Échecs thérapeutiques : les principales causes

Et si ces échecs thérapeutiques vous adressaient un message...

14 SEPT. 2020 · Lecture : min.
Échecs thérapeutiques : les principales causes

Approches thérapeutiques

J'ai écrit quelques articles sur les différentes approches thérapeutiques, entre autres, celui-ci.

Échecs thérapeutiques

D'après mon expérience en tant que hypnothérapeute clinique-Thérapie intégrative, je constate plusieurs facteurs d'échecs thérapeutiques que je répertorie de la manière suivante :

1. Croyances sur l'hypnose – Thérapie brève

Je remarque souvent la confusion sur ces termes. Souvent la personne pense que 2/3 séances seront suffisantes quand on parle d'hypnose ou de thérapie brève. Alors que dans la majeure partie des cas, il y a un travail de fond à faire, revisiter le passé et ce qui reste enkysté au niveau du contenu émotionnel et des croyances négatives créant des schémas dysfonctionnels.

Je rappelle que l'hypnose est un état de conscience modifié mais n'est pas la thérapie elle-même.

L'hypnothérapie que je pratique "peut être" une thérapie brève quand on traite par exemple une phobie isolée ou un trama/trouble récent. J'utilise le terme" isolé" pour dire qu'il n'y a pas de trouble dépressif majeur, de TAG ou de schémas dysfonctionnels. Dans ce cadre-là, entre 3 et 6 séances peuvent être suffisantes. Mais si la personne a vécu beaucoup de traumatismes dans son enfance, il sera nécessaire de traiter tous ces épisodes avec des techniques appropriées (EMDR entres autres)…

2. Manque de motivation à changer, difficulté d'engagement dans ce processus

Voilà une difficulté constatée régulièrement, la personne ne s'engage pas dans ce processus de changement, attend trop de miracle surtout en hypnothérapie, en restant passif dans ce changement.

Dans certains cas, la personne annule les RDV au dernier moment, ou pire encore, la personne ne vient pas au RDV sans prévenir. J'ai tendance à appeler ça du tourisme thérapeutique, dans le sens où la personne fait une ou deux séances et  passe à autre chose, aucun engagement… Je reçois régulièrement des personnes qui ont exploré beaucoup d'approches thérapeutiques ce qui m'amène à leur poser la question quand je les rencontre : qu'est ce qui n'a pas fonctionné ?  Et on retombe parfois dans ce cas de figure de tourisme thérapeutique.

3. Penser que le thérapeute a le pouvoir de guérison (surtout en hypnose) ; ou s'attacher à son thérapeute comme un parent de substitution ou de projection

Ceux qui souffrent de dépendance affective entre autres peuvent vivre leur thérapie comme une dépendance, avec un sentiment d'abandon à chaque fin de séance. Dans ce cas, la thérapie que la personne est en train de  faire n'est pas adaptée.

Pour ma part, ça m'arrive très rarement, car j'utilise des techniques de régulation émotionnelle, et beaucoup d'enregistrements d'autohypnose qui permet à chacun(e) de se gérer émotionnellement entre chaque séance. De plus, les séances sont suffisamment longues (1h15/1h30) pour ne pas créer de frustration et apaiser la personne au vu du travail thérapeutique parfois intense durant une séance.

4. Difficulté à lâcher prise

Notamment en hypnothérapie, la personne reste figée sur une réflexion logique et consciente, dans une pensée rationnelle, ce qui n'a aucun intérêt dans un processus de déconditionnement.

Le but du lâcher prise est d'accéder à ce qui se passe inconsciemment dans le ressenti physique et émotionnel, et non dans un discours logique et analytique.

Cette difficulté à lâcher prise peut se refléter d'une autre façon, c’est-à-dire que la personne se cramponne à ce qu'elle a toujours connu, une manière de ne pas changer, ce qu'on appelle souvent un bénéfice secondaire.

La personne reste alors bloquée dans ses convictions, et pense que c'est l'extérieur qui est en cause. Car le changement doit s'opérer de l'intérieur et non de l'extérieur et remet souvent en cause toute une vie formatée de croyances, et représente parfois le motif d'abandon d'une thérapie, préférant rester dans une zone de confort même inconfortable. Toutefois ce type de cas reste pour ma part moins fréquent.

5. Techniques et alliance thérapeutique

Il est important de bien choisir son praticien et de connaitre son approche, ses techniques qui sont à ce jour facilement lisibles sur ce site en l'occurrence. Faite preuve de discernement quant à vos attentes et/ou votre choix du praticien. Je rappelle que tous les hypnothérapeutes n'ont pas la même approche ni la même façon de travailler.

Il est nécessaire de se sentir à l'aise avec son thérapeute afin de créer une alliance thérapeutique.

  • Si vous doutez de ces propos, ou s'ils semblent confus, où qu'il utilise des termes "savants" sans vous les expliquer
  • Si vous vous sentez incompris(e),
  • Si la/le thérapeute parle beaucoup d'elle/de lui,
  • Si vous le/la sentez indisponible dans l'écoute ou débordé(e) émotionnellement par vos problèmes,
  • Si vous ne vous sentez pas à l'aise de lui dire quelque chose de gênant  

C'est que cette alliance thérapeutique ne pourra se créer et que la thérapie ne sera pas efficace.

Important : Un(e) thérapeute n'est pas votre mère ou votre père, ni votre ami(e), il/elle est là pour vous faire rebondir, vous redonner ce pouvoir que vous avez perdu… Si vous vous sentez attiré(e) physiquement par votre thérapeute, stopper tout de suite la thérapie. Si vous sentez que vous n'avancez pas, alors changé d'approche thérapeutique.

Rappel sur les éventuels facteurs d'échecs thérapeutiques

Coté patient :

  • Croyances erronées sur l'hypnose et la thérapie brève
  • Manque d'implication et d'engagement thérapeutique
  • S'attacher à son thérapeute (projection inconsciente du père ou de la mère)
  • Difficulté à lâcher prise
  • Relation ambiguë avec son thérapeute

Coté thérapeute :

  • Le manque de formation ou d'expérience
  • Le thérapeute qui n'a pas fait sa propre thérapie ce qui le rend vulnérable et n'assume pas la charge émotionnelle de ses patients
  • Le thérapeute qui parle de ses problèmes
  • Trop de préoccupations personnelles du thérapeute ne lui permettant pas de s'investir avec son patient
  • Un RDV d'une demi-heure n'est pas une séance de thérapie (cela doit être 1h00 minimum)

Photos : Shutterstock

Écrit par

Nathalie Follmann

Hypnothérapeute Clinique

Certifiée par l'Institut Sakti d'Hypnose Clinique à Paris. Mon approche "intégrative" permet de travailler sur tous les troubles émotionnels, psychosomatiques avec de nombreuses approches et techniques. L'hypnothérapie que je pratique s'inscrit autant dans une thérapie brève qu'une thérapie de fond. Elle s'adapte autant aux adultes qu'aux enfants à partir de 4 ans.

Voir profil
Laissez un commentaire

derniers articles sur thérapie brève