Se "reconstruire" à travers les différentes étapes du deuil

Le deuil désigne l'ensemble des réactions affectives, psychologiques et comportementales faisant suite à la disparition d'un proche...

14 MAI 2020 · Lecture : min.
Se "reconstruire" à travers les différentes étapes du deuil

Se "reconstruire" à travers les différentes étapes du deuil

Le deuil désigne l'ensemble des réactions affectives, psychologiques et comportementales faisant suite à la disparition d'un proche. On parle aussi de deuil pour tout processus psychique mis en place par une personne afin de faire face à toute forme de perte, par exemple une séparation conjugale, la perte d'un emploi...

Le deuil est un processus dynamique se déroulant en plusieurs étapes distinctes. Ce processus correspond à un travail de désinvestissement de l'être perdu qui selon les personnes, demandera un temps plus ou moins long.

Ce travail de reconstruction psychique est indispensable si la personne endeuillée veut pouvoir établir à nouveau des liens d'attachement et plus particulièrement si elle veut pourvoir s'investir dans une nouvelle relation amoureuse.

Les caractéristiques du deuil 

  • un sentiment de profonde tristesse
  • un désintérêt pour le monde extérieur qui peut se transformer en un repli sur soi plus ou moins durable
  • l'abandon de toute activité qui n'est pas en relation avec le souvenir du défunt
  • l'incapacité temporaire de réinvestir un nouvel objet d'amour.

Pour faire face au deuil la personne devra entreprendre un véritable travail psychique qui se situera autour de 4 axes principaux :

  • l'acceptation de la perte
  • l'expression de la souffrance reliée à cette perte
  • l'adaptation à un environnement dans lequel l'être cher est absent
  • le retrait affectif de la relation passée et le réinvestissement de ses affects dans d'autres relations.

Les différentes étapes du deuil 

  • Le déni et l'incompréhension

Cette étape se caractérise d'abord par un choc psychique au moment où la personne apprend la perte de la personne qu'elle aime.

Elle parvient rarement à accepter la réalité de la perte. On parlera de déni total ou partiel. La réaction ne sera pas la même selon les individus : apathie, repli sur soi, hypoactivité ou à l'inverse, cris et pleurs, agressivité...

Cette phase va durer entre quelques heures et quelques jours.

  • La phase de perturbation et de colère

La personne endeuillée va chercher à comprendre les raisons de la disparition de l'être cher. C'est une période de rationalisation : la personne se demande pourquoi et comment cette perte a pu avoir lieu.

De plus elle est constamment préoccupée par le souvenir du défunt. Elle recherche l'être disparu de manière souvent obsessionnelle car elle ne peut se résoudre à accepter sa disparition. Elle est confrontée à une équation insoluble : l'espoir de retrouver la personne défunte et l'impossibilité de réaliser ce vœu. Cela se traduit par des sentiments d'angoisse, d'abandon, de colère. Dans le cas de la colère, elle pourra être déplacée sur d'autres personnes.

Cette période se caractérise souvent par une somatisation excessive : nausées, maux de tête, insomnies, perte d'appétit, fatigue tant physique que psychique...

Elle dure environ trois mois.

  • La phase de désespoir, de dépression

Lors de cette phase la personne endeuillée reconnait la réalité de la perte sur le plan intellectuel comme sur le plan émotionnel. Elle doit désormais apprendre à vivre sans l'autre, ce qui se traduit par un sentiment d'impuissance contribuant à accentuer son désespoir.

Un sentiment d'ambivalence : amour/haine commence à naitre à l'égard de la personne défunte, on lui en veut d'être parti, de nous avoir abandonné. Ce sentiment d'abandon renforce la désorganisation psychique.

Etats dépressifs, sentiments de colère ou de culpabilité constituent les réactions les plus fréquentes. On assiste souvent à un repli sur soi : la vie sociale devient limitée, seul l'entourage proche est encore admis.

Cette période peut durer pendant environ une année.

  • La phase d'acceptation et de reconstruction

Lors de cette dernière étape la personne endeuillée apprend à vivre sans l'autre. Elle développe progressivement un intérêt croissant pour le monde extérieur et apprend à créer de nouveaux liens d'attachement.

Après une durée moyenne d'environ un an et demi à deux ans, elle pourra à nouveau réinvestir ses affects dans un nouvel objet d'amour.

Différentes variables influencent le déroulement d'un deuil

Tous les individus ne réagissent pas de la même manière face à la perte d'un être cher. L'intensité de la réaction ainsi que sa durée dépendront d'un certain nombre de facteurs :

  • l'âge de la personne défunte : le deuil sera d'autant plus difficile à faire que la personne défunte était jeune. En effet parmi tous les cas de décès, le décès d'un jeune enfant constitue l'épreuve la plus difficile à surmonter pour les parents et l'entourage.
  • le lien avec la personne décédée : parent, enfant, conjoint, ami... le deuil sera d'autant plus long à faire que la personne défunte était proche.
  • la nature de l'attachement : la durée de la relation, le degré de l'attachement envers le défunt et le lien de dépendance conditionnent le déroulement du deuil.
  • les circonstances entourant le décès : décès soudain ou non. En règle générale plus la mort est brutale par exemple un accident; et moins elle est facilement acceptée.
  • l'histoire personnelle de l'endeuillée, en particulier la manière dont la personne endeuillée a l'habitude de faire face aux pertes, comment il les a vécues et résolues.
  • la personnalité de l'endeuillée : son mode d'attachement, sa tolérance au stress, sa capacité d'exprimer ses émotions, ses mécanismes d'adaptation, son âge et son sexe, ainsi que son bain culturel.
  • l'absence ou la présence d'un soutien social : la présence réconfortante de la famille ou des amis permet de faire face au deuil avec plus de facilité.

Une personne endeuillée éprouve de réels besoins de soutien que ce soit sur le plan physique, affectif, cognitif et bien évidemment psychologique.

Ne restez pas seul face à votre souffrance ! N'hésitez pas à demander un accompagnement sur le plan psychologique afin de vous aidez à traverser cette période difficile et éprouvante que constitue le processus de deuil.

Photos : Shutterstock

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Écrit par

Aurore FALLERI

Diplômée en psychologie clinique et en psychopathologie, et en art-thérapie; elle a une expérience significative de plus de dix ans dans l’accompagnement et le soutien psychologique de personnes en situation de handicap. Elle exerce en tant que psychothérapeute et art-thérapeute, et reçoit les adultes, les adolescents et les enfants.

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Commentaires 3
  • Mamoune

    Bjr j'ai perdu brutalement ma fille âgée de 27ans.j'ai 65ans. J'ai accepté sa mort suite à un accident "idiot" en Corse du Sud. J'ai les dernières vidéos avant sa mort qui montrent qu'elle était très heureuse et cela me réconforte. Ses obsèques ont été catastrophiques dues en grande partie au comportement de son père et de sa belle-mère. J'ai rompu ts contacts car son père a entre autre choisi la pierre tombale et la gravure sans me consulter et à bien évidemment répandu des mensonges sur moi... Maintenant je me construit lentement et sûrement. J'ai la chance d'être très bien entourée. J'aime la vie et j'ai choisi de faire partie du monde des vivants. Bien à vous.

  • Poupette

    Oui merci pour vos conseils pour moi cest mon père ça fait longtemps qu'il est partit 1999 je nai pas pu lui tenir la main et être là jy pense souvent il y a de la culpabilité cest tres dur et après toutes ces années j'en parle seulement à ma psy je veux pas embêter mes proches. a

  • david le prenom de mon fils

    bonjour mon fils de 35 ans est mort tres brutalement d'un glioblastome type 4 sans signes extérieurs apparents et il est mort a l hôpital de copenhage ou il résidait depuis 15 ans.sa mort m a été annoncée par tel alors que j'allais prendre l avion pour le rejoindre. il avait été hospitalisée la veille. cela fait environ 18 mois. j'ai longtemps fais face à ce choc emotionnel immense mais depuis qq semaines j'ai bcp de mal à avoir des pensées positives. je suis accablée. des dates anniversaires et de nv la proximité de la fete des meres me dévastent profondemment sans que je laisse apparaitre quoi que ce soit. je suis dans une auto maitrise permanente pour eviter de montrer mon chagrin et ce depuis le début. j'aide mon mari et ma fille avec une attitude joyeuse et boute en train. de nature cela m'est facile car je suis joyeuse et j aime la vie. mais je sens que ca ne va pas bien du tout. bref je pourrai beaucoup dire aussi stop j attends de ce courriel une réaction de votre part. merci

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