24 DÉC. 2025
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Bonjour,
À travers vos mots, on ressent une souffrance très intense, une grande fatigue intérieure et une forme de détresse profonde, comme un appel lancé dans l’espoir de trouver enfin un point d’appui. Avant toute chose, j’aimerais vous inviter, si vous le pouvez, à faire une courte pause en lisant ces lignes : prenez un instant pour sentir votre respiration, le contact de votre corps avec le sol ou le fauteuil, le rythme de votre cœur. Ralentir, même quelques secondes, peut parfois aider à apaiser un peu la vague d’angoisse lorsqu’elle est trop forte.
Si c’est possible, essayez ensuite de mettre des mots sur ce que vous ressentez auprès d’une personne de confiance ou par écrit. Ce n’est pas une solution en soi, mais cela peut permettre de ne pas rester seule face à cette intensité.
Ce que vous traversez est extrêmement éprouvant. Vous avez connu un épisode anxieux et une dépression du post-partum après la naissance de votre enfant, avec des manifestations très sévères, jusqu’à une crise suicidaire et une hospitalisation. Vous avez pourtant entrepris beaucoup de démarches : traitement médicamenteux, EMDR, puis TCC aujourd’hui. Cela montre à quel point vous avez cherché – et cherchez encore – à aller mieux. Le fait que vous soyez là, vivante, à demander de l’aide, est déjà en soi un élément fondamental.
Il est possible que les thérapies suivies jusqu’ici n’aient pas encore permis une transformation suffisamment profonde ou durable, et cela ne signifie en aucun cas que vous avez « échoué » ou que vous avez fait quelque chose de travers. Les rechutes existent parfois, même lorsque l’on fait « tout comme il faut ». Elles ne remettent pas en cause vos efforts ni leur valeur. Elles indiquent souvent que quelque chose, à un niveau plus profond, continue de demander à être entendu et accompagné.
La dépression du post-partum et l’anxiété peuvent être l’expression d’un déséquilibre plus global : une accumulation de fatigue, de responsabilités, d’exigences, d’émotions anciennes ou actuelles devenues trop lourdes à porter seule. Ce sont parfois des signaux douloureux indiquant qu’une partie de soi n’arrive plus à continuer comme avant. Cela ne veut pas dire que votre vie sera condamnée à cette alternance permanente entre mieux et rechutes.
Il est important de rappeler qu’il n’y a aucune faute à faire une dépression ou à vivre des troubles anxieux. Dans un monde de plus en plus exigeant, rapide et anxiogène, ces états sont malheureusement fréquents, en particulier chez les personnes sensibles, engagées, et soucieuses des autres – comme vous semblez l’être, notamment en tant que mère. La dépression peut parfois être une tentative maladroite, mais réelle, de transformation : une manière pour le corps et le psychisme de dire « stop », lorsqu’il n’est plus possible de continuer au même rythme ou dans les mêmes conditions.
Concernant votre anxiété, il serait important que celle-ci puisse être abordée non seulement comme un symptôme à faire disparaître, mais aussi comme quelque chose à comprendre et à contextualiser dans votre histoire de vie et votre environnement actuel. L’anxiété peut parfois porter un message confus, mais essentiel : celui d’un besoin de sécurité, de soutien, ou de changement. Lui donner une place, dans un cadre thérapeutique sécurisant, peut permettre qu’elle perde progressivement son caractère envahissant.
Je ne peux pas vous dire de quoi sera fait votre avenir, ni vous garantir qu’il n’y aura plus jamais de moments difficiles. Ce que je peux en revanche vous dire, c’est que votre situation appelle un accompagnement thérapeutique profondément sécurisant, avec un·e professionnel·le capable de vous écouter avec douceur, sans jugement, et de prendre en compte l’ensemble de votre vécu – émotionnel, corporel et relationnel. Une relation thérapeutique authentique et stable peut devenir un point d’ancrage essentiel dans cette traversée.
Ce que vous vivez, aussi douloureux que cela soit aujourd’hui, peut devenir, avec le bon accompagnement, une occasion de transformer en profondeur votre relation à vous-même, à vos limites, à vos besoins, et au monde qui vous entoure. Ce chemin est long, mais il peut mener vers une manière de vivre plus apaisée, plus juste pour vous, et vers le retour progressif d’une joie de vivre qui semble aujourd’hui hors de portée.
Vous n’êtes pas seule, et votre souffrance mérite d’être entendue et accompagnée avec respect et humanité.
Massimiliano Cangelosi
Gestalt Praticien sur Paris 13