Questionnements sur mon cadre thérapeutique
Bonjour,
J'ai suivi pendant des années une thérapie qui m'a beaucoup apportée, même si je ne me considère pas comme "guérie".
Il y a environ 3 ans, j'ai proposé à un homme avec qui j'entamais une relation (que j'appellerai X par la suite) de suivre une thérapie avec cette psychologue. Je sentais que ça répondrait à son besoin. J'ai partagé mon expérience, l'ai rassuré et encouragé. Il a finalement sauté le pas.
J'ai été surprise que cette psychologue n'émette aucune réserve sur ce triangle thérapeutique, mais comme tout s'était toujours bien passé, j'ai fait confiance. D'autant plus qu'elle a toujours assuré que si quelque chose dérapait ou si je n'étais plus en sécurité, ce serait lui qui partirait car j'étais là avant et donc prioritaire.
La situation a évolué. Au départ des petites remarques telles que "les versions de X donnent un éclairage différent sur ce que tu me racontes". En creusant, elle sous-entendait que j'arrangeais la vérité. J'ai commencé à me méfier.
Un autre épisode m'a interpellée. Cette psy organise des thérapie de groupe sur des week-ends. Avant monsieur X, elle m'en avait parlé, me disant que je serais une bonne "candidate". Ces week-ends ont mis du temps à se mettre en place et entre temps, monsieur X est arrivé. C'est à lui qu'on a proposé ces week-ends, en m'excluant. La raison officielle étant que j'étais "trop avancée" dans ma thérapie par rapport aux autres. Cette explication ne me paraît pas vraisemblable. Ma compréhension est plutôt qu'il y a moins d'hommes qui travaillent sur eux et qu'ils ne voulaient pas un couple dans le groupe. Ce sont des raisons que je peux entendre mais il n'y a pas eu de transparence. Ne courant pas après ces week-ends, je n'ai pas relevé mais je le vois comme un autre signe "d'exclusion".
Monsieur X a particulièrement mal vécu l'un de ses week-ends jusqu'à en avoir des pensées morbides. J'ai dû le soutenir pour éviter qu'il ne sombre à tel point que j'ai hésité à appeler la psy pour lui demander des conseils (ce détail a son importance par la suite).
Dernier épisode en date et le plus marquant : Monsieur X a une fille en souffrance psychologique. Les choses se passent très mal avec la mère. Je precise que la mère a eu des comportements deplacés et toxiques envers moi, ce qui est compréhensible car c'est une femme blessée. Pour me préserver, je l'évite au maximum.
La mère demandé une thérapie de co-parentalité. Monsieur X en a tout de suite parlé à la psy qui l'a orienté vers un confrère. Jusque là, je n'étais pas très rassurée de cette situation mais pas au point d'aller mal. Quand j'ai su que ce confrère faisait ses thérapies dans le même local, mes peurs se sont réveillées. J'ai craint de la croiser (la mère), que des détails lui fassent comprendre que je suivais aussi une thérapie dans ce "cercle" ; que cette thérapie de couple, de leur côté, me mette dans une position de rejet. J'en ai un peu parlé à monsieur X, qui a fait part de mes craintes à la psy.
En gros elle lui a fait comprendre qu'il n'aurait pas dû m'en parler et que s'il l'a fait, c'est pour régler des comptes avec moi.
J'arrive à la séance lors de laquelle je souhaitais aborder le sujet. Je n'ai pas eu le temps de m'exprimer si ce n'est de dire que j'avais hésité à l'appeler car monsieur x se sentait très mal suite au week-end. Et là, je me suis encore fait "engueuler", que j'avais un sacré "culot" de penser la contacter pour cela car c'est un problème de couple, qu'il est inadmissible que je remette son cadre en question. Que les souffrances de monsieur X étaient plus importantes que les miennes, que pour elle, elles avaient une résonnance alors que pas pour moi. Je precise que je l'entends très bien avec la fille en souffrance psychologique. Qu'ayant vécu certaines choses similaires, je peux comprendre de l'intérieur. Mais il est vrai que je ne peux pas comprendre de l'intérieur ce que vivent les parents.
Quand j'ai exprimé que la situation avec la mère en thérapie de co-parentalité me mettait mal à l'aise, voire en détresse, elle a dit que j'étais victimaire et que c'était terrible d'être comme ça. Elle m'a dit que je me plaçais toujours au-dessus des autres, sachant qu'avant elle disait que j'avais un très fort complexe d'infériorité.
J'ai demandé en quoi je me plaçais au dessus des autres, et de qui ? Pas de réponse. J'ai ressenti cela comme une attaque personnelle gratuite. Et quand j'essayais de parler de ce qui me faisait souffrir pour le démonter, comme on le faisait auparavant, la réponse à été que mon "positionnement interne" ne convenait pas. Bref je ne me souviens pas de tout. Juste que j'étais extrêmement mal.
Cela fait presque 3 semaines et ça ne passe pas. Quand j'essaie de m'imaginer la prochaine séance, je bloque. Si je dis que je vais mal je serai "victimaire", de même si je dis que je souhaite aborder tel sujet qui me gêne, la reponse sera "tu crois que le monde est contre toi". Si je demande comment faire pour améliorer ma situation, "c'est mon positionnement interne" qui sera déviant et que la priorité du moment est monsieur X... je n'ose plus rien dire.
Monsieur X de son côté estime que la thérapie lui a beaucoup apporté, mais il ne veut plus de cette situation qui me met en souffrance. Il pense arrêter la thérapie à la fin de l'année et il n'a pas l'impression que la situation est sous contrôle. Il se sent également en insécurité et à constaté que la psy avait une empathie particulière envers lui et sa situation. Il a même senti une légère "attirance" de la psy envers lui. Ce n'est pas avéré mais ce qui est certain, c'est qu'elle marque une préférence pour lui par rapport à moi (elle l'a verbalisé).
Je ne trouve pas de solution. Je me dis que, même en envisageable d'arrêter la thérapie, je n'ai pas encore de lui demander un contact à elle car elle risque de parler de mon cas et ce ne sera pas neutre.
Je me demande si elle ne fait pas tout ça pour que je parte de moi-même et ne pas rompre la promesse que si ça dérapait, ce serait monsieur X qui partirait. Mais comme elle préfère travailler avec lui, elle met en place ce rejet. Elle m'a dit plusieurs fois qu'elle savait très bien faire en sorte que des clients ne reviennent plus.
J'en viens à me demander également si elle n'a pas des problèmes personnels. Elle me parle fréquemment de sa menopause, de soucis de santé. Des petites remarques comme quoi sa cellule familiale ne va pas au mieux. J'ai peur que ça fasse partie des éléments qui font que ça dérape.
Quand j'ai essayé d'exprimer mon malaise sur la therapie à 3 avec l'ex compagne, et que tout le monde étant humain, on ne peut pas tout prévoir des répercussions, surtout dans un triangle thérapeutique, elle m'a dit qu'elle était infaillible, professionnelle et qu'elle me connaissait assez pour savoir tout ce que je pensais.
J'ai employé tour à tour les termes "psy', "psychologue", "psychothérapeute". Elle n'est aucun de ces métiers officiellement car ses certifications ne sont pas à jour. Quand je lui avais posé la question, elle m'a dit que je pouvais dire "psy" car elle piochait dans différentes approches thérapeutiques. Je ne sais pas si ça a son importance.
J'ai déjà eu des séances "lourdes". Des "secousses de système" qui m'ont permis d'avancer. J'écris aujourd'hui car je sens quelque chose de différent. J'ai besoin d'aide et ne me sens plus en sécurité avec cette psy. Je ne sais pas comment aborder cette situation.
M'excusant pour la longueur de ce message et vous remerciant pour votre écoute,
Bien à vous