Suis-je ou pas borderline ?

Réalisée par Anna · 9 avril 2020 Trouble de la personnalité

Bonsoir, Je poste ici (pour la premiere fois), bien que je sois suivie depuis quelques mois par une psychologue, mais j'ai besoin d'un éclairage. J'ai besoin de voir comment vous, vous analyseriez ce que je vais vous racontez (car je ne vous connais pas) et en fonction de vos réponses, j'en parlerai avec la psy.
J'ai souhaité entamer une thérapie en esperant que celle ci puisse m’apporter des réponses à toutes ces questions qui se profilent en permanence dans ma tête.
Des pseudo-diagnostics, j’ai essayé de m’en donner, en me disant que j’étais sûrement borderline. Pourquoi ? Car je suis capable de passer d’un état limite dépressif à un état de joie intense en un claquement de doigt. J’ai un fonctionnement bizarre que je n’arrive vraiment pas à définir. Alors suis-je seulement une pure névrosée ou ai-je une pathologie psy plus poussée ?
J’ai conscience d’agir différemment de la plupart des gens, c’est pour ça que je me cache derrière une apparence de tout ce qu’il peut y avoir de plus normal. La normalité, c’est un mot que j’aimerai entendre raisonner en moi plus souvent, me dire « non tu n’es pas folle ». Mais au delà de l'aspect borderline, j'ai un cerveau qui carbure à toute puissance, telle une ferrarie. Il me met dans un état d'hypervigilence en permanence, avec tout un tas de questions qui foisonnent, un besoin incessant de tout analyser, de réfléchir, de scruter le moindre détail. Je n'ai aucune maitrise sur mes emotions, qu'elles soient positives ou negatives. On me dit regulierement que je suis beaucoup trop émotive, je pleure souvent pour un rien (parfois juste en ecoutant une musique). Mais parfois aussi je suis capable de me mettre en colère pour une broutille, qui aux yeux de certains n’est qu’un détail et ne justifie en rien une telle réaction aussi démesurée soit elle. Mon cerveau a besoin d'être stimulé en permanence pour ne pas que je sombre dans l'ennui et donc dans un état limite dépressif. Et aujourd'hui c'est aussi ce qu'il se passe dans mon travail. J'ai le sentiment de tomber dans la routine, je m'ennuie, je suis limite au bord du bore-out.
Je me dis qu’il est impératif d’être le plus clair et précis avec la psychologue qui me suit, sur ma façon de fonctionner, de penser, d’agir quitte à prendre le risque de passer pour une « folle » . Mais je n'y arrive pas. Je suis prise d'un sentiment ambivalent : l'envie et la peur. Et cette peur me pousse même parfois à me dire que je vais finalement arrêter la therapie. Mais pour que vous compreniez encore mieux mon fonctionnement et comprendre aussi pourquoi je n'ose pas encore lui dire tout ça, je vais vous exposer le scénario qui se répète inlassablement avant et pendant une consultation. Une multitude de questions me traversent l’esprit avant même d’être arrivée sur le lieu du rdv. Ces questions sont de l’ordre de : « est-ce qu’elle va bien aujourd’hui ? Sera-t-elle disposée à m’écouter ou bien je risque de l’ennuyer avec toutes mes histoires ? il faut que je lui parle de ça et de ça mais je ne sais pas par quoi commencer car il y a trop de choses auxquelles je pense en même temps ; c’est le fouillis, je n’arrive pas à ranger mes idées. Du coup elle ne va rien comprendre à ce que je veux lui dire, ça va trop dans tous les sens,… » Puis une fois arrivée dans la salle d’attente, je ressens l’atmosphère qui y règne, paisible, ça me calme un peu l’esprit. J’observe du coin de l’œil les personnes présentes dans la salle d’attente (comment ont-ils l’air de se sentir dans cet espace d’attente), puis j’entends la porte de son bureau s’ouvrir, la personne avant moi part. Mon esprit se remet en route et un nouveau flot de questions va à nouveau m’envahir. « Elle ne vient pas tout de suite me chercher, c’est normal elle a sûrement besoin d’un temps pour se recentrer ? Ca doit être éprouvant d’écouter les histoires de chacun. J’espère qu’elle n’est pas trop épuisée ? Finalement je ne vais pas lui parler aujourd’hui de ça et de ça, c’est trop long ce que j’ai à dire, il faut que je synthétise, que j’aille à l’essentiel. Mais en même temps si je ne parle pas de ça, est-ce que la prochaine fois je vais y repenser ? car je ne sais pas dans combien de temps je vais la revoir et puis il va se passer des choses entre temps,… » (voilà un ex. de questions qui me traversent à ce moment là l’esprit)
Puis j’entends la porte s’ouvrir, je la vois, j’observe sa posture, son regard, un indice quelconque qui pourrait confirmer ou infirmer ce que je venais de penser auparavant. J’ai besoin de lui faire une poignée de main, car le contact me rassure (bien-sûr ça c'est avant le confinement et le coronavirus). Je rentre dans le bureau, je suis toujours dans l’observation. J’observe si dans la pièce quelque chose a changé/bougé par rapport à la dernière fois, … Rien n’échappe à mon regard, pas même la façon dont elle est habillée ce jour. Dans ma tête je me dis, « tiens cette couleur lui va bien, j’adore ses chaussures, elle a bonne mine,…. » Et bien évidemment je suis capable de retenir la tenue exacte qu’elle portait certains jours (qui parfois remontent à plusieurs semaines). Autant de détails qui n’échappent pas à mon regard et qui vont rester en mémoire.
Pendant la séance je continuerai sans cesse à penser, réfléchir, analyser… J ‘écoute attentivement, en silence, mais à l’intérieur de mon cerveau, c’est un capharnaüm, tout s’agite et parfois, en même temps que je réponds à ces questions, mon œil est attiré par un détail que je n’avais pas perçu en rentrant dans la pièce. Je pense en même temps que je parle, ce qui me complique la tâche car je m’entends parler mais j’ai l’impression du coup que ce que je raconte n’a aucun sens.
Il n’y a évidemment pas qu’avec elle que je suis comme ça, je le suis avec tout le monde. Rien n’échappe à mon regard.
Avant elle, j'en ai vu une autre (je ne l'ai vu que 3 fois exactement), mais je n’ai pas souhaité continué car il y avait une multitude de détails qui me perturbaient et entravaient la bonne prise en charge. Ca a commencé par la salle d’attente (je n’aimais pas la configuration de celle-ci, trop étroite, elle m’étouffait,…), puis la musique (en fond sonore) que je ne supportais plus (toujours le même style.) J'observais l'agencement de son bureau, la disposition de ses meubles, la vue de sa fenêtre (qui donne sur une rue passante), la lumière trop agressive. Là encore j’observais sa façon de s’habiller (trop strict, trop autoritaire), son parfum trop entêtant. j’observais le moindre détail (sa tasse de thé à côté de son écran, la position de son crayon dans sa main, son écriture, sa façon de regarder discrètement l’heure sur l’horloge,…)Rien n’échappait à mon regard et tous ces signes m’ont conforté dans l’idée que je ne pouvais continuer la thérapie avec elle.
Cette attention aussi poussée, qu’est de percevoir le moindre détail n’a aucun intérêt en plus. Je ne vois pas ce que ça m’apporte de me souvenir de comment était habillée ce jour là telle personne. Mais je suis incapable d’avoir le contrôle sur tout ça. Ce fonctionnement m'handicape car j'ai toujours peur que les gens pensent que j’adopte une attitude intrusive à leur égard, mais ce n’est pas le cas. J’observe, non pas pour juger, je ne suis pas dans le jugement, au contraire, mais parce que c’est plus fort que moi.
(Désolée pour la longueur du message. Je n'ai pas pu synthétiser.)

Réponse envoyée

Nous validerons bientôt votre réponse pour ensuite la publier

Une erreur s'est produite

Merci de réessayer plus tard

Meilleure réponse 9 AVRIL 2020

Bonjour Anna,

d'abord merci pour la sincérité et la précision de votre témoignage.
Pour répondre directement à votre question, l'espace de thérapie est le lieu où vous pouvez parler de tout ce qui vous passe par la tête. Plus vous partagerez avec votre psy vos doutes, vos observations, vos questions, plus elle pourra vous connaitre vraiment et vous venir en aide. C'est vous qui déciderez ce que vous direz et quand vous le direz. Dire c'est apprendre à votre psy comment vous fonctionnez, c'est aussi lui donner les moyens de vous venir en aide et vous donner les moyens de vous venir en aide.
Pour ce qui est de l'observation minutieuse que vous décrivez, vous avez une bonne raison de le faire. Peut-être que vous ne la connaissez pas, mais elle existe. Et de la même manière, plus vous le partagerez avec votre psy, plus vous pourrez comprendre en quoi cela vous a été ou vous est utile.
On ne fait rien par hasard, même si on n'est pas conscient des raisons qui nous poussent à agir.
Je reste à votre écoute si vous le souhaitez,
bien cordialement,
Laetitia Leoni-Bonin
Psychothérapie intégrative basée sur l'attachement,
Psychothérapie familiale
En période de confinement, je récois par Skype, FaceTime ou WhatsApp

Lætitia Leoni-Bonin Psy sur Paris

151 réponses

271 J'aime

Réalisez une thérapie en ligne

Contacter

Cela vous a été utile ?

Merci d'avoir donné votre avis !

11 AVRIL 2020

Bonjour,
Déjà, entre borderline, névrosée, folle, normale ... peu importe, ce n'est pas une étiquette qui vous fera avancer.
Vous avez plein de choses en tête, et pour le moment vous choisissez de ne pas les dire. Or, plus vous accepterez de vous "découvrir" pendant vos séances, mieux vous avancerez.
Vous êtes suivie depuis quelques mois seulement, cela prend du temps à ce que la relation de confiance s'installe et que vous puissiez lui dire petit à petit ce que vous nous dites. Au fur et à mesure que cela arrive dans votre tête, et sans faire le moindre tri. Elle est là pour ça, vous écouter.
Bien à vous
Sylvie Protassieff
Psychologue clinicienne - Psychothérapeute – Psychanalyste (Paris)
Pendant la période de confinement, j’assure mes séances par FaceTime, WhatsApp, Skype, Zoom et téléphone

Sylvie Protassieff - Psychologue Psy sur Paris

811 réponses

523 J'aime

Contacter

Cela vous a été utile ?

Merci d'avoir donné votre avis !

10 AVRIL 2020

Bonjour,

En vous lisant je dirais que votre tête est pleine de touts ces questionnements, cela ressemble effectivement à un dialogue intérieur très intense et j'imagine fatiguant. Vous dîtes que vous essayez de faire votre diagnostic et que vous seriez plutôt "borderline". Pour en avoir le coeur net, peut-être serait-il préférable de consulter un psychiatre (un bon).
Sachez que le trouble de personnalité état-limite (borderline pour les Etats-Unis) n'appartient pas aux névroses amis constitue une structure à part entière selon la psychanalyse. Mais vous pouvez présenter en même temps des manifestations névrotiques, comme ce dialogue interne en permanence dans votre tête, et ces pensées un peu de type obsessionnelles, intrusives. Tout cela montre beaucoup d'angoisses et une faible estime de vous au fond !
La seule façon d'aller mieux, c'est d'accepter une thérapie régulière, suivie, et il serait temps de commencer à dire à votre psy ce qui se passe dans votre tête, les questions que vous vous posez.

Je reste à votre disposition pour toute question,

Christiane Moyaux Ledour Psy sur Carqueiranne

469 réponses

226 J'aime

Réalisez une thérapie en ligne

Contacter

Cela vous a été utile ?

Merci d'avoir donné votre avis !

Psy spécialisés en Trouble de la personnalité

Voir plus de psy spécialisés en Trouble de la personnalité

Autres questions sur Trouble de la personnalité

Expliquez votre situation à nos psychologues

Faites votre demande de manière anonyme et recevez une aide psychologique en 48h.

50 Il est nécessaire d'écrire 11900 caractères de plus

Votre question et ses réponses seront publiées sur le portail. Ce service est gratuit et ne remplace pas une séance de thérapie.

Nous enverrons votre question aux experts de ce thème qui traiteront personnellement votre cas.

La séance de thérapie n'est pas gratuite et sera sujette aux tarifs en vigueur du professionnel.

La séance de thérapie n'est pas gratuite et sera sujette aux tarifs en vigueur du professionnel.

Renseignez un pseudo pour rester anonyme

Votre question vient d'être révisée.

Nous vous aviserons par e-mail quand elle sera publiée.

Cette question existe déjà.

Merci d'utiliser la barre de recherche pour connaître la réponse.

psychologues 12800

psychologues

questions 11900

questions

réponses 70400

réponses