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Malade, comment faire face aux paroles blessantes de mon conjoint ?

Réalisée par nathalie le 5 juil. 2016 4 réponses  · Neuropsychologue

Atteinte de la maladie de Parkinson, je n'ai aucun soutien, j'ai constamment des paroles blessantes,(à la maison je fais tout toute seule, le ménage, la cuisine etc..) qu'il n'est pas mon assistant médical, qu'il n'est pas possible d'aménager la maison par rapport à mon handicape,si je deviens dépendante il me placera dans un hôpital, je chute souvent, il ne réagit pas, ne se lève pas pour m'aider, il m'arrive de m'étouffer il ne réagit pas.


Dernièrement je n'étais pas d'accord avec ce qu'il me reprochait, il s'est emporté et m'a dit qu'il me ferait faire un bilan psychiatrique. Évidemment j'ai réagi et là, il m' a dit de partir dans le mois qui suit c'est à dire fin juillet( je vis dans sa maison), je me sens très seule et j'ai l'impression qu'il me fuit parce que je suis malade, j'ai l'impression de ne plus avoir ma place. Il ne me parle pas, au moment des repas, il ne me regarde pas, il ne me parle pas, cette situation devient pesante. Je sais que ces angoisses accentuent les signes du Parkinson, je tremble plus etc.. je me fais beaucoup de souci pour ma santé et ma vie future.

maladie

Meilleure réponse

Bonsoir,

Manifestement votre fragilisation actuelle liée à la maladie, alors qu'elle souligne votre besoin d'être reconnue comme étant en souffrance et attendant donc de la compassion, cette fragilisation suscite votre conjoint une réaction de rejet, d'agacement, voire de détestation grandissante.

Plutôt que de tenter de colmater ce couple à tout prix et de tourner en rond piégée dans le statut obligé de l'épouse, repositionnez-vous sur votre centre de gravité: votre équilibre de femme qui comme telle est une personne unique et autonome, fondamentalement libre avant d'être -éventuellement et pas forcément définitivement- une conjointe.

A partir de là écoutez votre souffrance et ce qu'elle vient vous dire:
celle provenant de votre maladie ne serait-elle pas un écho, une amplification de choses déjà connues, vécues, mais que peut-être vous avez fait taire, refusé d'entendre jusqu'à présent ?
Elles vous criaient peut-être: "Pourquoi supportes-tu et restes-tu dans une relation qui t'épuise et te vide plus qu'elle ne t'enrichit ?"

Vous êtes aujourd'hui manifestement dans une impasse et risquez fort de vous épuiser à persister à tenter d'obtenir de votre mari de la sympathie et de la compassion par cette voie.
Il n'aime et ne supporte manifestement pas votre fragilité ; miroir certainement impossible à contempler de la sienne qui lui renvoie son propre besoin, sa propre fragilité qu'il nie et veut continuer à compenser à travers vous.

Cette relation si vous continuez vous-même à trop en attendre risque d'être de plus en plus comme le tourbillon vampirique de deux trous noirs affamés cherchant à qui dévorera l'autre...
Plutôt que de l'espérer toujours de l'autre, c'est donc en vous-même qu'il vous faut trouver de la compassion pour cette part de vous en souffrance ; il n'est pas interdit, il n'est pas mal d'avoir du respect pour soi-même et même de la tendresse.
C'est d'autant plus important quand elle se fait rare provenant des autres.

Mais le constat de cette raréfaction avec la manifestation de votre syndrome et le versant de votre besoin personnel de réconfort qu'il vient souligner est peut-être l'occasion de réaliser que depuis longtemps peut-être, vous êtes privée dans ce couple de cette tendresse et de suffisamment de reconnaissance inconditionnelle.
La cruauté des renvois de votre conjoint laisse supposer que cette dureté lui est structurale et donc ancienne.
Cela doit vous interroger sur le coût de l'économie relationnelle de votre couple pour vous.

N'êtes-vous pas en souffrance au fond depuis longtemps au sein de cette relation ?

Parkinson vous porte alors un message à tous les deux:

Pour votre conjoint:
"Je suis malade pour te montrer à quel point je souffre et ai besoin d'amour ; c'est mon signal d'alerte, ma supplication ultime !"

Pour vous:
"Je ne cesse de le supplier, j'y consacre beaucoup d'énergie ; est-ce vraiment la meilleure façon pour toi de te faire du bien d'espérer encore que cet amour vienne de lui ; jusqu'où comptes-tu t'en rendre malade...? N'est-ce pas une impasse ?"

L'impasse comprend toujours une sortie, il faut seulement accepter de prendre de la distance, de la hauteur pour la trouver ; cela peut seulement nécessiter de se rappeler que l'on n'a au fond pas besoin à tout prix des autres horizontalement, sachant que l'on est "verticalement" autosuffisant puisque spirituellement relié au Tout.

Ecoutez votre âme et demandez-lui de vous faire voir où est la sortie de cette impasse.

Si le rétablissement d'une relation suffisamment équilibrée et nourrissante est possible, tant mieux et alors allez simplement consulter un thérapeute de couple comme d'autres vous le suggèrent ici.

Sinon, ayez le courage de le voir et sauvez-vous...!

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Bonjour Madame
vous n'êtes pas tenue de subir cela. essayez de contacter une assistante sociale qui peut vous aider à trouver vos solutions indépendamment de cet homme.
Vous pouvez également consulter pour cette souffrance liée à votre maladie.

Cordialement
Isabelle Thomas
psychologue psychanalyste

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12 JUIL. 2016

Logo Isabelle Thomas Isabelle Thomas

665 réponses

2514 J'aime

Bonjour Nathalie,
afin d'éviter le "grand enfermement" que votre conjoint entretient, du fait probablement de son propre sentiment de fragilité, d'impuissance à apporter des solutions, il convient de vous rapprocher d'associations locales pouvant vous aider.
Il serait bon déjà que votre mal-être mutuel soit abordé, tous les deux, dans un premier temps avec votre médecin. Votre conjoint masque sûrement une dépression qui s'exprime maladroitement dans son agressivité.
A suivre donc pour vous deux.
Cordialement

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5 JUIL. 2016

Logo Maurice Gaillard Maurice Gaillard

1837 réponses

5459 J'aime

Bonjour Nathalie,

La maladie de Parkinson est très difficile à vivre. Vous avez besoin d’aide. Demandez à votre médecin généraliste, voire à votre neurologue, s’ils connaissent près de chez vous des associations d’aide aux malades atteints de cette maladie.

Pour votre conjoint, la situation est probablement difficile aussi. Vous ne nous donnez pas de précision sur votre âge, le stade actuel de la maladie, votre situation professionnelle. Plus de détails pourraient permettre de mieux comprendre le contexte.

La maladie vous met aujourd’hui en situation de fragilité et vous avez besoin d’aide.

Si votre conjoint l’accepte, vous pouvez consulter ensemble un thérapeute formé à l’accompagnement des malades. Il pourra favoriser l’expression de vos ressentis mais aussi expliquer comment fonctionne la maladie.


Restant à votre disposition

Bon courage

Nathalie Delmotte

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5 JUIL. 2016

Logo Nathalie Delmotte Nathalie Delmotte

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