​Les bénéfices de l'intervention du psychothérapeute au sein du couple dans les procédures de divorce

Le couple appartient à ce qu'on peut appeler en thérapie un "système", structure englobant les partenaires au niveau individuel mais aussi leurs interactions et leur environnement.

11 NOV. 2021 · Lecture : min.

PUBLICITÉ

​Les bénéfices de l'intervention du psychothérapeute au sein du couple dans les procédures de divorce

Dans le système constitué par un couple, deux personnes ont mis en commun plusieurs notions pour le faire vivre (projet de vie, enfant, sexualité, durée, entraide, fidélité ou absence de fidélité etc.). Tout est permis, à condition que chacun des partenaires ait consenti au système élaboré par le couple.

Au cours de la vie, des problématiques émergentes amènent parfois le couple à se questionner et à consulter lorsqu'une séparation est envisagée.

En quoi la psychothérapie peut-elle prévenir, accompagner la séparation, voire, organiser les conséquences de celle-ci ?

Même si les modalités d'accompagnement par le thérapeute sont différentes selon les étapes, l'enjeu principal reste la communication au sein du couple. Les regards, les mouvements, l'allure générale, les silences sont autant de modes de communication que les paroles.

Le couple a une manière de communiquer qui lui est propre, qui se veut authentique même si elle est non verbale, et qui peut parfois devenir de plus en plus complexe face aux aléas de la vie (licenciement, maladie, deuil, promotion, etc.).

Les partenaires vivent ensemble avec chacun leur représentation du monde, leur carte personnelle élaborée par leur éducation et leur expérience de vie.

Parfois, ces deux représentations individuelles ne s'accordent plus et un conflit surgit dans le couple.

C'est à ce moment-là qu'il peut être utile de recourir à un thérapeute, une personne extérieure au système qui va essayer d'amener les partenaires à verbaliser, à communiquer leurs souhaits, leurs désirs, leurs visions du monde et leurs ressentis au sein du couple. Il ne doit pas y avoir de sujets tabous.

« Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants » : cette phrase familière peut conditionner des générations d'hommes et de femmes et les figer dans cette image du couple harmonieux qui ne s'arrête jamais.

Il sera dès lors peut-être nécessaire de déconstruire cette programmation inconsciente pour laisser place à une vision plus réelle, moins fantasmée, de ce qu'est le couple et de ce qu'est la vie de couple.

Au cours des séances, le thérapeute sera susceptible d'amener le couple à faire la différence entre écouter et entendre, ainsi qu'à amener les partenaires à réfléchir sur le lien qu'ils ont construit entre eux.

Le moment de la thérapie de couple est bien entendu laissé au libre choix du couple et peut commencer dès que la décision de se séparer est envisagée, ou pendant la séparation, ou même après la rupture définitive.

Le choix de commencer une thérapie de couple pendant l'union intervient lorsque l'un des conjoints (ou parfois les deux) estime que les traits particuliers ou les actions de son partenaire ne s'inscrivent plus dans sa vision personnelle du couple.

En dépit du fait que le couple se connait bien, il traverse une crise dont il ignore l'issue et éprouve le besoin de consulter soit pour un problème précis (sexualité, éducation des enfants, infidélité…) soit pour aider lors de la prise éventuelle de décision de se séparer.

Le thérapeute aidera alors les protagonistes par différentes techniques, telles que par exemple l'alternance de la prise de parole, ou des jeux de rôles, à se mettre à la place l'un de l'autre et à avoir une vision différente de son conjoint et de ses pensées supposées, à voir quelles sont les problématiques qui transparaissent derrière la plainte.

Quel est le but de la thérapie ?

Le but du thérapeute n'est pas de convaincre le couple de rester ensemble, ni de se séparer, mais d'amener les partenaires à réfléchir afin de s'assurer que la décision qu'ils prendront sera dans la lignée de ce que les séances de thérapie auront fait émerger, que cela débouche sur une séparation ou non.

Si la rupture est actée et que le couple se projette alors sur un divorce (ou une séparation définitive pour les couples non mariés), vont se poser les questions de la répartition du patrimoine, de la garde des enfants s'il y en a, ou même du chien…

La thérapie de couple peut se poursuivre afin de faciliter là encore, la communication de ces deux personnes qui devront alors apprendre à se parler sans être conjoints, apprendre d'autres codes empreints d'écoute respectueuse qui seront plus éloignés que la liberté de parole qui pouvait être de mise au sein de leur couple.

Lorsque le couple n'est d'accord sur rien, le thérapeute permettra de réguler les échanges et de garantir, autant que possible, une retenue et une écoute mutuelle des deux parties qui sera tout à leur avantage.

Enfin, lorsque la séparation est prononcée, même si les détails administratifs sont réglés, certains liens peuvent perdurer entre les anciens conjoints. Ceux-ci peuvent être amenés à se revoir et à prendre des décisions à deux dans le cadre par exemple d'une autorité parentale conjointe, de la garde alternée, etc.

Il s'agira, à nouveau, de mettre de côté les problématiques individuelles afin de se concentrer uniquement sur celle du lien qui perdure entre les deux anciens partenaires.

Le thérapeute les accompagnera également dans la gestion du trauma que représente une séparation et leur permettra ainsi d'avancer chacun de leur côté sereinement en gardant une communication adaptée à leur nouvelle situation.

Car en réalité c'est sur ce point que se trouve l'enjeu véritable ; en effet, garder une communication respectueuse va au-delà de la qualité des échanges, elle permet de tourner la page et contribue à garantir un nouveau départ à chacun d'eux sur le chemin de leur vie à venir.

Photos : Shutterstock

PUBLICITÉ

Écrit par

Florence Tarrade

Voir profil

Bibliographie

  • Le couple dans tous ses états, Michel Maestre, Dans Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux, 2009/1 (n° 42), pages 67 à 86 : https://www.cairn.info/revue-cahiers-critiques-de-therapie-familiale-2009-1-page-67.htm

  • La constitution du couple, Philippe Robert, Dans Le Journal des psychologues 2011/1 (n° 284), pages 31 à 33 : https://www.cairn.info/revue-le-journal-des-psychologues-2011-1-page-31.htm

  • « On arrête ?... On continue ? », Robert Neuburger 2017, Essai (broché)

Laissez un commentaire

PUBLICITÉ

derniers articles sur thérapie couple