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J'ai du mal à nouer des relations

Réalisée par Loiseau Flavie le 3 févr. 2019 2 réponses  · Affirmation de soi

Bonsoir à toutes et à tous,

Je me décide à écrire ici car j'ai longtemps hésité à parler de mon problème et surtout je ne trouvais pas les mots pour le décrire.
S'il y a des éléments que vous ne comprenez pas, c'est normal, j'ai des difficultés parfois à trouver les bons mots pour m'exprimer et (je le décris à un moment donné) quand j'écris je me comprends intérieurement mais cela ne donne pas la même chose à l'écrit pour l'autre donc je vais essayer d'être la plus claire possible

Si j'ai décidé d'écrire ici, c'est que depuis longtemps, je me renferme sur moi-même et je ne supporte pas que les autres viennent dans mon espace personnel (dans mon intimité). Je peux être présente avec eux mais je vais être très mal à l'aise quand je vais aller plus loin dans la relation (être amis, se confier des choses enfin partager des choses tout simplement et avoir confiance en l'autre) car je vais me sentir agressée (aussi gênée, stressée, en décalage, « pas moi-même ») et parfois je peux développer carrément une colère contre l'autre mais je ne la montre pas (je ne supporte pas sa présence et je ne me livre pas sur ce que j'aime dans la vie par exemple et je réfute complètement le monde occidental, je me sens énormément en décalage par rapport aux autres). Je suis quelqu'un qui a subi des agressions sexuelles au sein de la famille (pas un viol) à l'âge de 10 ans et j'en ai aujourd'hui 18 ans et demi et je me demande de plus en plus si c'est lié à ça. Je n'ose jamais m'imposer dans un conflit, j'ai du mal à montrer mes émotions aux autres, à dire ce que je veux réellement (c'est limite si l'autre décide à ma place) et de façon claire (j'aimerais être honnête mais j'ai peur de ce que va penser l'autre, je déforme tout et bien-sûr quand je ne formule pas clairement ma demande bah je suis frustrée mais je n'arrive pas à passer le cap de cette frustration). Je n'arrive pas à prendre de décision car on a souvent profité de ma gentillesse, j'ai beaucoup laissé les autres faire (j'ai eu de mauvaises aventures amicales par exemple) mais surtout j'ai eu une agression et me suis beaucoup renfermée par la suite donc me suis beaucoup protégée de l'autre. Je fais beaucoup fait passer l'autre avant moi soit je me néglige beaucoup (mes envies, mes besoins et je pense que je ne vais rien apporter à l'autre).
Également, j'ai toujours l'impression qu'on me fixe même si je suis toute seule (je m'imagine des gens me regarder [je parle plus bas dans mon message de mon imaginaire] ou bien souvent je sens qu'on me regarde, je me sens oppressée). Si bien que je ne suis jamais à l'aise quand je suis chez-moi. L'interprétation que j'ai posée est que je suis tellement focalisée sur ce que les autres pensent, en bref sur le monde extérieur, que je n'arrive plus à me sentir tranquille et que même mon imagination me « joue des tours » et donc accentue mon mal-être. Je n'arrive pas à m'opposer à tout ça et je me sens vraiment limitée dans mes paroles, mes mouvements, mes envies. En bref, je suis emprisonnée et c'est comme si les autres ne me lâchaient plus. Ou alors j'ai trouvé une deuxième interprétation (que je décris plus bas encore dans mon message) : je m'attache à une pensée, un imaginaire, une vie idéale pour ne pas me retrouver seule.
Pour redire plus clairement et de façon claire certains points, j'ai vraiment du mal à écouter les autres (quand je disais que je pouvais avoir de la haine ou que je repoussais un peu l'autre), à être réceptive à ce qu'ils disent, à être expressive, à exprimer mes émotions, à dire : « Non, je veux faire ça, c'est mon choix je suis comme ça », je suis aussi très sensible à l'environnement qui m'entoure (je ne fais pas que voir mais je sens également les choses soit par exemple quand quelqu'un ne va pas bien je vais le voir mais aussi le ressentir et je vais avoir des tensions physiques, en bref je peux être impactée par un environnement négatif), je me pose un milliard de questions sur ce que pensent les autres de moi, je doute de moi aussi. Finalement, quand je regarde l'autre j'ai peur. C'est comme si je n'arrivais pas à trouver ma place parmi tous ces gens.
Au début je peux paraître très à l'aise mais en réalité quand les liens commencent à se nouer et quand les groupes d'amis se forment j'ai tendance à m'éloigner car je déteste l'effet groupe (j'ai toujours l'impression d'être exclue et j'ai d'ailleurs perdu des amis à cause de ça car justement ils se sentaient bloqués parce que c'était toujours moi et encore moi).
Dans ma relation avec les autres aussi, je parlais de réceptivité mais j'ai surtout du mal à prendre en compte le sentiment de l'autre ; j'ai parfois du mal à être empathique, à me mettre à la place de l'autre dans certaines situations, je suis aussi très maladroite (je peux blesser inconsciemment l'autre, dire les choses de manière très maladroite quand je dois « entrer en confrontation » et c'est souvent pour ça que je n'ose jamais les dire car je ne trouve jamais les mots adéquats) quand je formule une idée aussi je me comprends moi-même mais par contre l'autre à du mal à me comprendre ou il comprend autre chose que ce que j'essaye de lui dire donc j'ai du mal à trouver les mots adéquats pour formuler une idée et j'ai tendance à ne pas préciser ce que je dis (car moi je me comprends mais je ne pense pas que l'autre ne peut pas comprendre si je ne précise pas). Je n'ai pas d'exemple qui me vient pour illustrer ce propos mais si j'en ai un dans les jours à venir je le rajouterai dans un deuxième message.
De plus, j'ai énormément de mal à parler avec ma mère ; il y a des choses qui m'énervent parfois, j'ai envie de partir de chez-moi mais je n'aborde jamais le sujet ou alors implicitement (je lui avais dit que je voulais faire une demande de logement étudiant pour ma 2ème année de licence parce que je voulais être chez-moi mais en réalité c'est parce que je n'arrive plus à rester chez-moi, je ne me sens plus heureuse et je pense que j'ai besoin d'être libre). Cela fait longtemps qu'il n'y a pas eu de conflit, il n'y a pas vraiment de discussion sérieuse sur des sujets sérieux... Je préfère maintenant ne plus rien lui dire car je ne veux la mêler à ma vie et quand j'attends un avis sur mon problème et bah je ne l'ai pas (elle passe à un autre sujet du genre : « Tu vas faire quoi cet après-midi ? ») donc intérieurement je m'énerve et je suis obligée de lui poser cette question : « Qu'est-ce que t'en penses de ce que je viens de dire ? ». Ma relation avec ma mère a pourtant été très fusionnelle pendant des années, quand j'avais 14 – 15 ans on se disputait beaucoup. Cette fusion avait mis mal à l'aise mon père qui s'était senti exclu. Je suis également très éloignée de ma famille paternelle justement à cause de cette fusion (je ne me sens pas à l'aise du côté de mon père). Je pense que la relation avec ma mère a été tellement fusionnelle que je n'ai pas réussi à dialoguer avec le côté paternel et les autres tout simplement (car je ne pouvais être que pleinement moi-même en étant avec ma mère mais sinon les autres non mais aujourd'hui j'ai pris conscience que je devais « couper le cordon » et je souffre actuellement de tout ça, j'ai envie de partir de chez moi, je ne supporte plus de ne plus pouvoir dialoguer avec les autres, j'en ai marre de garder tout pour moi mais à chaque fois que je veux exprimer ma colère, ma tristesse rien ne sort ! Tout reste en moi!)
(Les choses risquent de ne pas être dans l'ordre et d'être un peu mélangées) Pour revenir sur l'expression de mes émotions, le fait de ne rien exprimer me fait de plus en plus souffrir, j'en ai marre de ne pas savoir m'affirmer, de me laisser faire, d'être trop gentille. Par exemple, la personne qui m'a agressée quand j'avais 10 ans, cela a été jusqu'au tribunal mais je l'ai revue après au moment des fêtes parce que c'est ma famille... Ces gens là ont envie de me revoir donc moi je ne sais pas quoi faire et quoi dire parce que j'ai un côté qui veut partir loin de chez-moi et ne plus avoir de liens car ces liens m'affectent trop (y compris avec ma mère) et j'ai un côté qui ressent l'amour naturel familial. Et cette situation à elle est présente dans pratiquement toutes mes relations ; je peux ressentir de la colère comme de l'amour pour ma mère par exemple. J'aimerais parfois crier ce que je veux ça, que je suis comme ça mais il y a toujours l'image des autres qui revient. Voilà. Quand je veux m'imposer et que je suis sur le point de dire ce que je pense, j'ai l'image de celui ou celle à qui je veux dire cette chose qui me regarde noir (en fait elle n'est pas vraiment nette cette image mais c'est surtout que j'appréhende le sentiment de l'autre et j'appréhende toujours le conflit, je crois toujours qu'il y aura un conflit.. Je m'interdis de dire cette chose car j'ai toujours cette image dans mon esprit de l'autre qui va me gronder (pour ne pas dire m'engueuler).
Une autre chose que j'ai remarquée et qui m'empoisonne la vie c'est que je n'arrête pas de rêver. Je n'arrête pas de penser et je ne suis jamais tranquille. Je m'échappe beaucoup dans un imaginaire que j'ai depuis mon enfance. Quand je veux méditer par exemple je m'imagine toujours dans ces lieux et c'est pénible parce que finalement je n'arrive pas à me retrouver seule avec moi-même. Et c'est justement ça le problème : je n'ose pas m'avouer qu'en réalité je suis seule car je pense que j'ai peur d'être seule (c'est une interprétation justement de pourquoi je rêve autant [c'est parce que je me réfugie dans quelque chose pour ne pas être seule] sinon je pensais que je faisais cela parce que je veux une vie meilleure mais le problème c'est que cet imaginaire me renferme également).
Encore une fois sur les émotions, j'aimerais décrire quelque chose d'assez impressionnant ; c'est que j'ai toujours eu une relation très compliquée avec le verbe « pleurer ». Je déteste pleurer devant les autres, parfois j'ai envie de pleurer mais cela ne sort pas, quand je pleure je préfère oublier après que j'ai pleuré (donc en fait je refoule mes souffrances) et généralement je n'arrive pas à pleurer quand j'en ai envie (parce que j'ai du mal à lâcher prise).
Enfin, je suis quelqu'un de très stressée et j'ai du mal à me détendre (j'ai beau méditer, faire du yoga ou faire des séances d'hypnose j'ai du mal à lâcher prise car comme je l'ai expliqué j'ai du mal à me retrouver complètement seule car je suis trop focalisée sur l'extérieur), je ressens à plusieurs reprises des tensions physiques (très localisées : au niveau des joues, un peu des oreilles, surtout des mâchoires et c'est souvent le côté gauche qui est le plus tendu, un peu le dos, la nuque ; je décris car je crois que chaque partie du corps est lié à une fonction du mental soit par exemple tout ce qui va être mâchoire va être en rapport avec la parole, le fait de dire ou pas ce que l'on pense).

Je sens finalement qu'il me manque des choses pour être pleinement heureuse et que cela bloque.
J'essaye déjà de reprendre moi-même ma vie en main en me bougeant chaque jour mais je sens que ce n'est pas suffisant car je suis beaucoup trop stressée en présence de l'autre comme j'ai pu le décrire et je sens que j'ai besoin d'un accompagnement thérapeutique mais j'ai besoin de me sentir pleinement en confiance avec la personne en face par contre (car les séances chez le psy par exemple je n'étais pas trop à l'aise, souvent je sortais du rendez-vous en étant mal mais bien-sûr je ne le disais pas... Grave erreur).
A chaque fois que je me dis que je vais commencer une thérapie finalement je me dis soit je vais chercher la solution moi-même soit je n'y pense plus quelques jours plus tard, puis j'y pense et n'y repense plus et etc... donc j'ai du mal à me décider. Mais en réalité j'ai surtout du mal à trouver LA thérapie qu'il me faut pour traiter mon problème car j'ai essayé l'hypnose en cabinet mais je sens que ce n'est pas suffisant, j'ai essayé les psys (soutien psychologique) mais je n'arrive toujours pas à me détacher de ce mal-être qui dure depuis plusieurs années (je sens que j'ai un mal-être profond mais je n'arrive toujours pas à le décrypter, à poser un mot exact dessus mais juste décrire mes comportements avec moi-même et avec les autres comme j'ai pu le faire dans mon message). Je ne dis pas qu'il n'y a pas eu des améliorations depuis ces années mais tout ce que je vous ai décrit là est mon problème actuel.

Par conséquent, j'aimerais bien avoir vos avis sur ce que je viens de dire et une réponse à cette question : quelle serait la thérapie la plus adéquate pour traiter ce problème (ou plutôt ces problèmes car y en a plusieurs) sachant que j'aimerais traiter le plan mental et le plan physique (car j'ai décrit des tensions physiques dans mon développement) ?

Je suis disponible pour tout éclaircissement de mon problème si besoin car il n'est vraiment pas évident à expliquer (en vrai cela aurait été beaucoup plus difficile donc déjà en parler ici me libère beaucoup et je suis plutôt impressionnée d'avoir pu le décrire avec précision).

Cordialement,

Flavie

Meilleure réponse

Bonjour Flavie,

Je voudrais d’ores et déjà vous féliciter d’avoir fait le premier pas vers l’autre – afin d’essayer de comprendre vos conflits intérieurs. J’espère qu’en écrivant ce message, vous avez pu mettre des mots sur votre souffrance.

Je note dans votre discours un manque de confiance en l’autre et ses intentions – ceci pourrait être dû, comme vous le dites, à l’agression sexuelle que vous avez subi à l’âge de 10 ans par un membre de votre famille qui est supposé vous protéger et vous soutenir. Il est important de souligner que cette agression peut avoir causé des dégâts non négligeables sur votre confiance en soi et surtout sur votre rapport aux autres. Cette agression aurait pu aussi nuire à votre sens d’intimité. Ainsi, vous ne vous sentez jamais en sécurité totale. D’où la question suivante : avez-vous parlé de cette agression à vos parents ? Avez-vous confronté votre agresseur concernant la souffrance qu’il vous a imposée ?

Les victimes d’agression sexuelle se sentent souvent seules lorsqu’elles gardent ce « secret » car elles se sentent souvent coupables –sans raison – de cela.

Je note également une contradiction dans votre discours : vous dites ne pas supporter les relations intimes et d’un autre côté je ressens un désir de connaître l’autre (ce qu’il pense etc.). Serait-il possible que vous désirez avoir des relations mais que vous avez peur d’être blessée par l’autre ? Si oui, quelle démarche pourriez-vous entreprendre afin d’être bien entourée ?

S’il était possible d’exprimer votre colère et votre tristesse, que diriez-vous ? Et à qui ? Je propose que vous écrivez cela sur un bout de papier afin que votre esprit soit clair.

Pour finir et en réponse à votre question, la thérapie qui vous conviendrait est celle qui vous permettrait de vous exprimer librement, sans jugement. C’est à vous de trouver le / la psychologue qui vous mettra suffisamment en confiance afin de pouvoir parler avec aise (en sollicitant des informations, en appelant le psy etc.).

Je vous souhaite bon courage,
Joanna

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Flavie,

Vous avez parfaitement exprimé votre souffrance et vos craintes et cela n'a pas dû être facile. Merci de votre confiance.

Vous avez subit un grave traumatisme, provoqué par une personne de votre famille, une personne en qui vous aviez confiance, alors que vous n'étiez qu'une enfant.

Comment faire à nouveau confiance sans réparer cela ?

Vous dites de pas pouvoir vous affirmer par rapport aux autres, de ce fait, leur présence devient envahissante et forcément pesante. Nous avons tous besoin de notre espace vital, nous avons besoin d'affirmer nos limites pour pouvoir cohabiter avec les autres. Sans ces limites nous nous perdons et c'est insupportable.

Pour pouvoir s'affirmer, pour pouvoir poser ses limites, il faut se sentir en sécurité.

Je pense qu'une thérapie avec un psychanalyste ou thérapeute analytique vous conviendrait parfaitement. N'hésitez pas à consulter plusieurs personnes pour trouver celle avec qui vous allez vous sentir parfaitement à l'aise pour entamer ce travail.

C'est parfois difficile de franchir le pas, d'affronter ces choses refoulées au plus profond de soi parce qu'elles nous terrifient, mais lorsque c'est fait, le soulagement est immense.

Prenez soin de vous, accordez-vous ce temps de parole et de guérison.

Restant à votre écoute,
Patricia Berna Thérapeute analytique

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4 FÉVR. 2019

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