Pourquoi cuisiner pour les autres ?

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Grâce à la psychologie, on sait que cuisiner a beaucoup de bénéfices, et pas seulement celui d'offrir des douceurs aux autres.

16 oct. 2017 · Lecture : min.
Pourquoi cuisiner pour les autres ?

Les gens qui cuisinent sautent sur la moindre occasion pour allumer leur four. Ils font un gâteau pour l'anniversaire de quelqu'un, se lancent dans des cookies pour célébrer les vacances et font des brownies parce que tout le monde aime le chocolat.

Mais il semble que cuisiner soit bien plus que de créer uniquement des douceurs à manger. Cuisiner, surtout lorsque c'est pour les autres, s'accompagne de bien des bénéfices psychologiques.

Cuisiner est une forme d'expression et de communication productive

"Cuisiner permet de laisser les gens exprimer leur créativité", explique au HuffPost Donna Pincus, professeure de Psychologie et Sciences du Cerveau à l'Université de Boston. "Il y a beaucoup d'articles à propos de la connection entre l'expression créative et le bien-être général. Que ce soit la peinture, la musique [ou la cuisine], il existe un soulagement du stress lorsque les personnes ont une porte de sortie ou un moyen de s'exprimer".

Le stress est en effet relié à de nombreux problèmes mentaux et physiques, et trouver des moyens pour l'affronter est important pour vivre une vie saine.

Lorsqu'on cuisine pour les autres, c'est aussi un bon moyen pour exprimer nos sentiments. Susan Whitbourne, professeure de Psychologie et Sciences du Cerveau à l'Université du Massachusetts, met en avant la tradition d'apporter de la nourriture à quelqu'un qui a perdu un être cher. Parfois, on n'a pas de mots, et la nourriture peut être un bon moyen de faire passer ce que l'on essaye de dire. Elle explique : "cela peut être un bon moyen pour les personnes qui ont du mal à exprimer leurs sentiments avec les mots de montrer leur gratitude, leur affection ou leur sympathie avec un plat bien cuisiné".

Julie Ohana, art-thérapeute culinaire et diplômée en travail social clinique, explique : "dans beaucoup de cultures, dans beaucoup de pays, la nourriture est vraiment une expression de l'amour, et c'est très beau car c'est une chose à laquelle on peut tous s'identifier. Je pense que cela dénote un problème malsain lorsqu'elle remplace la communication au sens traditionnel, mais si elle est faite avec de la communication, c'est quelque chose de positif et merveilleux".

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Cuisiner pour vous et pour les autres est une forme de pleine conscience

Nous avons tous entendu parler des bénéfices de la méditation et de la pleine conscience (augmentation de la joie et réduction du stress, entre autres), et cuisiner peut engranger ce même type de récompenses. "Cuisiner demande en fait une attention soutenue. Vous devez mesurer, vous concentrer physiquement pour pétrir de la pâte. Si vous vous concentrez sur l'odeur et le goût, sur le fait d'être présent avec ce que vous êtes en train de créer, cet acte de pleine conscience peut aussi aider à réduire le stress", explique Donna Pincus.

C'est pour cela que l'art-thérapie culinaire a d'ailleurs de plus en plus sa place auprès de l'art-thérapie, car cela corresponde à un type de thérapie connu comme "l'activation comportementale". Julie Ohana explique que de plus en plus de personnes l'appellent pour apprendre à recréer son modèle dans leurs pratiques thérapeutiques.

"Cuisiner, c'est penser pas à pas et suivre les détails d'ici et maintenant, mais c'est aussi penser aux recettes comme à un tout, le plat comme un tout, ce qu'on va en faire, qui va le faire, à quel moment on va le partager, donc cuisiner est un très bon moyen de développer cet équilibre entre le moment présent et le moyen terme", expliquer Julie Ohana.

Et non seulement la pleine conscience est excellente, mais elle peut aussi aider à calmer la présence de pensées tristes. Johan Waite, gagnant de la version anglaise de l'émission "le Meilleur Pâtissier" a d'ailleurs publiquement déclaré que cuisiner l'aidait à gérer sa maniaco-dépression.

Donna Pincus explique qu'être en pleine conscience (comme lorsqu'on cuisine) peut signifier "que l'on ne passe pas son temps à ruminer ses pensées, car on sait que ruminer conduit à la dépression et aux pensées tristes, [ce qui n'est pas le cas] lorsque vous faites quelque chose de productif. Et ce qui est bien à propos de la cuisine, c'est que vous avez une récompense tangible à la fin, et que cela peut être vraiment bénéfique pour les autres".

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Cuisiner pour les autres est une forme d'altruisme

Au coeur de la cuisine, on trouve l'acte de don aux autres. Alors que le processus de la cuisine peut contribuer à un sentiment général de bien-être, donner renforce encore ce sentiment.

"Cuisiner pour les autres augmente ce sentiment de bien-être, contribue à réduire le stress et vous donne la sensation d'avoir accompli quelque chose de bien pour le monde, ce qui augmente certainement la sensation de but dans la vie et la connexion avec les autres", explique Donna Pincus.

Cuisiner avec l'intention de partager est une forme d'altruisme, de sacrifice que l'on fait pour les autres, et les bénéfices de cet acte désintéressé ont déjà été fortement étudiés. Mais, selon Susan Withbourne, "il y a aussi une valeur symbolique dans le fait de cuisiner pour les autres, car la nourriture a une signification physique et émotionnelle. Les plus grands bénéfices sont accrus lorsque vous cuisinez non pas pour attirer l'attention ou pour vous faire bien voir, mais juste lorsque vous voulez partager un bon plat avec des personnes qui vont l'apprécier. Tant que vous cuisinez bien ce plat.".

Si cuisiner est une activité qui vous stresse, vous n'obtiendrez cependant pas les mêmes récompenses psychologiques. "Si quelqu'un a la phobie de la cuisine ou de la pâtisserie, cela ne fonctionnera pas. C'est efficace sur les personnes qui ont déjà quelques bases en cuisine", explique Julie Ohana. Donna Pincus affirme "tant que ce n'est pas stressant ni obligatoire, ça peut être bénéfique pour tous".

Offrir de la nourriture à quelqu'un serait donc aussi agréable que d'en recevoir, alors pourquoi se priver ?

Photos : Shutterstock

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Commentaires 1
  • Eglantine

    Je suis d'accord, cuisiner est une forme d'altruisme et qu'est-ce que cela rend heureux. Donner un peu de son savoir - faire, c'est tellement plus gratifiant que de recevoir.