L'enfant intérieur, ce petit passager clandestin

Ce que nous avons vécu dans notre petite enfance détermine l'adulte que nous sommes. Nous portons les mémoires, négatives et positives de notre enfant intérieur. Écoutons-le !

1 OCT. 2020 · Lecture : min.
L'enfant intérieur, ce petit passager clandestin

Lorsque l'être humain arrive sur Terre, il n'écrit pas lui-même sa page. Très vulnérable et très dépendant, il est projeté dans un contexte qu'il subit et dans lequel « on » le fait grandir. Il ouvre des yeux étonnés sur un monde qu'il ne connaît pas et « on » décide pour lui, « on » pense pour lui. Il est façonné, à force de principes éducatifs, de conditionnements et souvent exposé à des peurs qui constitueront des traumatismes.

C'est avec ce « bagage » que nous entrons dans la vie d'adulte. Nous avons appris à nous débrouiller pour assurer notre subsistance, nous élaborons notre propre système de pensée mais nous portons aussi les mémoires, positives et négatives, conscientes ou inconscientes, des premières années de notre vie. Ces mémoires sont celles de notre « enfant intérieur ».

Notre enfant intérieur reste à jamais tapi au fond de nous, nous le véhiculons sans même le savoir, jusqu'à la fin de notre parcours.

Sa clandestinité fait que trop souvent, nous ne l'entendons pas. Et pourtant, il nous parle. Il exprime son insouciance, sa fraîcheur, sa liberté lorsque nous nous laissons aller à ce qui est trop souvent considéré comme immature : rire aux éclats, jouer, rêver…

Notre enfant intérieur exprime sa souffrance

Il exprime aussi sa souffrance au travers des maux de notre corps, des sensations de mal-être, de nos émotions. Apprendre à l'écouter peut pourtant nous permettre de mieux naviguer. Les traumatismes, ou les blessures de notre enfance nous font en effet développer des systèmes de défense qui nous handicapent la plupart du temps. Dans son ouvrage de référence, « les cinq blessures qui empêchent d'être soi-même », Lise Bourbeau expliquent comment les blessures d'abandon, rejet, trahison, injustice et humiliation (nous les portons tous plus ou moins), contractées pendant la toute petite enfance, nous amènent à devenir dépendant affectif, fuyant, contrôlant, rigide ou masochiste. Ces systèmes de défense, qu'elle appelle « masques » font partie de notre personnalité, mais ne sont pas ce que nous sommes réellement, ils sont à l'origine de nos blocages et ils compliquent nos relations, créant des conflits, des incompréhensions mutuelles.

La guérison de l'enfant intérieur

Il est possible pourtant de contacter son enfant intérieur pour opérer les guérisons nécessaires, de façon à restaurer l'équilibre en soi, et à l'extérieur de soi. Aussi étrange que cela puisse paraître, c'est à chacun, adulte, d'aller opérer la guérison de son enfant intérieur, parce que lui seul y a accès désormais. Cela peut se faire par différentes techniques, notamment l'hypnose qui permet d'accéder à l'inconscient, l'objectif étant de déloger les mémoires négatives et de les remplacer par des informations positives. L'adulte par visualisation, dans un état modifié de conscience, peut parler à son enfant intérieur, le rassurer, lui expliquer ce qui ne lui a pas été expliqué en son temps, lui donner la tendresse dont il a manqué, l'inviter à revisiter des épisodes pour modifier sa réaction.

Ce travail est extrêmement important, la façon dont nous nous sommes construits est comme les fondations d'une maison : si celles-ci sont fragiles, tout ce qui sera édifié au dessus pourra se fissurer et il sera peu opérant de chercher simplement à les reboucher sans consolider la base. Il en est de même de nos propres fondations : chercher à faire disparaître un symptôme sans en identifier la cause et sans guérir celle-ci risque de nous maintenir longtemps dans des dysfonctionnements et des inconforts.

Alors, prenons soin de notre enfant intérieur !

Photos : Shutterstock

Écrit par

Véronique BLANCHE

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