Aide pour les relations

Réalisée par Agronome · 17 mai 2024 Aide psychologique

Bonjour,
Je viens de découvrir votre site, merci pour la qualité des échanges. Je viens sur ce forum, car je vis actuellement une période difficile autant professionnelle que personnelle. Je risque d’être long, mais cela me semble nécessaire pour me mieux me cerner.
J’ai 30 ans, issu de la classe moyenne. Mes deux parents sont aujourd’hui à la retraite et sont très actifs dans le milieu associatif. J’ai eu de grosses difficultés à l’école durant mon enfance, j’ai vu de nombreux spécialistes. Cela s’est soldé par un redoublement du CP. Jusqu’au collège, j’ai été un élève moyen. On pensait que je ferais des études courtes.
J’ai un frère plus jeune de deux ans qui a également de grosses difficultés. Il a été diagnostiqué autistes vers l’âge de 10 ans. Sa scolarité fut difficile, il travaille maintenant dans un ESAT, ses relations sociales sont limitées au strict nécessaire. Je ne peux pas avoir avec lui de discussions très élaborées. Au décès de mes parents, j’en aurai la charge. Mon frère ne participe pas aux tâches ménagères et est même très souvent insolent. Mes parents ne disent rien. Petit, mon frère me martyrisait, je devais me taire en raison de son handicap. Autant dans ma famille paternelle que maternelle, nous avons des cas psychiatriques qui se révèlent parfois à l’âge adulte. C’est quelque chose qui me fait très peur et l’une des raisons qui me pousse à ne pas avoir d’enfant.
En 6ème, je ne connaissais personne, je me suis vite retrouvé harcelé. Mes années collèges furent d’une grande souffrance. En 5ème, mes parents décident de nous faire découvrir le monde durant une année. Je suis inscrit au CNED. Durant ce voyage, il y a un déclic, je me mets à travailler par moi-même et j’acquiers une grande autonomie. Au retour, les problèmes au collège recommencent renforcés par un fait nouveau, je suis parmi les meilleurs de la classe dans toutes les matières. Je me réfugie dans la lecture durant les pauses. J’ai dû lire toute la bibliothèque de l’école en 3 ans. A la maison, je passe beaucoup de temps dans le jardin familial à jardiner, bricoler avec mon père. Mes parents déjà très actifs dans le milieu associatif m’emmènent à de nombreuses conférences sur l’agriculture, l’alimentation. Nous n’avons pas de télévision et encore moins de portable à cette période. Je me sens à l’aise avec les amis de mes parents dans les discussions, mais je suis déjà déconnecté des personnes de mon âge.
Vu mon intérêt grandissant pour l’environnement, je pars faire un bac scientifique en lycée agricole en internat à ma demande. Bac en poche, indécis sur mon avenir pro et ne me voyant pas tenir la pression en prépa, je pars en fac de bio. Durant la seconde année de DEUG, je prépare et passe les concours des écoles d’agro, je suis pris dans l’Ouest de la France.
Je travaille beaucoup limitant mes activités extrascolaires. Pour me détendre, je commence la course à pied. Je ne trouve aucun plaisir dans les soirées étudiantes trop alcoolisées. Diplômé, je fais la fierté de ma famille, je suis le premier ingénieur.
A la fin de mes études, je déménage dans le Sud de la France pour mon premier poste je voyage beaucoup dans le Monde. Je m’éclate dans mon poste les premières années. Je découvre une région magnifique la Provence propice aux sports, je me mets à fond dans la course à pied et le vélo.
Les dernières années dans mon travail sont douloureuses, je suis sous pression, Je suis parfois amené à travaillé la nuit et le weekend sans aucune reconnaissance. A cette période, je commence à faire des erreurs d’étourderie dans mon travail. Malgré tout, cela reste une période très formatrice pour gérer la pression. Mes parents me voient dépérir quand nous nous voyons et me poussent à démissionner.
Après quatre années dans le Sud, je reviens dans l’Ouest pour un nouveau poste. Je me reconnais dans le descriptif. J’aime beaucoup mon poste, les relations que j’ai avec mes collègues. J’anime une équipe de technicien. Très vite ma direction me reproche que je ne sais pas communiquer, que je manque de rigueur. Pour résumer, je ne suis pas compétent dans mon poste. Je suis convoqué plusieurs fois par la direction. Les techniciens me disent être satisfait de mon travail et me rétorquent qu’avec l’expérience je vais prendre du caractère pour m’affirmer. Ne voyant pas d’évolution, malgré l’aide d’une psychologue du travail payée de ma poche, d’un commun accord avec ma direction, nous décidons de rompre mon contrat.
J’ai un sentiment d’illégitimité dans les réunions face à des techniciens qui ont 10-15 ans d’expérience et encore plus avec les agriculteurs. Je peux parler de ce que je lis dans la bibliographie car j’aurais préparé mon sujet, mais si l’on dérive sur des sujets très techniques, je ne sais pas donner l’impression que je maitrise, je perds mes moyens. J’ai honte que cela se soit passé ainsi. Je n’arrive pas à comprendre ce qui se passe, suis-je en train de devenir malade moi-aussi ? Qu’est ce que je dois mettre en place pour rebondir et satisfaire aux exigences d’un prochain poste ? Je ne conçois pas ma vie comme une charge pour la société. J’entends trop souvent parler de jeunes qui ne veulent pas travailler, je pense ne pas être comme cela, en tous cas ce n’est pas l’éducation que mes parents m’ont transmise.
Je ne peux pas m’empêcher de faire un rapprochement avec ma vie extra-professionnelle. Je passe beaucoup de temps le midi à me former sur différents sujet à travers des MOOC pour satisfaire à ma demande permanente d’enrichir mes connaissances. Je suis depuis peu animateur de la fresque du Climat, je n’ai que des retours positifs sur mes animations.
En Provence, j’étais trésorier de mon club de vélo, j’ai beaucoup appris et depuis je gère mes compte comme une entreprise. Tout mes fichiers sont classés et renommé sur une même base et sauvegardés sur différents supports. Aux yeux de mes amis, je passe pour être une personne rigoureuse et perfectionniste.
Comme je le dit souvent, je connais beaucoup de chose sur beaucoup de sujet sans être pourtant un expert. Cela me permet d’avoir une grande capacité de sujet de discussions avec mes amis ou des relations professionnelles tant que l’on ne rentre pas dans du détail. Je suis une personne très active, Je ne supporte pas de rien faire de ma journée
Je vois quelques amis et anciens collègues qui sont parfaits dans leur travail, y passent toute leur énergie et ne maitrise plus rien sorti du cadre professionnel. J’ai l’impression au contraire de tout maitrisé certainement trop dans ma vie personnelle, et ne pas réussir à atteindre le dégrée de rigueur demandé dans le monde professionnel. Sincèrement, je ne sais pas comment l’expliquer. Ayant vécu 5 ans tout seul, je suis devenu maniaque, je le reconnais. Au début, c’était par soucis économique, je n’avais pas les moyens de tout racheter puis ma conscience environnementale s’est ajouté. Je viens de vivre deux ans en coloc qui ont été bénéfique, j’ai fait des concessions même si je ne suis pas encore parfait.
J’ai vécu des choses qui ont forgé mon caractère durant ma vie. En 2018, lors d’un voyage pro au Chili, je me suis fait dépouiller dans la rue. En 30 secondes, je n’avais plus de papiers, d’argent, de téléphone et d’ordinateur dans un pays étranger avec un avion à prendre le soir même pour Paris. Sans passeport, on n’existe plus, c’est un moment que je ne souhaite à personne de vivre dans sa vie. J’ai dû me débrouiller seul pour rentrer en France 2 jours plus tard. J’ai rencontré que de la bienveillance de la part des personnes qui m’ont aidé dans ma mésaventure.
L’an dernier, j’ai vécu également deux choses difficiles, j’ai failli acheter un bien immobilier via un ex-ami d’enfance agent immobilier. Malgré ma petite expérience, je lui fis naïvement confiance, il m’a caché beaucoup de choses sur le bien. J’ai mis un terme à la vente à temps, il l’a très mal pris inventant des choses auprès de notre groupe d’amis. Il a également essayé d’impliquer mon entreprise en rédigeant de faux mails sous mon adresse professionnelle. J’ai perdu un groupe que je pensais être des amis depuis de nombreuses années. Je déconseille fortement de faire des affaires en couple et avec des amis, j’apprends de mes expériences.
Si cela ne suffisait pas, en juillet je reçois une lettre manuscrite de ma tante et marraine me reprochant beaucoup de chose dans nos relations familiales. Je serai imbu de ma personne, me servant de mes cousins au lycée à l’époque pour ma réussite personnelle. Etant très proche de ma famille, cela m’a fait beaucoup de mal, je n’ai pas dormi deux nuits d’affilé. Avec l’aide de mes parents, nous avons essayé de comprendre, il y a certainement un problème de communication et une grande part de jalousie de ma soi disante ascension sociale. Nous suspectons mes cousins et ma tante de développer des troubles mentaux, on y revient toujours. Ma mère sur un coup de colère à vidé son sac sur ma tante alors que j’essayais de temporiser les choses. Malgré nos échanges la relation s’est rompue et cela me peine beaucoup, je me sens encore aujourd’hui coupable alors que visiblement je n’ai rien fait. Pour m’en sortir, je me détache de beaucoup de chose, c’est peut-être cela que mon ancien chef interprète comme un manque de motivation.
Je ne me plaints pas, j’ai des économies, des parents qui sont prêts à m’aider financièrement. La situation est beaucoup plus compliquée pour d’autres.
Suite à la rupture de mon contrat de travail, j’ai développé un nouveau projet personnel. Avec un ami, nous partons faire un tour du monde à la rencontre des agricultures. C’est un vieux projet que j’avais en tête, mais ce n’était jamais le bon moment. Tout est maintenant aligné.
Je suis retourné vivre chez mes parents avant mon voyage, je viens de passer une semaine dans la maison familiale durant leurs vacances, puis une semaine avec eux. Nous devons passer encore une semaine ensemble et cela ne va plus. Ma mère a très mal pris mon retour et le fait que je ramène des cartons, je n’ai pas de meuble. Depuis 6 ans, je revenais quelques weekends par an chez mes parents. J’avais bien vu des choses, mais je ne les imaginais pas à ce point. Ma mère, quand elle n’est pas dans ses associations est en permanence sur le net à parcourir des forums, conséquence elle dort peu et la maison n’est pas entretenue. Quand il faut recevoir du monde, c’est la panique stress, migraine pour finir par un coup de balai rapide et mettre tout ce qui traîne dans ma chambre 1 h avant l’arrivée des amis.
En 6 ans, ma chambre est devenue à l’image des autres pièces de la maison, une remise ou s’entasse des documents, meubles, bibelots que mes parents ne veulent pas jeter, cela pourrait servir. A écouter ma mère, la maison de 200 m² est trop petite. Je vous laisse imaginer la quantité de poussière. Mon père prend sur lui, il ne fait plus rien dans la maison. S’il touche à un appareil, ma mère lui reproche de l’abîmer ou de ne pas savoir s’en servir. Il fait le minimum dans le jardin, il m’a clairement dit qu’il n’avait plus de motivation pour s’en occuper. Mon père passe le maximum de temps possible dans les associations pour fuir la maison. Il invite le moins possible pour ne pas stresser ma maman. Mon frère se met les pieds sous les tables, il sort de sa chambre pour manger, un ado de 29 ans. Durant les vacances, j’ai commencé à nettoyer, sans faire de rangement, de la maison. Mon objectif est de soulager mes parents, assainir la maison pour leur éviter de tomber malade et stocker mes affaires dans de bonnes conditions. Cela me fut reproché à leur retour, je ne devais toucher à rien. Si le ménage n’avait pas été fait, je me serai pris également une remarque. Il est hors de question de faire venir une femme de ménage, elle ne saurait pas faire. Je suis dans une situation complexe, certes, j’ai quitté la maison. Ma chambre étant restée ma chambre d’ado, j’ai encore l’impression d’être un peu chez moi. Je n’ai pas la même exigence quand je suis à l’extérieur.
Mes parents sont de retour, nous n’arrivons pas à échanger. Je demande comment aider, je ne dois rien faire puis on me reproche de ne pas participer. Si je fais quoi que ce soit, ce n’est pas comme il faut, mais du coup rien ne sera fait. Par exemple, du linge humide peut rester plusieurs jours sur une chaise de la cuisine avant d’être étendue. Les courses avec ma maman sont une catastrophe, nous partons avec une liste qu’’il faut une heure pour établir pour au final se rendre compte qu’il manque la moitié des besoins qui n’avaient pas été listé. Au lieu de faire rayon par rayon, nous n’arrêtons pas de faire des allers-retours dans le supermarché. J’ai bien proposé de nous répartir les rayons, qu’est ce que je n’avais pas dit ! Je ne sais pas ce qu’il faut acheter, je n’ai pas à dire ce qu’il faut faire, je ne la respecte pas. Au final, j’ai fait le chauffeur.
Quand je pose des questions à ma maman, elle me répond bêtement toujours oui à des questions ouvertes. Elle n’écoute plus nos conversations captées par l’écran de son téléphone. Cela amène parfois des situations cocasses où l’on me reproche de ne pas avoir abordé tel ou tel sujets. Quand j’essaie d’en parler avec ma mère, de nouveaux, je suis insolent, mon père prend sa défense. Pour eux, c’est l’âge, ils ont 65 ans. Je pense plutôt à un manque d’attention dû aux écrans.
J’arrive un peu à discuter avec mon père quand il est présent, mais cela reste difficile. Pour mon père tout va bien, je suis normal, j’exagère les choses au travail. Nous n’avons pas de problème de communication. Il reconnaît quand même que je ne suis pas conciliant et que je m’emporte vite, mes parents ne m’écoutant pas, la pression s’accumule et cela explose. Cela me fait mal, j’aime mes parents à qui je dois tout, l’aide financière durant mes études, leurs conseils quand ils pouvaient. Le mieux serait de me taire, de tout prendre sur moi, mais je n’y arrive pas, je suis direct, sûrement brusque. J’ai peur de les perdre.
Face à ce constat, je dois passer pour un fils indigne et ce serait normal. J’ai besoin d’aide pour rétablir le dialogue avec mes parents et rétablir une légitimité dans le cadre professionnel. Je pars pour deux ans, le problème ne sera pas réglé à mon retour. Je ne sais pas comment je vais tenir, 6 mois, 1 an avant de retrouver un poste.
Merci de votre aide et de supprimer mon message une fois répondu. Je ne voudrais pas que ma mère le trouve par hasard.
Ps : j’espère ne pas avoir laissé trop de fautes, j’ai tendance à voir celle des autres, mais pas les miennes.

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Meilleure réponse 18 MAI 2024

Bonjour… Agronome !

Le choix de votre pseudonyme, ainsi que l’ensemble de votre courrier attestent combien vous semblez vous identifier à votre travail, et à votre réussite professionnelle. Et, d’emblée, à vos études, car ce que vous dites de vous renvoie essentiellement à votre cursus scolaire et universitaire, davantage qu’à vos goûts, votre personnalité, vos désirs.

En l’occurrence, les peurs viennent chez vous remplacer et empêcher les désirs. Par exemple, vous ne savez pas si vous désirez des enfants, la peur qu’ils rencontrent des difficultés psychologiques entrave la reconnaissance d’un désir. J’ai envie de vous dire : vous n’y êtes pas encore, vous verrez bien. Notamment, c’est une vraie rencontre amoureuse qui vous placera face à une réalité confiance et vivante, apaisante, qui vous permettra de rencontrer l’homme que vous êtes, indépendamment de votre cadre familial ou professionnel qui obscurcit beaucoup vos perceptions et génère de l’anxiété.

Un autre élément qui me paraît ressortir de votre lettre si sincère, c’est que vous avez été en partie oublié. Comment alors ne pas s’oublier soi-même, être désorienté ? Vos parents, pris par l’autisme de votre frère et leurs investissements associatifs, sont passés un peu à côté de vous. Mais ils ont fait pour le mieux et vous ont ouvert au monde de la nature et de la culture. Découvrez que vous avez maintenant votre vie à vous, qui vous est propre, elle n’a pas à être aussi chargée, soyez-en sûr, surtout à votre âge. Le poids, le service et l’obsession de la rigueur imprègnent votre courrier. Vous aspirez à de l’autonomie, et vous rendez compte que l’univers bohème et désorganisé de vos parents ne vous correspond pas : il n’y a rien de mal à cela, cela est dans l’ordre des choses, vous ne trahissez pas vos parents pour autant. Vous êtes vous, et non une reproduction de vos parents. Ne pas être dans leur pur prolongement ne vous empêche pas de les aimer, et ne doit pas vous culpabiliser. C’est plutôt bon signe que de trouver sa voie propre. D’ailleurs, vos parents eux-mêmes vous y ont encouragé, en vous permettant cette année de voyages. Ce fut la chance de votre adolescence, c’est formidable. Quel cadeau, qui vous a propulsé dans la vie ! Le harcèlement que vous avez subi n’est que le signe que vous étiez envié, pour votre maturité et capacité à résister à l’emprise conformiste du groupe. Faites-en une force. Le faible, c’est le harceleur. Une personne forte aide, elle n’écrase pas.

Vous avez reçu de l’aide (lors du vol de votre passeport, lors des attaques infondées de votre tante, de la part de vos parents), et vous en recevrez encore, surtout si vous savez vous aider et vous estimer vous-même : vous y arriverez progressivement. Vous semblez étonné de recevoir de la bienveillance : c’est pourtant ce qui devrait constituer la norme !

Ce que vous faites (voyages, colocation, sport, bonne hygiène de vie, animateur à la Fresque du climat) est formidable. Vous avez beaucoup de ressources. Il vous reste à vous alléger de peurs et de scrupules qui n’ont pas lieu d’être. Evidemment et heureusement que vous n’êtes pas parfait ! Qui l’est ? Si vous l’étiez, vous ne pourriez exercer aucune liberté, aucun changement, aucune dynamique ne serait possible. Acceptez votre faillibilité, aimez-vous, sachez qui vous êtes et ce que vous aimez.

N’ayez pas peur du regard de vos parents. Ils vous aiment, même en étant un peu dépassés parfois. Pourquoi serait-ce un problème que votre mère soit au fait de ce que vous ressentez ? Vous ne dites rien de mal, rien qu’ils ne puissent entendre. C’est votre regard sur vous-même qui importe. Aimez-vous, apprenez à vous connaître. Pourquoi passeriez-vous pour un fils indigne ? Et quelle importance de passer auprès des autres pour ce qu’on n’est pas ? C’est ce que vous êtes qui compte, pas ce que les autres (élèves, ou votre tante) imaginent. Il y a toujours des personnes qui véhiculeront sur vous des idées fausses, à limage de leur jalousie ou mal-être, mais cela ne vous concerne pas.

Non, vous ne devez pas tout à vos parents. Vous leur devez la vie, et ils ont été des parents pour vous, c’était leur rôle, ils vous aiment et vous ont ouvert au monde. La dette est réciproque, c’est une relation, pas une charge ni une dépendance. Vous vous êtes donné de l’amour, réciproquement. Vous faites une charge de ce qui est léger et doux. En voulant gravir une montagne chargé d’un boulet, vous ressemblez à Sisyphe avec son rocher : vous ne pouvez qu’être entraîné dans la chute, écrasé. Ce que vous écrivez confirme qu’il est temps de découvrir votre autonomie et de quitter votre foyer d’origine. Vous êtes en train de devenir adulte et c’est un cap. Vos parents sont responsables d’eux, vous êtes leur fils, pas leur chauffeur ni leur homme à tout faire. Eux-mêmes se sont beaucoup occupés des autres, pourquoi ? La première responsabilité qui nous incombe, c’est celle vis-à-vis de nous-mêmes. Ensuite, les relations sont des liens de réciprocité, pas d’assistanat. Aider, adoucir, c’est partager, et non assister. Il semble y a avoir dans votre famille quelque chose qui dysfonctionne dans le rapport au don, trop unilatéral. En plus, votre maman elle-même confirme qu’elle veut faire les courses de manière désorganisée : le message est clair ! Laissez-la faire. Elle aime le désordre ? C’est son choix, pas le vôtre. Vos parents vieillissent, ils sont fatigués (sur leur portable, dans la fuite, ce que vous décrivez). Vous, vous êtes jeune, vous êtes en pleine expansion. C’est très bien que vous partiez deux ans. Vous surmonterez vos appréhensions en apprenant à avoir confiance en vous et en vous connaissant. Vous apprendrez aussi de plus en plus quel type de travail vous correspond vraiment.

Bien sûr qu’une femme de ménage « saura quoi faire » dans le capharnaüm de vos parents, c’est son métier (pas le vôtre) ! Elle fera mieux que vous, ce sera une personne étrangère à la famille, et dont c’est la profession. Dans son métier, on rencontre toutes sortes d’incongruités. Ici, la personne aura à faire face à un couple qui a beaucoup accumulé -c’est un symptôme-, elle en a vu d’autres. Vos parents se sont occupés de personnes à l’extérieur, il est temps que, maintenant, ils reçoivent aussi une aide extérieure.

Faire des erreurs d’étourderie dans son travail, surtout quand on est jeune et sous pression, n’a rien d’anormal ni de déshonorant. C’est dans l’ordre des choses. Un apprentissage est progressif, on progresse en surmontant des difficultés. Si on était performant d’emblée, quel serait l’intérêt de travailler ? Vos diplômes et votre investissement témoignent de compétences reconnues, que vous développerez en les mettant en œuvre par la pratique. Le problème ne vient pas de vous, mais d’un univers libéral qui conduit à une surcharge et à une déshumanisation au nom d’une logique du pur profit, surtout si vos supérieurs sentent votre vulnérabilité et votre perfectionnisme.

La sensibilité (manifeste chez vous) est une force, elle favorise l’intelligence, la compréhension de soi et des autres, la vie intérieure, une réalisation singulière de soi, des réalisations singulières en général. Cependant, si elle ne trouve pas de voie pour se réaliser (amour, amitié, reconnaissance, …), elle est perçue comme une faiblesse par les autres qui abusent de vous. C’est ce qui s’est passé ici, car vous projetez votre propre sincérité sur les autres en leur accordant une confiance qu’ils ne méritent pas. En vous connaissant mieux, en identifiant vos forces (également manifestes, bien que vos ne les voyiez pas pour l’instant), vous saurez vous préserver de ces écueils.

Si vous ne vous sentez pas écouté par vos parents et que vous avez vraiment besoin de leur reconnaissance, pourquoi ne pas leur écrire (si vous le souhaitez) ? Si vous en avez la possibilité, faites une thérapie avec la bonne personne, cela vous aidera à ne plus être écrasé par des scrupules et des peurs qui n’ont pas lieu d’être.

Je vous souhaite le meilleur, vraiment.

VM

Valérie Maréchal Psy sur Metz

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19 MAI 2024

Bonjour,

Ce voyage de deux ans ne serait pas une sorte de « fuite » ?
Êtes vous sûr que cela va vous apporter les compétences qui vous manquent pour vous sentir bien dans un poste qui comporte des dimensions managériales?
Certes, ça va être très intéressant et enrichissant sur le plan humain.
Mais en revenant vous allez retrouver les mêmes difficultés que vous ressentez aujourd’hui.

Revivre chez ses parents vous ramène dans une position d’enfant, tout en étant adulte avec un œil critique sur vos parents vieillissants et qui ont des habitudes difficilement acceptables. Ce que vous décrivez dans la maison et pour les courses fait penser à des problèmes psychologiques chez votre mère : peut être une dépression cachée par l’activité pour les associations diverses ?!

Vos parents sont encore relativement jeunes, ce n’est pas l’âge qui expliquerait leur façon de vivre.

Quand à votre frère, comme il manque d’empathie, il faudra lui demander de participer à la vie familiale, mais si vos parents ne le font pas vous êtes mal positionné pour le faire, surtout si eux sont opposés à ça : il me semble qu’ils apprécient mal ses difficultés, en l’exagérant le côté « handicap ». Leur attitude ne l’aide pas à être un peu plus adapté socialement.

Et vous… vous ne « parlez » pas de votre amoureuse, nécessaire à votre âge : vous n’osez pas vous lier à cause de la peur d’avoir des enfants ?
Vous savez, aujourd’hui il y a des tests génétiques très poussés sur le fœtus qui décèlent toutes les éventuelles « anomalies ».
Heureusement on entend que vous avez des amis.

Avec toutes les questions que vous vous posez une thérapie peut vous permettre à gagner en confiance en vous et à apprendre où se situent vos difficultés au travail.
Aussi vous pourriez trouver la bonne distance par rapport à vos parents, et comment communiquer avec eux pour être entendu et compris.

De quoi avez vous peur si votre mère lisait votre message ? Ça lui permettra peut être de sortir d’une forme de déni des réalités de sa vie, quitte à passer par un moment de tristesse ou de colère contre vous…
Vous êtes encore dans une position d’enfant soumis…, position qui est décalée au vue de votre âge.
Mais il vous est probablement difficile d’en sortir, puisque vous êtes de nouveau un peu dépendant de vos parents et vivez dans votre chambre d’enfant.

Je vous souhaite de trouver une bonne confiance en vous, le poste qui vous correspond et une vie affective équilibrée.
sp



Silvia Podani Psy sur Issy-les-Moulineaux

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18 MAI 2024

Bonjour,

Du point de vue professionnel il semble que votre difficulté soit principalement de nature relationnelle. Il n'est jamais évident pour un jeune cadre de diriger une équipe de personnes plus âgées ou avec plus d'ancienneté. Le management ne s'inscrit pas nécessairement, voire pas du tout, dans le prolongement de vos études. Il faudrait travailler principalement sur votre façon de manager, trouver les astuces qui vous permettront d'interagir positivement avec les autres, de les mettre en valeur, de les solliciter, d'être à leur écoute et de ne pas trop vous poser la question de l'autorité.
Vos relations avec vos parents sont autre chose car ce sont avant tout des relations affectives. Nos parents deviennent souvent, quand nous devenons adultes, nos premiers enfants. Il faut trouver votre équilibre entre ce qu'ils ont été pour vous et ce qu'ils sont maintenant. Vous avez à poursuivre votre construction personnelle et votre environnement personnel indépendamment d'eux.
Je reste personnellement à votre disposition, sachant que ma première séance d'une heure en visio est entièrement gratuite et sans engagement. Vous pouvez librement prendre un rendez vous sur mon agenda en ligne.

Bon courage à vous

Michel le BAUT
Psychopraticien
Thérapeute Jungien
Analyse de rêves

Michel Le Baut Psy sur Marseille

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18 MAI 2024

Bonjour,
J'ai lu avec attention votre message. Ce qui m'a frappé, c'est à quel point ce dernier est particulièrement factuel (peu d'affects exprimés) comme si vous nous présentiez une façade lisse en apparences. Alors, il m'a semblé utile de lire entre les lignes. La situation particulière avec votre frère par exemple a déjà pu nourrir votre sentiment d'illégitimité: lui avait un handicap, il devait demander beaucoup de soins... Vous donnait-il la sensation d'être en retrait / de ne pas pouvoir vous exprimer / ou d'avoir moins de valeur aux yeux de vos parents ? Parfois; il ne faut pas s'en tenir aux choses visibles, mais aller à la recherche d'éléments plus subtiles, chercher le sens caché qui souvent résulte d'une manifestation de l'inconscient. La situation que vous décrivez au travail (face aux agriculteurs) me semble guidé par des facteurs inconscients qui peuvent être mis au jour. Je suis psychanalyste, je peux vous recevoir pour une première séance et vous aider à y "voir plus clair" . Je reste à votre écoute, bien cordialement,
M. Vaillant

Julien Vaillant Psy sur Montgeron

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18 MAI 2024

Bonjour,

Je rejoins tout à fait ce qui a été dit par mes collègues précédemment.
- la question du contrôle dont vous faites preuve semble être la résultante de vos années collège et même avant où vous étiez mal traité par votre frère, sans soutien de vos parents puis par vos collègues. Lorsque la situation vous échappe, cela semble générer du stress chez vous, peut-être de l'angoisse ? Le fait de contrôler notre environnement nous donne l'impression de réduire l'incertitude et donc de minimiser le risque qu'il puisse nous arriver quelque chose. Vous en avez malheureusement fait l'expérience... ce n'est pas forcément le cas.
- Le manque d'estime de vous même semble prendre racine dans votre système familial où enfant, vous ne vous êtes peut être pas senti suffisamment soutenu, protégé. Vous êtes vous, vous êtes assez si je puis dire. Il semble y avoir besoin de remettre les choses en place concernant la place de chacun dans votre famille. Vous n'êtes pas le parent ou l'agent d'entretien de vos parents. Vos parents vous aiment. Cependant, cela ne l'en empêche pas d'être où d'avoir été défaillants à un moment donné. Ce n'est pas de votre faute et le reconnaître ne fait pas de vous un ingrat. Cela vous permet juste de remettre les choses à leur juste place.
- il serait intéressant de travailler ces sujets là avec un.e psychologue avec qui vous pourrez vous sentir à l'aise et qui pourra vous accompagner sur votre chemin introspectif. Vous méritez d'être heureux et de vivre pour vous.

Bien à vous,

Lara Gonzalez

Lara Gonzalez Psy sur Saint-Priest

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18 MAI 2024

Bonjour,

Je vous ai lu attentivement.
Ce que je constate dans vos écrits est que le contrôle et l'exigence s'est immiscée un peu partout dans vos différents domaines de vie. Il est certain que vous n'avez pas été reconnu ni protégé de cette maltraitance de votre frère, et vous n'avez pas été autorisés à vous exprimer non plus, donc vous avez transféré probablement toute votre énergie dans le "faire" pour enfin obtenir cette reconnaissance. Néanmoins, même si la douleur s'est surtout greffé dans l'aspect professionnel lorsque vous avez dû partir de ce poste, il est important de remettre chaque élément à sa place: la souffrance de fond vient du système intra familial dans lequel vous avez grandi, et dans lequel vous avez dû être inhibé pour être accepté d'une certaine manière.
Le domaine professionnel n'est qu'une conséquence.

Si je comprends bien vous faites tout pour épargner vos parents, les aider, voire même les sauver et pourtant, vous n'avez jamais de retour satisfaisant de leur part ? Cela vous permet de comprendre la raison pour laquelle vous en avez toujours fait plus depuis votre enfance.
Eux, de leur côté, que font-ils pour vous épargner ?
Est-ce tolérable pour vous de fonctionner ainsi?
Quel est le rôle des parents selon vous ? Et quel est la place d'un enfant? Et par la suite, d'un adulte, enfant de ses parents ?

Il semble primordial de repenser la notion de famille, la posture de chaque membre mais aussi le rôle de chacun.
Si vous avez de la colère, elle semble légitime dans le sens où vous ne vous sentez proabablement pas considéré. C'est cette peur de les perdre qui vous pousse notamment à en faire autant, malgré le manque de considération et de reconnaissance de leur part.

Je peux vous aider si vous le souhaitez.
Julia Bouchinet
Praticienne en psychothérapie & en PNL
Spécialisée dans l'hypersensibilité & l'assertivité
En visio ou à Saint Jean de Luz en présentiel.

Julia Bouchinet Psy sur Saint-Jean-de-Luz

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