Comment guérir d’un traumatisme psychologique ?

Comment les protections psychologiques lors d’un danger deviennent sources de souffrance, après un vécu traumatique ? Découvrez les solutions pour réussir à vivre et non plus à survivre.

4 OCT. 2021 · Lecture : min.

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Comment guérir d’un traumatisme psychologique ?

Traumatisme : la définition

Il s'agit d'une réalité subjective interne, d'ordre psychologique, survenue dans un contexte externe brutal, violent, choquant. La situation traumatique peut être soudaine, unique ou bien répétée. Les violences sociales, physiques, psychologiques, sexuelles sont dans bien des cas un phénomènes récidivants dans un contexte donné.

« Les traumatismes aigus sont délabrants, mais ont-ils des effets plus durables qu'une contrainte incessante qui marque sa trace dans la mémoire, modifie les émotions, les apprentissages et le sentiment de soi ? »

Être obligé(e) de porter le costume de victime, vivre avec un état de stress post traumatique (ESPT), un vrai parcours du combattant ! Fatigue chronique, troubles du comportement, problèmes relationnels, affectifs et/ou sexuels, phénomènes d'intrusions (flashbacks, cauchemars, etc.), symptômes somatiques (migraine, ulcère, souffrances intestinales, douleurs dorsales, etc).

Une vraie souffrance morale, psychologique, physiologique qui affecte la vie et affaiblit l'être

2. Traumatisme et ses dissociations : comment deviennent-elles sources de souffrance ?

  • Protections dissociatives, c'est quoi ?

Dans l'urgence du moment traumatique, « Tu vas mourir », « Je suis en danger » va provoquer une modification du système cérébral.

La réponse émotionnelle créée par l'amygdale cérébrale, pour générer le stress activateur d'action physiologique, devient empirique et dangereuse pour l'organisme (cœur et cerveau). C'est comme si elle pouvait déclencher « un survoltage » interne.Pour préserver l'homéostasie interne, le cerveau va répondre par une disjonction du circuit émotionnel.

L'anesthésie physique et émotionnelle sont les réponses dissociatives de protection. La mémoire sensorielle et émotionnelle devient prisonnière de l'amygdale et les données demeurent non traitées et transformées par notre cerveau. C'est ce qu'on appelle la mémoire traumatique. Les images coincées dans cette mémoire peuvent réapparaitre sous forme d'hallucination, flashbacks, etc. Les sensations (goûts, odeurs, sons) dissociées ou non du souvenir, peuvent se traduire par des maladies psychosomatiques.

  • Sources des souffrances ultérieures

Des troubles disparaissent dans les 3 mois, ou deviennent chroniques dans 20 % des cas (référence Inserm)

Toute situation ultérieure perçue comme similaire au niveau sensoriel, physique, émotionnel ou cognitif au vécu traumatique va générer les mêmes protections dissociatives.

Conséquences, alors que vous êtes dans une situation de vie même sans un réel danger :

  • Stress ;
  • Peur ;
  • Anesthésie physique (vous êtes coupé(e) de vos sensations) ;
  • Anesthésie émotionnelle (vous vous sentez vide, déconnecté(e), vous avez l'impression de devenir spectateur(trice), pouvant aller jusqu'à un sentiment d'étrangeté) ;
  • Dissociation pouvant conduire jusqu'à l'impression de devenir fou, ou mener à des conduites dissociantes (addictions, comportements à risque) ;
  • Des croyances négatives sur soi et le monde émergent : « Je suis coupable », « responsable » « je ne vaux rien », sabrant ainsi l'estime de soi et la confiance.

Tout un système qui peut se répéter au détriment de votre volonté consciente. Comme une partie de vous indépendante, qui décide, en vous retirant le contrôle de votre vie !

3. Comment guérir ?

  • Traiter la mémoire traumatique

Décharger la mémoire traumatique, apaiser la sensation de danger permanent permettent de sortir de la dissociation. Ils sont les objectifs, permettant ainsi la naissance de la résilience.

Et si il existait une manière de prendre le contrôle de ces processus inconscients automatisés, de s'en servir pour se libérer du vécu traumatique et reprendre le contrôle de sa vie !

L'Hypnose conversationnelle PTR (Psychothérapie du Trauma Réassociative), un outil efficace

Transformer la représentation et le vécu traumatique, avec reprise de contrôle des protections dissociatives est la force de cet outil.

  • Comment ça marche ?

Le thérapeute vous amène d'abord à utiliser et contrôler les phénomènes dissociatifs hypnotiques, qui ont pris naissance au moment du vécu traumatique.

Après cet entrainement, il vous guide dans un processus de corrections des blessures traumatiques actives. Le travail est collaboratif et le patient participe à la co-création métaphoriques des transformations.

Ce processus permet de « défiger » en douceur puis de désensibiliser les phénomènes émotionnels, sensoriels et cognitifs capturés dans votre cœur et votre corps.

  • Pourquoi en hypnose ?

Lors d'un incident traumatique, un état modifié de conscience s'installe (David Cheek). C'est un état hypnotique.

Le même état permet de libérer les phénomènes inscrits à ce niveau de conscience.

  • Pourquoi en conversationnelle ?

Dans un état d'insécurité, la sensation de garder le contrôle est impératif ! Le patient reste acteur, et le thérapeute peut à tout moment ajuster son accompagnement.

  • Permettre la résilience

En changeant votre vécu et votre perception du trauma, une croyance en son auto-efficacité, à réussir, à vivre, à évoluer malgré les défis de la vie est possible.

« L'épreuve, quand on l'a surmontée, change le goût du monde, […] toute situation extrême, en tant que processus de destruction de vie, renferme paradoxalement un potentiel de vie, […] le ressort invisible permet de rebondir dans l'épreuve en faisant de l'obstacle un tremplin, de la fragilité une richesse, de la faiblesse une force, des impossibilités un ensemble de possibles » (G. Fischer. Le Ressort invisible. Vivre l'extrême, Paris, LE Seuil, 1994, p. 269)

Photos : Shutterstock

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Écrit par

Nathalie Moreau

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Bibliographie

  • B. Cyrulnik. Un merveilleux malheur. Edition Odile Jacob

  • G. Fischer. Le Ressort invisible. Vivre l'extrême, Paris, Le Seuil, 1994, p. 269

  • Dr M. Salmona, in Coutanceau R., Smith J. (eds) : Traumas et résilience. Paris : Dunod, 2012

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Commentaires 1
  • cabri

    bonsoir le souffrant pourra probablement effectuer une transformation active du traumatisme avec une ecoute bienveillante et qui l aide à reconduire sa perception immédiate de l'émotion intrusive récurrente. Ecoute, présence, observation des avancées, rassurance, dialogue, progrès, peuvent être fournis par un entourage stable bienveillant et durable. A la dimension humaine simple et vivante, normale.

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