Amoureuse d'un pervers narcissique, comment s'en libérer ?

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Brillant, séduisant, cet homme qui avait tout pour plaire vous a fait tomber sous son charme et vous sentez lentement que le piège se referme sur vous...

26 JUIL. 2019 · Dernière modification: 29 OCT. 2019 · Lecture : min.
Amoureuse d'un pervers narcissique, comment s'en libérer ?

Culpabilité, dévalorisation, humiliation, les témoignages de femmes sur leurs compagnons pervers narcissiques sont sensiblement les mêmes. L'emprise du pervers narcissique est telle qu'on se demande comment l'on va s'en sortir et si l'on va finir folle.

Le comportement du pervers narcissique

Le pervers narcissique est une personne sans réelle empathie. Leur empathie est plutôt utilitaire, car ils ne reconnaissent les besoins de l’autre que dans la mesure où ils servent leurs propres intérêts. Il y a une certaine morbidité.

Les pervers narcissiques se camouflent dans la société et la famille comme des êtres normaux. Ils sont des charmeurs et de délicieux séducteurs quand ils s’y intéressent. Ils manipulent le verbe à leur gré et finissent par devenir irrésistibles, magnétiques : impossible de rompre avec eux. Prenez garde et il est déjà presque trop tard ! Ils sont très dangereux. Ils souffrent d’une pathologie (le trouble borderline) qui peut vous détruire la vie du début à la fin parce que, quand nous réaliserons de quoi il en ressort, c'est que vous êtes déjà très souvent sous son emprise.

Les petits actes pervers sont si quotidiens qu’ils semblent normaux. Ils commencent par un simple manque de respect, un petit mensonge ou une manipulation subtile. Ensuite, si le groupe social dans lequel ils apparaissent (famille, collègues...) ne réagit pas, ces actes deviennent progressivement de véritables comportements pervers qui ont de graves conséquences sur la santé psychologique des victimes. N’ayant pas l’assurance qu’elles seront comprises, les victimes se taisent et souffrent en silence.

N’importe qui a déjà manipulé quelqu’un dans son propre intérêt. Presque tout le monde, à des degrés différents, a des traits égocentriques, a besoin d’être admiré ou est intolérant aux critiques. Ce ne sont pas des signes pathologiques. La perversité, en revanche, implique une stratégie d’utilisation de l’autre, puis une stratégie de destruction de l’autre, sans aucun sentiment de culpabilité. Et c’est l’absence de culpabilité et de regret qui distingue un "narcissique pervers" des autres.

Le fonctionnement du pervers narcissique

Comment peut-il avoir la conscience tranquille, ne pas avoir de remords ou de sentiment de culpabilité, être un manipulateur, un maître chanteur, et un menteur ? En mettant le blâme sur les autres, c’est-à-dire que c'est le mécanisme psychologique de projection qui entre ici en jeu. La projection, en gros, consiste à attribuer à une autre personne ses propres sentiments, émotions, désirs ou fantasmes. Pour Fritz perls, c’est "la tendance à rendre responsable l’environnement de ce qui provient de soi. [...] Le projecteur fait aux autres ce qu’il accuse les autres de lui faire." Ainsi, ce que l’un porte en lui, il le projette (et l’attribue) à l’autre, en l’accusant de la situation de conflit dans laquelle il se trouve ou du mal qu’il a subi. Quand quelqu’un accuse et juge quelqu’un d’autre de mauvais, c’est censé être quelqu’un de bien. De cette façon, on est exonéré de toute responsabilité pour ce qui s’est passé.

Ne pas assumer la responsabilité, ne pas avoir de sentiment de culpabilité ou de remords est une caractéristique très dangereuse, car elle permet d’agir selon son propre intérêt sans tenir compte de l’autre ; c’est là que "la fin justifie les moyens".

Et la victime dans tout ça ?

Le grand drame de la victime est que, lorsqu’elle se rend compte qu’elle est soumise à un pervers narcissique et qu'elle commence à se rebeller, le narcissique change la situation en se faisant passer pour la victime et attribue à la victime le rôle d’agresseur. Cela provoque non seulement une profonde déception pour la victime de découvrir qu’elle a été utilisée, mais aussi une grande solitude parce que son entourage (famille, ami.es, ...), s'ils ne sont pas au courant de la situation, ne la soutiennent pas. La violence d’un pervers est clandestine.

C’est précisément l’art de la manipulation et de la tromperie, qui permet au pervers narcissique de faire croire à son entourage (collègues, famille, ami.es...) que la victime c'est lui-même, ce qui arrive après que l’agressé se soit révolté. Ils mentent beaucoup, mais contrairement aux mythomanes ou aux menteurs pathologiques, quand les pervers sont découverts, ils font tout leur possible pour retourner la situation en leur faveur : soit ils nient la tromperie jusqu’à convaincre leur interlocuteur, soit ils se justifieront sans aucun scrupule.

Le pervers veut que sa victime agisse contre lui pour qu’il puisse l’accuser du mal. Ce qui compte pour lui, c’est que la victime ait l’air responsable de ce qui lui arrive. L’agresseur utilise une faiblesse de sa victime, une tendance dépressive, hystérique ou une autre caractéristique, pour la caricaturer et la discréditer elle-même. Faire tomber l’autre dans l’erreur permet de le critiquer ou de le rabaisser, mais surtout, de lui donner une mauvaise image de lui-même et de renforcer sa culpabilité.

Face à celui qui paralyse tout, la victime se sent acculée et dans l’obligation d’agir. Mais, entravée par la domination à laquelle elle est soumise, elle ne peut le faire que par un arrachage violent à la recherche de sa liberté. Un observateur extérieur considérera comme pathologique toute action impulsive, surtout si elle est violente. Celui qui répond à la provocation apparaît comme le responsable de la crise. Pour le pervers, il est coupable, et pour les observateurs extérieurs, il semble être l’agresseur. Ce qu’ils ne voient pas, c’est que la victime est acculée dans une position où elle ne peut plus respecter ce qui est pour elle un piège. Elle trébuche sur un double obstacle et, quoi qu’elle fasse, elle ne peut pas s’en sortir. Si elle réagit, elle apparaît comme la génératrice du conflit. Si elle ne réagist pas, elle laisse la destruction mortelle continuer.

Comment s'en sortir ?

Se défendre contre un pervers ne passe pas par utiliser la même stratégie que lui. Si vous êtes dans la position de la victime, c’est que vous êtes la moins perverse des deux, et ici vous gagnez au plus fort. Le meilleur recours recommandé est la loi, si vous le pouvez. Un psychiatre, un avocat ou encore un syndicat peuvent vous venir en aide dans cette étape. Il faudra alors couper net la relation en changeant de numéro de téléphone, d'e-mail, etc afin qu'il ne puisse plus vous contacter, et que vous puissiez retrouver une bonne image de vous et vous reconstruire.

Le second recours est de se mettre à distance et de commencer à mettre le pervers narcissique face à ses réalités. Comment ? Demandez-lui qui il est pour vous juger plutôt que de vous justifier devant ses questions. Il sera alors déstabilisé.  Dans tous les cas, n'essayez jamais de comprendre son comportement ou de le justifier, personne ne mérite d'être traité comme cela. Renouez avec vos proches et entourez-vous de bonnes personnes pour regagner en estime de vous-même.

Un pervers narcissique ne peut commencer à guérir que lorsqu’il regarde en face sa souffrance intérieure. Hirigoyen l’explique en ces termes : la perversion narcissique est un arrangement qui permet d’éviter l’angoisse en projetant tout ce qui est mauvais sur l’extérieur. C’est une défense contre la désintégration psychique. Quand ils attaquent l’autre, les pervers veulent surtout se protéger.

Là où la culpabilité pourrait apparaître, naît une angoisse psychotique insupportable qui se projette avec violence sur le bouc émissaire (la victime). Ce dernier est le réceptacle de tout ce que son agresseur ne peut supporter. Si les pervers narcissiques se rendaient compte de leur souffrance, quelque chose de nouveau commencerait pour eux. Ce serait quelque chose de différent qui mettrait fin à leur fonctionnement antérieur.

Ils ont besoin non seulement de se rendre compte de leur souffrance, mais surtout de se responsabiliser, de s’en occuper, en évitant de blâmer les autres (parents, famille, circonstances du passé) pour pouvoir, ainsi, la transformer et se remplir de ce qui leur manque tant : le bonheur intérieur.

Photos : Shutterstock

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2 Commentaires
  • Yolo

    Magnifique article. Je commence à me sortir des griffes d'un PN, après 6 ans de relation Amour fou au début, puis de plus êpus de jalousie de sa part. Personne égoïste et à la fois tellement généreux. A ne rien comprendre. Le chaud et le froid sans arrêt. Un jour je t'aime et le lendemain "je suis perdu, tu mérites mieux, je ne suis pas assez bien pour toi". Relation usante et qui nous tue à petit feu..la reconstruction sera longue.

  • Laurent421

    Réaction par rapport à une image sur Facebook avec l'adresse de votre site et le titre est :"critères du manipulateur" : Tout le monde est quelque par manipulateur quand il a besoin ! Ici c'est la description du manipulateur pervers narcissique , la pire des crasses , qui peut vous détruire psychologiquement et pour répondre à certaines la majorité sont peut-être des hommes mais il y a des femmes aussi . J'ai tout perdu ! Maison , voiture ,enfants, amis à cause d'une manipulatrice pervers narcissique et sans compté les heures de psy pour reprendre confiance en moi , pouvoir redire se que j'aime faire ,... Se commentaire par rapport à certain commentaires de femmes

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