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Quand l'esprit nie l'incendie qui fait rage

Réalisée par Quentin le 29 mai 2018 3 réponses  · Deuil

Bonjour,

Je vais essayer de m'exprimer ici ...

J'ai 24 ans. Plusieurs événements de mon passé m'ont fragilisé. Depuis l'adolescence, j'ai de fortes tendances aux mal-êtres. Ma grand-mère maternelle s'est suicidée peu avant ma naissance, et ma mère, qui a dû essuyer ce lourd passé, a connu depuis de longs et réguliers épisodes de dépression, malgré suivi par un psychologue, antidépresseurs et compagnie. Peut-être ai-je hérité de ces malheureuses tendances de la famille maternelle ...

Toujours est-il, un événement récent a drastiquement empiré mon état. J'ai rencontré une fille de qui je suis tombé amoureux il y a quelques années. Ce n'était pas ma première relation, mais celle là avait quelque chose de vraiment particulier. Tout a commencé à distance, tout était fort et intense, la personne a déménagé à des centaines de km de chez elle pour me rejoindre. Même si l'amour ne me privait pas d'avoir de gros épisodes de déprime (souvent inexpliqués), j'étais relativement stable moralement, mais toujours très introverti, peu démonstratif, tout l'inverse de cette fille justement, qui pensait parfois que je ne l'aimais pas vraiment ... Nous avons connu une rupture très brutale il y a un peu plus d'un an de cela, et elle est repartie du jour au lendemain dans son pays d'origine avec un autre homme, sans le temps d'un adieu, d'une étreinte. Tout est plus difficile pour moi depuis son départ. L'année passée, j'ai appris qu'elle était enceinte de son nouveau copain. Cette nouvelle m'a bouleversé. Lorsqu'elle était avec moi, il n'était jamais question d'avoir un enfant ... J'ai beaucoup souffert d'avoir été rayé de la carte si facilement.

À l'heure actuelle, et avec toute la douleur que ça a nécessité, j'ai fait mon possible pour faire mon deuil et me reconstruire, j'ai refait ma vie avec quelqu'un, mais sans que je puisse l'expliquer, j'ai l'impression que les choses vont de mal en pis. Je n'éprouve plus aucun intérêt dans les activités que j'avais l'habitude de faire. Je ne cesse de m'isoler. En février, je me suis coupé de tout contact sans prévenir pendant plus d'un mois et demi. Je pense de plus en plus à me désinscrire de tous les réseaux sociaux. Il m'arrive très régulièrement d'avoir des "crises", des épisodes soudains de plusieurs minutes où je me prostre (souvent à même le sol) et où je suis incapable de parler, de comprendre ce qui me ronge. Ma nouvelle compagne, qui a elle-même été très "abîmée" par son passé, se sent complètement démunie face à mon état, et sa peine ne fait qu'empirer la mienne. J'ai aujourd'hui beaucoup de mal à témoigner de l'amour et de l'empathie aux autres, autant à mes parents, que mes amis, et même ma propre copine, à laquelle je suis pourtant très attaché. Je me sens comme indifférent à tout, anesthésié. Et pour ne rien arranger, alors que je pensais avoir progressé par rapport à mon passé et alors que je n'ai plus aucun contact avec cette fille, mon ancienne relation refait depuis peu surface dans ma tête à chaque fois qu'un détail ne va pas dans ma relation actuelle ... J'ai l'impression que cette ancienne relation a inhibé tout ce qu'il y avait d'humain et de bon en moi, d'être de moins en moins maître de moi-même.

Je ne me comprends pas, et je ne sais plus vers qui ou quoi me tourner. Psychologues, psychiatres, plateforme de prévention suicide. J'ai tout envisagé, parce que clairement, cette histoire va mal finir. Je me suis malgré tout décidé à prendre un rendez vous avec une psychologue que j'ai été plus d'une fois tenté d'annuler, alors que je ressens le besoin de plus en plus pressant d'être accompagné et aidé. J'ai l'impression que mon cas n'est jamais assez "grave" que pour réquisitionner le temps de quelqu'un, d'une oreille, l'espoir que je puisse m'en sortir par "moi-même". Mais la réalité a vite fait de me rattraper et mon état ne fait qu'empirer depuis de longs mois malgré toutes mes tentatives de le faire progresser, et je sais qu'un jour il sera tout simplement trop tard pour être aidé par qui que ce soit parce que je ne supporte plus de vivre ainsi. Je ne comprends pas pourquoi mon esprit tente de se rassurer sur mon état. Pourquoi suis-je autant dans une posture de déni quand il s'agit de me faire vraiment aider? Et surtout, comment se faire vraiment aider ?

Merci de m'avoir lu...

deuil , départ , douleur

Meilleure réponse

Bonjour,
J'ai bien compris votre détresse et tout ce qui a pu alimenter votre fragilité à ce jour.
Vous dites être né avant le suicide de votre grand mère maternelle, c'est un fait extrêmement important.
Imaginez vous votre mère enceinte de vous et qui perd sa mère, les conséquences émotionnelles qu'elle est en train de vivre et de vous transmette in utéro... Sachant que l'individu se construit déjà dans le ventre de la mère.

Bref, tout votre histoire a besoin d'être travaillé émotionnellement pour ne plus être affecté et retrouver cette énergie à laquelle vous avez droit à 24 ans.

Il est urgent de consulter un thérapeute.

Vous laissez entendre dans votre message que vous avez pris RDV avec une psychologue. Où en êtes vous à ce jour ?

Sachez qu'il existe diverses approches thérapeutiques comme la mienne par exemple. N'hésitez pas à regarder mon profil.

Restant à votre écoute.

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Bonjour Quentin
Je suis très touchée de lire ce que vous oser poser par écrit de votre souffrance, votre mal être. Il est en effet grand temps, pour apaiser cette douleur, de s'occuper de l'Enfant en vous qui n'a pas été vu aimé, supporté et confirmé comme il aurait du pour pouvoir s'épanouir. Vous êtes venu au monde "chargé" de l'évènement dramatique qui a affecté votre maman. Vous ne parlez pas de votre père. A-t-il pu être là? soutenant? Pour elle, pour vous? Il semble, à vous lire, que vous avez "endossé" une souffrance qui n'est pas la vôtre, et que l'enfant qu vous avez été souffre encore en vous et prend encore la place qu'on aurait du lui donner, faisant de vous un adulte victime de sa propre douleur. Je vous écrit tout cela au vu des consultations et professionnels déjà rencontrés. Vous avez déjà entamé le chemin Quentin c'est un pas très important. Je pense à plusieurs choses qui pourraient vraiment vous aider à devenir plus libre
- pouvoir exprimer, faire entendre les émotions que vous portez , dans un cadre sécurisant avec une personne bienveillante et empathique ( le psy avec qui vous avez pris RV sera peut être cette personne!)
- peu à peu, laisser le jeune homme adulte qu vous êtes prendre soin de cet enfant en souffrance en vous afin de ne plus laisser l'enfant gérer votre vie, vos états d'âme, les crises
- découvrir donc qui est Quentin adulte, prendre conscience de votre force car vous en avez Quentin. Vous avez survécu à votre histoire, à ce passé, sinon cela fait longtemps que vous n seriez plus là.

La souffrance que vous avez endurée est injuste mais il faut accepter l'injustice et faire des deuils. Mais j'insiste il faut pouvoir être entendu d'abord dans cette souffrance, pleurer, crier, écrire, l'exprimer, la faire entendre, afin de pouvoir prendre le recul d'un adulte qui va pouvoir alors DÉCIDER d'aller mieux. Votre vécu douloureux pourra alors non pas vous peser mais vous indiquer à quel point vous avez de la ressource et êtes fort et pourrez vivre une vie riche, non exempte de la souffrance inhérente à toute vie humaine, mais remplie AUSSI de joie et de paix. C'est un chemin qu vous avez entamé, ne lâchez pas, ça en vaut la peine.

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31 MAI 2018

Logo Anonyme-285560 Anonyme-285560

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Bonjour,

Premièrement, vous n'êtes pas dans le dénie de votre incendie puisque vous essayez d'éteindre le feu qui vous envahit.

Deuxièmement, le sujet qui a l'impression de ne pas être assez bien pour satisfaire le desir de l'autre pourrait s'en vouloir et se prostrer sur le sol, se recroqueviller sur lui-même pour se rapprocher du seul amour protecteur, tout comme l'enfant qui reste à l'affût du moindre bruit, guettant et attendant le retour de sa mère, de l'être aimé . Votre attente comble le vide de l'absence, l'absence qui est le manque de l'autre et le manque de vous.

Votre état depressif nécessite un accompagnement thérapeutique qui pourra vous aider dans le deuil psychique qui est celui de la séparation à votre ré-attachement à la figure protectrice.

Vous avez besoin de bienveillance, de reconnaissance, de sens, d'écoute, de regard, d'attention, pour développer la force de l'estime de vous qui joue à cache cache avec votre conscient. Vous avez votre force de vie, mais elle est cachée et vous pousse inconsciement à écrire et à demander de l'aide. Vous avez raison.

Votre demarche vers un psychologue est tres bien. Poursuivez en ce sens. Le soutien qu'il ou elle vous apportera est essentiel dans votre résolution. Il ou elle vous accompagnera et vous encouragera dans votre travail introspectif.

Je reste à votre écoute si vous souhaitez me contacter telephoniquement pour parler de votre sujet.

AGiraud
Psytherapie Analytique

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31 MAI 2018

Logo Alain GIRAUD Alain GIRAUD

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