Le psychologue : faux mythes et préjugés à démystifier

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La profession de psychologue fait encore aujourd'hui l'objet de fausses idées, qui font que beaucoup de personnes n'osent pas aller consulter alors qu'elles en ont besoin.

8 JUIN 2018 · Dernière modification: 29 OCT. 2019 · Lecture : min.
Le psychologue : faux mythes et préjugés à démystifier

Le docteur des fous, le "psy", celui qui vous psychanalyse, qui écoute sans rien dire, ou celui qui est de bon conseil et sait mettre à l'aise. De la désinformation sur cette profession découle un curieux mélange, à tel point que le psychologue est considéré comme un type de professionnel qui va du bon ami à la diseuse de bonne aventure, de l'interprète des rêves au gourou qui dispense sa sagesse.

La figure du psychologue a toujours été entourée d'une aura de mystère, de lieux communs ainsi que de nombreux préjugés.

Jusqu'à récemment, le psychologue était vu comme une sorte de magicien, un sorcier avec des outils tels qu'une baguette magique et une boule de cristal l'aidant à lire dans l'esprit humain. Les théories les plus farfelues considéraient qu'il était capable de laver le cerveau, de prévoir le futur et de créer des solutions miraculeuses. Même si aujourd'hui, le recours à un psychologue s'est étendu et que cette profession a quelque peu perdu cette aura assez négative de mystère, plusieurs mythe l'entourent toujours. Si, dans le passé, le préjugé le plus courant était que "ce sont les fous qui vont voir un psychologue", aujourd'hui, on entend souvent dire que "le psychologue c'est pour les faibles".

Le psychologue, c'est pour les fous !

Derrière cette croyance erronée se trouve surtout un grand déficit d'informations sur les différences professionnelles dans le domaine de la psychologie : on a ainsi tendance à confondre le psychiatre, le psychologue, le psychothérapeute... Et on a surtout l'impression que les psychologues ne traitent que les pathologies et troubles mentaux graves.

En réalité, les problèmes psychologiques font partie de la vie de chaque être humain, ils sont extrêmement communs, très répandus et souvent sous-estimés.

Problèmes relationnels, conflits dans le couple, blocages divers, émotions incompréhensibles ou qui submergent, difficultés dans la parentalité, difficultés à refermer des pages du passé, stress, ou encore problèmes liés à l'orientation sexuelle, passage de moments difficiles de la vie (deuil, maladie, etc.) : voici les thématiques les plus courantes qui poussent à consulter un psychologue. Ce dernier est en réalité un professionnel de la "relation d'aide", ayant pour but d'améliorer la qualité de vie des individus et de les aider à trouver en eux-mêmes les ressources et le potentiel pour se sortir des situations qui les bloquent. Voir un psychologue, c'est s'assurer d'avoir accès à un espace privilégié d'écoute et de réflexion qui permettra d'aller explorer ses émotions, sentiments, certains moments de sa vie, mais aussi des transitions ou moments de mal-être, des difficultés, etc., afin de favoriser la capacité de choisir et/ou de changer. Le psychologue, en offrant ce cadre à la personne et en la guidant, la pousse à prendre du recul sur le problème, à le redéfinir, et à identifier les ressources nécessaires à sa portée pour l'aider à affronter et gérer les problèmes de la vie.

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Demander de l'aide, c'est pour les faibles

Luca Mazzuchelli, psychologue italien, précise au contraire ceci :

"Le psychologue est en réalité le médecin des braves, de ceux qui ont la force de voir leurs limite et leur sensibilité, de les admettre, de les considérer et de les montrer, de transformer la peur en courage, assumant la responsabilité de leur propre changement. La vraie force n'est pas de cacher ses faiblesses, mais de les accepter et de commencer un travail pour les améliorer".

Dépasser la honte et la gêne qui peuvent empêcher de s'adresser à un psychologue signifie que l'on décide de prendre soin de soi et de sa propre santé.

Je n'ai pas besoin de psychologue, une pilule me suffit

Les psychopharmaceutiques peuvent être utiles dans certains cas d'importance, notamment lorsqu'il existe des symptômes qui handicapent la vie quotidienne. Les médicaments permettent alors de retrouver un certain équilibre, mais ils ne sont pas le seul remède.

Si un médicament peut être utile dans certain cas, il peut de l'autre donner l'impression fausse qu'il existerait une solution confortable à avaler chaque jour, solutionnant ainsi notre détresse émotionnelle et au-delà. Mais il n'existe pas de pilule magique pour guérir de tout inconfort ou symptôme, et les médicaments, dans certains cas, ne feront que retarder la résolution du problème. Si c'est nécessaire, mieux vaut s'entourer d'une équipe pluridisciplinaire de confiance, comprenant un généraliste, un neurologue et un psychiatre, qui permettront ensemble de comprendre la maladie et de travailler main dans la main avec le patient pour son mieux-être.

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Je ne veux pas être en thérapie pendant des années

C'est l'une des idées reçues les plus enracinées : on pense encore souvent que la thérapie, ce sont des années et des années à s'allonger sur le divan d'un psychothérapeute, en lui racontant sa vie pendant qu'il ne fait que hocher la tête. Mais la psychologie a évolué ! Il existe une large gamme d'orientations, de techniques, d'interventions psychologique, et même la fréquence des séance et la durée globale changent en fonction de la technique et des besoins du patient. Chaque situation est unique, et chaque suivi sera fait sur mesure. C'est comme cela que les résultats obtenus seront durables et satisfaisants.

Que diraient mes amis et mes proches s'ils savaient que j'allais chez un psychologue?

Il existe un maître mot dans le travail du psy, et c'est celui de confidentialité !

Le psychologue a l'obligation de respecter le secret professionnel, c'est l'une des règles du code de déontologie qui régit le secteur. Vous ne devez pas craindre que ce que vous avez raconté au psychologue arrive aux oreilles de vos amis ou de votre famille, et ce, même si votre psychologue les connaît ou en suit certains. Ensuite, révéler ou non que l'on est suivi par un psychologue est un choix personnel, et il ne tient qu'à vous de ne pas le révéler si vous ne voulez pas que d'autres soient au courant.

La dépense ne vaut pas le résultat

Il faut bien comprendre que s'adresser à un psychologue, c'est investir dans son propre bien-être. Il n'est pas rare que nous préférions agir sur notre corps sans regarder à la dépense en oubliant de penser à notre bien-être intérieur, à notre estime de soi et à notre bonheur. Nous dépensons de l'argent dans la mode, les loisirs, parfois même dans des futilités, mais nous préférons mettre de côté notre besoin de sérénité. Notre beauté intérieure n'est pas une question de mode ou d'apparence.

La sérénité et la qualité de vie ne peuvent pas être quantifiées, et prendre soin de soi est un réel acte d'amour envers soi-même et ceux qui nous entourent.

Dans mon cercle d'amis, c'est moi le psy, tout le monde se confie à moi !

Écouter des amis et les conseiller n'est pas le travail d'un psychologue. Certes, vous pouvez sans aucun doute avoir d'excellentes capacités d'écoute et d'analyse, mais un professionnel de la psychologie a aussi des compétences techniques et scientifiques, qui lui permettent de travailler avec une personne pour améliorer son bien-être et apprendre à gérer ses émotions.

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C'est passager, tout va redevenir comme avant

Malheureusement, la détresse émotionnelle, le deuil, un changement positif ou négatif ne passent pas comme un rhume. Ils laissent souvent des marques sur nous qui nous influencent ou conditionnent nos choix et nos pensées. En prendre conscience avec un professionnel aide à se libérer de ces prisons invisibles, et à vivre une vie authentique.

Même si je vais mal, je n'ai pas besoin d'aide, je me débrouille seul !

Il est vrai que pouvoir compter sur ses propres forces est une ressource physique et morale très importante. Mais savoir s'exprimer, demander du soutien, avoir l'humilité nécessaire pour partager ses côtés les plus fragiles est aussi une force ! Demander de l'aide n'est jamais facile, car on admet, on accepte que quelque chose ne va pas. Mais pour autant, il ne faut pas tomber dans l'idée que, face à toute situation, nous devons être forts et autonomes. C'est un piège qui rend le changement impossible. Demander de l'aide ne signifie pas que nous réduisons nos capacités, mais c'est une prise de conscience de soi, un acte d'humilité, d'ouverture à soi et au changement.

Être en bonne santé, se sentir bien implique de choisir de changer l'état actuel des choses. Choisir, c'est être responsable de soi et de sa propre vie. Décider de voir un psychologue, c'est s'autoriser à tourner la page, à surmonter les préjugés, et c'est surtout pouvoir compter sur quelqu'un qui sera toujours présent pour nous soutenir et nous aider.

Le point de vue de notre expert

Aussi ici , nous abordons  deux dimensions importantes :

  1. le regard que porte encore une part importante du public ;
  2. les bienfaits d’un accompagnement psychologique.

Bien que de grands progrès aient été fait dans ce domaine. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. L’accompagnement psychologique se démocratise et se vulgarise. Les sportifs, les entreprises, l’éducation exploitent de plus en plus les avantages d’un accompagnement psychologique.

Depuis quelques années la clientèle et les demandes évoluent. Les clients ne cherchent plus uniquement à soigner un traumatisme ou guérir d’une souffrance psychologique mais également à apporter un mieux-être dans leur vie. Nous entrons dans l’ère du développement personnel.

Les recherches en Neurosciences nous laissent entrevoir d’énormes possibilités du cerveau et de nombreux individus se sont lancés dans cette aventure intérieure. Il reste à nous, accompagnants, de répondre au mieux à ces nouvelles demandes.

Photos : Shutterstock

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2 Commentaires
  • Nathalie FOLLMANN

    En tant que praticienne en hypnothérapie intégrative, je voulais rebondir sur cet article. Il ne faut pas confondre, psychologue, psychiatre et psychanalyste sans compter les thérapies alternatives qui sont également une forme de psychothérapie. A mon avis, ce préjugé dont l'article parle persiste peut être pour les psychiatres, mais j'ai un doute à ce jour pour les psychologues. Un psychologue a été formé à traiter la difficulté émotionnelle des individus à travers une écoute bienveillante et un recadrage sur leur construction psychologique. Les aider à trouver leurs ressources personnelles à travers un échange verbal. Dans notre monde d'aujourd'hui, il est certain qu'un médicament est plus rapide qu'une remise en question. Maintenant j'ai envie de dire que chaque personne est responsable de son bonheur ou de son malheur. Et qu'il existe des thérapeutes quelle que soit leur orientation pour aider la personne en souffrance, si elle souhaite se prendre en charge. Effectivement, suivant le trouble, il est important de bien choisir son thérapeute. Je prends souvent le cas de phobies, où il sera plus approprié une thérapie alternative comme l'hypnothérapie qu'un psychologue. Des troubles de dépersonnalisation, il sera plus approprié de consulter un psychiatre. Effectivement, la dépense dans une thérapie est souvent le frein à cet engagement. Mais l'ingestion chimique de médicaments ne doit être que de courte durée pour pallier à une grande détresse, mais n'est pas le but de continuer à vie. Il faut savoir qu'il existe des thérapies verbales comme celles qu'on connait (psychologue, psychiatre, psychanalyste). A noter que seul le psychiatre peut prescrire des médicaments. Et les thérapies alternatives, comme l'hypnothérapie qui n'est pas seulement une thérapie verbale mais prend en compte les manifestions du corps. A ce jour, chacun peut choisir sa thérapie qui lui semble le plus adaptée. L'investissement financier que l'on engage dans une thérapie représente souvent la valeur que l'on se donne ou pas... Etes-vous prêt à vous aimer et vous accepter en participant à cet engagement ?...

  • Eglantine

    C'est tellement vrai, excellent article. Une chose est certaine, il y a beaucoup de préjugés quant au psychologue alors qu'en fait c'est la méconnaissance de ce métier qui pousse à dire des choses qui sont fausses.

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