Quelle corrélation y-a-t-il entre la perte de confiance en soi et le surpoids ?

L'estime de soi, vaste sujet surtout si notre corps est différent de celui des autres. Apprendre la résilience pour comprendre ses émotions, les accueillir et les accepter pour aller vers l'

29 OCT. 2020 · Lecture : min.

PUBLICITÉ

Quelle corrélation y-a-t-il entre la perte de confiance en soi et le surpoids ?

L'apparence n'est que l'un des éléments de l'estime de soi. Pour autant, on constate une prévalence de la perte de confiance en soi chez la population en surpoids ou en obésité. La notion d'estime de soi est indissociable de la notion d'individu. Il est donc nécessaire d'exister et de disposer de survivre hors d'un groupe, c'est à dire d'être un individu à part entière. C'est probablement à ce niveau que la faille s'infiltre : en ce sens l'estime de soi est tributaire de l'évolution et du regard de la société. Et la société actuelle, bien qu'elle prône le « body-positive » sur les réseaux sociaux, considère toujours qu'une femme mannequin à partir de la taille 40 est « un mannequin grande taille » quid de la femme taille 50 ?... Les stéréotypes grossophobes « le gros est faignant, manque de volonté, est faible psychologiquement… » sont toujours d'actualité et nuisent à l'épanouissement à la réalisation professionnelle ou personnelle des individus en surpoids dans notre société.

C'est quoi l'estime de soi ?

L'estime de soi est une donnée fondamentale de la personnalité, elle participe à l'équilibre psychique. Dès le 18ème siècle Jean-Jacques Rousseau pensait que « Nul ne peut être heureux s'il ne jouit de sa propre estime ». L'utilisation du terme « estime de soi » s'est développé à partir de la fin du 19ème siècle en parallèle du développement de la psychanalyse, il alors devenu courant de parler de soi. Selon Rosenberg, l'estime de soi élevée est un indicateur d'acceptation, de tolérance et de satisfaction personnelle à l'égard de soi, tout en excluant les sentiments de supériorité et de perfection[1].La notion complexe d'estime de soi dépend donc du regard que l'on porte sur soi et ses performances dans différents domaines : l'apparence physique et l'aptitude à aimer et à accepter ce corps, la reconnaissance de ses atours par soi-même et son entourage, la réussite de sa vie privée et professionnelle, la réussite de sa vie amicale et sentimentale. Continuez à faire ce qui vous permet d'être mieux à la fois avec vous même et les autres, c'est le seul critère fiable pour estimer l'estime de soi.

Découvrir ce qui fait de chacun de nous un être humain unique au monde et donc différent des autres.

Bien que nous soyons tous différents, nous ressentons le besoin de nous comparer aux autres. Se respecter tel que l'on est avec ses forces et ses faiblesses est une marque d'estime de soi. En quoi suis-je unique au monde ? Qu'est-ce qui me distingue des autres ? Pour s'estimer, il est important d'apprendre à s'apprécier tel que l'on est, et donc de savoir s'évaluer avec un regard positif et affectueux mais cependant honnête, d'être capable d'éprouver de la compassion pour ses imperfections physiques pour aimer accepter notre corps tel qu'il est. Parallèlement il est important d'en prendre soin. D'après Kristin Neff[2], L'auto-compassion aiderait à la lucidité et à prendre conscience de la nécessité de s'améliorer dans certains domaines. Les personnes en surpoids ont tout a fait conscience qu'elles sont différentes des autres, les médecins leur rappellent régulièrement les dangers de leur apparence corporelle sur leur santé, les magasins qui s'arrêtent à la taille 44 leur rappellent qu'ils ne font pas partie de la population standard (si tant est qu'elle existe)… Il m'apparaît donc qu'il est d'autant plus difficile pour les individus en surpoids d'être indulgent et bienveillant avec leur corps alors qu'une partie de la société leur crie qu'il n'est pas normal.

Rester solide face au jugement des autres

L'estime de soi se nourrit de deux aliments principaux : la réussite des actions entreprises et la reconnaissance de sa valeur par les autres. Il s'agit d'une véritable épreuve, nous attendons souvent trop des autres et sommes souvent déçus par la réponse que nous recevons. Il faut savoir affirmer sa liberté de penser, son indépendance et être capable d'affirmer son droit à la différence face à l'autre. L'estime de soi demande un certain détachement vis à vis des autres et d'accepter de supporter leur indifférence sans s'en faire. Il faut également de la résilience pour tolérer que les autres se trompent sur soi. Choisir les personnes à qui nous allons faire confiance est un élément déterminant pour construire une estime de soi solide et renforcée par son entourage. Enfin il est impératif de tenir bon face à l'impopularité, la personne populaire n'est pas forcément plus heureuse que vous. Etre en surpoids eu égard aux us et coutumes de notre société demande une résilience supérieure à la moyenne afin de faire fi des remarques, blagues, sous-entendus ou stigmatisation dus à l'apparence physique extérieure.

Privilégier l'endurance à la résistance

La surexposition du corps à travers les photos, les Smartphones, les vidéos, les réseaux sociaux, les médias nous oblige à contempler notre corps malgré nous. Cela peut entrainer une sous-estime de nous et un rejet de notre corps. En nous arrêtant à cette enveloppe qui nous protège, nous donnons une vision réductrice de ce corps qui vit et s'exprime. En le rejetant, nous nous privons d'informations utiles pour nous sentir bien dans notre peau. Notre corps parle et s'exprime, nous devons l'écouter pour être capable de relier les signaux qu'il nous renvoie à notre état de santé. Il n'y a pas de bonne estime de soi en état de stress, fatigue ou de surmenage. La résilience si difficile à accueillir parfois me semble être la clef pour avancer vers une bonne estime de soi. Se mettre en colère, résister contre les oublis de la vie, ne permet pas à mon sens d'aller vers un bien-être et une acceptation de notre état. Attention aux changements drastiques via des régimes ou des opération bariatriques, un changement de corps ne permet pas à lui seul d'acquérir l'estime de soi. Le corps est beaucoup plus éphémère et vulnérable que notre esprit. Il y a donc un long travail sur soi pour se revaloriser et aimer à nouveau ce corps en parallèle d'une perte de poids massive.

Comprendre ses sentiments et ses émotions

Augmenter l'estime de nous-même suppose que nous soyons capables de démêler les émotions contradictoires qui nous envahissent, et de connaitre leur signification pour savoir comment sortir de la confusion. Tout sentiment qui s'exprime traduit une demande ou un appel à l'aide. L'alimentation peut devenir la solution que le corps ou l'esprit trouvent à leur portée pour répondre à ces émotions. Il est donc très important de sortir de la honte et de la culpabilité qui entourent les prises alimentaires compulsives et excessives, car cela engendre un cercle vicieux qui vous ramènera toujours vers les compulsions. Travailler l'estime de soi permet de s'engager sur le chemin qui mène vers la sortie de l'alimentation émotionnelle. Certes, l'éducation reçue durant la petite enfance est primordiale dans la construction de l'estime de soi, mais il est toujours possible de se prendre en main et de « re-decider » sa vie. L'estime de soi est un état fragile, fluctuant, menacé, à construire et à reconstruire sans cesse, parfois à reconquérir. Il se réajuste régulièrement en fonction des changements de contexte personnels et environnementaux. Vous ressentez des difficultés de résilience, de confiance en vous ou d'estime de vous, n'hésitez pas à rejoindre nos ateliers thérapeutiques de groupe du jeudi soir à Châtenay-Malabry ! 

Photos : Shutterstock

PUBLICITÉ

Écrit par

Stephanie JAVAULT

Voir profil

Bibliographie

  • [1] Rosenberg, "Self-concept and psychological well-being in adolescence" (1985)
  • [2] Kristin Neff, S'aimer Comment se réconcilier avec soi-même, l'Esprit d'ouverture, Belfond, 2013

Laissez un commentaire

PUBLICITÉ

derniers articles sur thérapie comportementale et cognitive