Une société qui ne me correspond pas

Réalisée par Rewy · 30 juin 2018 Thérapie brève

Bonjour.

C'est d'abord réticente, je l'avoue, que je viens poser ma plume sur ce site. Je n'aime pas vraiment l'idée d'écrire en public, mais le fait de donner sa ville et son téléphone ne me rassure pas beaucoup. J'ai un peu de mal avec internet, on ne sait jamais ce qu'il peut se passer.

Je vais faire simple et court : je déteste ce monde. Je n'aime pas le fait de vivre dans une société similaire à une démocratie, mais qui n'est pas vraiment ce qu'elle laisse penser. Je haïs les êtres humains, et donc, par conséquent, moi-même. J'en viens souvent à penser que je suis né dans le mauvais monde, à la mauvaise période.

Pourquoi s'efforcer de vivre pour les autres, quand on peut disparaître aussi facilement ? Nous n'avons qu'une seule manière de naître (fin, avec plusieurs types de mécanismes comme la césarienne, mais j'espère être comprise par là) et tellement de possibilités en ce qui concerne la mort ! Pendaison, mutilation, les veines, le suicide, les accidents.

Alors, pourquoi faire des efforts pour construire sa vie, quand tout peut basculer d'un jour à l'autre ? Pourquoi se fatiguer à bosser, à étudier, si c'est pour que tout s'arrête un jour ? Je n'en vois pas l'utilité. La nature de l'être humain est de tuer, il reste un animal avant tout. Regarder ce que nous faisons avec les animaux, regarder comment nous détruisons l'espace qui nous entoure, comment nous nous déchirons mutuellement pour des broutilles politiques, et pourtant !

Ne sommes-nous pas une même race ? Alors pourquoi tant de haine ? Pouvoir, richesse, tout cela est le sommet de ce que nous convoitons. Beaucoup d'êtres humains seraient prêts à trahir pour obtenir ce qu'ils désirent. Je ne comprends pas pourquoi je suis encore ici, peut-être qu'au fond, je ne veux pas disparaître parce que j'ai peur ? Après tout, je n'ai jamais demandé à venir au monde. Je n'ai jamais espéré avoir une belle vie au sein de cette société si détestable ! Enfin, je ne suis qu'une simple adolescente, qu'est-ce que je peux savoir ?

Combien de fois les gens m'ont dit : "Mais, tu as encore tellement de choses à découvrir, il te reste encore toute la vie !". Et que du blabla. J'aimerais juste que la douleur s'estompe, qu'on me laisse tranquille, qu'on arrête de me faire des reproches et que je devienne moi-même, ce que je suis véritablement. Cependant, ça n'a pas l'air d'être pour les mois à venir. Le pire est que j'ai une vie idéale : une famille unie, jamais rencontré le problème du harcèlement, ni de choses très douloureuses au cours de mon existence. Donc, quel est le problème, me demanderiez-vous ? Tout.

J'ai une mère qui est très gentille, attentionnée et qui fait attention à moi. Parallèlement, c'est le type de personne qui s'incruste un peu trop dans votre vie en vous posant toujours, tous les jours, des questions comme : "T'es où ?", "Tu parles à qui ?", "Tu fais quoi ?", "Tu vas où ?", "Jusqu'à quelle heure ?". Enfin, c'est normal pour une mère de s'inquiéter, je n'ai jamais dit le contraire. Le problème est qu'elle me pose parfois ces questions quand je suis à la maison, parfois juste quand je vais aux toilettes et parfois, ça m'énerve. J'ai l'impression d'étouffer.

Certes, je peux sortir à ma guise et ce, quand je veux, mais cela ne correspond pas vraiment. C'est aussi une femme qui me répète souvent "Souris !", "Habille-toi plus féminin", "Tu ne m'envoies plus de messages et tu ne m'appelles plus comme avant, tu as changé". Voilà un côté détestable de l'être humain, il suffit de constater pour comprendre ! Je suis une fille, donc je dois m'habiller avec des vêtements mignons, qui correspondent à une fille ! Magnifique, non ? Quelle mentalité !

Seulement, je suis une 'fille' qui porte des joggings, t-shirts et qui s'habille rarement comme elle devrait s'habiller. Je ne me maquille jamais, je ne mets jamais de vernis, au diable tout cela ! Je me demande parfois si ma mère m'accepte comme je suis ? Cela ne m'étonnerait pas si ce n'était pas le cas, car je préfère mille fois les jeux vidéos, la musique ! Une geek dans l'âme. C'est une sortie de secours l'ordinateur, la switch, la 3DS. Cela me permet de m'enfermer, d'être à l'abri de la méchanceté humaine, même si on trouve des cas aussi sur internet, je ne dit pas le contraire. Seulement, je ne traîne que sur ce qui m'intéresse, comme ça, cela me correspond et je n'ai pas besoin de sociabiliser ou autres. Ma mère me fait souvent le reproche de ne plus être comme avant, mais c'est normal. Elle n'arrive probablement pas à comprendre que j'ai aussi grandi.

En même temps, je suis déjà mutilé une fois. Une seule fois. Mes parents l'ont découvert quelques jours après, et m'ont demandé le pourquoi du comment. J'ai simplement répondu quelque chose au hasard. Ce n'est pas comme si ça m'avait fait plaisir de faire une chose pareille. Ce n'est pas comme si j'adorais me faire du mal. Nous avons eu une longue discussion, sur le fait que la scarification n'arrangeait pas les choses, que cela ne servait à rien et quoi encore ? Ah, je ne sais plus ! Quelques mois après, j'ai commencé à renifler tout ce qui s'allie aux feutres, au blanco et au vernis. Je ne pouvais m'empêcher de renifler tout cela, j'adorais l'odeur ! Ma mère l'a encore découvert et m'a parlé car elle disait que c'était grave. Puis, elle m'a ensuite dit : "Je ne peux plus te faire confiance. Qu'est-ce que tu feras la prochaine fois qu'on te laissera seule ? Après la mutilation, et maintenant ça ?". Haha ! Quelle ironie venant d'elle ! Quoi, ça la dérange tellement que je sois différente de la petite fille douce et mignonne que j'adopte au lycée et devant les personnes étrangères ? Quoi, est-ce que cela pose un problème que je fasse tout ça ?

Cette réflexion venant de la part d'une personne qui VEUT me changer, la bonne blague ! Je suis ce que je suis, je ne demande pas qu'on m'accepte. Je n'ai jamais eu une seule dispute avec ma mère, on ne s'est jamais fait la gueule une seule fois. Parfois, ma mère haussait la voix, mais c'était tout. Je ne lui ai jamais rien dit sur la nature de mes sentiments, sur ce que je ressens par rapport à son attitude. Où trouverais-je un semblant de paix ?

Certains font du harcèlement aux autres parce qu'ils se sentent supérieurs, d'autres maltraitent les animaux car ils se considèrent différents d'eux, d'autres sont des amis sans vraiment l'être. Poignard dans le dos, sourire en face. Je crois que cela résume assez bien la société dans laquelle nous vivons. On m'a déjà dit que j'avais une personnalité ambivalente, j'aurais voulu savoir l'exactitude de ce terme ? S'il vous plaît. Je le retrouve très souvent associé avec la schizophrénie, mais je ne pense pas en être atteinte ? Deux côtés s'opposent en moi : la gentille petite fille mignonne qui ne riposte jamais, qui se laisse marcher dessus, qui montre toujours de l'empathie envers les gens contre la face qui veut s'isoler de la société, révéler la personne qu'elle est véritablement, se montrer plus ferme, et même envoyer bouler les gens. Je ne montre pratiquement jamais le deuxième, de peur d'une mauvaise réaction. "Ma mère est ma mère, je n'ai pas envie de briser notre relation en lui piquant une crise et en lui disant la vérité en face."

J'aimerais juste la solitude, pour une fois.
Juste seule.
Juste moi.
Et peut-être aussi de l'aide.

Merci de m'avoir lu.
Passez une bonne après-midi.

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Meilleure réponse 2 JUIL. 2018

Bonjour Rewy,
Il me semble que vous développez ici un autre message plus court que vous avez posté sur le site. Je vais répondre à votre question sur l’ambivalence. C’est lorsque 2 sentiments opposés surviennent en même temps sur un même sujet. Par exemple on va adorer ou détester quelque chose ou quelqu’un. Évidemment l’ambivalence est difficile à vivre car elle pose une problématique forte en termes de choix. Compliqué de prendre des décisions quand on pense tout et son contraire. Un schizophrène sera également ambivalent tandis qu’une personnalité ambivalente n’est pas obligatoirement schizophrène Vous évoquez que l’on vous a dit que vous aviez une personnalité ambivalente : qui est ce « on »? Un professionnel de la psychologie ? Si tel est le cas, vous êtes certainement déjà entre les mains de spécialistes. Dans le cas contraire, ne faites pas grand cas de se jugement à l’emporte-pièce...
Ce qui est plus inquiétant, c’est le mal être dont vous souffrez. Je rejoins le conseil de mon collègue sur votre autre post, poussez la porte d’un thérapeute. Vous avez besoin de parler, de décharger vos fardeaux psychologiques. Ne perdez pas espoir, le soleil brille pour vous aussi. Prenez soin de vous.

Lucile Lapalut Psy sur La Celle-Saint-Cloud

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2 JUIL. 2018

Bonjour,

Vivre pour les autres et disparaître, il y a comme un rendez-vous manqué entre votre réel et la réalité qui ne répond pas à vos attentes. Tout ce qui vous entoure est une réalité sérieuse car votre attente est déçue, votre croyance déchue ne peut plus se relever. Votre ambivalence entre l’envie de vivre et celle de mourir est un cri d’amour caché à la vie, votre vie.

Vous pouvez prendre votre place et créer ! Mener votre combat pour changer les choses selon le regard que vous portez sur ce qui vous entoure ! La société a besoin de votre critique ! Vous avez l’impression d’étouffer, alors respirez pleinement en créant votre point de vue qui changera un peu le courant de la vie. Au principe de plaisir qui vous enferme et vous protège créez votre réalité qui protégera tout autant le plaisir que vous aurez à vouloir parler, dire, pour changer les choses selon votre pensée.

Difficile de mettre la distance, de repérer ses limites, d’avoir besoin tout en s’en séparant. « je ne demande pas qu’on m’accepte » non vous ne le demandez pas mais vous aimeriez bien. L’ambivalence est la contradiction entre avoir besoin de l’autre et désir de s’émanciper de l’autre. Si la séparation n’a pas été bien faite au moment de la distance d’avec ses parents il peut y avoir automutilation, ou scarification. Cela consiste à ressentir au niveau de la peau à tester où sont les limites psychiques entre soi et les parents. À votre manière, vous cherchez à vous créer un monde dans lequel vous vous sentirez bien et qui vous aidera à vous séparer du désir du cocon familial. Cela s’appelle approche de l’autonomie, différenciation, individuation.

Vous trouverez votre différence en entrant dans le jeu social, en définissant votre place. Aux Échecs aujourd’hui vous êtes un « pion » dès demain ou après cette lecture vous pouvez devenir votre « Cavalier », une « Tour », puis la « Reine » .
Je vous le souhaite.

Alain Giraud
Psychothérapie Analytique

Alain GIRAUD Psy sur Avignon

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2 JUIL. 2018

Bonjour à vous,
votre monde vous appartient et vous appartiendra toute votre vie. Néanmoins, il serait intéressant d'avoir le courage de grandir; pour cela faut-il encore que votre maman le veuille AUSSI! Pour l'aider à vous aider à grandir sans culpabilité, il serait i intéressant d'envisager une consultation auprès d'un professionnel ensemble avec votre maman...et commencer enfin une vie nouvelle ...
Cordialement
Berrine JANSSOONE

Berrine Janssoone Psy sur Aix-en-Provence

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