15 vérités sur l'amour démontrées scientifiquement

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Ces affirmations que nous entendons souvent sur l'amour ont-elles un fond de vérité ?

13 avril 2018 · Lecture : min.
15 vérités sur l'amour démontrées scientifiquement

L'amour est aveugle, les femmes sont plus amoureuses, l'humain est infidèle par nature... Voici certaines affirmations communes à propos de l'amour. Mais quelle est la part de vérité en elles ? L'amour au premier regard existe-t-il vraiment ? S'essouffle-t-il avec le temps ? Les études scientifiques ont la réponse à toutes ces questions.

L'amour est une impulsion

"L'amour n'est pas une émotion mais une impulsion, un besoin physiologique pour l'être humain", affirme Helen Fisher, anthropologue de l'Université de Rutgers (New Jersey), qui étudie l'amour depuis plus de 30 ans.

Cette impulsion que nous appelons amour surgit lorsque le cerveau est inondé de phényléthylamine (l'amphétamine sécrétée par le corps), à quoi il répond en libérant des neurotransmetteurs comme la dopamine, la norepinephrine et l'oxytocine. Les niveaux de sérotonine baissent et le cerveau libère aussi de l'adrénaline, qui passe dans le flux sanguin et créé une augmentation du rythme cardiaque. Le mélange de ces substances fait que l'on crée un lien émotionnel avec d'autres personnes et qu'apparaissent les symptômes typique de l'amour : le rythme cardiaque s'accélère, les nerfs sont à fleur de peau et on a des papillons dans l'estomac.

Comme une drogue, l'amour est une addiction

Nous connaissons tous quelqu'un qui ne peut pas être seul, qui enchaîne les relations. Pourquoi ? Il y a une explication scientifique : lorsqu'on est amoureux, la dopamine qui se libère commence à déployer ses effets. L'euphorie, le désir, la satisfaction, le plaisir et la plénitude sont des conséquences de l'action de cette hormone, ou neurotransmetteur, qui active les mêmes aires cérébrales que l'alcool, le tabac et d'autres substances addictives. Selon une étude réalisée par l'athropologue Hellen Fisher en 2010, la drogue et l'amour provoquent le même sentiment de plaisir. C'est pour cela que lorsque la dopamine disparaît, on constate le même syndrome de sevrage que celui qui apparaît avec les drogues.

L'amour au premier regard existe

Dans un bar, dans la rue ou dans le métro, vous croisez le regard de quelqu'un et pensez "je viens de tomber amoureux". Si vous êtes un homme, vous avez certainement raison. Si vous êtes une femme, c'est différent.

Hellen Fisher a noté que les femmes, en tombant amoureuses, commencent à sécréter de la dopamine et activent les parties du cerveau chargées de la mémoire et du souvenir. C'est pour cela qu'elles mettent plus de temps à être amoureuses, car elles ont besoin de plus d'interaction avec l'autre. Les hommes, eux, activent les zones du cerveau qui correspondent aux stimuli visuels. C'est l'aspect visuel permet la libération de cette substance chez eux, et c'est pour cela qu'ils ont tendance à tomber amoureux plus rapidement que les femmes.

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On peut aussi ajouter à cela une théorie évolutionniste selon laquelle les hommes rechercheraient une personne avec qui ils pourraient avoir une descendance saine, et assurer ainsi le passage de l'information génétique à la génération suivante, comme l'explique Brenda Eskenazi, directrice du Center for Children's Environmental Health Research (School of Public Health), de l'université de Californie. Les femmes, au contraire, rechercheraient une personne qui seraient une bonne compagnie pour élever les descendants.

Les personnes belles et mystérieuses nous attirent

Comme l'a noté Hellen Fisher; "nous tombons amoureux de personnes qui s'avèrent mystérieuses". C'est dû au fait que le mystère est associé à la nouveauté, et donc à la dopamine. De plus, d'après une étude réalisée par l'Université du Nouveau Mexique en 2011, les êtres humains sont attirés par la symétrie. Ceci signifie que les visages symétriques activent les aires cérébrales impliquées dans le fait de tomber amoureux.

Nous sommes obsédés par l'autre personne

L'amour semble comporter un peu d'obsession. On ne peut se sortir l'autre de la tête, et si se souvenir du moindre détail de son premier rendez-vous semble une folie a priori, il y a en réalité une explication. Un cerveau amoureux produit les mêmes neurostransmetteurs que par les substances addictives : "le haut niveau de norépinéphrine produit une euphorie et une perte d'appétit alors qu'un niveau bas de sérotonine a à voir avec l'obsession d'être avec l'être aimé", explique Hellen Fisher dans une interview.

L'amour est aveugle

Cette phrase si populaire est réelle. La raison est que "la passion initiale se caractérise par la désactivation de régions du cerveau comme le cortex frontal, impliqué dans la logique et le raisonnement", affirme Ignacio Morgado.

Les amours interdites sont les plus chères

Combien d'histoires avons-nous entendu d'amours impossibles, frustrées, où les protagonistes souffrent de ne pas être avec l'autre ? Pourquoi ne tournent-ils pas la page et ont-ils tant de mal à dépasser cette histoire ? Il semble que ce n'est pas qu'ils ne veulent pas, mais plutôt qu'ils ne peuvent pas.

La dopamine, la substance libérée en tombant amoureux, est aussi associée à la motivation et aux conduites pour atteindre un objectif concret. Percevoir un empêchement augmente ces niveaux de dopamine. Si des obstacles surgissent, le besoin d'atteindre l'objectif augmente et les sentiments s'intensifient. C'est pour cela que quand on interdit l'objectif, il devient plus attractif. D'ailleurs, la célèbre pièce de théâtre donne son nom à l'effet Roméo et Juliette.

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La flamme s'éteint

"Ce n'est plus comme avant", "on est tombés dans la routine", "le bonheur n'est plus le même"... Ce sont des phrases que l'on entend souvent chez des couples consolidés, et ils ont raison. Selon Eduardo Calixto, chef de neurobiologie de l'Institut National de Psychiatrie Ramón de la Fuente Muñiz, le passage du temps fait que les récepteurs perdent de la sensibilité. Sous trois ans, ils arrêtent de répondre aux stimuli et la sensation plaisante d'amour disparaît. Son substitut est l'oxytocine, qui est en relation avec le sentiment d'attachement.

Ceci explique le changement de sentiments, d'émotions : on sort de la phase amoureuse, celle qu'Hellen Fisher appelle amour romantique, pour aller vers une phase plus calme où, si la relation n'est pas construite sur quelque chose de plus que l'amour et l'attraction sexuelle, la flamme s'éteint.

On ne sait pas ce qu'on a jusqu'à ce qu'on le perde

D'après Hellen Fisher, lorsque quelqu'un rompt avec nous, nous vivons "l'attraction de la frustration". Cela signifie que nous recommençons à sentir la passion qui n'existait pourtant plus à la fin de la relation amoureuse. Il est alors normal que la personne décide de continuer la relation, même si elle est brisée, essayant par tous les moyens de récupérer son ou sa partenaire, puisqu'au moment de la rupture l'aire du cerveau qui sécrète la dopamine s'active. C'est-à-dire qu'elle agit de la même façon qu'au début d'une relation, comme au premier jour.

Déchirer ses photos et brûler ses lettres aide

Se défaire des choses qui nous rappellent l'autre pour mieux l'oublier est une habitude qui se pratique depuis que le monde est monde. Quelqu'un qui ne l'a jamais fait peut penser qu'il s'agit d'une réaction de mépris, que celui qui a été délaissé déchire les photos par douleur. C'est peut-être vrai dans certains cas, mais c'est en réalité souvent une façon de se protéger.

Comme le dit Hellen Fisher, l'amour créé une dépendance. Ce qui fait que pour tourner la page, il faut couper la racine, comme lorsqu'on veut se sevrer de n'importe quelle substance addictive. Il s'agit d'éviter tout ce qui pourrait nous rappeler l'autre personne.

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Le chocolat est la solution

Lorsqu'une relation se termine alors qu'on en est encore à la phase où l'on tombe amoureux, la montée de phényléthylamine tombe d'un coup. La personne a alors la sensation qu'elle ne peut pas vivre sans l'autre. Mais ce qu'il se passe en réalité, c'est qu'elle ressent le manque. Votre corps a besoin de phényléthylamine, et en a besoin immédiatement. Face à cette absence, il est normal que le cerveau se prépare à passer ses pires moments en s'accrochant au chocolat. En effet, c'est un aliment riche en phényléthylamine qui vous fera vous sentir au moins un peu mieux.

De l'amour à la haine, il n'y a qu'un pas

L'amour et la haine sont intimement reliés car ils produisent les mêmes substances chimiques. D'où l'expression si connue. Il suffit d'un détonateur, d'un petit détail pour passer d'un sentiment à son contraire de manière radicale. Un exemple clair de ce type de détail est la rupture. Il est probable que l'escalade de la haine entre deux personnes ayant vécu une rupture difficile passe de zéro à cent en quelques secondes.

La majorité des femmes s'accrochent après une relation sexuelle

"L'amour et le sexe sont différents car ils sont indépendants, ils fonctionnent et dépendent de mécanismes cérébraux et hormonaux qui, bien que se chevauchant, sont aussi en grande partie très différents", affirme Ignacio Morgado, de l'Université Autonome de Barcelone. De même, Eduardo Calixto explique que la zone de libération de la dopamine s'active pendant une relation sexuelle, et le fait qu'elle soit 70% plus grande chez les femmes que chez les hommes peut faire qu'elles s'impliquent plus émotionnellement.

Infidèles par nature

Du point de vue évolutif, l'un des principaux intérêts biologiques de l'être humain est de faire passer son ADN aux générations suivantes. Et la monogamie ne semble pas la meilleure option pour atteindre cet objectif. C'est pour cela que l'on pourrait affirmer que l'être humain est infidèle par nature, pour ses intérêts biologiques.

Comme l'explique le docteur en psychologie Christopher Ryan à la revue Quo, la polygamie serait un comportement évolutif, alors que la monogamie serait un comportement social : "avant d'être sédentaires, la reproduction ne se limitait pas à un seul partenaire, et en ayant plus de partenaires les femmes avaient plus de possibilités d'avoir un enfant". La monogamie serait une question de contrôle, tout comme le végétarianisme, selon lui.

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Deux raisons ont été trouvées expliquant pourquoi l'humain a évolué vers la monogamie. La première, publiée dans une étude de l'Université de Cambridge, établit qu'il s'agit d'une protection de la femelle pour éviter la concurrence avec d'autres mâles. La seconde, publiée dans "Proceedings of the National Academy of Sciences", affirme que les mammifères monogames le sont pour éviter l'infanticide, c'est-à-dire éviter que d'autres mâles ne tuent l'enfant pour procréer avec la mère.

L'homme est blessé par l'infidélité sexuelle et la femme par l'infidélité émotionnelle

Ignacio Morgado affirme que, "bien que les couples n'aient pas à rester unis toute la vie, l'amour crée l'impression que c'est le cas et contribue à stabiliser l'union. La jalousie aide à empêcher que ces engagements ne se brisent".

On peut alors en déduire que "depuis un point de vue évolutif, l'idée est que la femme serait plus affectée par l'infidélité romantique de son partenaire (...) que pour son infidélité sexuelle, car la romantique lui ferait perdre tous les appuis dont elle a besoin dans sa mission reproductrice. L'homme, au contraire, prend plus de risque via l'infidélité sexuelle d'une partenaire féminine que romantique, car cela l'amènerait à investir de l'énergie et du temps à élever un enfant qui ne serait pas biologiquement le sien".

Photos : Shutterstock

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Commentaires 1
  • Mûr

    J'adore vos articles,certains répondent vraiment à certaines de mes questions Merci de vous lire régulièrement