Psychanalyse, brûlot contemporain

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La psychanalyse est sortie du champ honorable des représentions et des pratiques aujourd'hui. Ce fait est dû au changement d'imaginaire, en général, et à un renoncement des analystes.

14 NOV. 2019 · Lecture : min.
Psychanalyse, brûlot contemporain

La psychanalyse est souvent synonyme de repoussoir aujourd'hui : même si les psychanalystes auraient avantage à balayer devant leur porte au lieu de déplorer seulement cet état de fait, rien n'est plus injuste. Essayons donc un plaidoyer, non seulement digne de la réhabiliter mais utile, ô combien, à nos contemporains.

D'une part, notre état d'esprit, nos besoins ont changé depuis un siècle, appelant des éclaircissements et d'autres postures ou conduites, Mais d'autre part, l'ignorance à gagné du terrain : qui sait, à ce jour, de quoi l'on parle ?

Pour reprendre une définition de Freud lui-même, la Psychanalyse est une théorie, une méthode et un traitement. La théorie s'est enrichie, amendée, complexifiée depuis 1905, année de la publication de L'interprétation des rêves.

La méthode s'est aussi modifiée, le dispositif divan-fauteuil étant souvent remplacé par l'alternative en face à face. Enfin, le traitement reste profondément inconnu de la plupart des commentateurs, autres thérapeutes, journalistes voire philosophes. Disons-en alors un peu plus. Pour parler avec justesse de la psychanalyse, on doit avoir fait l'expérience du divan : aucun jugement sur elle n'est valide sans cette expérience, car il ne s'agit en aucun cas d'un parcours intellectuel mais émotionnel et pulsionnel avant tout.

Que se passe-t-il si un cadre ferme et régulier -- lieu, horaires, fréquence -- est mis en place ? Un "processus naturel" commence, processus régressif qui donne accès à des états de conscience modifiés : ceci se produit le plus souvent à l'insu du patient, qui s'exprime en parfaite liberté, pour dire tout " ce qui lui vient à l'esprit ", rien que de très banal en général.

Le but : libérer l'Imagination, clé de tout changement, moteur de toute créativité. Si vous vous soumettez à des séances de méditation transcendantale en Birmanie, il en ira de même ! Mais la connaissance profonde des autres niveaux de l'esprit par le thérapeute permettra d'en faire quelque chose. Car vous revivrez alors tout ce qui n'a pas été suffisamment élaboré, les rêves ( Préconscient) viendront enrichir votre vécu et votre témoignage, et vous aurez alors la chance inestimable de vous compléter, de vous agrandir, de libérer en vous la créativité confisquée.

Les écrivains font cette expérience, comme Proust, qui ne parle nulle part de Freud. Mais les pages du Temps retrouvé, consacrées à l'éloge de la littérature, ressemblent à un lied de Schubert ou une symphonie de Brahms : elles clament leur enthousiasme pour les profondeurs de l'esprit qui donnent accès à l'art, a la subjectivité unique de chacun de nous et à son " rayon spécial".

Les psychanalystes ont trop longtemps gardé pour eux leurs trésors, trop longtemps affirmé que seuls les analysés, ou analysants, étaient dignes de partager cet hydromel. La psychanalyse donne accès à ces territoires inconnus de nous, qui peuvent nous en apprendre sur nous-mêmes et nous permettre, par l'élaboration des doutes et des blocages, à changer pour de bon.

Le temps du partage est venu, de la formulation, de l'explication et de la fin du domaine réservé. Changeons, et permettons le changement à autrui.

Écrit par

Alice TIBI

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