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5 ans pour construire la base de l'estime de soi

Les 5 premières années d'un enfant vont lui permettre de construire son estime de soi. Ces années lui serviront de base pour son estime de soi tout au long de sa vie.

5 juil. 2016 Enfants et adolescents - Lecture : min.

psychologues

À 5 ans, les enfants ont un sens de l'estime de soi comparable à celui des adultes, conformément à une nouvelle étude d'un groupe de chercheurs de l'Université de Washington. L'étude révèle que l'estime de soi a tendance à rester relativement stable tout au long de la vie d'une personne, et suggère que ce trait de personnalité est déjà formé avant que les enfants n'arrivent en maternelle.

L'estime de soi présente avant la maternelle

C'est encore l'auteur leader Darío Cvencek, un scientifique investigateur de l'Institut d'apprentissage et des sciences cérébrales (I-LABS) de l'Université de Washington, qui parle le mieux de cette étude : "Notre travail met en lumière le regard que porte les maternelles sur eux-mêmes". D'après Cvencek : "Nous avons découvert qu'à l'âge de 5 ans l'estime de soi s'établit suffisamment fort pour être mesuré", et "nous pouvons la mesurer en utilisant des techniques sensitives".

Ces nouvelles découvertes, publiées dans l'édition de janvier 2016 du journal "Experimental Social Psychology", utilisent un test récemment développé pour évaluer l'estime de soi sur plus de 200 enfants de cinq ans, l'âge minimum où l'estime de soi a été mesuré jusqu'à aujourd'hui.

Même si le coauteur Andrew Meltzoff, codirecteur d'I-LABS rappellent que "Quelques scientifiques considèrent les maternelles trop jeunes pour avoir développé un avis positif ou négatif sur eux-mêmes. Mais les découvertes suggèrent que l'estime de soi, le fait de se sentir bien ou mal avec soi-même, est fondamental.". Il poursuit en ajoutant que "C'est une mentalité sociale que les enfants apportent avec eux à l'école, et non quelque chose qu'ils développent à l'école".

Une question essentielle se pose alors : "Quels aspects de l'interaction parents-enfants privilégient et nourrissent l'estime de soi à la maternelle ? Là est la question essentielle. Nous espérons la découvrir en étudiant des enfants encore plus jeunes."

Des difficultés pour mesurer l'estime de soi

Jusqu'à présent aucun outil de mesure n'a été capable de détecter l'estime de soi chez des enfants à la maternelle. C'est dû au fait que les tests d'estime de soi existants demandent de la sophistication cognitive ou verbale pour parler d'un concept difficilement quantifiable comme le "moi".

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D'après Cvencek : "Les maternelles peuvent donner des informations sur les domaines dans lesquels ils sont bons, chaque fois que c'est à propos d'une aptitude concrète et précise, comme " Je suis bon en course" ou "Je suis bon en lettres", mais ils ont des difficultés à donner des réponses aux questions concernant le fait de savoir s'ils étaient des bonnes ou mauvaises personnes".

Un test spécifique aux maternelles pour mesurer l'estime de soi

Pour essayer une approche différente, Cvencek, Meltzoff et le coauteur Anthony Greenwald ont crée un test sur l'estime de soi pour les maternelles. Appelée le Test d'Association Implicite Préscolaire (PSIAT), il mesure la force du sentiment positif envers soi-même. Une version de ce même test existe pour les adultes, il a été développé une première fois par Greenwald. Celui-ci peut révéler les attitudes et croyances que les personnes ne savent pas qu'elles ont, comme les biais tels que la race, le genre, l'âge et bien d'autres.

Greenwald poursuit : "Au préalable nous avons compris que les enfants de maternelle connaissent leurs points forts et leurs points faibles, mais maintenant, nous savons aussi qu'ils savent juger s'ils sont une bonne ou une mauvaise personne".

Le test des adultes consiste à mesurer la vitesse à laquelle les personnes répondent à des mots dans différentes catégories. Par exemple, le test d'estime de soi des adultes mesure les associations entre les mots comme "moi" et "joyeux" ou "autre" et "désagréable".

Pour adapter le test aux enfants de maternelle qui ne savent pas lire, les enquêteurs ont remplacé les mots rattachés au "moi" à des objets. Pour cela, ils ont utilisés des petits drapeaux, et les enfants ont dû dire ceux qui leurs correspondaient ou non. Durant le test, les enfants - 234 garçons et filles de Seattle, aux États-Unis - ont d'abord appris à distinguer les drapeaux "moi" des autres drapeaux "pas moi". Puis en utilisant des boutons sur un ordinateur, ceux-ci ont répondu à une série de drapeaux "moi" et "pas moi", ainsi qu'une série de "bons" mots émis par un haut-parleur (amusant, heureux, bon, joli) et des "mauvais" mots (mal, fou, dégoûtant, méchant). Pour mesurer l'estime de soi, les enfants ont eu à combiner les mots, et à appuyer sur les boutons pour indiquer si les "bons" mots étaient associés aux drapeaux "moi" ou "pas moi".

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Les résultats du test

Les résultats ont ainsi montré que les enfants se sont majoritairement associés au"bons" plutôt qu'au "mauvais", que ce soit pour les petites filles ou les petits garçons. Dans leur ensemble, les découvertes indiquent que l'estime de soi est indéniablement fort dès le plus jeune âge, mais qu'il est aussi lié systématiquement à d'autres parties fondamentales de la personnalité de l'enfant, comme les préférences dans un groupe et l'identité de genre.

Cvencek en tire la conclusion que "L'estime de soi semble jouer un rôle principal dans la manière dont les enfants construisent leurs différentes identités sociales. Ces découvertes soulignent donc l'importance des cinq premières années comme une base pour la vie".

Que pensez-vous de cette découverte ? Quels sont les facteurs qui, selon vous, construisent l'estime de soi de votre enfant ? Commentez notre article sans attendre...

Source : Université de Washington

Photos : Flickr

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