à fait possible d'avoir subi des violences et de continuer à éprouver de l'affection ou de la tendresse pour ce parent, notamment si les épisodes de violence alternaient avec des moments de proximité, d'attention ou d'amour.
Avec le temps, certaines personnes parviennent également à distinguer les actes de la personne. Elles peuvent reconnaître que les violences étaient inacceptables tout en continuant à aimer leur parent ou en comprenant son histoire, sans pour autant excuser ce qu'il a fait.
Enfin, il arrive aussi que l'on donne du sens à son parcours en considérant que ces épreuves ont contribué à construire la personne que l'on est devenue. Cette manière de voir les choses peut aider certaines personnes à avancer. Toutefois, cela ne signifie pas que les violences étaient nécessaires ou bénéfiques. Une personne peut avoir développé des qualités grâce à son parcours tout en reconnaissant qu'elle n'aurait jamais dû subir ces maltraitances.
Il n'y a donc pas de réaction « normale » ou « anormale ». L'essentiel est que cette histoire ne continue pas à faire souffrir la personne dans son présent ou à entraver ses relations, son estime d'elle-même ou son bien-être. Lorsque c'est le cas, un accompagnement thérapeutique peut être précieux pour mettre du sens sur son vécu et poursuivre son chemin de reconstruction.
7 JUIL. 2026
· Cette réponse a été utile à 0 personnes
Bonjour à vous
Votre question est très intéressante. Vu de l'extérieur, cela peut en effet paraitre incompréhensible d'aimer un parent qui vous a maltraité à ce point. Cependant, quand nous venons au monde, nous dépendons entièrement de nos parents pour répondre à nos besoins. Ils sont notre modèle. C'est ce qui fait que nous n'avons pas d'autre choix que de nous adapter à leur façon de fonctionner. Pour nous adapter à un mauvais traitement d'un parent, notre psychique va mettre en place des tas de mécanismes de survie, comme des pensées du type : "ma mère me fait mal mais c'est de ma faute. Si je suis différent, elle ne me traitera pas comme ça. Je dois être autrement et c'est à moi de faire l'effort pour qu'elle ne me frappe pas. Elle est malheureuse donc c'est normal qu'elle me frappe, de toutes façons ça ne me fait pas si mal, c'est pas grave, ça va passer, etc...." Toutes ces pensées aident l'enfant à survivre à la maltraitance mais restent ensuite très ancrées en lui. Cela devient des "croyances" profondes. Il va se construire en pensant qu'il mérite les mauvais traitements, que c'est normal d'être entouré de violences et maheureusement il peut passer de nombreuses années à se faire vivre lui même des situations violentes avant de se rendre compte qu'il mérite beaucoup mieux et qu'il a le droit d'être respecté et bien traité. Il va inconsciemment se mettre dans des situations de danger et de violence comme si cela venait rassurer la partie de lui qui justifie ses parents. Comme une loyauté invisible.
Tant qu'il n'en a pas conscience et qu'il ne fait pas lui même la démarche de vouloir changer les choses, il continue à protéger ses parents et à se dire que cette maltraitance est normale, que ça n'est pas grand chose, que ça ne vaut pas la peine d'en parler, etc...
C'est là, malheureusement, toute la perversité de la maltraitance sur les enfants. Ils ne connaissent pas autre chose puisque les parents sont LEUR référence. Pour eux, c'est LEUR norme.
Prenez soin de vous
Hélène CHAMBRIS
Gestalt Thérapie Humaniste Intégrative
Rdv en ligne ou en présentiel à Marseille 8ème
7 JUIL. 2026
· Cette réponse a été utile à 10 personnes
Bonjour,
Soit la personne à une profonde résilience et n'en veut pas au parent maltraitant, mais dans la plupart des cas il s'agit plutôt d'un refoulement qui permet à l'individu après avoir subit l'inacceptable de pouvoir continuer à vivre...
Sauf que l'individu rencontre par la suite des schémas dysfonctionnels dans sa relation avec les autres, ou des comportements à risque, etc...
Car l'attachement insécure précoce conditionne l'enfant, voir mon article sur le sujet :
7 JUIL. 2026
· Cette réponse a été utile à 0 personnes
Bonjour,
Votre question est fort intéressante et pose à la fois la question de l'attachement( un enfant a t il la capacité émotionnelle et psychique de se détacher d'un parent maltraitant ?) , de la nécessité de la rancœur( est il important à l'âge adulte de maintenir de la colère envers ses épisodes de maltraitance?) et des impacts sur le développement de l'enfant et de l'âge adulte.
Votre interrogation me semble teintée d'incompréhensions. Comment peut on aimer encore? Pourquoi haïr toujours? Je ne saurais répondre pour l'autre mais je trouve intéressant que vous sachiez, pour vous même, vous positionner dans ce choix. Que pensez vous , vous ? Qu'avez vous choisit de vivre, vous? Un accompagnement peut vous permettre (si vous le souhaitez) vous aider à éclaircir votre pensée sur ce sujet et vous permettre d'assumer votre choix.
7 JUIL. 2026
· Cette réponse a été utile à 0 personnes
Bonjour, Oui, il est tout à fait possible et même fréquent de continuer à aimer un parent qui a pourtant été maltraitant.
L’attachement entre un enfant et son parent est quelque chose de très profond. Un enfant ne peut pas simplement “cesser d’aimer” son père ou sa mère, même lorsque ceux-ci lui font du mal. Souvent, les souvenirs douloureux coexistent avec des moments heureux, des gestes d’affection, des instants de complicité ou de sécurité. Cela crée un lien complexe, ambivalent, parfois difficile à comprendre de l’extérieur. Certaines personnes ressentiront beaucoup de colère plus tard. D’autres plutôt de la tristesse, de la compassion, ou parfois aucune haine particulière. Il n’existe pas une “bonne” manière de réagir à la maltraitance.
Le fait de ne pas en vouloir à son parent ne signifie pas forcément que ce qui a été vécu était acceptable ou sans conséquences. Parfois, aimer encore ce parent permet aussi de préserver une part de son histoire, de son identité, ou de rester relié aux bons souvenirs qui ont également existé. Il arrive aussi que certaines personnes donnent du sens à leur parcours en se disant : “cela a participé à faire de moi la personne que je suis aujourd’hui.” Cela peut être une manière d’intégrer son histoire, tant que cela ne conduit pas à minimiser la souffrance vécue.
La vraie question n’est peut-être pas : “Pourquoi continue-t-on à aimer un parent violent ?”, mais plutôt : “Comment cette histoire vit-elle encore en moi aujourd’hui ?” Car on peut aimer un parent… tout en reconnaissant que certaines choses n’auraient jamais dû être vécues.
Bien à vous.
Clemence de la Villeguerin
Accompagnent en visio possible. Présentiel à Marseille.
7 JUIL. 2026
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Bonjour,
Oui, on peut continuer à aimer un parent qui a été maltraitant.
Chez les personnes ayant vécu ces gros traumastismes d'enfance, il n'est pas rare de voir qu'elles ont du mal à accepter émotionnellement ce qu'elles ont vécu et à le reconnaitre comme de la violence innacceptable.
Enfant, c'est à dire sans les ressources psychiques de l'âge adulte, elles ont développé des stratégies inconscientes pour survivre et mettre du sens à ce qui leur arrivaient, à ce que leur faisait subir ce parent aimé.
Et arrivées à l'âge adulte, elles continuent parfois dans ce sens, à minimiser la violence de ce qu'elles ont vécu, à relativiser ("bon oui j'ai été frappée mais j'avais à manger et à boire et parfois on avant des bons moments") et de ce fait, oui, à protéger leurs parents.
Il faut faire tout un chemin thérapeutique pour accepter avoir vécu des choses violentes, et innacceptables, d'avoir été une victime enfant. Et accepter aussi que cela a fait quelque chose à l'adulte que je suis.
Peut être avec du bon (être fort par exemple) mais très souvent aussi avec des difficultés (angoisses, anxiété, mauvaise estime de soi, difficultés relationnelles voire répétition de la violence).
C'est tout un travail, en thérapie, que d'aider à faire prendre conscience à l'adulte que la stratégie qu'il a mis en place enfant, ne fonctionne plus aujourd'hui. Le thérapeute, par son écoute et son empathie, va l'aider à réaliser la violence vécue, dans un cadre de sécurité, à la ressentir puis à l'accepter, pour aller vers le changement et le mieux être.
La gestalt-thérapie fonctionne très bien pour cela.
Catherine PIEDNOEL
Praticienne Gestalt Thérapie
En ligne, à Fontenay sous Bois 94, et à Payzac 07
7 JUIL. 2026
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Bonjour,
Il n’y a pas de réponse toute faite à votre question. Cela dépend beaucoup de chacun, mais aussi de la maltraitance subie. Il n’y a d’ailleurs pas de jugement à porter devant l’acceptation ou le rejet du parent violent, c’est du ressort de chacun de cultiver ses propres sentiments.
Pour avoir une réponse plus précise, il convient de travailler autour de l’histoire de chacun.
Je reste à votre disposition et à votre écoute.
Pour plus de détails, contactez-moi.
N’hésitez pas à vous faire une idée du sérieux de ma méthode en consultant les avis sur ma fiche.
Christophe
-------------------------------------------------
Thérapeute de couple - Sexothérapeute
* Rendez-vous en ligne uniquement (visioconférence)
7 JUIL. 2026
· Cette réponse a été utile à 0 personnes
Bonjour J.LETERRIER,
Merci de votre partage.
Un enfant, qui vit dans la maltraitance subit des forces contraires. A la fois le besoin d'aimer et d'être aimée par son parent (sinon, l'enfant perd pied, il est chez les "fous", psychiquement cela dysfonctionne de façon trop sévère), à la fois le besoin de fuir, de se battre avec ses parents qui font peur. Parfois, l'enfant se fige (sidération) face à ceux qui l'ont mis au monde.
Un enfant, n'a pas les ressources nécessaires durant son enfance, il ne peut être qu'une victime, il ne peut pas de son plein gré quitter le foyer familial. Il s'accroche à l'Amour car c'est un besoin fondamental de notre humanité. Ce sentiment qui nous sécurise. La maltraitance fait vivre cette ambivalence que l'amour fait mal... Or l'amour ne fait pas mal, jamais.
L'enfant identifie ses parents comme des menaces alors qu'ils devraient être objets d'amour. C'est très difficile à tenir comme état émotionnel. D'ailleurs, les adultes qui ont vécus des abus, ont tendance à être anxieux et désorganisés dans leurs relations. Ils cherchent le lien (un énorme besoin authentique de chaleur humaine) dans la rupture. Car ils ont peur de ce dont ils ont profondément besoin : l'Amour.
Je reste disponible si vous le souhaitez.
---------------------
David Cifredo
Les Dentelles du Coeur
7 JUIL. 2026
· Cette réponse a été utile à 0 personnes
Bonjour,
Votre question est très intéressante et peut être vue sous plusieurs angles.
Vous pouvez aimer les "superbes moments" que vous avez vécus avec votre père et évacuer les mauvais moments qui entachent vos souvenirs, l'image que vous avez de votre père... et surtout le besoin que vous avez d'un père aimant et soutenant pour pouvoir supporter les côtés négatifs.
Ce qui est déstabilisant pour un enfant dans la maltraitance, c'est aussi l'injustice, le sadisme, la perversité, la volonté de détruire votre personnalité, de vous nuire, de vous atteindre et de vous affecter, de vous "tuer" psychologiquement.
Beaucoup de personnes qui ont été maltraitées n'ont pas eu à subir ce genre de traitement et ont donc "accepté" ces punitions comme étant "normales". Ce n'est que plus tard, en comprenant la situation et en constatant que les autres ne subissent pas ce genre d'éducation qu'ils peuvent faire la différence et remettre en cause leur propre éducation.
Peut-être que votre besoin d'être aimé, reconnu, accepté, entouré et compris était tel que vous avez eu besoin de "nettoyer" l'image de votre père pour n'en garder que le côté nourricier qui vous ma manque.
Peut-être que ce besoin est resté vivant en vous ?
Je ne saurais trop vous encourager à engager un travail de psychothérapie avec un professionnel qui puisse vous entendre, vous comprendre et vous accompagner dans la compréhension des origines de votre problème.
En espérant que ces conseils vous apportent l’aide souhaitée.
Je reste à votre écoute.
Michel Raffoul
Psycho-praticien en Analyse transactionnelle
Séances en présentiel à Paris XIIIe ou en distanciel en visio
7 JUIL. 2026
· Cette réponse a été utile à 0 personnes
Bonjour,
L’enfant a un besoin vital d’être en lien avec un adulte responsable. L’enfant meurt s’il n’y a pas d’adulte pour s’occuper de lui.
Si le parent est dysfonctionnel, tel que l’était votre père et qu’il a tout de même assuré les besoins vitaux de l’enfant, il peut survivre.
Vous reconnaissez avoir été maltraité-e, violenté-e, et très certainement avoir vécu dans la peur, entre les moments agréables et aimants de votre père et d’un coup la colère et la violence qui se déchaîne.
Cela engendre une construction de la personnalité chaotique.
Où était votre mère pendant toutes ces maltraitances ? Comment réagissait-elle ? Le savait-elle ? Cette autre figure adulte n’a pas été là pour vous protéger. Quel lien avez-vous eu avec elle ? Y a t-il encore un lien aujourd’hui ?
Il se peut qu’elle ne soit plus là et que vous reportiez l’amour en direction de votre père. Il se peut qu’elle soit là et ayant laissé faire, elle est descendue dans votre estime. Tout cela sont des hypothèses, est-ce que vous vous reconnaissez dans ce que j’écris ?
La résilience peut permettre de prendre du recul sur les situations les plus violentes qui soient. C’est peut-être votre cas. Pour autant la résilience n’apparaît pas d’un coup de baguette magique, elle est possible lorsqu’il y a des prises de conscience profondes de l’impact des traumatismes. Avez-vous été accompagné-e par des thérapeutes pour soigner toutes les blessures et traumatismes que vous avez endurés ? Si ce n’est pas le cas, je vous invite à le faire afin de vous libérer de ces souffrances qui n’auraient jamais dues exister.
Cela vous permettra d’être en paix et vous cesserez de vous demander si aimer votre père est « normal ».
Je vous invite à lire l’ouvrage de Boris Cyrulnik « les deux visages de la résilience », ou écouter ses conférences sur le sujet. Vous y trouverez très certainement d’autres réponses plus détaillées.
Je reste à votre disposition si vous souhaitez approfondir ces questions.
Claire Thomas,
Psychosomatothérapeute
6 JUIL. 2026
· Cette réponse a été utile à 0 personnes
Bonjour,
Votre question est d'une immense profondeur et, contrairement à ce que les documentaires laissent parfois penser, ce que vous décrivez est une réalité très fréquente. Oui, il est totalement normal et possible de continuer à aimer un parent qui a été très violent, de ne pas lui en vouloir, et de chérir les superbes moments vécus avec lui.
L’esprit humain n’est pas fait d’une seule pièce. Derrière ce paradoxe qui peut surprendre l'entourage, se cachent des mécanismes psychologiques et systémiques très puissants qui montrent simplement votre incroyable capacité d'adaptation.
Voici les 4 clés pour comprendre ce que vous traversez :
. L'attachement est un réflexe de survie
Pour un enfant, le parent représente la survie absolue. Face à un parent qui fait peur, l'enfant ne peut pas se permettre de le haïr, car ce serait trop terrifiant pour sa propre sécurité psychique. La nature est ainsi faite : quand un parent est à la fois source de danger et source d'amour, l'enfant s'accroche encore plus fort. Cet attachement viscéral ne disparaît pas à l'âge adulte.
. Le clivage : l'art de séparer le bon du mauvais
Quand un père est capable du pire (les coups, la cave) et du meilleur (la complicité, les rires), le cerveau de l'enfant met en place une protection : il sépare le parent en deux. À l'âge adulte, votre amour reste branché sur le "bon père", tandis que les violences sont mises de côté ou perçues comme des accidents, des débordements, ou "les méthodes de l'époque". Cela vous permet de préserver le lien d'amour sans être détruit par les souvenirs douloureux.
. La force de la résilience (et son petit piège)
Quand vous dites « ce que j’ai vécu a fait la personne que je suis aujourd’hui », vous faites preuve d'une belle résilience. C'est votre manière de reprendre le contrôle sur votre histoire en donnant du sens à ce qui n'en avait pas.
Le point de vigilance : Il faut simplement veiller à ce que cette force de caractère ne serve pas d'armure pour étouffer l'enfant en vous qui, lui, a eu légitimement très peur à l'époque. On peut être fier de l'adulte que l'on est devenu, tout en reconnaissant que l'enfant méritait d'être protégé.
. La loyauté invisible envers le parent
Souvent, on ressent inconsciemment que notre parent a lui-même eu une histoire difficile ou qu'il répétait des schémas reçus. Ne pas lui en vouloir, c'est aussi faire preuve d'une grande loyauté envers lui et envers votre histoire familiale. Lui en vouloir serait ressenti intérieurement comme une trahison, alors vous choisissez de dissocier l'homme (avec ses failles) de ses actes de violence.
En conclusion : Vous n'avez pas à choisir
Il n'y a pas de "bonne" ou de "mauvaise" manière de réagir après avoir vécu de la maltraitance. Vous n'avez aucune obligation d'être en colère ou de couper les ponts pour que votre vécu soit légitime.
L'essentiel aujourd'hui est simplement de vous assurer que ce passé n'a pas laissé de traces invisibles dans votre présent (comme de l'anxiété, une hypervigilance, ou une tendance à vous sur-protéger dans vos relations). Si vous vous sentez pleinement en paix, stable et épanoui(e) dans votre vie d'adulte, alors vous avez simplement réussi à faire coexister ces deux réalités : vous aimez profondément votre père, et vous reconnaissez que l'enfant que vous étiez a traversé des tempêtes injustifiables.
Prenez grand soin de vous.
6 JUIL. 2026
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Bonjour J.LETERRIER
Votre question est très profonde, et elle touche à quelque chose de très humain et souvent déroutant.
Vous cherchez à comprendre pourquoi, malgré des violences réelles et parfois graves, certaines personnes continuent à aimer le parent qui les a fait souffrir, et ne ressentent pas forcément de colère durable adulte.
Ce qui est important à poser d’abord, c’est que cette réaction n’est pas anormale. Elle peut surprendre, mais elle fait partie des réponses possibles face à des expériences complexes.
Plusieurs dynamiques peuvent coexister.
D’abord, l’attachement. Un enfant est naturellement attaché à ses parents, quels que soient leurs comportements. Ce lien est vital. Même en cas de violence, le besoin de garder un lien, d’aimer et d’être aimé reste très fort. L’enfant ne peut pas facilement « couper » intérieurement avec son parent, parce que cela menacerait son sentiment de sécurité et d’existence. Cet attachement peut continuer à l’âge adulte sous des formes apaisées ou transformées.
Ensuite, il y a souvent une coexistence de vécus opposés. Vous l’évoquez très bien : des moments de violence, mais aussi des moments heureux, chaleureux, valorisants. Le cerveau et le cœur peuvent intégrer ces deux réalités sans forcément tout rejeter en bloc. Certaines personnes s’appuient davantage sur les souvenirs positifs pour construire leur relation actuelle.
Il y a aussi la manière dont la personne donne du sens à son histoire. Dire « ça a été difficile, mais ça a fait la personne que je suis » est une façon de reprendre du pouvoir sur le passé. Ce n’est pas forcément une négation de la violence, mais une tentative de l’intégrer sans rester figé dans la colère ou la douleur. Pour certaines personnes, cela permet de ne pas rester enfermées dans un rôle de victime.
On peut aussi envisager d’autres pistes plus discrètes. Par exemple, il arrive que la colère ne soit pas totalement accessible, parce qu’elle fait peur, parce qu’elle remettrait en cause l’image du parent, ou parce que la personne a appris très tôt à minimiser ce qu’elle ressentait pour maintenir le lien. Dans ce cas, l’absence de ressentiment visible ne veut pas toujours dire que tout est vraiment apaisé à l’intérieur, même si ça peut l’être aussi.
J'espère sincèrement que ces éléments vous éclairent,
6 JUIL. 2026
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Beaucoup de personnes continuent d’aimer un parent maltraitant, et c’est une souffrance que je rencontre souvent en consultation. Cela peut sembler paradoxal, mais cet amour persistant s’explique par plusieurs mécanismes psychologiques profonds.
D’abord, l’attachement : dès la petite enfance, nous développons un lien très fort avec nos parents, simplement parce qu’ils sont nos figures de protection et d’amour. Même si cet amour est imparfait ou blessant, il reste ancré en nous comme une sorte de programme émotionnel. Notre cerveau associe ce parent à la survie affective, et rompre ce lien, même toxique, peut déclencher une peur panique de l’abandon.
Ensuite, la normalisation : quand on grandit dans un environnement où la maltraitance (physique, émotionnelle ou psychologique) est présente, on finit par la considérer comme normale. On se dit : « C’est comme ça dans ma famille », « C’est sa façon de m’aimer », ou même « Je le mérite ». Cette distorsion protège dans l’instant, mais elle maintient aussi dans un cycle de souffrance.
Il y a aussi la loyauté invisible : on peut se sentir coupable à l’idée de ne plus aimer ce parent, comme si c’était une trahison. Ou alors, on espère secrètement que, un jour, il changera et nous donnera enfin l’amour qu’on a toujours souhaité.
Enfin, la peur de l’inconnu joue un rôle énorme. Même si la relation est douloureuse, elle est connue. Et pour beaucoup, l’idée de s’en détacher, de dire « stop », ou même de simplement reconnaître la maltraitance, est terrifiante.
La bonne nouvelle ? Ce n’est pas une fatalité. En thérapie, on peut travailler à comprendre ces mécanismes, réparer l’estime de soi et apprendre à poser des limites saines. L’objectif n’est pas forcément de couper les liens, mais de les rendre moins toxiques, pour soi comme pour les autres.
Si cette situation vous parle, sachez que vous n’êtes pas seul(e) : s’interroger, c’est déjà le signe que quelque chose en vous cherche à aller mieux.
6 JUIL. 2026
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Bonjour
Merci infiniment pour votre témoignage.
Un enfant est naturellement attaché à ses parents, même lorsque ceux-ci sont violents. Cet attachement est essentiel à sa survie et ne disparaît pas avec de la maltraitance. Il est donc tout à fait possible d’aimer un parent tout en ayant souffert de ses actes.
On sait qu’il y a différents types d’attachement selon le lien qu’il y a eu à son parent.
Les travaux de Bowlby sur la théorie de l’attachement ont permis de classifier l’impact de la qualité de l’attachement d’un enfant à son parent.
Par contre, les violences subies pendant l’enfance impactent le lien aux autres à l’âge adulte, y compris dans le domaine amoureux.
Pourquoi : quand les moments de violence alternent avec des moments de tendresse, de complicité ou d’affection. L’enfant peut conserver une image complexe de son parent : il se souvient de la souffrance, mais aussi des bons moments. À l’âge adulte, certaines personnes parviennent à distinguer les comportements violents de la personne dans son ensemble. Elles peuvent reconnaître que ce qu’elles ont vécu était inacceptable sans pour autant ressentir de haine.
Cependant, parfois le lien est plus subtile :
Il faut comprendre que la famille est la première expérience en société que l’on fait : il y a des règles, une autorité, une sécurité et on doit s’y adapter. Nous sommes des êtres d’adaptation. On grandit en s’adaptant.
C’est un peu comme si on recevait un modèle. Cela veut dire qu’on reconnaîtra parfois des similitudes dans la posture, l’attitude de personnes que nous rencontrons dans notre vie d’adulte.
Parfois on choisira ses amis ou ses partenaires avec des traits de caractère similaires à un de nos 2 parents soit (si on a conscience que ce modèle parental n’était pas le bon malgré l’amour reçu) on choisira une personne au caractère opposé.
Bien souvent on ne fait pas le lien entre l’impact de notre enfance et le choix de nos partenaires à l’âge adulte. Et pourtant il est essentiel de le savoir.
Des violences vécues dans l’enfance impactent donc notre mode d’attachement, en avoir conscience est essentiel pour se construire à l’âge adulte.
À l’inverse, d’autres personnes ayant vécu de la maltraitance éprouvent de la colère, de la rancœur ou choisissent de couper les ponts avec ce parent maltraitant. Ces réactions dépendent de nombreux facteurs : la gravité et la durée des violences, la présence d’autres adultes protecteurs, la personnalité de chacun, le travail psychologique effectué, les éventuelles excuses ou changements du parent, etc.
L’important est de comprendre qu’il n’y a pas d’obligation à rester en relation ou couper les ponts avec son parent.
si aujourd’hui, il n’y a pas de retentissements en lien avec cette violence subie dans votre vie actuelle, si votre père est bienveillant envers vous et qu’il n’y a plus de colère en lui, vous n’avez pas à faire de choix.
Par contre il faut veiller à ce que cette violence n’est pas laisser de trace dans votre présent. Car souvent c’est le cas.
Quand vous écrivez “ce que j’ai vécu a contribué à faire de moi la personne que je suis aujourd’hui” ne signifie pas que les violences étaient bénéfiques ou justifiées. Il est possible de reconnaître que son histoire a participé à sa construction tout en affirmant que personne ne devrait subir de tels actes, mais cela veut dire que vous avez une certaine résilience sur votre histoire.
Reste à voir si cette violence ne laisse pas une trace encore aujourd’hui : cela peut se traduire par de l’anxiété, un isolement ou une protection vis à vis des autres, de la dépendance affective, de la jalousie, de l’indépendance ++. Il peut y avoir beaucoup de conséquences à l’âge adulte.
Il n’y a pas une seule manière de réagir à la maltraitance, et il n’existe pas de “bonne” ou de “mauvaise” réaction. Deux personnes ayant vécu des violences similaires peuvent ressentir des choses très différentes à l’âge adulte, cela dépend de leur caractère inné. C’est un peut comme une réserve, certaines personnes ont une réserve de ressources remplie plus que d’autres.
Continuer à aimer un parent qui a été maltraitant est une réaction fréquente. De la même façon, lui en vouloir ou prendre ses distances l’est aussi.
Il faut juste veiller à ce que cette maltraitance pendant l’enfance n’impacte pas votre présent dans la qualité de vos relations personnelles, professionnelles.
Sinon la psychothérapie permet de prendre conscience de cela, vous aidera à vous libérer de ces effets dans votre quotidien.
Prenez soin de vous,
Si besoin je reste à votre écoute,
Michaële Pellissier
Consultations à distance,
Praticienne en psychothérapie,
Praticienne en psychogénéalogie,
Sexothérapeute.
5 JUIL. 2026
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Bonjour,
Votre question est très intéressante et, surtout, elle est beaucoup plus fréquente qu'on ne l'imagine.
Contrairement à une idée répandue, il n'existe pas une seule manière de réagir après avoir vécu des violences durant l'enfance. Certaines personnes éprouvent une colère importante envers leur parent, d'autres continuent à l'aimer profondément, et beaucoup ressentent les deux à la fois. Toutes ces réactions peuvent être compréhensibles.
L'amour qu'un enfant porte à son parent est un besoin fondamental. Même lorsqu'un parent est violent, l'enfant reste profondément attaché à lui, car il dépend de lui pour grandir, être protégé et se construire. Cet attachement ne disparaît pas nécessairement avec les violences. Il peut donc arriver qu'à l'âge adulte, une personne continue à aimer ce parent tout en reconnaissant que certains de ses comportements ont été maltraitants.
Le fait que vous évoquiez aussi les « superbes moments » vécus avec votre père est important. Les relations familiales sont rarement entièrement noires ou entièrement blanches. Il peut y avoir eu des moments de tendresse, de complicité ou de joie, qui coexistent avec des épisodes de violence. Cette réalité rend souvent les émotions beaucoup plus complexes et explique qu'il soit parfois difficile d'éprouver uniquement de la colère ou du rejet.
En revanche, le fait de continuer à aimer son parent ne signifie pas que ce qui a été vécu était acceptable, ni que cela n'a pas laissé de traces. Il est possible d'aimer une personne tout en reconnaissant que certains de ses comportements ont été profondément blessants.
Vous mentionnez également que ces expériences « ont fait la personne que vous êtes aujourd'hui ». Il peut aussi être intéressant de regarder sous un autre angle. Les épreuves traversées participent souvent à notre histoire et peuvent nous amener à développer certaines ressources, mais cela ne signifie pas qu'elles étaient nécessaires ou souhaitables. Il est possible de reconnaître les forces que l'on a développées tout en donnant une place à la souffrance que l'on a traversée.
Enfin, il est parfois utile de se poser une autre question : ce n'est peut-être pas tant de savoir si vous en voulez ou non à votre père, mais plutôt de vous demander comment ces expériences continuent, ou non, d'influencer votre vie aujourd'hui. Certaines personnes ne ressentent pas de colère et vont très bien. D'autres ne ressentent pas de colère, mais constatent que leur histoire s'exprime autrement : dans leurs relations, leur estime d'elles-mêmes, leur anxiété, leur besoin de contrôle ou encore certaines réactions émotionnelles.
L'absence de colère n'est donc pas, à elle seule, un indicateur de l'impact qu'ont pu avoir ces expériences.
Il arrive que l'adulte que nous sommes aujourd'hui ait trouvé un certain équilibre, qu'il comprenne son parent, qu'il lui ait pardonné ou qu'il ne ressente tout simplement pas de colère à son égard. Cela n'empêche pas qu'une partie de l'enfant que nous avons été puisse encore porter des émotions qui, à l'époque, n'ont pas pu être exprimées ou pleinement vécues.
Lorsque des violences physiques, psychologiques ou émotionnelles ont été subies, ce ne sont pas uniquement les souvenirs qui peuvent être concernés. Le système nerveux et le corps peuvent également avoir conservé l'empreinte de ces expériences profondément insécurisantes. Il arrive alors que cette histoire continue à s'exprimer à travers certaines réactions émotionnelles, une hypervigilance, des tensions corporelles ou d'autres manifestations, parfois bien longtemps après les événements.
L'objectif n'est pas d'obliger une personne à ressentir de la colère envers son parent. Il n'est d'ailleurs pas nécessaire de ressentir de la colère pour avancer. L'important est de pouvoir reconnaître ce qui a été vécu, accueillir les émotions qui sont encore présentes aujourd'hui et, lorsque cela est nécessaire, permettre progressivement l'intégration des blessures laissées par ces expériences.
Je vous remercie pour cette question, qui met en lumière toute la complexité des liens d'attachement. Il est tout à fait possible d'aimer un parent tout en reconnaissant les blessures qu'il a pu laisser. Ces deux réalités ne s'opposent pas ; elles peuvent coexister. Et lorsqu'une personne se sent suffisamment en sécurité, il devient possible d'accueillir ce qui n'a pas pu l'être autrefois, afin que son histoire n'ait plus besoin de s'exprimer avec la même intensité dans son présent.
chaleureusement,
Stéphanie Carpanedo
Neurothérapeute en Détachement Émotionnel Express®
Sexothérapeute
Spécialisée dans l'accompagnement des traumatismes,
des personnes hypersensibles, neuroatypiques et de la régulation du système nerveux.
5 JUIL. 2026
· Cette réponse a été utile à 0 personnes
Bonjour,
Votre question est très pertinente, et la réponse est oui,il est tout à fait possible d’avoir subi de graves violences et de continuer à aimer son parent.
Pourquoi ? Parce que pour un enfant, le parent représente la sécurité, l’amour et la survie. Même lorsqu’il est violent, le lien d’attachement ne disparaît pas. L’enfant ne peut pas choisir de ne plus aimer son parent ,il s’adapte pour continuer à vivre avec cette réalité.
Lorsque la violence alterne avec des moments d’affection, de complicité ou de douceur, les émotions deviennent encore plus complexes. L’enfant grandit avec l’idée que son parent est à la fois celui qui fait souffrir, et celui qu’il aime. Ces deux réalités peuvent coexister.
À l’âge adulte, chacun construit son histoire différemment. Certaines personnes ressentent de la colère, d’autres du pardon, d’autres encore de l’amour mêlé de tristesse. Il n’existe pas une seule “bonne” manière de réagir à la maltraitance.
Le plus important n’est pas de savoir si l’on aime encore son parent ou non. Le plus important est de reconnaître ce qui a été vécu, de ne pas minimiser les violences subies et de comprendre l’impact qu’elles ont eu sur sa vie. C’est ce chemin de compréhension qui permet souvent de se reconstruire.
Enfin, le fait de dire « cela a fait la personne que je suis aujourd’hui » peut être vrai. Mais il est aussi essentiel de se rappeler qu’on peut reconnaître la force que l’on a développée sans considérer que les violences étaient nécessaires pour devenir cette personne.
Je vous souhaite de poursuivre ce chemin avec beaucoup de bienveillance envers vous-même. Prenez soin de vous.
3 JUIL. 2026
· Cette réponse a été utile à 2 personnes
Bonjour,
Les parents sont des figures fortes d’attachement pour les enfants, qui dépendent d’eux, et qui guettent tout signe d’intérêt de la part de ceux ci.
Il arrive même que le fait de subir des violences soit vécu par l’enfant comme naturel, puisqu’il n’a pas d’autres références.
Et si de plus le même parent maltraitant montre parfois des signes d’amour et fait vivre à l’enfant des moments très agréables… l’enfant s’attache fortement et attend que ces bons moments reviennent.
À cela se rajoute le fait que l’enfant pense le plus souvent qu’il mérite les punitions les plus humiliantes, puisqu’il se sent coupable et fautif.
En grandissant celui qui a été l’enfant maltraité peut comprendre que cela n’était pas bien, mais il peut aussi pardonner, s’il apprend que ce parent violent a souffert lui même en tant qu’enfant, donc il s’explique le comportement et il le justifie ainsi…, puisqu’il garde en tête l’image du parent aimant par moments.
Au fond, il vaut mieux ne pas ressentir de la haine pour ses parents.
Il est bon de déverser sa colère en thérapie, par exemple, tout en arrivant à dire au parent que ce qu’il a fait subir à l’enfant était cruel et humiliant.
L’essentiel c’est de ne pas reproduire soi même avec ses enfants la violence vécue avec ses parents, et de faire la part des choses en devenant soi même une bonne personne.
Et c’est probablement ce cheminement que la personne à qui vous faites référence a parcouru, et qui lui permet de dire qu’il a pris du recul pour devenir « la personne qu’elle est maintenant ».
sp
3 JUIL. 2026
· Cette réponse a été utile à 0 personnes
Bonjour,
Votre question est très intéressante et met en lumière notre complexité et la manière dont chacun se construit au cours du temps.
L'enfant est un petit être dépendant. Sans ses adultes référents, ses parents dans la majorité des cas, il sait qu'il ne peut survivre.
Lui ne sait rien, eux savent puisqu'ils sont adultes.
L'enfant n'a pas de support de comparaison.
L'enfant ressent très bien lorsque ces derniers n'agissent pas avec patience et respect, mais puisqu'ils le font, c'est que cela doit se faire et qu'il le mérite. Les premières croyance s'inscrivent ainsi dans nos mémoires.
De plus, il est inscrit dans notre mémoire collective qu'on ne critique pas ses parents, même si aujourd'hui cela se fait un peu plus.
Ce sont des figure d'autorité et il est parfois compliqué de les remettre en question.
Réaliser avoir grandit dans une famille défaillante est difficile à accepter.
Le but n'est pas de critiquer la personne dans sa globalité car nous sommes multi-facettes mais, d'analyser les comportements qui ont été bénéfiques à notre épanouissement et ceux qui l'ont entravé.
Ainsi adulte ont peu choisir ce que l'on reproduit ou pas. On s'émancipe.
Les parents sont comme nous tous, imparfaits et conditionnés par leur histoire, leurs possibles et leurs impossibles.
La violence a des de nombreuses conséquences néfastes à notre équilibre. Oser affronter les failles de notre éducation est la possibilité de réparer, de ne pas reproduire, de ne pas rester sous emprise.
Les générations précédentes avaient moins de moyens pour s'interroger sur ces sujets.
Aujourd'hui nous avons de nombreux outils pour nous y aider.
Si besoin vous pouvez rencontrer un professionnel pour creuser cette question sans que personne ne soit jugé.
Quelques séances peuvent suffire pour comprendre ce que vous ressentez.
Prenez soin de vous.
S .Filleul.
Psychanalyste. RDV en visio et en présentiel
3 JUIL. 2026
· Cette réponse a été utile à 1 personnes
Bonjour,
Oui, ce que vous décrivez est tout à fait possible et même relativement fréquent. Les réactions face à la maltraitance sont très différentes d'une personne à l'autre. Il n'existe pas une seule façon de vivre ou de ressentir son histoire.
Un enfant dépend profondément de ses parents pour grandir. Même lorsqu'un parent est violent, il reste souvent une figure d'attachement. Si cet adulte a également été aimant, protecteur ou présent à d'autres moments, l'enfant peut conserver une image complexe de lui, mêlant souffrance et affection.
À l'âge adulte, certaines personnes ressentent de la colère, d'autres de la tristesse, d'autres encore parviennent à intégrer leur histoire sans éprouver de rancœur. Aimer un parent qui a été maltraitant ne signifie pas que les violences étaient acceptables. Cela signifie simplement que les liens affectifs sont souvent plus nuancés qu'ils n'y paraissent.
Ce qui me semble important, c'est de distinguer le pardon, la compréhension et la minimisation. Il est possible de reconnaître que les violences étaient inacceptables tout en continuant à aimer son père et à garder le souvenir des moments heureux.
En revanche, il est utile de s'interroger sur les conséquences que ces violences ont pu avoir : estime de soi, gestion des émotions, relations affectives, confiance, etc. Certaines blessures restent discrètes pendant des années.
Au fond, la question n'est peut-être pas : Est-il normal de continuer à l'aimer ?, mais plutôt : Cette histoire continue-t-elle à avoir un impact sur ma vie aujourd'hui ?
Si la réponse est non et que cette personne se sent apaisée avec son histoire, il n'y a aucune obligation d'éprouver de la colère pour que son vécu soit reconnu.
Si vous souhaitez explorer plus en profondeur cette histoire familiale et comprendre les répercussions qu'elle peut encore avoir aujourd'hui, je reste disponible pour vous accompagner en consultation.
3 JUIL. 2026
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Bonjour,
Votre question est importante, et je crois qu'il n'existe pas une seule manière de réagir à la maltraitance.
Un enfant dépend profondément de ses parents pour grandir. Lorsqu'un même parent est à la fois celui qui protège et celui qui fait peur, l'enfant n'a pas la possibilité de choisir entre les deux. Il doit composer avec cette réalité profondément contradictoire.
Il peut alors continuer à aimer profondément ce parent tout en souffrant de ce qu'il lui fait vivre. Cette ambivalence est fréquente et n'a rien d'anormal.
Certaines personnes éprouveront plus tard beaucoup de colère, d'autres garderont surtout les bons souvenirs, d'autres encore oscilleront entre les deux. Il n'existe pas une manière « normale » de vivre cette histoire.
Le fait de ne pas lui en vouloir aujourd'hui ne signifie donc pas nécessairement que ce qui a été vécu n'était pas grave. Il est parfois plus facile, pour un enfant, de préserver le lien avec un parent indispensable que de reconnaître pleinement la violence qu'il a subie.
Un travail thérapeutique permet souvent, progressivement, de différencier ces deux mouvements : pouvoir reconnaître l'amour porté à ce parent sans avoir à minimiser les violences vécues, ou reconnaître les violences sans avoir à renoncer à l'amour qui a également existé.
Il permet aussi, peu à peu, de déplacer la culpabilité. Beaucoup de personnes ayant subi des violences ont longtemps pensé qu'elles étaient, d'une manière ou d'une autre, responsables de ce qui leur arrivait. Retrouver progressivement la juste place des responsabilités constitue souvent une étape importante du travail thérapeutique. Cela n'empêche ni d'aimer ce parent, ni de reconnaître les violences qui ont été subies.
Je reste à votre disposition.
Olivier Cordier, Gestalt-thérapeute et Thérapeute de couple
Psychopraticien | Séances individuelles et couples
En ligne ou en présentiel
3 JUIL. 2026
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Bonjour,
C'est une question d'une immense profondeur que vous soulevez là, et elle touche au cœur même des mécanismes de protection de notre inconscient. Au travers des documentaires ou des récits médiatiques, on nous montre souvent une trajectoire linéaire : la maltraitance engendre la colère, la rupture et le ressentiment. Pourtant, dans la réalité des cabinets de psy et de l'exploration humaine, les dynamiques sont infiniment plus complexes.
Ce que vous vivez et ressentez — ce paradoxe d'aimer profondément un parent malgré la gravité des violences subies (enfermement, coups, punitions corporelles) — n'est pas anormal. C'est une réalité clinique fréquente.
Voici comment nous pouvons éclairer ce phénomène à la lumière de la thérapie des schémas, de la transformation des mémoires émotionnelles et du transgénérationnel :
1. La préservation de l'attachement (Les Fondations Humaines)
Pour un enfant, le parent est la figure absolue de survie. Face à un parent « dual », capable du pire (la violence extrême) comme du meilleur (les superbes moments partagés), le cerveau de l’enfant met en place un mécanisme de défense puissant : le clivage.
Pour ne pas sombrer, l'inconscient sépare le « bon parent » du « mauvais parent ».
Les mémoires émotionnelles des moments de joie sont investis massivement pour préserver le lien d'amour, car haïr le parent nourricier serait trop dangereux pour la survie psychique de l'enfant. À l'âge adulte, cette préférence pour les souvenirs heureux demeure une stratégie de protection de votre équilibre.
2. L'éclairage de la thérapie des schémas
Dans votre enfance, face à ces violences, des schémas précoces d'adaptation se sont construits (comme les schémas de Méfiance/abus ou de soumission). Pour composer avec cela, vous avez développé un mode de fonctionnement que l'on appelle la capitulation ou la rationalisation.
Le discours : « Cela n'a pas été cool, mais cela fait la personne que je suis aujourd'hui » est une forme de résilience, mais c'est aussi une stratégie cognitive de votre "Adulte Sain" pour donner du sens à l'absurde et à l'inacceptable. C'est une manière de reprendre le contrôle sur votre histoire : transformer le traumatisme en un outil de forge pour votre identité présente.
3. La loyauté invisible et le transgénérationnel
Nous portons tous l'histoire de nos lignées. Souvent, sans même le savoir consciemment, l'enfant perçoit la propre souffrance ou les traumatismes non résolus de son parent.
Ne pas en vouloir à votre père, c'est aussi faire preuve d'une loyauté inconsciente envers son histoire à lui. Vous pressentez peut-être qu'il répétait un schéma reçu, qu'il agissait sous le coup de ses propres mémoires traumatiques transmises de génération en génération.
Votre absence de rancœur peut être le signe d'une forme de pardon systémique, où vous dissociez l'homme (avec ses failles et son histoire) de ses actes de violence.
En conclusion : – Est-ce normal ?
Oui, c'est une réaction humaine et protectrice. Vous avez le droit d'avoir aimé les beaux moments avec votre père et de chérir cet amour. L'esprit humain n'est pas fait d'une seule pièce ; il est tout à fait possible de coexister avec la mémoire de la violence et la réalité d'un amour filial authentique.
Le seul point de vigilance, que nous explorons en thérapie de l'inconscient, est de s'assurer que ce discours (« cela a fait ce que je suis ») ne vient pas étouffer la voix de l'enfant vulnérable en vous. Cet enfant a-t-il pu pleinement libérer la peur et la douleur vécues dans cette cave ou sous ces coups, ou bien ces émotions sont-elles simplement "verrouillées" derrière l'amour que vous portez à votre père ?
Honorer les bons moments est précieux, mais autoriser l'inconscient à reconnaître que l'enfant a souffert et qu'il avait droit à la sécurité, c'est le chemin de la véritable libération transductive.
Bien à vous,
Jonathan des jours
Coach & Thérapeute de l'Inconscient
3 JUIL. 2026
· Cette réponse a été utile à 0 personnes
Bonjour,
Votre question est intéressante, et bien oui, cela peut être tout à fait normal. Les liens d’attachement, qu'on appelle aussi "par ambivalence" avec un parent sont très puissants et complexes.
Une personne peut garder de l’amour et de la gratitude pour les bons moments vécus tout en reconnaissant les violences subies.
Chacun élabore son histoire différemment : certains ressentent de la colère, d’autres du pardon, ou un mélange des deux. L’essentiel est de pouvoir reconnaître la souffrance vécue sans minimiser ce qui s’est passé.
3 JUIL. 2026
· Cette réponse a été utile à 0 personnes
Bonjour,
Oui, ce que vous décrivez est tout à fait possible et relativement fréquent. Il n’existe pas une seule manière de réagir à la maltraitance.
Un enfant dépend profondément de ses parents pour vivre, se construire et se sentir en sécurité. Il peut donc continuer à les aimer malgré les violences subies. En psychologie, on parle parfois d’un attachement ambivalent : le parent est à la fois une source de peur et une figure d’amour, ce qui crée un lien très complexe.
Lorsque les moments de violence alternaient avec des moments heureux, l’enfant peut conserver une image nuancée de son parent et, une fois adulte, choisir de retenir aussi les aspects positifs de la relation. Cela ne signifie pas que les violences étaient acceptables, mais que la réalité psychique est souvent plus complexe que l’opposition entre aimer ou détester.
Certaines personnes ressentent de la colère, d’autres du pardon, d’autres encore oscillent entre les deux au fil de leur vie. Il n’y a pas de “bonne” façon de ressentir. L’essentiel est que cette histoire puisse être reconnue et élaborée, afin que les blessures du passé n’empêchent pas de vivre pleinement le présent.