Comment mieux vivre la période de confinement ?

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Crise sanitaire, confinement, deuil... ces bouleversements ne sont pas sans conséquences, comment éviter que cela ne se transforme en troubles psychologiques ?

31 MARS 2020 · Lecture : min.
Comment mieux vivre la période de confinement ?

Avec le confinement et l'arrêt de nos activités principales (travail, loisirs), nous passons d'un rythme souvent trépidant à interruption brutale de nos habitudes. Par ailleurs, l'actualité anxiogène nous empêche de nous projeter sereinement dans l'avenir, et des gestes hier anodins deviennent compliqués, comme lorsque se pose la question de rester en vie en allant faire ses courses…

Ces bouleversements ne sont pas sans conséquences pour notre santé psychique et physique et peuvent entraîner différents troubles : perte de repères, perte de de sens, instabilité émotionnelle, troubles du sommeil ou du comportement alimentaire, troubles anxieux, violence conjugale…

Que pouvons-nous faire pour éviter de développer ces troubles ? Comment « gérer » le confinement des enfants ? Voici quelques conseils, non exhaustifs, que vous pourrez compléter à votre guise.

LA GESTION DU TEMPS : GARDER LE RYTHME !

La cessation de l'activité professionnelle entraîne une redistribution du temps, qui laisse beaucoup de place aux passe-temps. Ce déséquilibre n'est pas toujours bien vécu et peut laisser un sentiment d'inutilité. Voici comment y répondre :

  • Si vous ne télétravaillez pas, vous pouvez établir un planning, sur plusieurs semaines de choses utiles et/ou agréables que vous pouvez faire et que vous reportez habituellement, faute de temps : ranger/nettoyer le grenier, l'atelier, le bureau, les placards – trier un album de photos – lire ou relire un livre – écrire un livre – composer une musique – peindre - revoir la disposition du mobilier dans vos pièces – inventer de nouvelles recettes de cuisine, avec les ingrédients du bord – vous déguiser ou vous maquiller en famille et échanger vos créations sur votre smartphone, etc. L'idée est de vous donner de petits objectifs-plaisir et des objectifs-utiles, sous forme de challenges, que vous inscrirez sur votre agenda, et qui vont rythmer et ritualiser votre quotidien.
  • Continuer de vous lever et de vous coucher à heures fixes, et sans dépasser une heure par rapport à votre ancien rythme, pour éviter de trop vous décaler, ce qui aurait pour conséquence de modifier votre horloge biologique interne et rendrait la reprise, dans quelques semaines, beaucoup plus difficile
  • Si la solitude vous pèse, organisez des télé-apéros, télé-repas, télé-visites… avec vos proches ou vos amis, appelez vos proches, écrivez-leur...
  • Si la promiscuité vous pèse, trouver comment vous ménager quotidiennement des moments de solitude pour vous recentrer et prendre soin de vous, et permettre à votre entourage d'en faire autant. Cela peut se faire dans le jardin, dans une pièce de la maison, ou même dans un coin de la pièce commune si vous n'en avez qu'une, en utilisant un casque pur vous isoler du bruit et en demandant à vos cohabitants de ne pas vous déranger
  • Continuer à vous alimenter à heures fixes, sans vous décaler, et attention au grignotage lié à l'oisiveté, une bonne raison supplémentaire de mettre en place le point 1. Avec moins d'activité, votre corps a besoin de moins de calories, vous pouvez penser à adapter votre alimentation
  • Prendre soin de votre apparence : même si vous ne sortez pas, continuer à vous habiller, vous maquiller, vous parfumer et maintenir une bonne hygiène contribue à l'estime et au respect de soi, et des autres
  • Si vous n'y tenez plus souvenez-vous que, si vous êtes en bonne santé et sauf décret particulier de votre maire, vous avez le droit de sortir pendant 1 heure pour pratiquer une activité physique, dans un rayon d'un kilomètre autour de votre domicile, en maintenant les gestes barrière, et à condition de ne pas en abuser...

LE CONFINEMENT AVEC LES ENFANTS

Ce droit de sortie vaut aussi pour les enfants mineurs, sous la responsabilité d'in adulte.Tant que l'enfant ne s'inquiète pas, il n'y a pas lieu non plus de vous inquiéter pour lui au sujet du confinement, sinon c'est votre propre angoisse qu'il pourrait ressentir...

Avant l'âge de raison (7/8 ans) pas la peine non plus de vous lancer dans de grandes explications que votre enfant ne pourrait comprendre à propos de la maladie ou du confinement. L'essentiel est que vous soyez "calé(e)" vous-même émotionnellement à ce sujet (c'est à dire ne fabriquiez ni culpabilité ni angoisse) et de lui dire, s'il le demande, que pour le moment c'est comme ça !

Jusqu'à 3 ans, votre enfant n'a pas un besoin impérieux de développer à tout prix ses relations sociales et peut tout à fait bien vivre de passer 2 mois sans voir ses petits camarades. Ce qui va être important en revanche c'est de maintenir le lien avec les personnes qui faisaient déjà partie de son environnement "affectif" avant le confinement : nounou, grands parents, frères et soeurs, oncles et tantes, et éventuellement meilleure copine, etc. Vous disposez pour cela du téléphone et des visio-conférences (Skype, etc.).

Si ces contacts virtuels sont impossibles (ce dont je doute) vous pouvez aider votre enfant à maintenir le lien symboliquement, en écrivant une lettre, en effectuant un dessin, qui sera envoyé par la Poste ou qu'il remettra au destinataire une fois le confinement levé.

Veiller aussi à ne pas trop modifier les rituels qui étaient les siens avant le confinement : maintenir autant que faire se peut les bonnes habitudes et le rythme quotidien des horaires (couché, repas, toilette, etc.).

A partir de 3 ans, il existe une foule d'activités manuelles que vous pouvez mettre en place à la maison avec votre enfant, sans que les sorties ne lui manquent. A un âge où commence l'apprentissage de l'autonomie, vous pouvez l'inviter à faire davantage de choses seul (jouer, s'habiller, se laver...), le confinement vous rendant plus disponible pour accompagner et surveiller cet apprentissage.

Pour les plus grands (à partir de 7 ans), vous pouvez leur demander de participer davantage aux taches familiales quotidiennes, en valorisant l'importance de leur rôle et de leur contribution à l'effort collectif que vit tout un chacun à travers le monde, et dans la conscience de participer à un moment historique.

Avec les ados et pré-ados, qui risquent de vouloir s'opposer aux limites de confinement (qu'ils vivront peut-être comme une punition) : les aider à accepter en expliquant la différence entre une punition (jugement arbitraire et surprenant) et une sanction (mesure collective et connue, garante d'une loi qui protège).

Mettre à leur disposition (tout en en régulant l'accès) les outils dont dispose le foyer (tablettes, smartphones, ordi) pour maintenir le contact avec leurs amis. Car se sont eux qui risquent de souffrir le plus de la coupure du lien social.

Les inviter à mettre du sens sur ce qui est en train de se passer, en accueillant leur point de vue, en les aidant à se projeter positivement dans l'avenir après la catastrophe.

Pour terminer, ne pas oublier de prendre soin de vous en vous ménageant des moments pour vous, car c'est surtout votre état émotionnel que votre enfant va percevoir et interpréter.

DEUIL ET CONFINEMENT

Certains d'entre nous allons déplorer la perte brutale de proches, auxquels les mesures de confinement ne nous aurons pas permis de dire au revoir comme nous l'aurions souhaité. Ce sacrifice nécessaire « pour le bien de tous » peut sembler bien difficile et cruel aux familles touchées, qui pourraient se trouver en difficulté pour justement faire le deuil d'un être cher, qui aura littéralement « disparu ». C'est une double peine !

Il est plus que jamais important que ceux d'entre nous qui ont à vivre un deuil puissent trouver un espace pour vivre leurs émotions, auprès d'un proche, d'un(e) ami(e), même par téléphone ou par vidéo. Quand cela n'est pas possible, nous pouvons écrire une lettre au défunt, qui sera conservée le temps du confinement et déposée ensuite sur le lieu de sépulture ou dans un endroit symbolique qui fait sens, pour le défunt comme pour l'auteur.

Si vous vous sentez trop isolé(e) vous pouvez également faire appel à un(e) psychothérapeute en téléconsultation, qui vous aidera à traverser cette épreuve.

LA GESTION DES ÉMOTIONS

Votre capacité à gérer vos émotions est en lien avec la façon dont vous allez investir le temps psychologique.

  • Pour court-circuiter les pensées anxiogènes, se recentrer sur le Présent, et sur ce que la situation du jour demande de faire. Certaines techniques comme la méditation ou la sophrologie peuvent vous aider en ce sens, et vous pourriez être étonné(e)s des bienfaits de ce recentrage
  • Eviter de focaliser et de repasser en boucle les informations. 30 minutes d'informations par jour suffisent pour être au courant de l'essentiel de ce qu'il faut savoir
  • Relativiser (tout en restant vigilant) : le moment viendra où vous penserez à cette crise au passé !
  • Si vous avez besoin de vous projeter dans le futur, que ce soit uniquement de façon positive, en imaginant par exemple les bons moments que vous allez passer en retrouvant vos amis ou vos proches, et comment vous pourriez fêter cela, ce qui peut aussi déboucher sur un objectif à poser sur l'agenda…
  • Le confinement et la promiscuité peut entraîner frustration, colère, rébellion… Pour éviter d'illustrer l'adage selon lequel ce qui qui ne s'exprime pas explose, veiller à exprimer vos ressentis et émotions, soit aux personnes qui sont avec vous, et toujours avec bienveillance, soit en tenant quotidiennement un journal dans lequel vous pourrez laisser libre court à ces émotions ; ou encore en dessinant, en jouant de la musique, en rappant, etc.
  • L'humour est une arme redoutable contre les idées noires, autorisez-vous à en faire, même au sujet la situation difficile actuelle !
  • Pour bien communiquer avec vos proches, plutôt que les reproches privilégier les remarques et les demandes, afin d'éviter les scènes de ménage : «Y'en a marre, tu mets jamais la table, c'est toujours moi qui fait tout ici ! » est un reproche. « Je vois que tu n'es pas très occupé, est-ce que tu peux mettre la table s'il te plait ? » et « j'ai besoin que tu m'aides pour mettre la table » sont des remarques et des demandes.

Et pour finir, vous souvenir d'être créatifs pour inventer, expérimenter, tester, et mettre à profit cette parenthèse historique de votre vie… La créativité redonne du choix, votre créativité, c'est votre liberté !

Bien à vous !

Photos : Shutterstock

Écrit par

Caroline Gormand Linkedin

Psychopraticien nº Adeli :

Praticienne en psychothérapie et Hypnose - Sophrologue Sa vocation est de vous accompagner dans les changements que vous souhaitez pour vous même, dans le cadre d’une écoute bienveillante, afin de vous aider comprendre vos difficultés et blocages, et faire émerger les ressources, savoir-faire et savoir-être que vous pouvez mobiliser.

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