Vie familiale impossible depuis l’arrivée d’une belle-mère
Bonjour,
Je me permets de vous écrire pour recueillir votre avis professionnel sur une situation familiale très complexe qui perdure depuis maintenant 8 ans, et qui affecte profondément mes relations familiales, mon équilibre émotionnel, et ceux de mes frère et sœur.
Contexte familial initial :
Je suis une jeune femme de 24 ans. Mes parents se sont séparés lorsque j’étais enfant il y a plus de 15 ans. J’ai grandi entre deux foyers en garde alternée avec mon père et ma mère qui à refait sa vie. Mon père a toujours été un repère affectif important, malgré les tensions que le divorce avait provoquées.
Il y a environ 8 ans, alors que j’étais adolescente (16 ans), mon père a entamé une relation avec une femme sans enfant, du même âge que notre mère, que j’appellerai ici “Églantine”. Dès le début, cette relation a bouleversé nos repères familiaux.
Dès les débuts :
Églantine* est arrivée dans nos vies de façon brutale : très vite installée, très présente, et sans jamais chercher à comprendre nos dynamiques ou à tisser un lien progressif avec nous.
Elle ne nous a pas vraiment adressé la parole ni manifesté un réel désir de nous intégrer. Nous avons été maintenus à distance, sur la réserve, comme s’il fallait qu’on la mérite.
Mon père, amoureux et très protecteur envers elle, n’a jamais établi de limites claires entre ses enfants et sa compagne. Il a souvent pris sa défense, même lorsque cela nous mettait, mes frère, sœur et moi, dans des positions d’injustice ou d’humiliation.
Évolutions problématiques :
Nous n’étions pas autorisés à venir chez notre père librement : nous qui étions déjà en internat au début de cette histoire avions une fois les études supérieurs engagées été poussés a vivre loin de la maison familiale en appartement, il fallait prévenir à l'avance de notre venue, nos séjours étaient limités et parfois, nous devions louer des Airbnb pour ne pas “déranger” le couple malgré une maison spacieuse etc.
Mon père a investi affectivement de manière très forte dans leur petit chien (acheté sans nous consulter), au point de le comparer à une “grande sœur” pour nous, ce qui m’a profondément blessée. Le chien a pris symboliquement une place qui m’a semblé occuper le vide de notre lien affectif avec lui.
Églantine* se permettait de commenter ou critiquer notre éducation, de pointer notre prétendu manque de respect, sans jamais pouvoir donner d’exemples concrets. Tout ce qui venait de nous semblait suspect ou malveillant à ses yeux.
Mon père, au lieu de jouer un rôle de médiateur, validait souvent implicitement ses jugements, même injustes, créant ainsi une fracture encore plus profonde.
Nos tentatives de dialogue ont souvent été retournées contre nous. Le simple fait de mentionner notre mère dans une phrase anodine (exemple : “Ce week-end j’étais avec maman”) déclenchait des remarques ou un malaise. On nous faisait comprendre qu’évoquer notre autre parent était inapproprié.
Églantine* semble souffrir d’un lourd passé personnel : anorexie, burnout avec crise suicidaire, histoire familiale très douloureuse, instabilité affective. Elle n’a jamais consulté un professionnel, affirmant que “ça ne sert à rien”.
Elle affiche un comportement narcissique : très centrée sur elle-même, difficulté à se remettre en question, image surinvestie sur les réseaux sociaux, superficialité dans les échanges, recherche constante de contrôle.
Dès le début, étant maniaque elle a exigé des changements dans nos habitudes que ce soit le ménage ou autre tout simplement pour satisfaire son besoin de propreté et par rigidité au point de sacrifier nos rituels familiaux pour se faire. Exemples : ne pas manger devant la télévision qui était un moment de convivialité, débarrasser la table immédiatement après avoir terminé de manger couppant court à toute discussion en à ce moment là, moment précieux où nous les enfants avions l'occasion de parler avec notre père nous qui ne le voyions que 2 week-end par mois. Mon père n'a pas préservé ces rituels et s'est plié à toutes ces demandes pour lui plaire, il invoquait toujours les même raison pour justifier ces comportements : "elle n'a pas d'enfants", "c'est dure pour elle et puis vous êtes 3", "elle est maniaque", "il lui faut un peu de temps".
C'était devenu tel que durant les malheureuses 48h sur place elle adoptait une attitude froide, taciturne, distante, mettant une ambiance de mort dans la maison nous faisant clairement ressentir que nous n'étions pas les bienvenues, 1h avant notre départ elle semblait d'un coup revivre l'air de dire vraiment j'ai hâte que vous partiez.
Et bien d'autres exemples...
Climat actuel :
Aujourd’hui, je ne me sens plus à ma place dans cette famille recomposée. Je suis à peine tolérée, et encore moins accueillie.
Cela fait 5 ans que nous sommes interdit de venir dans la maison familiale suite à une dispute entre elle et nous. Mon père a laissé s'installer cette situation. Pour compenser nous nous voyions exclusivement en extérieur environ 1 à 2 fois par semaine sans Églantine* depuis afi' de passer quand-même un peu de temps ensemble. Quand nous demandions à revenir il nous disait qu'elle avait besoin encore de temps...
Il y a un an déjà, une thérapie familiale à été engagée à l'initiative de mon père suite à une altercation avec mon frère où il a réalisé que le temps seul ne guérirai pas la situation actuelle et que le problème était plus profond.
Les séances de thérapie familiale ont été très tendues. Elle a d'abord exigé des séances individuelles pour se "préparer" a nous parler cela a traîné des mois avant de pouvoir passer à l'étape suivante. Aujourd'hui Églantine* impose ses conditions (horaires, sujets abordés, ton à employer), va jusqu’à menacer de quitter la séance si l’échange ne lui convient pas, et demande à ce qu’on marche sur des œufs pour ne pas “la braquer”. Mon père, dans son souci de la ménager, ne la recadre pas, et je me sens à la fois seule, invisibilisée, et prise au piège dans une relation à sens unique.
Je suis fatiguée émotionnellement. Mon frère et ma sœur ressentent la même chose : nous avons le sentiment d’avoir été mis de côté, remplacés, niés. Mon père affirme nous aimer, qu'on est tout pour lui etc mais ses actes traduisent une priorité clairement donnée à sa compagne.
Ce que je cherche :
Je viens ici pour avoir un éclairage professionnel sur plusieurs points :
Comment décririez-vous cette dynamique familiale ? Y voyez-vous des schémas particuliers (emprise, triangulation, fuite, etc.) ?
Quel type de trouble ou traits pourrait-on envisager chez Églantine*, au vu de ce comportement et de ce passif ?
Comment pouvons-nous, mes frère, sœur et moi, nous protéger psychologiquement tout en essayant, si c’est encore possible, de restaurer quelque chose avec notre père ?
Est-il pertinent, selon vous, de continuer les séances de thérapie familiale avec Séverine, ou cela risque-t-il de valider une posture destructrice ?
Enfin, que conseilleriez-vous à un père dans cette position pour qu’il puisse prendre conscience des dégâts qu’il cause (inconsciemment) à ses enfants ?
Je vous remercie sincèrement pour votre temps et vos retours. J’ai besoin de regards extérieurs, professionnels, pour ne pas devenir folle dans cette confusion émotionnelle.
Bien à vous