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Un espace thérapeutique est un espace de liberté

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Sophie Alcan est psychothérapeute dans une "Approche Centrée sur la Personne". Elle propose un accompagnement humaniste fondé sur trois concepts primordiaux : l'empathie, l'authenticité du thérapeute et la confiance inconditionnelle dans le processus de la thérapie.

7 oct. 2013 · Lecture : min.
Un espace thérapeutique est un espace de liberté

Pour Sophie Alcan, chaque personne peut surmonter ses difficultés car nous avons tous, en nous-mêmes, les moyens de résoudre des problèmes passagers ou plus profonds.

Vous êtes spécialisée en Approche Centrée sur la Personne et en Addictologie.

Je suis psychothérapeute dans l'Approche Centrée sur la Personne, dont le fondateur est Carl Rogers (psychologue clinicien américain (1902-1987)). C'est une thérapie humaniste, accessible et simple, qui s'adresse à tous et qui peut être utilisée pour un problème passager ou plus profond.

Elle se fonde, entre autre, sur l'idée qu'en chaque être humain, réside la capacité à résoudre et surmonter ses difficultés propres, profondes et/ou passagères. Je suis présente pour créer et entretenir un climat fertile pour un développement personnel.

Particulièrement à l'écoute de personnes souffrant des troubles du comportement alimentaire, et de la dépendance au sens large, j'ai également soutenu un Diplôme Universitaire d'Addictologie.

Je suis mobilisée pour avoir une écoute profondément empathique donc "facilitant" l'évolution propre de chaque personne. Je reçois en entretien d'une heure ou une heure trente, selon qu'il s'agit de sessions individuelles, en couple ou en famille.

Au départ, vous avez une Maîtrise en histoire, puis vous vous formez en psychothérapie, pourquoi ?

Mon parcours professionnel est empirique et éclectique. Après une formation universitaire classique (Maîtrise d'Histoire-Géographie à la Sorbonne), j'ai successivement enseigné, fondé une écurie de Concours Hippique, écrit dans différents supports, travaillé dans la finance et le luxe, jusqu'au jour où un accident de la route m'a contrainte à une remise en question radicale.

J'ai cessé de considérer ma vie comme un puits sans fond, pour commencer à la considérer comme un capital précieux, qu'il convenait de protéger et de faire fructifier. Un processus s'était installé presque à mon insu.

J'avais moi-même expérimenté de nombreuses thérapies pour une problématique personnelle. La plus significative a été celle d'une rencontre avec une thérapeute formée à l'"Approche Centrée sur la Personne".

Cette personne m’a encouragée à me former, afin de réaliser l'alliage d'une expérience personnelle liée à des qualités qu'elle disait évidentes. Je l'ai crue.

Je porte sur la personne un regard positif, exempt de jugement, et offre un espace où cette personne trouvera les ressources pour exister en étant elle-même.

Je rentre délicatement dans le monde de l'autre et l'accompagne jusqu'à ce qu'elle prenne conscience de ses propres ressources, tout en restant complètement authentique…

C'est la subtilité et, en même temps, la difficulté de l'Approche Centrée sur la Personne.

Durant ces années de formation, je me suis également rendue dans un Centre de Traitement aux États-Unis (Pine Grove Women Center, Mississippi), spécialisé dans la prise en charge des femmes souffrant d'addictions (alcool, drogue, troubles du comportement alimentaire). Ce centre fonctionne sur le "modèle Minnesota", inspiré par la réussite des groupes d'entraide comme les Alcooliques Anonymes.

Les femmes souffrant d'addictions à tous types de produits basculent souvent vers une dépendance à la nourriture. Ou elles retrouvent une dépendance existante et enfouie. La nourriture est, ou redevient, un produit toxique, d'où l'immense difficulté de réapprendre à s'alimenter.

Qu'est-ce qui a été déterminant dans le choix de vos spécialités, que ce soit l'approche centrée sur la personne ou l'addictologie ?

Mes expériences personnelles : par exemple, le non-dialogue de la psychanalyse, qui m'en a détournée. La sensation d'être jugée par "celui qui sait" m'était insupportable. J'ai trouvé, dans l'Approche Centrée sur la Personne, l'échange qui m'a considérablement éclairée et m'éclaire encore.

L'Approche Centrée sur la Personne est le parcours de deux êtres humains, l'un accompagne et l'autre est accompagné, et on chemine ensemble. Il est fondamental que le thérapeute soit centré sur lui-même, pour pouvoir accompagner au mieux le patient. Le thérapeute ne décide pas, ne met pas en place de stratégie. Il est dans l'instant.

Comment est né votre cabinet ?

La naissance de mon cabinet s'inscrit dans une chronologie parfaite. Après de nombreuses années de formation et d'expériences thérapeutiques en France et aux USA, une restructuration économique m'a permis d'ouvrir ce lieu. J'étais prête.

Parlez-nous des outils que vous utilisez pour accompagner vos patients.

Le thérapeute ne se réfugie pas derrière une façade d'expert, "celui qui sait", il est, avant tout, une personne et se sert de celle-ci, de son ressenti, pour aider la personne à cheminer. Pour Carl Rogers, le patient est son propre expert et possède en lui "ses" solutions. Une relation égalitaire s'établit. 

Je n'utilise ni outils ni techniques, j'offre des "attitudes" : l'empathie, l'authenticité (je ne protège pas le patient) et une confiance inconditionnelle dans le processus.

J'arrive à ce que cette confiance se développe en étant moi-même, c'est le lieu et l'ambiance qui établissent cette confiance. Cela peut fonctionner avec des patients de tous les âges, ainsi qu'avec les couples.

Il faut le vivre pour comprendre, c'est difficile à expliquer avec mes mots. Un espace thérapeutique est un espace de liberté.

Dans le domaine plus spécifique des TCA, je peux sentir que la personne a besoin d'une aide concrète, plus technique, si elle en fait la demande. Nous avons alors un éventail de possibilités que nous définissons ensemble, et j'en suis fière.

Et concernant vos compétences ?

Chaque patient dessine et sollicite un champ de compétence. La compétence première de l'Approche Centrée sur la Personne, que j'espère avoir fait mienne, est d'être moi-même, en relation étroite avec le centre de la personne, afin de l'accompagner pour s'extraire de ses difficultés.

Cela apparaît, notamment, et de manière flagrante, dans le domaine tellement souffrant des TCA, quel que soit l'âge de la personne.

Vous continuez à suivre des formations, c'est exact ?

Je cherche toujours à me former moi-même. 

Je suis évidemment supervisée et participe à de nombreux séminaires d'information, conférences…

Photos : Sophie Alcan

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