Problèmes relationnels, HPI

Réalisée par Camille116 · 18 août 2018 Thérapie brève

Bonjour,
Je vous contacte pour mon compagnon (21 ans, entrant en master de psychologie), qui a de gros problèmes relationnels avec ses parents (notamment). Je me permets de vous contacter car je sais qu'aucun d'entre eux ne fera la démarche, néanmoins je ne peux me résoudre à les voir souffrir sans agir.

Mon compagnon a depuis toujours des relations conflictuelles avec ses parents, notamment sa mère.
Elle a eu un premier enfant à seize ans (environ vingt ans avant d'avoir mon compagnon) et a été rejetée de sa famille. Elle a déjà fait un séjour en hôpital psychiatrique, a menacé le père de mon compagnon de faire brûler la maison, l'a menacé deux fois avec un fusil (que le père avait déchargé après la première fois par précaution) devant mon compagnon alors enfant.

Aujourd'hui ses deux parents sont séparés (avant d'habiter seul mon compagnon a choisi d'habiter avec son père) mais s'entendent bien, il nous arrive de dîner tous ensemble parfois, chacun fait partie de la vie de l'autre.
Mon compagnon s'est fait harceler toute son enfance à l'école puis au collège, les surveillants ne le défendaient pas, son père ne voulait pas le changer d'école et sa mère s'est interrogée devant lui sur sa responsabilité dans ce qu'il subissait (je pense pouvoir dire qu'il n'a jamais pardonné à sa mère de ne pas l'avoir soutenu à ce moment).

Je suis "HPI" et je soupçonne fortement mon compagnon de l'être aussi. J'en ai parlé avec lui, il dit que "c'est impossible, ça expliquerait beaucoup trop de souffrances, de toute façon je ne suis pas assez intelligent, et puis ton jugement est biaisé, tu veux voir ça en moi" mais je retrouve beaucoup de choses en lui qui me laissent penser qu'il l'est probablement.

Il est extrêmement sensible, suceptible, prend toute remarque comme attaque personnelle, a pris l'habitude d'écraser autrui quand il se sent attaqué ou pour se valoriser, ne montre aucune marque de respect lorsque l'on va "contre" lui (souvent il crie, a des mots durs, est blessant, s'emporte, peu importe qui est son interlocuteur et son statut). Il a une confiance en lui extrêmement fragile, me demande presque quotidiennement de le rassurer sur son apparence ou son comportement, mais ne se plaît pas lui-même. Il se réfugie souvent dans les jeux vidéos, a tendance à tout faire au dernier moment, et à être fataliste à la moindre embûche.

Il paraît à l'aise en public, a cette "aura" qui fait que l'on sait qu'il est dans une pièce, est très charismatique, leader. Il a tendance à se décharger de toute responsabilité, trop lourde à porter pour lui (il va nous solliciter systématiquement pour faire des démarches administratives, par exemple, ou simplement attendre qu'on le fasse pour lui, et au moindre problème rejeter la faute sur les autres).

Sa mère, avec qui j'ai de très bons rapports et à qui j'ai tenté d'expliquer les comportements de son fils, ne comprend pas que leurs problèmes ne sont pas que de la faute de leur fils. Elle considère que tout vient de lui, que c'est un "tyran" qui "aime être méchant", qu'il est "imbus de lui-même", que c'est une "teigne", qu'il doit seul "faire le ménage dans sa tête". Je lui ai dit que leur fils ne se sentait pas aimé, qu'il n'avait pas confiance en lui, qu'il avait besoin d'aide, mais n'ai pas osé lui dire que jamais ils n'ont offert de cadre rassurant à leur enfant et que les "torts" étaient partagés, même si je n'approuve pas le comprtement que peut avoir mon compagnon envers eux.

Elle considère qu'elle et son père n'ont rien à se reprocher sauf d'avoir tout fait à la place de leur fils lorsqu'il était enfant (et de continuer encore aujourd'hui). C'est la seule chose qu'elle reconnaît. Je n'ai pas tenté d'en discuter avec le père de mon compagnon, qui "laisse tomber" plutôt que d'entrer dans le conflit lorsque son fils commence à s'énerver.

Je connais mon compagnon depuis nos quinze ans, nous avions une relation conflictuelle au début (comme il a avec tous ses proches qui ne laissaient pas tomber en lui donnant raison "pour être tranquille") mais depuis que j'ai appris que j'étais probablement HPI (je n'ai fait qu'un test de QI à cinq ans avec un résultat de 120 sans aucun suivi après, ai eu moi aussi une relation conflictuelle avec ma mère - avec qui j'ai coupé les ponts pour d'autres raisons - puis avec la seconde femme de mon père, jusqu'à ce qu'elle découvre l'existence de la notion HPI par hasard, lise plusieurs livres et comprenne que nos conflits étaient sûrement dus à une incompréhension totale de ma personne.

C'est elle qui m'en a parlé et a supposé que je l'étais), cela m'a permis de mieux me comprendre, puis mieux comprendre mon compagnon, nos rapports et nos conflits. Nous n'avons plus de conflits violents comme auparavant, nous nous écoutons et dialoguons très bien. Les seuls moments problématiques surviennent quand je ne vais pas dans son sens, qu'il ne se sent pas soutenu ou défendu, ou que j'ose un reproche, alors il se sent blessé, attaqué et hausse le ton. Dans ces moments je cherche à ne plus à hausser le ton également (je n'y arrive pas toujours, ses paroles me blessent parfois, même en sachant qu'il ne s'agit que d'une défense de sa part il est difficile de ne pas réagir en entendant la personne que j'aime me dire que je suis quelqu'un de cruel avec lui), je le laisse reprendre ses esprits, me laisse prendre du recul sur la situation, reconnais mes torts éventuels (ce que je ne faisais pas avant) et cherche à discuter avec lui un peu plus tard.

Il n'est pas violent physiquement, ne l'a jamais été avec personne. Hors conflits, il n'a pas non plus de paroles dures, ne nous dit jamais que nous sommes "cruels", "méchants", "menteurs", que nous disons des choses "débiles" ou "ignobles".
Il est assez rancunier et il lui arrive de reprocher à ses proches des paroles (ou actes) dites plusieurs années auparavant, que l'on pensait expliquées et pardonnées.

Il se sent souvent très seul, abandonné dans le monde, comme n'ayant rien à faire là. Il culpabilise très vite, est très dur avec lui-même, cherche à s'aimer en se vantant mais se considère comme un "nul", un incapable, illégitime, et sa manière de se réfugier dans la procrastination alimente ce sentiment...

Il ne voit pas la bienveillance que l'on peut avoir envers lui, peut-être parce qu'il pense ne pas la mériter.
Il considère aussi qu'il ne mérite pas les qualités qu'on lui attribue : les gens qui lui disent qu'il est intelligent ne le" connaissent pas vraiment" "se trompent", "ne voient pas qui" il est en réalité. Il ne peut donc pas se rassurer, n'a aucune certitude sur les choses positives puisqu'il a l'impression de tromper le monde (cela me fait penser au pseudo-soi que l'on fabrique inconsciemment pour se protéger et qui est retrouvé chez les personnes HPI). Il a beaucoup de mal a accorder sa confiance, voit facilement les faiblesses des autres et s'empêche donc de s'appuyer sur eux. Il n'a aucune confiance en lui et se dévalorise sans cesse, en privé.

Je ne sais plus comment l'aider, je me sens moi même sans armes devant ses souffrances, l'incompréhension de ses parents ne m'est d'aucun soutien, au contraire. Je ne le lâcherai sous aucun prétexte et serai toujours là pour lui, mais je n'ai ni les outils ni les connaissances ni les capacités nécessaires pour résoudre tous ces problèmes. Je me heurte à mes limites, j'ai beau le connaître je sais qu'il a des souffrances profondes dont il ne me parle pas et pour lesquelles, n'étant pas psychologue, je n'ai de toute façon pas les moyens de l'aider...

J'ai l'impression d'être la seule personne de son entourage à voir ses souffrances, à savoir et comprendre ce qu'il ressent (de même que je le considère comme la seule personne qui me comprenne vraiment), malgré ma volonté c'est parfois difficile à porter, car j'ai moi aussi des choses à régler avec moi-même et ne peux me consacrer à ses souffrances autant que je le voudrais. J'ai peur de le braquer, de le faire souffrir encore plus en l'aidant mal, de le rendre encore plus malheureux.

Je n'ose pas lui dire que j'ai besoin d'un peu plus d'attention de sa part, de soutien, je ne veux pas le préoccuper encore plus, le faire culpabiliser... Il a besoin d'aide et je ne sais comment le lui apporter, je ne pourrais pas y arriver sans aide, j'ai peur de, malgré moi, ne plus pouvoir nous porter à deux un jour, et ne plus être ce soutien dont il a besoin

Je vous remercie sincèrement d'avoir lu mon message qui, je m'en doute, est assez décousu, comporte beaucoup de faits peu-être mal expliqués, j'avoue avoir eu besoin de verbaliser tout cela. Je ne sais pas si mon compagnon acceptera une aide mais tout ce que vous pourrez me dire m'apportera beaucoup.

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Bonjour Camille,

Il est assez facile d'expliquer 'hypersensibilité comme étant une caractéristique des "HP" (ce qui est vrai), mais le danger c'est que cela devienne une "excuse"...pour des comportements et des positions de vie de ces personnes qui sont gênants pour l'entourage.
J'ai même rencontré quelques grands pervers qu'une grande intelligence aide à manipuler à merveille des personnalités tout aussi intelligente mais qui ont le don de l'empathie et du sacrifice de soi...

D'ailleurs, il y a aussi des gens à HP intellectuel qui sont adaptés, assez bien dans leur "peau" et dans leur vie, tant professionnelle que personnelle.

De ce que vous décrivez, votre ami ne va pas bien, et vous vous oubliez pour vous occuper de lui..., et vous n'osez pas parler de ce qui vous déplaît et risque à terme de vous rendre malheureuse dans la relation avec lui : oui, cette position de supposé "sauveur" risque de vous épuiser psychiquement (et physiquement).
En agissant comme vous le faites... vous entretenez (sans pouvoir jamais la combler) sa soif d'amour et de reconnaissance, immense et sans limites.
Ses problèmes sont liés à son vécu familial, bien entendu... mais vous ne pouvez pas compensez seule ce qui lui a manqué enfant.

Un départ difficile dans la vie ne peut être rattrapé que par une bonne thérapie qui permet une reconstruction psychique de la personne sur des bases nouvelles : même si vous étiez "psy"..., vous ne pouvez pas être à la fois son psy et sa compagne.

Ce que vous pouvez faire... c'est d'inciter votre ami à faire une thérapie / une analyse, qui lui sera de toute façon indispensable dans sa future activité professionnelle.

Vous craignez qu'il n'accepte pas de l'aide extérieure... mais il a déjà la votre... peut être un peu trop ?!

Vous pouvez aussi lui demander de faire avec vous une thérapie de couple...., ce qui vous donnera la possibilité de dire tout haut ce que vous avez osé écrire ici..., et de tenter à équilibrer petit à petit votre relation.

Et... rien ne vous empêche de vous occuper aussi de vous même..., seule, en thérapie individuelle... pour comprendre pourquoi vous prenez autant pour vous tous les problèmes de votre ami, et comment faire pour l'aider autrement... en le responsabilisant....

Bon courage à vous pour prendre la distance nécessaire aux problème de votre ami et... pour trouver votre "bonne place" de compagne auprès de l'homme que vous aimez !
sp

Silvia PODANI Psy sur Issy-les-Moulineaux

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Bonjour,
Vous vous présentez comme étant l′un et l′autre HPI, comme si à travers cette dénomination, les personnalités, les destins, étaient irrémédiablement fixés une fois pour toutes, et solidement liés l′un à l′autre. Certes, vous décrivez avec moult détails le contexte familial, les souffrances vécues ça et là, mais tout cela est complémentaire et votre ami se trouve à l′intersection de tous ces paramètres.
Dans l′immédiat, vous n′avez guère d′autre solution que de renoncer à être son sauveur. (Il serait bon pour vous d′ailleurs de savoir ce qui vous attire autant vers une personne souffrante.)
Vous dites avoir vous-même vos problèmes, et ce n′est pas, avec la meilleure volonté du monde, en voulant apaiser ses souffrances à lui que vous serez plus en phase avec vous-même.
Il lui appartient de faire son chemin à lui, d′autant que ses études ne lui en laisseront pas le choix. Un travail d′introspection s′impose à tout psy avant de se pencher sur les problèmes d′autrui.
Cordialement à vous.

Maurice Gaillard Psy sur Vincennes

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