Le stress peut-il rendre malade ?

Mal au ventre, au dos, à la tête, est-ce dû au stress ? Comment prévenir voire soulager ces sensations désagréables pour rester en forme ? Ces maux du corps ont-ils un sens et lequel ?

28 SEPT. 2020 · Lecture : min.
Le stress peut-il rendre malade ?

C'est souvent suite à un long parcours débutant dans le cabinet du médecin généraliste, passant par diverses visites de spécialistes et plusieurs essais médicamenteux, que l'on finit par entendre :

- « Je suis désolé, c'est psychosomatique ! » ou « C'est dû au stress ! » ou pire : « C'est dans la tête »

Et à ce moment-là, psychosomatique rime avec dramatique, car les personnes qui souffrent dans leur corps depuis longtemps, épuisées par un long combat contre la maladie et la douleur, se sentent doublement victimes d'une injustice du sort et d'un abandon condescendant.

Alors que faire quand les médicaments ne suffisent plus ?

Bien souvent, lorsque vous entendez « C'est dû au stress ! » ou pire « Tu focalises trop, pense à autre chose ! » vous répondez spontanément : « Oui mais, je ne peux rien changer, je suis bien obligé de… »

Vous sentez alors le poids de la fatalité s'abattre subitement sur vos épaules, et pour cacher votre détresse, vous lancez dans une hyperactivité, voire une addiction à l'alcool, au tabac, aux médicaments ou au jeu, qui n'arrange rien.

C'est alors qu'apparaissent colère, frustration, angoisse, tristesse et toutes ces émotions dites négatives qui ajoutent la souffrance psychologique à la souffrance physique. Et bizarrement, c'est à partir de ce moment-là, que les douleurs vont apparaitre de plus en plus fréquentes et intenses, jusqu'à ne plus vous lâcher.

Alors, que faire quand tout semble désespéré ?

Lorsque la solution semble improbable, il est peut-être temps d'élargir son regard, en dépassant le seul aspect physique de ce symptôme, pour considérer l'ensemble de tout ce qui en vous ou autour de vous, va participer à le créer ou l'entretenir. On parle « d'approche bio psycho sociale » pour désigner, les trois dimensions complémentaires et inséparables de l'être humain, considéré comme une entité corps-esprit indissociable, en interaction constante avec son environnement.

Dans cette perspective globale, la maladie n'est plus considérée comme une fatalité ou une absurdité de la nature, mais comme un signal d'alarme, révélant l'existence d'un déséquilibre entre ces trois aspects de votre être. Elle apparaitrait donc comme un message imposant de changer quelque chose, soit en soi dans ses perceptions, soit autour de soi dans sa vie, pour se remettre en phase avec soi-même et retrouver un équilibre plus favorable à sa santé.

Ce quelque chose qui est très différent d'une personne à l'autre pour une même maladie, est à trouver dans votre propre « ressenti ». Il s'agit de discerner intuitivement quelles sont les conditions de vie physiques, psychiques ou environnementales qui ne vous conviennent plus et qu'il va falloir changer pour aller mieux.

Conséquences du stress sur le corps

Hans Selye (1907-1982) considéré comme le père du stress, décrit celui-ci comme un « syndrome général d'adaptation ». Selon lui, un changement brutal survenant dans les habitudes d'une personne, déclenche une « réponse de stress » évoluant en 3 étapes :

1- La Réaction d'alarme

L'organisme réagit à un agent stressant par une sécrétion d'Adrénaline, hormone destinée à se protéger instantanément du danger en stimulant les fonctions cognitives et neuromusculaires.

Lorsque le stress est aigu : intense mais de courte durée, les symptômes sont également aigus et s'observent sur les deux plans physiques et psychiques.

Sur le plan physique, les premiers signes de stress apparaissent dans la sphère la plus fragile de l'organisme, du fait de la constitution héréditaire ou du vécu de la personne. Ce sera par exemple :

Dans la sphère cardiovasculaire : des migraines, des céphalées, une crise d'angine de poitrine,

Dans la sphère digestive : un ralentissement de la digestion avec l'estomac serré ou des colites,

Dans la sphère musculaire : des crampes ou des contractures,

Dans la sphère Immunitaire : des infections, des inflammations, des allergies, de l'asthme…

Sur le plan psychologique, les premiers signes sont

Des tensions désagréables avec irritation, insomnie, difficultés à se concentrer,

Des émotions violentes transitoires d'angoisse, de colère, de panique, de rage,

Des comportements incontrôlés de violence par exemple.

Cette phase initiale correspondant à un dépassement émotionnel momentané, est rapidement réversible grâce à des moyens naturels de régulation

Physiques : détente, relaxation, respiration, sport, et

Psychiques : confiance en soi, prise de recul, capacité à relativiser et lâcher prise.

Ces symptômes peuvent réapparaitre de façon récurrente, chaque fois en phase avec les périodes de stress et s'apaiser naturellement avec le repos.

Mais si la cause de stress se prolonge, ou que les moyens de régulation ne sont pas mis en œuvre, on entre dans la deuxième phase :

2- La Phase de résistance

L'organisme s'adapte à l'agent stressant prolongé avec une sécrétion cette fois de Cortisol, hormone coup de fouet destinée à assurer la résistance de l'organisme sur la durée, en puisant l'énergie dans les réserves tissulaires. Cette réponse de l'organisme à une sur-stimulation prolongée, va entrainer à la longue des dégats tissulaires avec des douleurs ou des maladies chroniques et des dysfonctionnements organiques. On verra alors apparaitre

Sur le plan physique :

  • Ostéoporose, arthrose, troubles métaboliques comme la prise de poids ou le diabète,
  • Infections ou inflammations chroniques : rhumes, bronchites, tendinites, cystites chroniques,
  • Troubles fonctionnels : gastrites ou colites chroniques,

Sur le plan Psychologique : Fatigue chronique et Depression.

Si à ce stade, rien n'est fait pour enrayer la cause de stress, l'organisme évolue selon les capacités de résistance de la personne, à la troisième phase :

3- La phase d'épuisement

L'organisme perd ses facultés d'adaptation et présente diverses défaillances organiques : insuffisances rénales, cardiaques et immunitaires comme les maladies auto-immunes avec une perte d'énergie importante.

Comment gérer le stress pour rester en bonne santé ?

Il est important à ce stade de savoir écouter son corps pour entendre ses messages invitant à retrouver un équilibre plus favorable à la santé.

Il s'agit de soulager les premières tensions en rééquilibrant ce qui est nécessaire dans sa vie : prendre du repos en cas d'excès de travail, faire du sport, privilégier les relations amicales, se faire plaisir ou se détendre… L'important est de garder à l'esprit la notion d'équilibre entre tous les domaines de sa vie, car ce sont les excès prolongés qui créent de la fatigue.

Si vous n'avez pas su interpréter les signaux d'alarme et que le stress continue son œuvre destructrice, votre corps va émettre des signes de détresse de plus en plus forts pour vous obliger à soigner ce qui le dérange dans le fond. On distingue ainsi deux catégories de maladies :

1- Les « maladies à crise» qui sont réversibles et qui correspondent à un dérangement passager de l'organisme suite à un stress d'intensité modérée ou limitée dans le temps. Ces maladies sont circonscrites à un organe donné et s'estompent facilement dès que le contexte le permet, ou que vous actionnez dès la perception de ces signaux, des moyens de régulation du stress.

2- Les « maladies chroniques évolutives» qui correspondent à un déséquilibre profond et durable de l'organisme chez des personnes plus fragiles ou soumises à des contraintes continues. Il devient nécessaire à ce stade d'entreprendre une « Thérapie psychosomatique » pour déceler toutes les causes cachées du symptôme et développer les ressources nécessaires pour changer ce qu'il faut dans le corps, l'esprit ou l'environnement.

Votre « organe ciblede somatisation » apparait comme le porte-parole de votre état intérieur qui vous indiquera par des signes de dysfonctionnement que les limites de votre organisme ont été atteintes et qu'il est urgent de vous protéger. Dès qu'il manifeste une fatigue, une douleur voire une maladie, c'est le signal que vous devez soit ralentir le rythme, soit chercher une compensation efficace, soit encore, affronter le problème pour le régler définitivement.

Comment mieux se protéger pour conserver forme et bonne humeur ?

Tout d'abord, abandonnez une bonne fois pour toute l'idée selon laquelle, il faudrait combattre le stress à tout prix. Le stress n'est pas votre ennemi numéro 1, puisque selon Hans Selye, le père du stress, il est une réaction normale de survie de votre organisme.

Contrairement aux idées reçues, il n'est donc pas à combattre, mais à gérer.

Le stress est bien-sûr indispensable à la vie. A petite dose, il vous motive pour réaliser un travail ou une activité qui vous tient à cœur. La maladie n'arrive donc que s'il dure trop longtemps et est top intense, car à ce moment-là, le corps est épuisé et n'a plus les ressources nécessaires pour faire face.

Pour retrouver rapidement votre équilibre, il faut agir à la fois sur les plans physique, psychique et environnemental.

Sur le plan physique :

Les hormones de stress sont équilibrées en permanence par les hormones de bien-être, en particulier les endorphines, mais aussi la sérotonine et la dopamine dont la sécrétion est favorisée lors des moments de détente et de plaisir : sport, loisir, relaxation, soins du corps, alimentation saine et activité passionnante…, qui permettent de limiter voire de réduire les effets nocifs de l'Adrénaline et du Cortisol pour retrouver rapidement votre équilibre.

Sur le plan psychique :

Il s'agit de développer des « moyens de défense pour faire face au stress ». Il s'agit de vos ressources psychiques qui vous ont été transmises par apprentissage pour faire face aux situations difficiles. Selon votre éducation ou votre tempérament, vous utilisez plutôt

  • L'humour pour relativiser et prendre du recul par raport aux évènements désagréables,
  • L'empathie pour comprendre les comportements d'autrui afin d'y répondre judicieusement,
  • L'imagination pour anticiper le futur afin de favoriser réussite et guérison,
  • La créativité pour exprimer ses talents personnels et réaliser ses désirs profonds,
  • L'estime de soi pour se libérer de ses inhibitions en s'appuyant sur ses points forts,
  • La confiance en soi pour favoriser la réussite de ses projets,
  • L'affirmation de soi pour faire respecter ses besoins et valeurs,
  • Le désir de prendre soin de soipour rester en bonne santé ou favoriser sa guérison.

Certains traumatismes vécus dans l'enfance, peuvent empêcher le développement de ces ressources. Une fois adulte, ces carences provoqueront des états de stress spécifiques et donc des somatisations dans des contextes bien particuliers.

Sur le plan environnemental :

Il s'agit de ré-harmoniser ses besoins profonds avec ses actes en effectuant des changements pour se réadapter aux nouvelles conditions de vie qui se présentent.

  • Changer les habitudes toxiques ou addictives par des alternatives plus profitables,
  • Adopter une pensée positive pour trouver plus facilement des solutions favorables,
  • Adapter son rythme de vie, ses relations ou son organisation à ses besoins profonds.

Si vous souffrez de douleurs récurrentes sans cause apparente, une « Thérapie psychosomatique » permettra de repérer les liens évènements-émotion-symptôme impliqués dans leur apparition. L'objectif sera alors de désactiver les éléments déclencheurs de stress et de développer les ressources manquantes précises pour pouvoir désormais gérer ces situations en toute sérénité sans retour de douleurs.

Quel est donc le sens de ces maux ?

En fin de compte, on s'aperçoit que la maladie n'est plus la fatalité qu'on s'imaginait, mais une occasion offerte par son corps, de changer ce qui doit l'être en soi ou autour de soi, pour se remettre en phase avec ses désirs profonds.

Cet équilibre à rechercher régulièrement vous permettra

  • Au niveau physique de récupérer une meilleure santé et une vitalité tres agréable,
  • Au niveau psychique, de retrouver une envie de faire et de meilleures capacités de réussite,
  • Au niveau social, de réinvestir cette énergie dans vos relations familiales, amicales et professionnelles.

En fin de compte, les maladies résultent de tout un processus affectant dans une même mesure le corps, l'esprit et votre relation à votre environnement.

La vie n'est pas un long fleuve tranquille, mais un torrent au cours variable remplit de surprises et de rebondissements. Exigeante pour nous offrir le meilleur, elle nous demande sans cesse de s'adapter aux nouvelles conditions de vie, d'activité et d'environnement, en faisant face à tous les aléas qui se présentent sur notre chemin.

Les maux du corps sont les signaux d'alarme de notre inconscient qui veille en permanence sur notre santé en nous demandant de prendre soin de notre corps, mais aussi de développer en nous les ressources psychiques qui nous manquent pour construire notre bonheur et vivre pleinement notre vie en bonne santé et en toute sérénité.

Et si la maladie en fin de compte, était une invitation à repenser son art de vivre, à faire rentrer un peu plus de bonheur dans sa vie pour l'apprécier pleinement et cultiver sa joie de vivre ?

Photos : Shutterstock

Écrit par

Choussy Desloges Geneviève

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