Question d'éthique

Réalisée par Lena · 10 févr. 2021 Aide psychologique

Bonjour à tous,

Ma question est assez délicate parce que moi-même je ne sais plus quoi penser donc je vais essayer d'être le plus objective possible et de donner quelques détails. J'ai rencontré mon analyste il y a un peu plus de 7 ans, elle était d'abord psychologue et s'est installée ensuite comme psychanalyste. Au bout de 2 ans 1/2, j'ai fait une pause de quelques mois, je suis partie travailler ailleurs à ce moment-là et j'ai eu un accident qui m'a ramenée dans la ville de ma psy et qui m'a valu de déclencher un stress post traumatique car j'ai un passé assez traumatique avec maltraitance jusqu'à mes onze ans par une mère psychotique (paranoïaque) et j'ai failli mourir plusieurs fois. J'ai ensuite vécu seule chez mon père puis il m'a laissée partir à dix-huit ans, j'ai dû me débrouiller pour mes études, j'ai changé de région et décidé d'entamer une psychothérapie à ce moment là.

Je sentais bien que ma psy n'était plus aussi à l'aise qu'avant après mon accident, j'étais pleine d'angoisses, je commençais à avoir des insomnies mais j'ai réussi à retrouver du travail sauf que j'ai développé une maladie auto immune qui m'a fait perdre ce travail alors que j'étais en période d'essai et j'ai dû aussi me séparer de mon ex et déménager, je n'avais plus rien, plus de repères après avoir vu la mort passer de près.

Je me suis accrochée à ma psy comme à une bouée de sauvetage, elle était très présente et même si le travail qu'on faisait ensemble ne me convenait pas vraiment parce que ça ne m'aidait pas à avancer, on ne faisait que discuter du quotidien, pas moyen de faire une analyse au début, je restais quand-même parce que c'était le seul repère que j'avais et j'ai développé un transfert assez massif à ce moment-là.

Je voulais reprendre le travail mais elle me disait que c'était trop tôt ou que je ne devrais pas faire tel travail donc au début je l'ai écoutée mais mes insomnies se sont aggravées petit à petit, je n'arrivais plus à travailler de nouveau, je ne savais plus ce que je voulais faire de ma vie non plus, je vivais en thérapie, complètement dépendante.

Je me suis tournée vers une autre psychanalyste pour vraiment faire une analyse parce que ce n'était pas clair avec ma psy mais cette autre psychanalyste s'est renseignée sur ma psy et l'a beaucoup critiquée, je pense qu'elle a fait ça pour savoir avec qui j'avais travaillé avant sauf que je n'ai pas supporté le fait qu'elle la critique donc je suis retournée vers ma première psy, même si ces quelques séances m'avaient fait beaucoup de bien et que j'avais retrouvé le sommeil à ce moment-là.

À un moment donné, j'ai demandé à venir deux fois par semaine, ce qui m'aidait énormément dès le début, je commençais à mieux dormir, à me sentir mieux, je n'écrivais plus de mails entre les séances, je parlais, je me sentais plus vivante mais très vite, mon analyste a montré des signes d'agacement, je la sentais tendue et énervée. Les séances ont commencé à être de plus en plus courtes, à peine 10min, la patiente d'avant débordait de 15min sur ma séance, ma psy se levait d'un coup pour ouvrir la porte pour que je sorte de son bureau pour mettre fin à la séance, elle répondait à son téléphone qui sonnait tout le temps sur les 10min à peine que j'avais donc je me sentais rejetée et de plus en plus mal, les insomnies se sont énormément aggravées. J'ai donc décidé d'essayer l'hospitalisation en clinique psychiatrique en pensant m'y reposer, être moins seule et être prise en charge pour mes insomnies qui étaient principalement dues à la névrose traumatique et aux terreurs nocturnes. Ma psychiatre ne trouvait pas cela nécessaire et la psy m'a dit "pour quoi faire" mais comme je ne peux prendre aucun médicament et que les anxiolytiques ne fonctionnent pas, je pensais que c'était la seule solution qui me restait et que si je réussissais à aller mieux alors elle arrêterait de me jeter dehors et d'être tout le temps énervée, même si je ne comprenais pas pourquoi, je pensais que ça se passerait mieux avec elle si j'arrivais à faire disparaître mon symptôme. Avant de partir à la clinique, elle a été très douce, elle m'a dit que je pouvais m'assurer qu'elle serait toujours là, que je pourrais quand-même continuer de venir, que j'aurais sûrement une autorisation de sortie pour continuer mon analyse.

Seulement, ça ne s'est pas passé comme je le pensais. Je me suis retrouvée à la clinique devant un psychiatre qui n'a rien voulu savoir, 5min à peine de rdv pour me prescrire un traitement obligatoire, évidemment, traitement que j'avais déjà essayé et qui m'avait valu de me retrouver au bord du coma. La chambre était absolument minuscule petite fenêtre scellée, deux lits entre lesquels on pouvait à peine passer avec une compagne de chambre qui pleurait non stop et qui voulait se suicider avec tout ce qu'elle pouvait trouver. Des barreaux, des serrures de partout alors que je suis claustrophobe, impossible de me reposer là et de me sentir en sécurité alors j'ai tenu jusqu'à minuit, complètement épuisée puis je suis sortie contre avis médical. J'ai passé des heures là-dedans au bord de la crise de panique parce que tout le monde me disait qu'il était impossible d'en sortir.

Je suis rentrée chez moi, je suis restée choquée pendant des jours avec des insomnies totales et de nouveau plein de terreurs nocturnes puis je suis retournée voir ma psy. Ce jour là, je suis à peine entrée dans le cabinet qu'elle m'a arraché le livre que j'avais entre les mains, m'a dit "On ne traite pas ce genre de cas en libéral" et m'a faite sortir du cabinet... Je n'ai jamais compris. Je me suis rendue à ma séance suivante en pensant que c'était comme d'habitude qu'elle était juste énervée mais là il y avait quelqu'un d'autre à ma place et elle m'a de nouveau dégagée du cabinet. J'ai essayé deux fois d'aller consulter quelqu'un d'autre mais je n'ai jamais réussi. À chaque fois je me retrouvais dans l'inhibition totale, impossible de me rendre au rdv.

Quelques mois plus tard, je suis retournée voir mon analyste mais je n'avais plus confiance, j'ai attendu six mois avant de lui demander des explications, pourquoi elle avait changé de comportement et de discours aussi soudainement. Pourquoi toujours des actes et jamais de mots qui les accompagnent. Elle m'a répondu "C'est comme ça", que le psychanalyste n'a pas à se justifier. C'était comme ça quand ma mère me frappait, je devais subir et me taire, mais aujourd'hui je suis adulte et je suis un être humain, pas un objet qu'on peut maltraiter sans aucun scrupule.

Un soir, j'ai senti une pression très forte en plus de ma maladie auto immune qui me faisait beaucoup souffrir, qui me poussait à me suicider. Je ne voulais pas mourir mais ça me faisait très peur alors j'ai appelé la psychiatre que je voyais à l'époque qui m'a dit que je pouvais appeler mon analyste, que c'était aussi son travail. Je l'ai alors appelée, elle m'a demandé dans combien de temps je pouvais être au cabinet, je lui ai répondu 2min et puis elle m'a dit "en fait j'allais partir, au revoir" et elle a raccroché. À ce moment là j'ai directement essayé de sauter du balcon mais j'ai perdu l'équilibre à cause de ma maladie auto immune donc je me suis ratée mais je me suis fait très mal. Je n'ai pas non plus compris ce changement soudain d'avis comme ça arrivait souvent avec elle.

J'ai quand-même réussi à mettre tout ça de côté pendant un temps parce que je n'étais pas capable d'aller voir quelqu'un d'autre et que je pensais pouvoir faire avec et que je voulais continuer mon analyse mais lorsque je me suis sentie vulnérable sur le divan, lorsque je commençais à aborder des sujets qui me touchaient de près, qui touchaient directement à ma propre vérité et à mon intimité et que j'ai commencé à me sentir comme nue, à découvert, mes doutes sur elle et ma confiance qu'elle avait entamée sont revenus. Elle était aussi devenue tellement distante et tellement froide et rigide que je n'arrivais plus à me livrer devant quelqu'un en qui je n'avais plus confiance. Mes insomnies sont revenues de plus en plus fortes et j'ai plongé dans une dépression à l'issue du premier confinement et encore pire avec la fin de mon dernier contrat de travail et l'approche de Noël et de la solitude. Juste avant Noël, je devais avoir une séance mais je l'ai appelée pour annuler car j'avais eu une grosse insomnie et j'avais une rage de dents depuis des jours sans trouver de médecin ou de dentiste à cette période. Elle m'a dit "c'est comme ça, c'est la vie" et elle a raccroché.

Depuis, je n'arrive quasiment plus à dormir, à me lever, je suis tellement épuisée que je ne sors presque plus de mon lit, je ne vois plus la lumière du jour.

J'ai tout de même beaucoup travaillé sur moi-même, j'ai repris des études et une formation pour devenir psychanalyste, même si évidemment mon installation n'est pas pour demain j'y travaille et c'est mon projet. Seulement, je suis en contact avec pas mal de personnes et j'ai rencontré récemment des personnes qui connaissent mon parcours alors que je ne les connais pas du tout de mon côté et j'ai aussi entendu parler de moi comme "Ce genre de cas qu'on ne traîte pas en libéral" et que je devrais être prise en charge en CMP, voilà ce qui se dit dans le réseau de la part d'autres psychanalystes car les superviseurs parlent entre eux... et certains me parlent aussi. Je n'avais plus que mon projet et mes études auxquels me raccrocher, c'était déjà difficile pour moi d'envisager l'avenir depuis Noël et cette période d'insomnies insupportable en plus des problèmes d'argent, de ma maladie auto immune, de mes doutes qui revenaient à propos de mon analyste à cause de la fois où elle m'a jetée hors de mon analyse violemment, elle savait que j'étais au bord du suicide en ce moment et à l'époque elle savait que j'avais peur d'être psychotique comme ma mère, tout comme elle sait que j'ai été maltraitée et aujourd'hui j'apprends qu'il y a un gros problème de déontologie, que tout le monde a l'air d'avoir eu accès à mon "cas" et personnellement en plus puisque mon nom circule dans le milieu alors que je ne connais encore presque personne.

Je lui ai envoyé un message pour lui dire que j'ai besoin d'explications et qu'elle a intérêt à m'en donner, qu'elle ne peux pas me détruire jusqu'au bout et me pousser au suicide sans scrupules et que moi aussi, j'avais envie de détruire sa réputation qui n'est déjà pas au top. Je n'ai évidemment eu aucune réponse. J'ai rendez-vous vendredi avec elle mais j'ai peur de la façon dont cela va se passer. Je ne sais pas si elle va me recevoir ou pas, si elle le fait je ne sais pas dans quelle humeur elle sera, je ne connais pas ses limites, je ne sais pas comment m'y prendre pour avoir des explications mais par contre je sais que je n'ai plus rien à perdre aujourd'hui, qu'elle m'a complètement détruite et que si elle me claque la porte au nez ou si elle me méprise en me disant que c'est comme ça, qu'elle n'a pas à se justifier et que je suis libre d'aller voir quelqu'un d'autre alors elle déclenchera le passage à l'acte parce que je ne tiens plus qu'à un fil, cet espoir qu'elle ne peut pas être aussi inhumaine, que même si elle n'en a rien à faire de moi je mérite quand-même le minimum de respect qu'on accorde aux êtres humains, celui de la loi qui fait que la déontologie et l'éthique existent. Dans tous les cas, c'est fini pour moi mais j'ai besoin de réponses et il n'y a que ça qui pourrait me redonner un peu de dignité mais je ne sais pas comment m'y prendre parce que dire sincèrement les choses et ce que je ressens ne fonctionne pas.

Je sais que je n'arriverai pas à changer d'analyste, pas aujourd'hui en tout cas mais j'ai besoin de retrouver ma dignité et l'espoir d'avoir un avenir pour continuer de m'accrocher à mes études et à la vie.

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Meilleure réponse 10 FÉVR. 2021

Bonjour Lena,
pourquoi vous êtes-vous, au tout début, tournée vers la psychanalyse, plutôt que vers d'autres formes de thérapies ?

Xavier Martin-Prével Psy sur Retournac

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