La phobie sociale, cette appréhension du regard des autres

La phobie sociale est une anxiété sociale qui se manifeste par une appréhension exagerée du regard des autres et par une peur excessive des contacts sociaux.

4 MAI 2021 · Lecture : min.

PUBLICITÉ

La phobie sociale, cette appréhension du regard des autres

Christophe André et Patrick Legeron, psychiatres, sont entre-autre auteurs de l'ouvrage "La peur des autres : trac, timidité et phobie sociale". Ils y présentent la phobie sociale comme étant le troisième trouble psychologique le plus fréquent après les troubles dépressifs et l'alcoolo-dépendance et nous expliquent la différence avec le trac et la timidité.

Qu'est-ce que la phobie sociale ?

La phobie sociale est une anxiété sociale tout comme la timidité ou le trac. Mais à la différence de ces derniers, la phobie sociale est une vraie maladie psychologique appartenant au groupe des troubles anxieux. Elle se manifeste par une appréhension exagérée du regard des autres, et par une peur excessive des contacts sociaux.

On est phobique social si la peur des autres est excessive et que les conséquences sont gênantes. Le timide, face à une peur, sera simplement gêné ou embarrassé, alors que le phobique éprouvera de la honte, voire une véritable attaque de panique. Il va s'imaginer qu'il va dire des banalités, qu'on va le juger, qu'il est incapable par rapport aux autres...

De plus, le timide arrive plus ou moins à affronter les situations qu'il redoute...Ne pas oser négocier les prix avec un vendeur, stresser à l'idée d'une présentation orale etc...Tandis que le phobique lui, évite systématiquement ces situations et c'est en permanence qu'il a peur des autres (l'évitement et le caractère chronique étant des symptômes majeurs). Son quotidien et sa vie en sont fortement affectés : difficultés pour suivre des études, refus de promotion professionnelle qui impliquerait des prises de parole, difficultés et parfois absence de vie amoureuse, repli sur soi, isolement, etc.

Il est important de savoir qu'un enfant timide ne risque pas forcément de basculer vers la phobie. La timidité est généralement un trait de caractère qui existe depuis petits. C'est la peur d'aller au tableau en classe, ou le temps nécessaire pour s'habituer aux inconnus par exemple. Mais malgré ce caractère réservé, l'enfant sait trouver sa place dans le groupe et cela ne l'empêche d'être intégré et d'avoir des copains à l'école. A l'inverse, la phobie sociale apparaît le plus souvent à l'adolescence, et de manière plus brutale. Et surtout, elle ne touche pas nécessairement des personnalités timides. Il arrive en effet, que l'adolescent devienne phobique social alors qu'il avait été un enfant extraverti.

En ce qui concerne son évolution, on note qu'en général la phobie sociale ne s'améliore pas à l'adolescence. Et ceci la distingue une fois de plus de la timidité qui au contraire s'arrange souvent avec le temps, les rencontres et expériences.

Phobie sociale : l'accumulation de trois types de facteurs

La phobie sociale résulte de l'accumulation de trois types de facteurs.

  • Tout d'abord, les phobiques sociaux sont des personnes hyper émotives et réactives à la nouveauté. Cela fait fréquemment partie de leur tempérament dès la naissance.
  • Ensuite, le contexte familial entre en jeu. Des parents isolés socialement, parlant peu, ne recevant pas d'invités, vont évidemment aggraver la tendance à la peur des autres.
  • Enfin, certains événements traumatisant à l'adolescence pourront jouer un rôle dans le déclenchement de la pathologie. Par exemple, des moqueries de camarades, des mises à l'écart, des propos ridiculisant de la part des professeurs, etc.

Au niveau clinique on considère qu'il faut au moins deux des ces trois critères pour que la phobie sociale apparaisse.

Comment guérir de la phobie sociale ?

On peut guérir de la phobie sociale mais la prise en charge n'est pas facile dans la mesure où les phobiques ont tendance à "cacher leur état" et si la personne ne vient en parler d'elle même en consultation les médecins et psychologues ont du mal à la déceler. Surtout qu'ils ont parfois tendance à la confondre avec la timidité. Pourtant, il existe des solutions. Le tandem antidépresseurs et thérapie comportementales est le plus efficace.

Ces thérapies sont très concrètes. En groupe ou en individuel, elles permettent d'aider à affronter les peurs grâce à des mises en situation où on entraîne le patient à affronter le regard de l'autre et à se débarrasser ainsi de ses idées négatives . L'objectif étant de lui apprendre par des exercices simples à ne plus avoir de peurs ou de hontes sociales excessives.

Photos : Shutterstock

PUBLICITÉ

Linkedin
Écrit par

Ursula Clairet

Bibliographie

  • ouvrage de Christophe André et Patrick Légeron, "La peur des autres : trac, timidité et phobie sociale" (Chez Odile Jacob).

Laissez un commentaire

PUBLICITÉ

derniers articles sur phobies