Les blessures affectives et émotionnelles liées à l'abandon d'un parent

L’abandon par l’un des parents est difficile à vivre et à comprendre pour l’enfant. Comment parvenir à se construire sans en souffrir à chaque étape de sa vie ?

2 NOV. 2017 · Dernière modification: 21 OCT. 2019 · Lecture : min.
Les blessures affectives et émotionnelles liées à l'abandon d'un parent

L'abandon par l'un des parents provoque, pour certains, une réelle blessure affective et émotionnelle difficile à gérer au fil des années alors que d'autres parviennent à s'épanouir et se construire comme personne malgré cette absence.

Les taux d'abandon sont encore très élevés, notamment dans les pays d'Amérique latine. Pour certains, cela est dû à des problèmes sociaux tels que le chômage et la pauvreté. Pour d'autres, le facteur le plus important est la culture: dans certains cas, l'abandon d'un parent est considéré comme relativement normal. Dans ces pays, on remarque une forte relation entre les grossesses non désirées, en particulier chez les adolescentes, et l'abandon d'un parent.

Les différentes formes d'abandon

Tout comme il existe de nombreuses façons d'accompagner un enfant, il existe également différentes façons de partir. Le parent absent, en principe, est celui qui laisse la mère ou le père physiquement et psychologiquement seule dans l'éducation de son enfant. Il ne tient pas compte de la contribution économique, des tâches domestiques et ne s'intéresse pas à l'enfant.

Il y a aussi ceux qui abandonnent émotionnellement, mais pas physiquement. Ils ont l'impression que les enfants sont l'affaire de l'autre parent. Ils sont là, mais ils ne pensent pas être responsables de l'éducation des enfants. Ils ne leur parlent pas, ils ne passent pas de temps avec eux et n'ont aucune idée de comment va leur vie. Ils paient simplement les factures et n'interagissent pas avec les petits.

Il y a aussi ceux qui ne partent pas émotionnellement, mais physiquement. Ils ont formé une autre famille ou ils sont loin. Pourtant, ils essaient d'être conscients de ce qui arrive à leurs enfants. Ils ne peuvent jamais passer autant de temps qu'ils le voudraient, mais ils les ont dans leur esprit et dans leur cœur.

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Les conséquences de l'abandon

Chaque mode d'abandon génère ses propres conséquences et dépendra aussi du caractère de l'enfant et de la sagesse dont fera preuve la maman pour savoir expliquer simplement la situation sans le victimiser et en lui enseignant comment se construire sans dépendre de l'affection d'une personne absente.

Dans le cas du parent complètement absent, l'enfant peut en souffrir en grandissant car il a tendance à remettre en question sa vie, pourquoi n'est-il pas aimé, etc. Le ressenti émotionnel peut être profond et difficile à accepter.

Si la figure parentale est remplacée, partiellement par quelqu'un, l'effet est bien sûr, moindre et l'enfant pourra combler plus facilement ce vide.

L'absence d'un parent laissant place à la seule relation mère-enfant ou père-enfant peut, pour certains, créer une dépendance importante pour l'enfant. Il aura alors de la difficulté à explorer, à élargir ses horizons et à compter sur ses capacités. Cela peut entraîner par la suite, un sentiment d'exclusion. Ce n'est pas bon pour la mère d'être «père et mère en même temps, et inversement». Certains enfants abandonnés par leur parent ont du mal à s'adapter au monde et à la réalité. Ils sont également susceptibles de développer la peur d'un attachement profond. Et ils peuvent devenir des "abandonneurs" eux-mêmes.

En conclusion, l'absence d'un parent ouvre une profonde blessure émotionnelle, surtout dans les premières années de la vie. Son vide ne sera jamais comblé, et l'empreinte de son absence sera très difficile à effacer.

Comment le dépasser ?

Ce travail sur soi nécessitera, lorsque c'est possible, de revenir sur le contexte de cet abandon. Par exemple, revisiter dans son passé l'image que la mère a elle-même donnée du père, sa vision des hommes, du couple, ses souffrances à elle, sa solitude, et inversement si c'est le père... Comment et pour quelles raisons y a-t-il eu abandon... autant de paramètres qui ont formaté les ressentis de l'enfant et sur lesquels s'appuient un travail de mémoire. Le travail de dépassement dépendra largement de la manière dont le parent a lui-même présenté cet abandon au vécu de l'enfant. 

Pour travailler le sentiment d'abandon et ne pas en faire une blessure trop profonde, il est conseillé d'abord d'accepter de sentir et d'exprimer ses émotions à la fois celles d'hier et celles d'aujourd'hui. On réalise alors un travail sur soi pour essayer de reconnaître les moments où nous nous sentons abandonné. Nous entrons alors dans une phase d'acceptation : nous nous autorisons à être fragile et sensible.

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Ensuite, il est important de faire le tri entre les abandons réels et les craintes d'abandon. À cette étape, on essaie de se remémorer rationnellement les faits et d'essayer de leur donner du sens. Ces deux étapes peuvent être douloureuse mais elles permettent en quelque sorte de faire, peu à peu, son deuil de l'abandon pour pouvoir ensuite se construire soi-même.

Enfin, posez-vous la question : face à cet ou ces abandon(s), comment vous êtes-vous protégé ? Avez-vous désormais un regard différent sur la vie et ce que vous avez vécu, qui vous permettent d'accepter de laisser partir ce sentiment et cette crainte d'abandon ? Etes-vous prêt à laisser partir cette personne absente de votre vie et à continuer votre chemin ? Face à ce nouveau quotidien, voulez-vous prendre de nouvelles initiatives pour exister autrement et vous découvrir sans dépendre du passé et de personne ?

À partir de ce jour, vous allez tourner une page pour commencer à vous construire en tant que personne et choisir qui vous souhaitez être. Pour se trouver, nous vous conseillons de laisser place à la créativité. En effet, le moment est venu de commencer de nouvelles activités : pratiquer un art, faire du jardinage, redécouvrir la nature, s'engager dans une association quelque soit son but (social, humanitaire, sportif, etc.).

Chaque pas dans cette reconstruction vous permet de vous développer personnellement tout en faisant face aux différentes émotions sans vous laisser submerger.

Photos : Unsplash

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Commentaires 61
  • Syl01

    Bonjour j'ai 35 ans et marié un enfant ma femme à été abandonnée par son père à la naissance mai sa mère c'est remarier quelques années plus tard et la reconnue comme ça fille. depuis plus de 10ans je s'en un mal être en elle mai elle n'en parle pas et de son côté elle a beaucoup beaucoup de mal à me témoignez de l'amour et des gestes tendre et sa fait des années que j'en souffre,mai la je n'y arrive plus j'ai besoin d'attention notre couple ne va plus ont est à deux doigts du divorce du coup je me renferme dans mon monde et je ne suis pas agréable non plus avec Elle. Comment gérer cette situation ? Merci d'avance d'avoir pris le temps de lire .et je suis ouvert au vos propositions.

  • Un papa

    J'ai grandis sans mon père, décédé quand j avais 6 ans, mais j'ai eu la chance d'avoir une très bonne instructions de la part de mère bien que souvent absente de part son travail. J'ai eu un enfant Sa mère m'a mis à la porte du jour au lendemain de chez elle, notre enfant avait 20 mois. Je retrouve un logement à proximité immédiate pour rester proche de mon dils J'ai compris au bout de 10 jours, en lisant des papiers manuscrit, qu elle était en couple avec un voisin, et que j'ai vu ce dernier s'occuper de mon fils.... Le monde s est effondré autour de moi. J'avais trouvé le courage de fonder une famille, celle que je n avais eu enfant. Je les vécu comme une trahison de la part de ma femme, et comme une intrusion destructive, un viol, de la part du voisin. Je ne me pensais pas capable de menacer son nouveau conjoint (de simples paroles et écrits) Mais le voir me remplacer du jour au lendemain, le voir passer dans sa voiture avec mon fils, lui donner à manger le soir, et prendre la.place que j occupais dans le lit conjugal.... Seulement 2 à 3 semaines après la séparation.... En une semaine j'ai trouvé un emploi très très bien rémunéré, à 9000 km. J'ai signé 1 mois après j'ai quitté la métropole, pour oublier ce qu'ils m'ont fait, comprendre la raison de cette trahison. Je donne tous les mois une pension alimentaire (même sans jugement), qui a été convenu avec la maman, et je mets qlq 100 aine d€ sur le livret A du fiston. Il a eu des cadeaux pour son anniversaire et Noël. Je n'ai pas vu mon fils depuis 6 mois, il a 2,5 ans. Refus évidemment de sa mère que je le voye hors métropole, car trop jeune pour un voyage si long. Ce qui lui permet au moment où j écris ces lignes, de prendre comme argument supplémentaire pour le JAF (aucun jugement pour le moment): * Cela fait, en sus du voyage, plusieurs mois que son fils n'a pas vu son père, ni eu de contacts avec lui, et qu'il est préférable que ce soit à moi de prendre un billet AR pour la métropole, louer un logement convenable à proximité immédiate de chez elle, et reprendre contact progressivement avec mon fils * J'ai pris la décision de partir loin, rendant impossible un maintien de la relation père fils... Je me retrouve dans la conclusion de l'article, ou les pères sont absent, et les enfants une fois adulte et papa, comme expliqué, "Ils peuvent devenir des "abandonneurs" eux-mêmes." Bref Sans commentaires....

  • Anonyme

    J'ai 27 ans, mon conjoint est décédé l'année dernière, durant cette dure épreuve, mes parents m'ont abandonnés, ils ont voulu m'accueillir chez eux, mais ils m'ont ensuite mis dehors avec mes 3 enfants en bas âge. Ma mère a carrément changé de numéro de téléphone, j'ai eu 3 deuils à faire, celui de mon conjoint, celui de mon père et celui de ma mère. Mes parents sont encore vivant, mais leur abandon devient comme un arrêt de vie entre eux et moi. Je dois mener ma vie sans eux, et je me rends compte qu'en fait ils m'ont abandonné il y a bien longtemps, juste vue que j'étais mineur auparavant, ils n'ont jamais pu passer à l'action, j'étais leur fardo, parce qu'ils avaient même demandé une éducatrice pour s'occuper de moi. Je suis en plein travail sur moi même, car je suis en train de construire une nouvelle relation avec un nouvel homme, et cet abandon me pourri la vie, je souhaite plus que tout au monde, m'en sortir, je m'en rend compte, j'ai fais toute une introspection jusqu'à maintenant. Et à vrai dire je ne ressens pas de tristesse pour mes parents, mais de la colère, parce que je leur laisse encore le pouvoir d'apporter de la negativité dans ma vie. Je ne veux plus leur laisser ce pouvoir, ils n'ont pas pris leur rôle à cœur. J'envisage de leur écrire une lettre, dans laquelle j'écrirais tout ce que je leur reproche, tout ce que j'ai sur le cœur, et ensuite soit je leur enverrai, soit je la brûlerais, mais je ferais en sorte de me libérer de ce poids. Il est hors de question que je gâche ma nouvelle relation, il hors de question que je fasse subir à mes enfants ce que mes propres parents m'ont fait subir, je dois avancer, je ne veux plus qu'ils aient un quelconques impacte dans ma vie. Je veux avancer, je sais que je suis capable de le faire, je suis capable d'avancer sans eux. Je sais que la colère d'aujourd'hui sera ma force de demain.

  • Krimo

    Bonjour, je suis un garçon de 13 ans qui ne veux plus de son père , grâce à votre article j'ai pu comprendre que l'on a chance d'avoir un père et qu'il ne faut pas rater cette chance . Merci de m'avoir fait comprendre ça , c'est un choix vraiment difficile en ce moment. Je vous remercie vraiment .

  • Michmich69

    Né de père inconnu j'ai eu une vie où les mariages n'ont jamais duré et aussi 6 enfants que je ne vois plus ...Seul depuis 6 ans , j'ai rencontré une femme douce et affective et ... je ne ressens rien . A 81 ans il n'y a pas de possibilités de relations intimes fortes mais même pas de frémissements amoureux ... Je dois travailler encore pour faire face à un abus de faiblesse lourd financierement.... Est il possible d'un retour d'une forme de bien-être ? Et que faire ?

  • Jean

    J’ai une petite amie qui n’a pas vécu avec son père et sa mère avec qui elle vie n’est pas trop compréhensible, réfugiée en elle , souvent très désagréable envers moi ,ne répond pas à mes messages et d’autres pas elle est joueuse tendre , Je ne comprends pas ce attitude Merci

  • Lau

    Ne pas hésiter à faire une thérapie comportementale aussi, ça fait beaucoup de bien.

  • Ashley

    Bonjour, Pourquoi indiquer en titre la blessure d'abandon par l'un des deux parents alors que l'article sous entend la blessure d'abandon infligée par le père ? Certes c'est souvent le père mais la mère peut aussi abandonner son enfant.

  • jimmy

    Dans les années 90 , notre mère nous a abandonnés en trompant son mari. Quelques années plus tard, à l'âge de 19 ans mon père ma mit à la rue. Aujourd'hui, psychologiquement instable et je suis dur comme de la pierre

  • Nany

    J’ai l’impression d’avoir une réponse à toutes les questions que je me pose depuis des années en lisant votre article. J’ai vécu la séparation de mes parents, surtout le départ de mon père du foyer familial comme un abandon. Aujourd’hui cela m’handicape beaucoup dans mes relations amoureuses comme amicales. J’ai toujours peur que l’on ne m’aime pas et que du coup on m’abandonne donc je ne fais pas confiance… j’ai toujours ce ressenti d’être en manque d’amour surtout vis à vie de mes partenaires amoureux, je suis très méfiante et stressé, angoissé, à fleur de peau lorsque je suis en couple… cette angoisse de l’abandon me pourrit la vie. Je me renferme sur moi même, je suis tellement mal à ces moments là que ça a aussi un impact sur ma vie professionnelle…


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