Marcher et exister

Du réflexe archaïque à la marche du corps qui se porte, c’est toute une aventure, celle de notre individualité.

26 JUIL. 2022 · Lecture : min.

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Marcher et exister

A la base du mouvement de la marche et plus largement de la vie, c'est une histoire d'équilibre.

La construction du corps en mouvement se construit dès la vie intra-utérine. La sensori-motricité qui se développe dans les premières années de vie est la mise en liaison du mouvement avec la réception sensorielle, notamment la vision et l'audition, et propriosensorielle.

Déjà, dès les premières heures qui suivent la naissance, le corps est déjà bien dans une capacité de mouvement, dans une pulsion d'autoconservation au service de la vie. Les réflexes archaïques sont nombreux et en rapport avec la possibilité d'un danger (le réflexe du cou avec la rotation de la tête du côté du déclencheur et plus tard le réflexe d'orientation avec le corps tout entier, le réflexe de Moro avec l'ouverture des bras en croix suivi d'un réflexe d'agrippement face à un danger etc) mais aussi réflexe de nourrissage avec les comportements automatiques de fouissement, de reptation et de succion qui pousse le bébé à s'orienter jusqu'au sein de la mère.

Au-delà du réflexe de survie sensoriel et tonico-sensoriel et de survivance automatique commun à tous les mammifères, ces réflexes-là sont aussi et surtout une recherche de contact.

Dès le départ, l'importance de la relation apparaît, intrinsèque à celle de la survie dans ses besoins primordiaux.

Qu'est-ce qui pousse le bébé à vouloir marcher ? Nous l'avons vu, dès les premières heures de vie, le bébé va chercher le contact. C'est donc pour rejoindre l'autre qu'il va avoir plus tard le désir de marcher. L'autre est à entendre au sens large : rejoindre le parent dans une autre pièce, atteindre le biberon sur la table mais aussi aller vers les bras du parent qui dans les meilleures situations est là à lui tendre les bras lors de ses premières tentatives de marche en équilibre.

Pour se mettre en appui, pour pouvoir se relever, il faut aussi qu'il ait eu un modèle pour vouloir faire de même et qu'il ait été accompagné lui-même, tenu, rythmé, bercé dans des expériences de portages et de contact suffisamment rassurantes pour s'oser à un détachement progressif de l'omnipotence primaire, période dans laquelle le bébé ne distingue pas le moi et le non-moi. Ramper, se retourner, s'assoir puis plus tard se déplacer dans l'espace en équilibre et en harmonie des gestes est toute l'aventure de l'individualité.

La marche commence alors à ne plus être un réflexe automatique mais un désir. Le bébé est d'ailleurs très créatif en ce sens, il peut ramper, rouler, se tenir, etc. pour arriver à ses fins.

La marche n'est qu'en apparence acquise vers un an. Pourtant toute sa vie durant, l'être humain aura à répéter et revivre ces expériences de jeux d'équilibre et de déséquilibre dynamiques.

Qu'est ce que l'équilibre ? Un état de tension neutre ou nul entre des forces opposées. Le principe de constance en psychanalyse répond à cette loi d'homéostasie de régulation dans un principe dynamique. Pour se porter il faut éprouver de la légèreté dans sa verticalité et non de la lourdeur dans un conflit.

Les bienfaits de la marche sont aujourd'hui reconnus. L'activité physique permet au corps la production de sérotonine et de dopamine, neurotransmetteurs du bien-être avec effet d'antidépresseurs.

Les pathologies de la marche sont hélas aussi fréquentes. Pourquoi n'arrive-ton plus à se lever le matin ? Pourquoi est-on bloqué ? Qu'est-ce qui fait qu'on n'arrive plus à mettre un pied devant l'autre ? Pourquoi tombe-t-on ? Vers quoi aller ?

Avec le corps, les pathologies du mouvement et de l'équilibre sont tellement fréquentes : douleurs, entorses, fractures, tendinites, entorses, luxations, arthroses, etc. sont des blessures que l'on trouve lorsque la charge est devenue trop lourde. Quand les ancrages et les appuis défaillent, le corps ne se supporte plus.

L'équilibre n'est plus assuré mais perturbé.

 

Bibliographie

Michel Galasse. (2012). Mouvement et travail corporel en psychanalyse - les corps analystes. Dangles éditions.

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Écrit par

Corinne Vera Alexandre Linkedin

Psychanalyste
nº Adeli ou Siret: 130010895

Psychanalyste, Hypno analyste, Psychothérapeute et Sexothérapeute, elle exerce dans le Vaucluse à Bollène et Avignon ainsi qu'en ligne. Elle utilise les thérapies brêves en association de la psychanalyse dans une pratique intégrative en EMDR et en Hypnose.Sa pratique est aussi psychocorporelle avec l'hypnose et de la médiation corporelle.

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