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Une psychothérapie, pour quoi faire ?

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Ais-je besoin d’une psychothérapie ? Qu’est-ce que cela va m’apporter ? Est-ce que je vais revivre des choses désagréables que j’avais soigneusement décidé « d’oublier » ? Va-t-on me juger ?

8 juil. 2019 · Lecture : min.
Une psychothérapie, pour quoi faire ?

Toutes ces questions, bien légitimes, vous vous les êtes peut-être posées un jour, en traversant des événements difficiles.

Une des premières choses qui peuvent vous aider à prendre votre décision, c'est d'être bien clair avec vous-même sur vos motivations : si vous venez consulter en pensant que cela va vous permettre de changer les autres autour de vous, vous faites erreur, puisqu'en thérapie on ne travaille que sur soi-même, ou sur la qualité de la relation entre soi et les autres.

Ensuite, vous pouvez répondre à la première question en vous en posant 3 autres : est-ce que la situation qui me met en difficulté fait souffrance ? Est-ce que cette « souffrance » dure depuis plusieurs mois ? Est-ce que je me sens dans une impasse et n'envisage aucune une issue satisfaisante à ma situation ?

Si la réponse est « oui », ne serait-ce qu'à l'une des 3 questions, alors il peut être judicieux de consulter.

Qu'est-ce que cela va m'apporter ?

Hormis dans les cas de maladie, la souffrance est bien souvent le signal d'un conflit psychique qui vous divise. Vous pouvez avoir l'impression que différentes « parties » de vous luttent l'une contre l'autre, avec chacune de très bonnes raisons, inconscientes, de rester campée sur ses positions. A cause de cette lutte interne vous ne parvenez pas à vous unifier ni à faire les « bons » choix, et vous vous sentez perdu(e).

L'accueil et l'écoute sans jugement de la/du psychothérapeute va vous permettre, dans un premier temps, de mettre des mots sur votre souffrance et de déposer votre « trop plein » émotionnel, pour faire baisser la pression. Dans un second temps son accompagnement bienveillant vous aidera à conscientiser et à comprendre ce que chacune de ces «parties» veut de « bon » pour vous, afin de pouvoir ensuite réactualiser les anciennes stratégies qui ont été mises en place par le passé, et qui ne sont plus adaptées à la situation ou à la personne que vous êtes devenue. Enfin, dans un troisième temps, vous pourrez envisager de nouvelles stratégies et un nouveau mode de fonctionnement.

Est-ce que je vais devoir revivre des événements désagréables…

Si cela demande souvent, en effet, de travailler sur du matériel ancien, il ne s'agit jamais de « revivre » les événements, mais plutôt de permettre leur relecture à la lumière d'une nouvelle compréhension, objectif de tout travail thérapeutique, pour permettre un nouveau positionnement dans votre vie actuelle.

L'intensité émotionnelle que vous pouvez éprouver quelque fois au cours de cette démarche est contenue et « sécurisée » par l'accompagnement de votre thérapeute, et de ce fait, ce ne sera jamais identique à ce que vous avez pu vivre « à chaud ». Et lorsque vous travaillez sur des événements liés à l'enfance, la maturité de votre cerveau d'adulte, dans le présent, permet de traverser ces émotions avec bien plus de facilité que vous ne l'auriez fait enfant, dans le passé.

… que j'avais soigneusement décidé « d'oublier » ?

Ce que l'on refoule ou rejette fini toujours par faire retour, soit sous la forme de somatisations (troubles et maladies), soit sous la forme de scénarios de vie (répétition des même comportements avec leurs résultats négatifs). Les mots que nous taisons, les désirs que nous étouffons et les conflits non résolus se transforment en maux, en vertu de notre Pulsion de Vie qui jamais ne renonce à se faire entendre, fusse en créant un symptôme pour se rappeler à nous.

Est-ce que la/le thérapeute va me juger ?

Dans le cadre protégé de l'accompagnement thérapeutique, vous allez trouver un espace pour que cela puisse se dire et se résoudre une fois pour toutes. Par déontologie votre thérapeute est tenu de vous garantir la neutralité ; par son écoute bienveillante elle/il s'interdit de vous juger.

Combien de temps va durer ma psychothérapie ?

Une des autres questions que vous vous posez, c'est combien de temps va durer ma thérapie ou mon coaching, combien de séance cela va-t-il prendre ?

Vous êtes parfois tenté de rechercher la solution ou la technique « miracle » qui fera « disparaître » rapidement votre difficulté ou votre symptôme, à défaut de le comprendre et d'entendre ce qu'il raconte de beau sur vous, sur votre Désir singulier et vos besoins légitimes, dans la situation qui pose problème. Cet évitement est un signe des temps, dans une période où tout va vite et où vous êtes tenté de rechercher des solutions rapides à très court terme pour faire l'économie d'une démarche à plus long terme et en profondeur, qui serait pourtant la seule à vous assurer d'une amélioration durable, dans la plupart des cas.

Suivre une thérapie ou un coaching, c'est comme monter un escalier...

On peut comparer la thérapie et le coaching à l'effort mobilisé pour monter l'escalier qui permet d'arriver autre part : si vous cherchez à passer au 1er étage en évitant l'escalier, vous risquez de ne jamais l'atteindre. Tandis que c'est bien en prenant appui sur chacune des marches que vous allez y arriver. Pour la thérapie et le coaching, c'est la même chose ! Que ce soit pour changer un comportement, réussir un projet, modifier un scénario de vie ou améliorer une relation, et même pour traverser un deuil… Vous allez progresser pas à pas, marche après marche, vers un objectif que vous vous êtes fixé ou vers un mieux-être. Et comme chaque personne vient en thérapie avec sa propre histoire, ses capacités et talents singuliers, les escaliers vont comporter plus ou moins de marches, qui seront larges ou étroites, abruptes ou douces, avec ou sans paliers…

À chacun son rythme

Donc, tout ce cheminement ne peut se faire qu'à votre rythme, ou plutôt au rythme de votre inconscient qu'il est très important de respecter car c'est ce qui garanti la bonne intégration des changements que vous mettez en place pour arriver au premier étage…

Certaines personnes vont monter les marches 4 à 4, d'autres une par une, peut-être que vous allez en monter deux et redescendre d'une à chaque fois, parce que c'est comme ça que vous aimez fonctionner, ou parce que cela vous rassure. Peut-être qu'à un moment sur le parcours vous prendrez une pause sur le palier pour reprendre votre souffle, récupérer, puis vous repartirez de plus belle ensuite. Quelquefois, vous vous apercevrez que certaines marches sont cassées ou abîmées, et il vous faudra d'abord les réparer pour pouvoir continuer votre progression.

Par conséquent, Lorsque vous venez en consultation, votre psychothérapeute (ou votre coach) ne peut savoir à priori à quel rythme vous allez choisir d'avancer. Ce sera la conséquence de votre investissement et de votre motivation, mais aussi du respect bienveillant de votre inconscient. Car venir en thérapie c'est aussi faire un apprentissage : quelque chose a besoin d'être modifié, adapté, régulé, abandonné, ajouté, corrigé… cela suppose une perte (celle d'anciennes croyances, d'anciens comportements ou fonctionnements), et donc d'en faire le deuil pour aller vers quelque chose de meilleur (voir à ce sujet mon article sur la crise). Ce qui ne va pas sans produire des résistances inconscientes…

Résistez, si vous le voulez !

Ainsi, il se peut qu'à un moment sur le parcours, alors que vous aviez bien progressé en constatant des améliorations, vous ayez subitement l'impression que vous n'avancez plus, ou bien que vous sentiez que vous n'arrivez pas à mettre en pratique ce qui vous est proposé, et vous aurez envie d'interrompre votre suivi. Si cela vous arrive, vous pourrez vous souvenir que vous êtes peut-être arrivé à un des moments les plus significatifs et importants de votre thérapie : cette partie de vous qui est responsable des anciens comportements ou de vos anciennes croyances (que vous avez justement besoin de changer) est en train de résister pour ne pas perdre les avantages qu'elle veut pour vous. Et c'est précisément parce que cette partie se manifeste qu'il devient possible de travailler avec elle, et non plus contre elle, pour transformer ce qui a besoin d'être transformé. Votre psychothérapeute, qui est en principe formé pour accueillir et travailler avec ces résistances, saura comment vous aider à apaiser vos tensions psychiques et vous permettre de poursuivre votre progression.

Enfin, venir en thérapie c'est surtout prendre un rendez-vous régulier avec vous-même pour vous rencontrer dans votre vérité, avec bienveillance, puisque vous savez que chaque partie de vous sera accueillie et entendue. C'est vous prendre vous-même de plus en plus en Amour.

Photos : Shutterstock

Écrit par

Caroline GORMAND : sophrologie, hypnose, psychothérapie intégrative

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