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La thérapie familiale expliquée

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Ce type de thérapie aide en cas de conflits et de dynamiques sociales négatives.

9 oct. 2018 · Lecture : min.
La thérapie familiale expliquée

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de la thérapie familiale, sans comprendre exactement à quoi elle se référait et à qui elle était destinée. Nous vous expliquons tout dans cet article !

La thérapie familiale permet de prendre en charge des aspects conflictuels de la relation entre différents membres d'une même famille.

Qu'est-ce que la thérapie familiale ?

Dans ce type de suivi, la famille est l'objet d'intervention, et l'objectif est de rétablir la communication entre les membres, renforcer leur lien et les doter de ressources pour agir de façon collaborative. Ainsi, le nombre de disputes diminue aussi bien que les conflits qui peuvent survenir entre les membres ou qui sont générés par les problèmes d'un individu.

Dans le développement de l'être humain, la famille est un élément de base. Chez l'enfant, elle est un élément fondamental, un modèle pour découvrir comment on peut agir, se lier et communiquer avec le monde qui nous entoure. La famille est aussi principale lorsqu'il s'agit d'apprendre des aspects émotionnels et relationnels, et a une influence immense dans le développement de l'être humain.

La thérapie familiale a besoin de comprendre ces liens, ces modèles créés par la famille, c'est pourquoi un suivi familial doit se faire avec au minimum deux personnes d'une même famille, afin d'observer et si besoin de modifier ces patrons d'interactions entre membres.

Avant toute chose le problème interne d'un individu est précédé de conflits interpersonnels, lesquels peuvent provoquer des symptômes lorsqu'ils sont intériorisés. Les symptômes deviennent pathologie lorsqu'ils sont en lien avec la non-acceptation de nouveaux rôles chez l'un des individus : comme pour de nombreuses problématiques mentales et sociétales, les rôles et la communication sont les principaux responsables.

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La thérapie familiale systémique

La thérapie familiale est souvent dite "systémique", et c'est effectivement l'un des courants les plus communs. Elle conçoit la famille comme un système, c'est-à-dire un ensemble d'éléments dont la somme génère un résultat plus élevé que la simple addition de chacun des membres, et part du postulat que de leurs interactions naissent de nouveaux éléments, propriétés et caractéristiques.

Ici, le comportement et l'état de chaque membre de la famille est dépendant du système, qu'ils ne peuvent être pris séparément : le système influence les membres, et vice-versa. La famille est vue comme un système ouvert, récepteur d'informations provenant du milieu, affecté par l'environnement avec qui il échange des informations afin de pouvoir s'adapter et subsister. Dans cette optique, chaque membre se voit affecté par le milieu.

Ce modèle ne prétend pas modifier directement les comportements problématiques, mais modifier les dynamiques familiales et les patrons de conduites qui les provoquent ou leur donnent du sens. Ainsi une voie plus indirecte est recherchée pour arriver au même résultat, tout en améliorant et favorisant les dynamiques familiales positives et en fortifiant le système et chacun de ses membres.

Ce type de thérapie se centre sur les processus de communication, l'assignation des rôles et le besoin de les modifier, la structure claire ou diffuse de la famille et les limites entre les membres qui peuvent permettre ou bloquer le processus de création d'une identité propre et autonome, la négociation lors des conflits et l'établissement de relations de pouvoir entre les membre de la famille.

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Autres types de thérapies familiales

Bien que la perspective systémique soit aujourd'hui la plus utilisée, dans le passé et encore à l'heure actuelle existent d'autres courants permettant de prendre en charge la famille.

  • Thérapie psychodynamique : le symptôme d'un(e) patient(e) est vu comme indicatif de l'échec dans la résolution de la séquence de développement de l'un ou plusieurs parents. Les conflits existants font que l'émotion de l'enfant est réprimée : d'un côté, le parent en conflit se rappelle et revit son propre manque de résolution dans son développement tout en répercutant son conflit sur l'enfant. La thérapie se centre sur la visualisation et le travail en lien avec les relations de transfert et de contre-transfert, afin d'aider la famille à résoudre ses séquences de développement.
  • Thérapie cognitivo-comportementale : cette thérapie se centre sur la résolution directe d'un problème concret présenté par la famille ou l'un de ses membres, avec un objectif spécifique. Elle permet de modifier les patrons de pensées ou comportements négatifs afin de rentrer dans un cercle positif.
  • Thérapie de couple, entraînement aux habiletés parentales et psychoéducation sont des modalités qui peuvent se traiter depuis une perspective cognitivo-comportementale. Dans certains cas, la famille peut être employée comme co-thérapeute, notamment si l'objectif est de modifier le comportement de l'un des membres. Elle peut aussi servir à résoudre des aspects dysfonctionnels de la famille.

Pourquoi aller s'adresser à un thérapeute familial ?

La thérapie familiale a été employée, dès ses débuts, pour aider à résoudre divers types de problématiques.

  • Crise familiale : l'existence de problèmes intrafamiliaux ne pouvant être résolus par les moyens traditionnels est un motif de consultation fréquent. Une situation difficile, des aspects liés au cycle vital comme la naissance d'enfants ou leur émancipation, une mort dont le deuil n'a pas été élaboré ou des conflits latents entre certains membres sont des exemples classiques.
  • Thérapie de couple : la thérapie de couple est un sous-type de thérapie familiale. Le dépassement des problèmes dans le couple comme un manque de communication, un épuisement, une infidélité ou une incompatibilité dans certains aspects de l'existence sont certains des motifs de consultation les plus fréquents.
  • Problèmes comportementaux ou troubles mentaux chez l'un des membres : il est courant que les membres essayent de remédier à cela, notamment quand le sujet en question est un enfant. Dans la plupart des cas, les parents ou autres membres sont employés comme co-thérapeutes pour faciliter et maintenir les modifications et le suivi de programmes établis par le/la thérapeute. Dans d'autres cas, les problèmes présentés peuvent être fortement influencés par les patrons de communication de la famille (par exemple, foyers déstructurés ou couples en querelle constante peuvent contribuer à causer des problèmes émotionnels et comportementaux).

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  • Traitement des addictions et autres troubles : l'intégration de la famille proche peut être d'une grande aide dans le traitement de diverses addictions et autres troubles psychologiques, aidant à s'éloigner des stimuli favorisant la consommation. Elle peut aussi aider le sujet à comprendre la nécessité de commencer ou continuer un traitement et les avantages d'arrêter sa consommation, tout en renforçant les comportements favorisant la récupération.
  • Psychoéducation : la psychoéducation avec les familles peut être fondamentale pour faire comprendre la situation d'une personne à son entourage, ce qu'elle peut attendre, ce que les autres peuvent faire pour lui venir en aide, ou les étapes qu'elle doit franchir.
  • L'entraînement aux habiletés parentales : cet entraînement est un grand avantage pour les parents dont les enfants présentent des troubles comportementaux ou qui ne savent pas faire face à des situations concrètes vécues par les enfants dans leur développement. On apprend à faire face à des comportements désadaptés à travers la modélisation et une stimulation positive permettant l'adaptation de l'enfant.

Quel est le travail du/de la thérapeute ?

Le/la thérapeute familial(e) a un rôle particulier. Même si cela dépend de la perspective thérapeutique, le/la professionnel(le) doit en général conserver une position équidistante entre tous les membres présents en thérapie, sans prendre parti pour aucun d'entre eux. Il/elle doit favoriser un climat de confiance, afin que chaque membre puisse donner son opinion, être écouté et valorisé par les autres participants.

Selon le cas et la modalité de la thérapie familiale, il est possible d'établir des alliances occasionnelles avec certains membres afin de focaliser l'attention du groupe sur certains aspects, mais la position neutre devra ensuite être retrouvée.

Dans certains cas, le/la thérapeute sera un élément externe et froid qui se limitera à signaler les patrons de fonctionnement familial, alors qu'il ou elle pourra dans d'autres cas endosser le rôle d'un autre membre de la famille afin d'introduire un élément nouveau dans la thérapie et aider chacun à comprendre les différents points de vue.

Prenez contact avec un psychologue en thérapie familiale pour plus d'informations.

Photos : Unsplash

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