EFT, EMDR, PNL, psychologie positive, hypnothérapie, etc... Quelle méthode choisir pour aller mieux ?

Il existerait plus de 400 techniques ou approches psychothérapeutiques. Alors comment s'y retrouver dans ce catalogue à l'heure d'aller confier sa souffrance à un pro ?

7 JANV. 2020 · Lecture : min.

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EFT, EMDR, PNL, psychologie positive, hypnothérapie, etc... Quelle méthode choisir pour aller mieux ?

Il existerait plus de 400 techniques ou approches thérapeutiques. De quoi avoir le tournis et alimenter l'angoisse à l'heure de pousser la porte d'un praticien. D'autant que, grâce aux effets de modes, le consumérisme thérapeutique se renouvelle : aujourd'hui l'EMDR ou la psychologie positive, hier l'hypnose ou la presque antique PNL, et demain est déjà là avec les techniques dîtes quantiques ou basées sur les neurosciences (liste non exhaustive, évidemment!).

Alors comment s'y retrouver dans ce catalogue à l'heure d'aller confier sa souffrance à un pro ?

Comment ne pas commencer sa thérapie

L'information et les propositions d'expériences sont pléthoriques sur le net ou lors d'ateliers et autres conférences. Sans juger de la qualité de tout ce que l'on trouve (il y aurait à dire, évidemment, mais cela dépasserait le cadre de cet article), on peut longtemps amasser des informations sur différentes techniques, tester des exercices, sans jamais s'engager dans un réel travail thérapeutique.

Je me souviens d'une cliente qui m'a un jour expliqué que l'hypnose ne fonctionnait pas sur elle : elle avait utilisé des audios d'hypnothérapie trouvés sur le net pour lutter contre son anxiété et ses insomnies, sans résultat probant.

Une personne a témoigné un jour avoir été très ébranlée après avoir suivi une séance d'EFT proposée sur une vidéo youtube : elle craignait de s'être rendue psychologiquement malade avec ces quelques minutes de visionnage.

Dans les deux cas, la personne croit vraiment tester une méthode et lui attribue une efficacité fonctionnelle et immédiate, ainsi que la responsabilité du résultat : ça marche ou ça ne marche pas, voire cela est dangereux de visionner quelques minutes d'une vidéo. Et dans les deux cas, on peut se passer de la présence et de l'expertise personnalisée d'un psy. La thérapie serait accessible gratis sur le net, en quelques clics.

Et en cabinet, le thérapeute se retrouve parfois relégué au rôle de technicien sommé de procéder au protocole adéquat, aux résultats mesurables et rapides, le patient attendant de subir le traitement qui va remettre en place ce qui ne fonctionne pas chez lui.

Mais je ne jette la pierre à personne : le monde des psy alimente beaucoup ces croyances et cette vision de l'humain (un truc qui doit fonctionner et que l'on peut upgradé en implémentant le patch correctif qui va bien). Chaque psy, convaincu du bien fondé de sa méthode, a tendance à la présenter comme l'outil miracle, surpassant tous les autres.

Back to the basic

Pourtant, la réalité est bien plus contrastée, pour le moins !

Si je connais personnellement une personne qui a arrêté de fumer avec un une seule séance d'hypnose, j'en connais d'autres qui fument toujours après plusieurs séances. On dit souvent qu'une psychanalyse dure des années (et même des dizaines d'années) et pourtant j'ai rencontré quelqu'un qui s'est débarrassé de son agoraphobie résistante en 6 mois de psychanalyse. Et je connais des patients de techniques dîtes brèves qui sont allés voir leur thérapeute pendant plus de deux ans. L'EMDR est présenté comme une technique particulièrement indiquée pour le traitement des traumatismes en une dizaine de séances mais j'ai reçu un jour une victime de viol qui avait au contraire développé tout un tas de symptômes anxieux et dépressifs à l'issus de séances d'EMDR.

Irvin Yalom, dans L'art de la thérapie, paru en France en 2008, cite des études américaines sur les différents traitements proposés dont il ressort que les miracles des TCC ne sont pas vraiment au rendez-vous. En fait, la réussite d'une thérapie dépendrait principalement de la motivation du patient et de la qualité de la relation proposée par le thérapeute et ce, quelques soient ses outils.

D'ailleurs, très récemment, Gérard Lopez, président de l'institut de victimologie de Paris, explique dans une vidéo que « Au-delà des référentiels psychothérapeutiques : TCC, EMDR, Chimiothérapie, Hypnose, thérapies d'inspiration psychodynamique, c'est la relation qui permet de réécrire le scénario traumatique et de briser la répétition littérale qui caractérise les traumas complexes » (1).

Le malheur, c'est que l'entrée par l'outil et la technicisation des métiers du soin (les infirmières ou les médecins rencontrent les mêmes problématiques) vont tout simplement à l'encontre d'une prise en charge basée sur l'humain et sur la relation.

Le paradoxe, c'est que Johann Hari a pu écrire une étude fouillée de près de quatre cent pages (2) pour expliquer que la dépression et l'anxiété avaient des causes méconnues et des thérapeutiques novatrices. Un dysfonctionnement complexe de la chimie du cerveau ? Un problème génétique ? Un protocole précis en dix étapes ? Une nouvelle molécule révolutionnaire ? Non, le besoin de lien, de relation humaine.

Car il faut bien finir...

J'ai bien conscience de prendre le risque de décevoir. Pas de méthode miracle, pas de certitude quant à l'efficacité absolu de tel ou tel outil, seulement le constat que l'humain n'est pas une machine et que son équilibre psychique repose sur le mouvant du vivant et de l'être.

Mais qui voudrait n'être qu'une machine mal commode, qu'un mécanisme défectueux à réparer ? En posant la question je pense à certains clients qui pourtant se traitent ainsi. Et peut-être que, vous qui me lisez, vous vous traitez ainsi. Mais, outre que ça ne fonctionne pas ainsi (hé non...), c'est une chance formidable donné à votre liberté , et tout simplement à votre humanité.

Pour répondre à la question initiale : comment choisir sa thérapie ? Il est surtout nécessaire de choisir son thérapeute. Celui ou celle avec qui vous arriverez à tisser un lien de confiance, quelqu'un qui vous semblera à votre écoute, avec qui vous ne vous sentirez pas jugé, dont les propositions vous permettront de vous mettre en mouvement sans violence. Les méthodes sont à remettre à leur place d'outils : il en est avec lesquelles vous serez plus à l'aise (et cela peut être un critère de choix), il sera bien agréable pour vous de sentir que votre thérapeute les maîtrise, qu'il peut vous embarquer avec lui dans cette découverte et l'utilisation de ses techniques, mais ce sont surtout des occasions de rencontre, des occasions de mettre en œuvre la relation. Ce qui importe le plus pour votre santé et votre bien-être, c'est la relation humaine que vous allez construire et faire vivre avec la ou le thérapeute, pendant quelques semaines, quelques mois ou plus.

(1) Thérapie relationnelle des victimes, décembre 2019 : https://youtu.be/QfNF_98ERPo

(2) Chaque dépression a un sens : causes méconnues et soins novateurs, Actes sud, 2019.

Photos : Shutterstock

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Écrit par

Marion Favry

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