Les paradoxes du confinement chez les personnes âgées isolées

"Covid-19" ou "Syndrome de glissement" chez les personnes âgées isolées, pendant le confinement, faites votre choix !!!

23 MARS 2020 · Lecture : min.

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Les paradoxes du confinement chez les personnes âgées isolées
  • « Covid-19 » ou « syndrome de glissement » chez les personnes âgées isolées, faites votre choix!!!

Le confinement chez les personnes âgées les plus vulnérables amènera inévitablement d'autres risques, dont le syndrome de glissement.

Les personnes très âgées sont exposées de plein fouet au virus dit Covid-19. Ils sont les sujets les plus exposés avec une comorbidité bien supérieur à la moyenne générale.

Mais il se peut que les effets du confinement sanitaire, bien que nécessaire, soit pour cette population un facteur aggravant pour leur santé psychique amenant malheureusement une issue similaire.

Depuis que le gouvernement a décrété le confinement pour enrayer l'épidémie de coronavirus, nous voyons aux travers de nos différents médias des mesures d'entraides extraordinaires avec « des jeunes voisins du dessus qui aide ce couple senior pour les courses » par exemple, alors même qu'ils ne se connaissaient que de vue auparavant. Encourageons ses initiatives de solidarités…mais attention toutes les personnes de grand âge ne vivent pas dans des immeubles ou des pavillons pouvant instaurer, au travers d'un balcon une distance physique tout en préservant une distance sociale… la ruralité ne peut bénéficier de cette proximité.

Le risque pour les personnes âgées, « le syndrome de glissement »

Que ce soit dans ma région, l'Ardèche, ou bien les départements voisins, certaines personnes âgées vivent dans des milieux reculés, dans des régions de montagnes. Leur vie était rythmée par le passage du boulanger le matin, puis le service de la poste avec à chaque fois un petit mot de réconfort ou la venue du médecin tout les mois.

Le médecin est dépassé par les urgences sanitaires le renouvellement de l'ordonnance sera envoyé par courrier, le facteur passe vite fait caché derrière son masque fabrication maison, le boulanger a arrêté sa tournée et c'est toute un système qui s'écroule, des repères qui n'existent plus,… le risque du syndrome de glissement est là, au seuil de la porte.

Quels en sont les symptômes?

Le syndrome de glissement est souvent caractérisé comme une forme de dépression spécifique de la personne âgée, à évolution morbide.

N'oublions pas que les personnes âgées sont les première à être concernées par le suicide et bien souvent la dépression chez ces sujets passe souvent inaperçue, couvert par les traitements journaliers mais aussi pas cette idée de penser « qu'il est bien normal de déprimer en fin de vie »

Tous les facteurs favorisant ce symptôme se retrouvent réunis dans ces moments de confinement. Club du troisième âge fermé, les enfants ou petits enfants qui ne passent plus par peur de contaminer son ainé.

Nous commençons à voir au travers de ses conditions coercitives mais neccessaires des personnes âgées qui se retrouvent clinophile (fait de rester au lit ou au fauteuil), avec un désintérêt pour toutes les choses de la vie. Une anhédonie avec avec des troubles somatiques importants dus à un amaigrissement ou une déshydratation consécutive à une perte d'appétit par exemple. Ces mêmes troubles somatiques amenant des troubles cognitifs avec fatigue et dépression.

C'est une véritable descente aux enfers que vivent nos ainés dans ces périodes là.

Le syndrome de glissement est le changement important de comportement d'une personne âgée, allié à une soudaine perte d'autonomie.

La personne autrefois plutôt autonome, n'a plus goût à rien. Elle ne veut plus non plus se laver, se lever, manger. À cela, s'ajoutent d'importantes angoisses. Cela peut par exemple être la peur de se retrouver seule.

La personne serait physiquement capable de se lever et d'aller seule aux WC par exemple, mais n'en est psychologiquement pas capable. Elle devient donc dépendante à tout niveau.

Petit à petit, à force de ne pas bouger, de mal s'alimenter, de ne pas se soigner, la personne perd réellement en autonomie. Ses muscles s'atrophient, elle développe des infections… et peut aller jusqu'à décéder.

C'est une véritable descente aux enfers.

Dans 85% des cas, le syndrome de glissement est ( et non peut être) fatal à la personne âgée!!

Que faire, comment agir? les paradoxes du confinement.

En temps normal il est évident que les conduites à tenir pour prévenir de ce syndrome de glissement est une présence accrue et un entourage bienveillant autour de la personne.

D'autant plus que je vous laisse penser à la réponse des services de santé à répondre à une hospitalisation d'un ou d'une patiente présentant ces caractéristiques au vue des places dans les hôpitaux.

Dans l'urgence nos politiques et responsables sanitaires ont demandé à ne pas visiter nos ainés dans les établissements et institutions, tout comme aujourd'hui à leur domicile. Covid-19 versus Syndrome de glissement, voilà aujourd'hui le paradoxe!

Nous devrions dans ces moments là pouvoir avoir accès aux visites des ainés après mise en place des protections adaptées, après tout, les patients immuno-déprimés, hospitalisés peuvent dans certaines conditions très strictes recevoir de la famille, les services d'urgences ou d'oncologie hors crise sanitaire peuvent mettre en place des moyens comme masques, blouses, sas de décontamination dans le pire des cas.

Le paradoxe prendra fin lorsque nous auront accès à tous ces moyens barrières. Pour les kinésithérapeutes, le boulanger, les voisins, la famille… A ce moment là nous ne laisserons pas nos parents, grands parents ainés, au sort du Covid-19 ou du syndrome du glissement mais troisième solutions sera alors possible…

Il n'y a négligence de quiconque aujourd'hui, nous sommes face à une situation sanitaire exceptionnelle. Les services d'état, les collectivités font un travail colossal via les Départements, CCAS et autres. Les bénévoles les associations, tout les personnels de santé et medico-social sont sur le front.

Mais il va nous appartenir à nous, les seniors de demain de pas à avoir à choisir, de ne pas avoir à nous retrouver face au paradoxe, pensons à une société solidaire et équitable, sans laisser personne seul, sur le bord du chemin, et en attendant, il reste les moyens de communications comme le téléphone, un petit bonjour à distance, en rassurant et en expliquant la situation.

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Écrit par

David Barat

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