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Pourquoi personne n'a empêché cette agression ? Comprendre l'effet spectateur

Nous avons tous déjà entendu parler d’une situation dans laquelle une personne était victimisée, sans que de nombreux témoins présents n’interviennent.

18 févr. 2014 Actualités - Lecture : min.

psychologues

Il est très courant que nous entendions parler de situations d'urgence dans lesquelles une victime est engagée et où, malgré de nombreux témoins, personne ne réagisse.

Cette apathie est due à un phénomène psycho-social nommé «effet spectateur», «effet du témoin», ou encore «bystander effect». Il stipule que le comportement d'aide naturel de l'humain se trouve inhibé si d'autres personnes sont présentes.

Ainsi, en situation d'urgence, un témoin seul interviendra plus facilement que s'il y a d'autres personnes : la probabilité qu'une personne apporte son aide est ainsi inversement proportionnelle au nombre de témoins présents.

Paradoxalement, si le fait d'apporter son aide a toujours été un comportement valorisé socialement, la présence de spectateurs exerce une pression telle que le comportement d'aide est inhibé. Ceci serait dû au processus de diffusion de la responsabilité, mais aussi à l'influence sociale et à l'appréhension du jugement.

Le meutre de Kitty Genovese, à la base des recherches sur ce phénomène

Le meurtre de Kitty Genovese est à l'origine des études sur ce phénomène : en 1964, cette femme est violée et tuée dans un quartier résidentiel de New York. Pourtant attirés par les cris de secours, aucun des voisins témoins n'a réalisé un geste pour la secourir. Questionnés à propos de leur apathie, les voisins ont répondu qu'ils « ne voulaient pas être impliqués » ou encore qu'ils « ne savaient pas » pourquoi ils n'avaient pas réagi.

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John Darley et Bibb Latané, deux psychologues sociaux, se sont ainsi intéressés aux conditions psycho-sociales entraînant cette léthargie. Contrairement à ce qui était dit dans les médias à l'époque, ces deux psychologues ont pensé que, loin d'être dépourvu d'humanité, ces personnes n'avaient pas réagi car elles étaient conscientes que d'autres assistaient à la scène.

À la suite de recherches et d'expériences, Darley et Latané ont pu mettre en lumière le fait qu'un témoin seul assistant à une situation d'urgence allait intervenir dans 85% des cas. Ce taux chute à 62% si deux personnes sont présentes, et à 31% dès lors que quatre autres personnes sont présentes.

Ainsi, plus le nombre de témoins présents est élevé, plus les chances que chacun d'entre eux intervienne sont faibles. Pour pouvoir intervenir, une personne doit suivre un cheminement précis (si l'un des points n'est pas respecté, elle n'interviendra pas) :

  • Remarquer la scène
  • Pouvoir l'interpréter comme une situation d'urgence
  • Développer un sentiment de responsabilité personnelle face à cette situation
  • Croire posséder les compétences nécessaires pour pouvoir agir efficacement
  • Décider apporter son aide.

À chacune de ces étapes, la présence ou non d'autres individus sera décisive dans la décision d'agir.

La diffusion de la responsabilité

De manière très simple, ce principe explique que s'il existe un seul témoin face à une situation d'urgence, celui-ci sera seul à pouvoir apporter son aide. Au contraire, si plusieurs témoins sont présents, la part de responsabilité est réduite, car partagée par chacun d'entre eux : autrement dit, « pourquoi moi plutôt qu'un autre ? ». Chacun estimera ainsi que les autres peuvent réagir.

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L'appréhension de l'évaluation

Une personne pourra hésiter à intervenir en situation d'urgence par peur d'être mal jugée, ou encore par crainte d'être ridicule si elle se trompe ou intervient de façon inadaptée.

L'influence sociale

En situation d'urgence, chaque témoin commencera par observer les réactions des autres, afin de vérifier s'il a bien compris la scène. Chaque témoin s'observant, le temps de latence est rallongé : comme personne n'agit pendant ce temps, on pourrait aisément en conclure que la scène ne mérite pas d'intervention. Ce temps de latence annule l'intervention, ou allonge son délai.

Il est à noter que, malgré tout, l'effet spectateur n'est pas universel : il existe une multitude de cas où des personnes ont secouru des victimes sous la présence d'autres témoins.

Il semble qu'expliquer le phénomène du spectateur permettrait de le surmonter, et ainsi d'oser proposer son aide lorsqu'elle est nécessaire. Il a également été démontré que pour éviter le processus de diffusion de la responsabilité, la victime peut nommer une personne spécifique dans la foule, qui sera alors garante de la responsabilité et pourra intervenir.

Victime d'une agression et vous avez besoin de consulter ? Nos spécialistes sont à votre écoute.

Photos : Shutterstock

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