Burn-out : ce que cache l'embrasement de soi, un au-delà

Mal du siècle, nous connaissons tous au moins une personne qui en a été affectée. Qu'est-ce que cela exprime ? Y a-t-il un sens ? Un au-delà du trouble ? Je le pense.

21 SEPT. 2022 · Lecture : min.

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Burn-out

Burn-out vient de l'anglais "burn" et "out", qui se traduit littéralement par la brûlure qui s'étend du centre principal. On peut le rapprocher de l'expression "burn until fuel is exhausted", qui se traduit par "brûler jusqu'à ce que le carburant soit épuisé".

L'étymologie du mot exprime plutôt bien l'idée de la dynamique. Il s'agit de quelque chose qui commence à l'intérieur de soi, qui prend comme un feu de cheminée, qui va enfin s'étendre jusqu'à devenir un feu de forêt.

Se pose alors la question : quelle est cette forêt ? Soi-même. Quelle est cette cheminée ? Soi-même. D'où part ce feu ? De soi-même. Voilà tout le problème. Ce qu'on nomme Burn-out, qui est souvent vécu comme le miroir d'une société qui prône la concurrence et la productivité au mépris de l'humain - ce qui est vrai -, est causé par quelque chose qui vient de l'intérieur de soi.

Il n'est pas nécessaire de se culpabiliser surtout que dans ce long moment de burn-out, notre équilibre est vrillé, nos émotions sont virevoltantes et nos pensées sont confuses. Ce n'est pas nécessaire bien que la culpabilité soit aussi un signal, au même titre que le burn-out. Les deux viennent signer, signaler, que quelque chose n'est pas dit. On peut appeler ça refoulement, déni, dénégation...

Que plusieurs salariés dans le cadre d'une entreprise fassent un burn-out vient en dire beaucoup sur l'entreprise en question. C'est un signe de troubles dans l'organisation du travail. C'est comme si l'institution était comme un être humain. Il tombe malade. Il est troublé. Voilà le résultat. Ses cellules, ses salariés, chutent. Le point d'action est possible à ce niveau. On peut tenter de remonter l'entreprise, de l'accompagner à guérir en un sens. C'est par des consultants extérieurs, psychologues du travail, superviseurs, sociologues du travail etc, que quelque chose peut bouger. Pas toujours mais c'est possible.

Mais que vient dire ce burn-out sur moi-même ?

Pour la personne en burn-out, on ne va pas attendre. Elle n'est pas juste une victime de l'entreprise même si elle l'est. Quelque chose de cet extérieur, de cette institution, est venue faire vibrer quelque chose en elle-même, qui a permis burn until fuel is exhausted. C'est l'autre point d'action.

Ce quelque chose de soi est comme réactivé par l'organisation du travail.

Regarder ce que ça signale de soi-même. C'est toujours unique pour chaque personne.

Qu'est-ce que ça dit sur moi ? Désir de performer, de ne jamais lâcher, de réussir coûte que coûte ? Peut-être. Il y a peut-être plus. Y a-t-il eu d'autres moments où j'ai côtoyé le feu ? Y a-t-il quelque chose que je recherche dedans ?

Ce qu'on vit dans le présent n'est pas que le reflet des éléments de l'extérieur. Il est le reflet des éléments de l'intérieur, et d'un intérieur qui n'a pas que du présent. Il y a du passé qui n'est jamais passé.

Le burn-out signale qu'il y a un savoir à déceler. Ce n'est pas dans le Conscient qu'on va le trouver. C'est dans l'Inconscient. Le feu brûle mais derrière cette brûlure se cache autre chose.

La psychanalyse permet de faire ce pas, celui de s'approcher de cet au-delà de l'embrasement de soi.

Peut-être qu'il ne sera plus nécessaire de rallumer un autre feu.

Photos : Shutterstock

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Écrit par

Hoàng Sơn Nguyễn Phưóc Vòng

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Bibliographie

  • Dejours, C., Gernet, I. (1985). Psychopathologie du travail. Elsevier Masson.

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