Tout savoir sur le trouble panique

Le trouble panique peut apparaître à tout moment de l’existence. Ne pas confondre le trouble panique et une crise d’angoisse associée à une situation spécifique.

4 AVRIL 2018 · Lecture : min.

PUBLICITÉ

Tout savoir sur le trouble panique

Le trouble panique est la survenue d'attaques de panique répétées, c’est-à-dire un profond trouble émotionnel et cognitif pouvant être associé à des phobies et à des stratégies d'évitement des situations risquant de déclencher une attaque.    

Le trouble panique peut handicaper sérieusement la vie d’un individu.

Les attaques de panique sont fréquentes, elles ne touchent pas moins de 11% de la population en 1 an. La plupart des patients guérissent sans traitement; un petit nombre développe un trouble panique.

Le trouble panique est rare, il touche 2 à 3% de la population sur une période de 12 mois. Le trouble panique apparaît habituellement à la fin de l'adolescence ou chez l'adulte jeune et touche environ 2 fois plus souvent les femmes que les hommes.

Les causes sont multifactorielles et doivent être étudiées avec soin avant de prescrire un éventuel traitement médicamenteux.

Les attaques de panique : la marque de fabrique du trouble panique

Une attaque de panique est une peur intense soudaine qui submerge la personne. Elle se déclare sans prévenir et sans raison évidente, et est bien plus forte que le sentiment d'être "très anxieuse" que beaucoup de personnes vivent.

Lors d'une attaque de panique, ces symptômes semblent sortis de nulle part. Ils se forment dans une situation à première vue inoffensive, et peuvent même arriver en dormant.

Les symptômes de l'attaque de panique sont notamment :

Sur le plan cognitif

·         Sensation d'être en train de devenir fou ou d'être sur le point de mourir

·         Sensation d’irréalité, d’étrangeté ou de détachement vis-à-vis de soi (dépersonnalisation)

·         Sentiment que les choses échappent à tout contrôle

Sur le plan physiologique

·         Tachycardie

·         Difficultés à respirer, impression d'étouffer

·         Terreur presque paralysante

·         Vertiges, étourdissements ou nausées

·         Tremblements, transpiration

·         Étouffement, douleurs dans la poitrine

·         Bouffées de chaleur ou froid soudain

·         Fourmis dans les doigts ou les orteils

Pour diagnostiquer un trouble panique, il faut :

·         Que les attaques de panique soient récurrentes

·         Qu’elles surviennent de manière soudaine

·         Qu’elles ne soient pas déclenchées par une situation ou par un objet spécifique

En plus de ces symptômes, les attaques de panique sont marquées par les points suivants :

  • Elles arrivent soudainement, sans signe avant-coureur et sans possibilité de les arrêter
  • Le niveau de peur est disproportionné au regard de la situation ; souvent, il n'y a pas de lien
  • Elles disparaissent parfois assez rapidement mais elles peuvent cependant se poursuivre pendant plusieurs heures.

shutterstock-1069801916.jpg

Une attaque de panique n'est pas dangereuse, mais peut être terrifiante, notamment car la personne a l'impression de basculer dans la folie et d'avoir perdu tout contrôle. Le trouble panique peut parfois mener à d'autres complications comme des phobies, une dépression, une consommation de substances, des complications médicales, voire des pensées suicidaires. Les conséquences peuvent être modérées, mais aussi aboutir à un handicap social, voire à une inaptitude totale à faire face au monde.

Les phobies qui se développent avec les troubles paniques ne proviennent pas d'une peur d'objets ou d'évènements, mais plutôt de la crainte de souffrir d'une autre attaque. Les personnes évitent alors certains endroits ou situations de peur que cela ne déclenche une autre attaque et peut donc développer des phobies sociales ou d'agoraphobie entre autres.

Il est bon de rappeler les grandes classifications du DSM reconnaissant plusieurs formes spécifiques du trouble anxieux, il s’agit :

·         Du trouble panique

·         Des phobies

·         Du trouble obsessionnel compulsif (TOC)

·         Du trouble anxieux généralisé (TAG)

·         Des troubles consécutifs à des évènements de stress vécus ou chroniques

Vivre avec un trouble panique

Rappelez-vous que, même si certains signes peuvent vous donner des indices sur ce dont vous souffrez, seul un thérapeute certifié pourra réaliser le diagnostic du trouble panique. Car de nombreuses personnes vivent crises d'anxiété/d'angoisses pouvant ressembler à des attaques de panique. Mais si vous n'avez souffert que d'une ou deux attaques, il n'y a probablement pas de raison de s'inquiéter. Le symptôme clé du trouble panique est la peur constante de souffrir d'autres attaques de panique. Si vous avez souffert de plusieurs attaques, quatre ou plus, et si vous avez peur de souffrir d'une autre, il est vivement recommandé de demander de l'aide à un professionnel de la santé mentale spécialisé dans les troubles anxieux ou troubles paniques.

Certains traitements pourront être efficaces si l'on continue à souffrir d'anxiété ou à éviter des situations.

La plupart des spécialistes s'accordent sur le fait qu'une combinaison de thérapies cognitives et comportementales (TCC) peuvent être abordées, ou d'autres approches thérapeutiques psycho-corporelles, l'hypnothérapie clinique est très efficace afin d'explorer l'origine de ces troubles anxieux.

La thérapie va tout d'abord permettre au patient de comprendre de quoi il souffre et ce qu'il se passe en lui lorsqu'une attaque se déclare. Il va aussi pouvoir apprendre les déclencheurs d'une attaque de panique, propres à chacun et pouvoir les contrôler avec des techniques adaptées lors d'une thérapie.

Selon les personnes, les résultats seront plus ou moins rapides, mais les patients constatent une amélioration après 10 ou 20 séances. Après un an, les crises sont résolues.

shutterstock-721228456.jpg

Quelles sont les complications du trouble panique ?

Non traité, il peut avoir des conséquences sévères. Le danger le plus immédiat est que le trouble panique mène à une phobie d'anticipation, mais surtout peut mener à une dépression, car une fois qu'on a souffert d'une attaque de panique, on peut commencer à essayer d'éviter les situations dans lesquelles la crise s'est déroulée.

Beaucoup de personnes souffrant de trouble panique montrent un "évitement situationnel" associé aux attaques de panique. Par exemple, vous pouvez avoir une attaque en conduisant, et commencer à éviter de conduire, jusqu'à développer une phobie à ce sujet. Parfois, on peut développer une agoraphobie (peur de sortir) en pensant qu'en restant à l'intérieur, on peut éviter toutes les situations risquant de provoquer une attaque et celles où ne pourra pas recevoir d'aide. Néanmoins rappelons, qu’il ne faut pas confondre une phobie associée à l’objet de la peur et l’attaque de panique qui apparait soudainement, qui n’est pas liée à une situation spécifique.

Même si vous ne développez pas ces phobies, votre qualité de vie peut être sévèrement affectée si le trouble panique n'est pas traité. Une étude récente a montré que les personnes qui souffrent de trouble panique :

  • Sont plus susceptibles d'abuser de l'alcool et des drogues
  • Ont un plus grand risque de commettre un suicide
  • Passent plus de temps aux urgences

shutterstock-668367250.jpg

Le trouble panique peut aussi avoir des effets économiques. Par exemple, une étude récente a cité le cas d'une femme ayant dû abandonner son activité rémunérée 40 000$ par an pour un travail à la maison rémunéré 14 000$. D'autres patients ont expliqué avoir perdu leur travail et avoir dû se tourner vers l'assistance publique ou les membres de la famille.

Mais il est possible d'éviter tout cela. Les troubles paniques peuvent très bien se traiter, et les patients peuvent recommencer à vivre une vie pleine, équilibrée et satisfaisante. N'hésitez pas à prendre contact avec un professionnel et à lui expliquer que vous pensez souffrir d'un trouble panique. Pensez que ce trouble, comme tout trouble émotionnel, ne peut pas être soigné par soi-même.

Photos : Shutterstock

PUBLICITÉ

psychologues
Linkedin
Écrit par

Psychologue.net

Laissez un commentaire

PUBLICITÉ