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Secret professionnel suivi enfant

Réalisée par crgn le 16 mai 2018 7 réponses  · Analyse des pratiques

Bonjour,
Mon beau fils de 9 ans a perdu sa maman il y a 18 mois des suites de son suicide.
Celle-ci l'avait fait suivre en CMP pour des soi-disant problèmes de comportement qui se sont, en fait, avérés être plutôt des soucis liés au mal-être de sa maman.
Au décès de sa maman nous avons entrepris de faire un suivi au CMPP de notre ville (différent de l'ancien)
Le dossier qui nous a été fourni du CMP de base était raturé de partout pour que nous n'ayons accès qu'à très peu d'informations.

Le CMPP a fait un suivi pendant quelques mois afin que mon beau fils fasse son deuil mais sans résultats particuliers et sans que des informations sur l'état psychologique de mon beau fils ne soient transmis à mon mari.

Nous envisageons de faire de nouveau suivre mon beau fils avec une psychologue libérale car nous voyons bien qu'il n'est pas bien mais ne veut pas se confier mais avons peur une fois de plus que la psychologue se cache derrière le secret professionnel alors que nous avons besoin de savoir comment il va, comment il se sent et ce que l'on pourrait faire pour lui.

Pensez vous que nous pouvons exiger d'avoir un retour d'information?

peur , comportement , deuil , décès

Meilleure réponse

Bonjour,

Je travaille en CMP et exerce en libéral aussi à ce double titre je peux vous assurer que la distinction est faite entre un travail propre à l'enfant avec une obligation de confidentialité propre à l'enfant, et une information légitime aux parents que nous recevons par ailleurs. Il se peut même en CMP que le consultant qui vous reçoivent (vous votre mari et votre beau-fils) peut ne pas être le psychologue qui reçoit votre beau-fils seul.

La distinction est donc bien faite entre l'espace de travail avec l'enfant et l'espace de parole entre les parents et l'enfant (en-dehors d'une éventuelle thérapie familiale).
Et je rebondis là dessus. Il est fort possible que votre besoin soit de ressouder une famille, qui vous semble à travers le symptôme de votre beau-fils mettre en danger cette cellule familiale. Dans ce cas il serait plus sage de demander au CMP ou CMPP de mettre en place une consultation de thérapie familiale, éventuellement.

Mais la question principale reste de savoir ce qu'en pense votre beau-fils de ces changements de CMP et de ses ruptures dans sa vie.
Cette histoire de ratures dans le dossier vous inquiète à juste titre, mais pourquoi ne pas en parler, peut-être, vous aussi de votre côté. Cette fois ci en libéral. Quelles sont vos inquiétudes vis-à-vis de ce caviardage du dossier de votre fils ? En avez-vous parlé à quelqu'un ? Votre fils est-il au courant et comment l'a -t-il su ? Cela pourrait aussi, vue votre inquiétude ici, à ce sujet, une source d'iangoisses de plus pour lui. L'enfant est souvent un amplificateur des inquiétudes familiales.
Une famille entière est à reconstruire, mais qui ne doit pas pour autant biffer la précédente ou en avoir peur encore. C'est à cette reconstruction que votre beau-fils s'affronte avec des systèmes de loyauté interne complexe vis-àvis de sa mère décédée brutalement, où l'enfant peut avoir développé une culpabilité interne, et la vie au quotidien avec sa nouvelle recomposition familiale avec laquelle il n'a pas encore intégré tous les codes.
Laissez du temps à votre beau-fils et faites lui confiance, soyez présente bien sûr mais s'il doit vous dire des choses il vous les dira à son rythme. Si bien entendu il veut changer de psy ou de CMP c'est autre chose. Mais veut-il changer par ce que vous le souhaitez ou parce qu'il le veut ?

bien à vous,
Charles Suaudeau-Séroude
Psychothérapeute agréé
Thérapies brèves et analytiques

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Bonjour,
L'important n'est plus forcément ce qui s'est dit au CMPP car la situation a changé pour cet enfant puisque sa mère est décédée.
Maintenant il est important de choisir un thérapeute qui aura la confiance de votre beau-fils et celle votre couple.
Certes la confidentialité issue de la relation qu'entretiendra votre fils avec son thérapeute est importante mais en principe les parents sont tenus informés des éléments essentiels qui ressortent des entretiens et qui peuvent avoir une importance pour la famille et créer un sens pour tout le monde.
Restant à votre écoute.
Bien cordialement.
Ghislaine PATTE - Thérapeute familiale et conjugale

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17 MAI 2018

Logo Ghislaine PATTE Ghislaine PATTE

477 réponses

1194 J'aime

Bonjour Madame,

Il me semble que la situation que vous décrivez est complexe, et la position de votre beau-fils très délicate, après avoir vécu avec une mère qui était en grande souffrance psychologique (d'où son acte de suicide).
Il est évident que ce garçon ne peut pas aller bien... et qu'il a besoin de beaucoup de compréhension, d'affection et d'un cadre familial sécurisant, dont la communication ouverte avec ses proches (son père en premier, mais vous aussi...) doit faire partie.

Si vous souhaitez son bien être et le votre (le lien entre les deux est très serré...) je vous conseille vivement de vous offrir une thérapie familiale qui vous permettra à tous d'exprimer ce que vous ressentez et pensez, d'aborder et intégrer les événements douloureux de l'histoire familiale (la sienne, mais la votre aussi...), de vous connaître, comprendre et accepter..., en un mot... de "faire une nouvelle famille" et de veiller à bien vivre ensemble.

Une thérapie familiale n'exclut pas que ce jeune garçon en grande souffrance puisse bénéficier d'une thérapie individuelle, dans des conditions où la confidentialité a des limites : les parents sont partie prenante des soins, tout en gardant un "espace confidentiel" qui n'appartiendra qu'au jeune.

Il me semble donc que le problème que vous préoccupe aujourd'hui n'est pas le plus important... : l'essentiel est de vous donner la possibilité de vous construire ensemble une vie familiale stable et sereine.

Je vous souhaite à tous bonne chance !
sp

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17 MAI 2018

Logo Silvia PODANI Silvia PODANI

1729 réponses

4297 J'aime

Bonjour,

Tout patient, quel que soit son age, doit avoir une totale confiance en son thérapeute pour que le thérapie ait une chance d'aboutir. Pour cela, le thérapeute est tenu au secret professionnel.

En revanche, les thérapeutes ne sont pas insensibles aux questions des parents concernant leurs enfants : il est bien normal que les parents veuillent savoir comment va leur enfant. Le dialogue peut tout à fait s'établir et des données générales sur l'état de santé de son enfant être partagées avec son père.

Ce dernier est-il allé voir l'ancien thérapeute de son fils ? A-t-il parlé avec lui ? C'est encore la meilleure des façons d'avoir des nouvelles de son enfant. La preuve, le dossier transmis avec les ratures bien naturelles puisqu'elles préservent la confidentialité.

Je crois que puisque l'enfant de votre mari va entamer un travail avec un nouveau thérapeute, la meilleure des choses à faire n'est peut-être pas de s'attarder sur ce qu'il s'est passé avec l'ancien thérapeute mais sur ce qui va se jouer à partir de maintenant.

Que votre époux contacte le nouveau thérapeute et lui dise simplement qu'il souhaite savoir comment va son fils. Ce n'est pas trahir le secret professionnel que de donner les grandes lignes sur l'état de santé de ses proches.

Cordialement
Frédérique Le Ridant
Psychanalyste, thérapeute

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17 MAI 2018

Logo Frédérique Le Ridant Frédérique Le Ridant

148 réponses

701 J'aime

Bonjour,
Pour que l′enfant se sente en confiance il est effectivement nécessaire que ce qui se dit entre lui et le psy soit leur affaire à tous les deux. Mais cela ne doit pas devenir un dogme, au point de mettre les parents en situation d′exclusion, laquelle est alors vécue comme la double peine.
Il est toujours possible de voir avec l′enfant s′il y a des choses qu′il accepte qu′on aborde avec ses parents, sans pour autant entrer dans le détail, lorsque cela peut, par exemple, renouer une relation difficile, faire avancer une situation qui coince.
Certains psy se réfugiant derrière la notion de secret, font un véritable barrage avec les parents, se prennent un peu « la grosse tête » en se croyant investis d′une mission qu′eux seuls pourraient à bien, et cela, sous prétexte de déontologie. Abus de pouvoir, en fait, que rien ne justifie.
Heureusement ce culte du silence tend à disparaître, ce qui permet plus de souplesse, plus de créativité quand on s′adresse à des familles.
Cordiales salutations

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17 MAI 2018

Logo Maurice Gaillard Maurice Gaillard

2236 réponses

5240 J'aime

Bonjour,

Le travail psychothérapique avec un enfant n'exclut pas totalement les parents au sens d'un dialogue avec eux et avec l'enfant.

Il faut distinguer différents moments: les moments réservés exclusivement à l'enfant qui demandent en effet confidentialité - ainsi le thérapeute ne dira pas aux parents, votre fils ou fille a fait ceci ou cela, a dit ceci ou cela; et des moments de synthèse d'écoute des parents avec l'enfant.

Vous trouverez peut-être plus aisément ce dialogue en cabinet libéral, mais aussi vous auriez pu le demander aux psys qui ont suivi le petit en CMP/ CMPP. Il ne s'agit pas tant d'un retour di'nformation sur dossier que de conversations parents-enfant-thérapeute au début, à la fin d'une thérapie et parfois pour en ponctuer tel ou tel moment.

Cordialement,
Fabienne Verstraeten
Psychanalyste

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17 MAI 2018

Logo Fabienne Verstraeten Fabienne Verstraeten

1263 réponses

4384 J'aime

Bonsoir,
Quelque soit le professionnel auquel vous confierez cet enfant, il sera tenu au secret professionnel vis-à-vis de lui. Seuls les éléments qui sont entendus avec lui vous seront communiqués, c'est ainsi que je procède.
Je comprends que son papa - et vous même - ayez besoin d'être rassurés car son état vous fait souci; si le thérapeute parvient à créer un lien fructueux avec cet enfant, celui-ci devrait s'en trouver mieux en quelques séances.
Il est important que votre beau-fils soit en confiance avec le (la) thérapeute que vous choisirez avec lui de préférence afin que le travail lui soit profitable.
A votre - à son - écoute.

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16 MAI 2018

Logo Luc BURGENSIS Luc BURGENSIS

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