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Le deuil : le point de vue des psychologues

Nous avons interrogés deux psychologues du site pour qu'ils nous aident à mieux comprendre le processus du deuil et les étapes qui le composent.

29 mai 2014 Deuil - Lecture : min.

psychologues

Le deuil, dont l'origine éthymologique est dolus, douleur en latin, provoque des sentiments de tristesse et de souffrance psychique, parfois même de souffrance physique, et oblige à se confronter à un changement radical et définitif. Mais que peut-on faire pour entamer le parcours qui nous mènera à la résilience, c'est-à-dire à l'acceptation du traumatisme pour pouvoir se reconstruire ?

Pour compléter notre article "Le deuil : témoignages face au vide", nous avons interrogé deux psychologues pour en savoir plus sur le processus du deuil, les mécanismes qui se mettent en place et les phases que l'on traverse, habituellement, lorsque l'on doit se confronter à la mort d'un être cher : Sylvianne Spitzer, psychologue, criminologue et victimologue, et Maurice Gaillard, psychologue clinicien et victimologue.

La relation à la mort en Occident

Sylvianne Spitzer

Contre toute attente, plus la population vieillit et plus nous vivons longtemps, plus on cache la vieillesse et moins nous osons parler de la mort. Certaines sociétés fêtent la mort, c'est un passage d'un état à un autre, qui doit se faire dans la joie. Alors on danse, on chante, on mange et on en profite pour parler du défunt.

Dans nos sociétés occidentales, la façon même d'aborder la mort décrit la façon dont nous la concevons : nous parlons de "disparus", nous avons "perdu" quelqu'un, la personne s'est "éteinte". Mais il est rarement dit "elle est morte", "il est décédé"... Pourtant, ces expressions limitent le lien qui nous relie au passé. Cela ne veut pas dire "oublier les défunts", mais cela veut dire, qu'au moment où ils meurrent, ils deviennent partie prenante de notre passé et pas de notre présent. Ne pas parler de mort n'aide pas à faire son deuil.

Maurice Gaillard

Peut-on encore parler de l'Occident comme un bloc monolithique qui aurait sa vision de la mort ? Si l'on distingue :

  • la mort, processus inéluctable qui renvoie à notre passage sur terre et à la question de l'au-delà ;
  • les obsèques, en tant que rite social ;
  • le deuil, en tant que processus individuel.

Déjà, sur ces trois aspects, les références religieuses, culturelles ou autres, marquent largement de leurs différences nos communautés d'appartenance. Pour en revenir au deuil proprement dit, on est là dans la dimension individuelle. Que l'on soit croyant, non croyant, que l'on croie à la réincarnation ou à tout autre chose, il y a un travail de séparation et de reconstruction qui doit se mettre en place.

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Les mécanismes qui se mettent en place et les phases du deuil

Sylvianne Spitzer

Dans le deuil, il faut passer par une phase dépressive, puis accepter la perte de la personne aimée pour pouvoir enfin se reconstruire sans cette personne. C'est une nouvelle élaboration psychique. Ce ne sont donc pas tant des mécanismes que des phases :

1. Incrédulité

Les vivants n'acceptent pas l'idée que la personne ne soit plus vivante. La proximité de la date du décès fait que ceux qui "restent" ont l'impression que la personne s'est absentée, qu'elle est en vacances, mais qu'elle va revenir. La vue du cercueil aide à l'acceptation, mais ce n'est pas suffisant.

2. La colère

"Mais comment est-ce possible ? Comment a-t-elle/il pu nous faire cela à nous ? Comment vais-je faire maintenant qu'il/elle n'est plus là ?". Les vivants cherchent une explication à la mort. Ils tentent de lui livrer un combat sans espoir, un combat qui -si la mort reconnaissait ses torts et les tourments qu'elle nous fait subir- ferait certainement revenir le mort. En fait, cette colère ne s'adresse pas vraiment au décédé, elle s'adresse surtout à l'état de mort.

3. L'abattement

À un moment, il y a une prise de conscience que la personne n'est plus là et qu'elle ne reviendra pas. C'est le moment où l'appartement paraît vide, où on ne peut regarder les photos sans pleurer. C'est aussi le moment où il faut régler plusieurs questions administratives lourdes (banque, mairie, impôts, CAF...), ce qui peut compléter "d'enfoncer" certaines personnes fragilisées. C'est une phase de dépression où on peut parfois voir s'installer une culpabilité (ne pas avoir été assez présent(e), ne pas avoir tout dit, ne pas avoir été suffisamment précautionneux/se), cela peut mener à des pensées suicidaires.

4. L'acceptation

Au bout de quelques mois (six au minimum), si le processus a pu continuer son chemin, chacun a intégré que la personne est morte, qu'elle n'est plus présente dans nos vies. C'est le moment de tout réorganiser : vendre son appartement, ranger les photos, changer ses habitudes.

5. L'apaisement

Les souvenirs du décédé restent mais s'estompent. Les proches reprennent leur cycle de vie. Jamais comme avant, avec un manque ou un soulagement, mais chacun peut à nouveau s'ouvrir au monde et envisager d'être de nouveau dans l'agir.

Maurice Gaillard

Le travail de deuil sera plus ou moins long, plus ou moins douloureux, selon les circonstances du décès, l'âge du défunt, l'âge de la personne endeuillée. Dans ma pratique en victimologie, je suis le plus souvent confronté à des décès brutaux qui constituent un véritable coup de tonnerre pour l'entourage. Perdre une personne âgée, à l'issue d'une maladie, laisse encore le temps d'une préparation, tout autant matérielle que psychologique.

Lors d'une disparition brutale, c'est toute la vie quotidienne, dans ce qu'elle a de plus basique, qui se trouve remise en question du jour au lendemain. Dans les premiers temps, cela laisse peu de place au travail de deuil proprement dit. Ce n'est que plus tard, après avoir géré l'urgence, que l'entourage va alors réaliser et devoir s'habituer à l'absence.

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Différents types de deuil ?

Sylvianne Spitzer

En fait, face à un décès, nous passons tous par les mêmes phases. Sauf que, lorsqu'on a eu le temps de se préparer psychologiquement à la mort de la personne, le délai entre la phase 1 et la phase 4 est plus court. La rationalisation n'y peut rien. Même lorsqu'on a vu la personne malade, en souffrance, il y a toujours une phase de colère, mais l'apaisement vient aussi plus rapidement car, face à une personne en souffrance à laquelle nous ne pouvons apporter que peu de solutions, nous sommes soulagés de ne plus la savoir dans cet état.

Mais cela vaut surtout pour les personnes âgées car, dans notre conception du deuil, il y a un cycle logique. Les plus vieux d'abord et, au fur et à mesure, chacune des générations se rapprochant de la fin de vie. Mais, parfois, je devrais dire souvent, car la vie comme la mort sont plus facétieuses qu'on ne le croit, ce sont des personnes jeunes qui sont concernées. Là encore, le deuil passe par les mêmes phases, mais la phase de colère dure plus longtemps.

Nous reprochons à la mort de ne pas avoir laissé la chance de continuer à une personne dans le bel âge, nous sommes outrés de voir que la mort peut s'en prendre à de jeunes enfants "innocents". Comme s'il y avait des personnes qui pouvaient ou méritaient de mourir et d'autres non... L'irrationnalité, qui se pose sur une émergence puissante des émotions, prend le pouvoir.

Dans le cas de décès brutaux, pas de préparation psychologique possible. C'est un véritable choc. Le travail de deuil stagne pendant un certains temps en phase 1 et en bord de la phase 2. "Pourquoi lui/elle ?" "Ce n'était pas son heure !" "Ce n'est pas possible !". On tente de rationnaliser : que s'est-il passé ? Comment ? Comme si "savoir" allait, encore une fois, ramener à la vie et effacer la mauvaise nouvelle.

Mais le choc devient traumatique car, par nature, nous avons tendance à nous croire éternels. La mort violente touche ces autres qui sont loin, pas nous. C'est là que peut se mettre en place une rupture psychique. L'esprit ne peut admettre l'inadmissible alors il se "déconnecte", si je puis dire. Et c'est l'entrée dans la pathologie mentale.

Maurice Gaillard

On a parlé d'étapes de deuil. C'est vrai, mais je pense qu'elles se réfèrent plus au deuil brutal. Le déni, la colère, la dépression, la reconstruction jusqu'à l'apaisement. On retrouve peu ou prou cela. Mais le travail de deuil est bien souvent cyclique, avec des hauts et des bas, des périodes de confusion, de lucidité, de refus, d'acceptation... Ce n'est jamais simple, jamais prévisible.

Pour ce qui est des points communs, chaque deuil est unique, même s'il renvoie au sentiment cruel d'une absence définitive, et ce terme "définitive" est très important. Notre société technologique nous donne l'impression de maîtriser, d'une certaine manière, l'espace et le temps : on peut fixer des moments de vie sur un réseau social, revenir en arrière, recommencer une expérience, la modifier. La mort, en revanche, ne laisse aucun choix. Pas de retour. C'est comme cela et pas autrement.

Maintenant, difficile de mettre sur le même plan existentiel la perte d'un enfant tué accidentellement et le décès d'un papy, d'une mamie, à l'issue d'une longue maladie. Dans un cas, un événement tragique s'inscrivant dans un contexte traumatique, dans l'autre, l'aboutissement du processus naturel de la vie. À la souffrance, dans les deux cas, s'ajoute, dans le premier cas, la colère à l'encontre de ce qui apparaît comme une injustice anéantissant l'ordre générationnel.

Les facteurs culturels ou religieux

Sylvianne Spitzer

De nouveau, il nous paraît évident que les gens âgés sont au bout de leur vie et qu'ils vont mourir. Surtout avant les jeunes. Le non respect, par la nature, de ce cycle rompt l'accès à la sérénité. Les facteurs religieux sont importants dans la mort, car dans la foi on trouve un accompagnement, une personne à qui parler et une explication au décès de la personne, même si elle met en colère.

Mais la vision de la mort via les religions peut conduire à des situations complexes. Ainsi, que dire aux enfants dont un proche vient de mourir ? Souvent, j'entends qu'on explique aux enfants que la personne est montée au ciel. C'est une explication qui semble en accord avec le catéchisme mais, psychologiquement, cela peut créer des angoisses. Ainsi, il n'est pas rare qu'après ce type de phrase, les psychologues récupèrent des enfants, des adolescents ou des adultes qui ont peur de prendre l'avion, car monter dans un avion c'est "monter au ciel", donc mourir. Ces petites phrases sibyllines induisent bien des troubles. La religion peut donc aider mais parfois aussi mettre en place des distorsions cognitives.

Maurice Gaillard

S'agissant de l'âge de la personne qui le vit, j'ai remarqué que, chez les enfants et les adolescents, l'expression du vécu était moins visible que chez les adultes. Parfois même, arrivaient-ils à prendre plus rapidement de la distance. Mais ce n'est qu'une impression, car je n'ai pas reçu beaucoup de jeunes. Du point de vue religieux, j'ai perçu, là encore, une différence entre, par exemple, une approche chrétienne interrogative, "pourquoi Dieu permet-il cela ?", et une attitude plus acceptante, dans le contexte musulman notamment, "c'est dur, mais c'est la volonté d'Allah".

Pour en revenir à la question de la conception "occidentale" de la mort, j'aurais envie de dire que l'Occident se posera plus facilement la question "Pourquoi meurt-on ?", alors que l'Orient demanderait plutôt : "Pourquoi vit-on ?".

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Bonnes et/ou mauvaises façons de vivre le deuil ?

Sylvianne Spitzer

Poser les termes de "bons" ou de "mauvais" serait poser un jugement. Or chacun fait avec sa personnalité, son vécu, ses conditionnements et son entourage présent.

Dans un deuil "idéal", une personne va passer par toutes les phases et cela à son rythme. Cela peut être rapide (six mois), comme long (deux ans maximum en général), avec tout le continuum possible entre les deux. Le tout étant de ne pas rester "bloqué" dans une phase, ce qui empêche la résolution du deuil et, surtout, le passage à cette nouvelle élaboration psychique qui va permettre de continuer à vivre sans le décédé.

Bien sûr, dans le deuil, il faut pouvoir élaborer ce travail. Il faut parler, aborder ses souvenirs, les bons comme les mauvais (vous aurez remarqué que dès qu'une personne meurt elle devient le "meilleur des hommes" ou "une si gentille personne", même si ce n'était pas le cas de son vivant). Il faut pouvoir pleurer si on le souhaite, échanger et pouvoir dire sa souffrance si nécessaire. Être entouré aide à passer les phases du deuil et à réduire sa durée.

Il faut ensuite qu'on aide l'endeuillé à s'ouvrir aux autres à nouveau. Vivre dans les photos et les souvenirs ne permet pas de couper le lien avec le passé. Cela ne veut pas dire oublier ni respecter, cela veut dire rendre au passé ce qui est au passé. S'ouvrir au monde c'est sortir, re/voir des amis, trouver un travail peut-être, déménager, bref être dans l'agir.

Maurice Gaillard

C'est une question, souvent formulée de cette manière : "Ai-je raison de faire ceci ou cela ?".

D'un côté il y a une demande de conseils, à savoir, comment faire face à la souffrance elle-même. De l'autre, la crainte, la culpabilité, de ne pas respecter la mémoire de celui, de celle, qui nous a quittés : "On m'a dit que je n'aurais pas dû enlever tout ce qui était dans la chambre"; "Je n'ai pas le courage de regarder les photos"; "Ai-je tort d'aller tous les jours au cimetière ?"; "Qu'est-ce qu'il faut faire ?"

Le deuil est un processus intime, un travail personnel, pour lequel chacun détermine les moyens les plus adaptés, perçoit ou non le temps qui sera nécessaire à ce passage obligé. Un domaine où le : "à votre place, moi je..." est contre-productif. Certes, l'entourage peut suggérer, avancer un petit conseil, mais en aucun cas "se mettre à la place de... ".

En ce qui concerne les conseils par rapport à la souffrance elle-même, on est confronté à une situation de type paradoxal. D'une part, il y a le souhait de ne plus être aux prises avec une grande souffrance. De l'autre, renoncer, oublier cette souffrance, reviendrait à rompre le dernier lien qui reste, fût-il douloureux. Et ce lien, on y tient.

Peurs et angoisses

Sylvianne Spitzer

Sur le principe, cela ne doit déclencher ni peur ni angoisse. Mais en fonction du vécu, cela peut faire resurgir des peurs irrationnelles. Les morts nous observent-ils ? J'ai eu une patiente qui, de part son éducation religieuse, pensait que les morts la regardaient vivre et elle ne pouvait se permettre de faire ce qu'elle voulait (ses relations sexuelles, par exemple) car il y a des choses qu'elle ne pouvait pas leur montrer.

La mort d'un proche nous rappelle aussi que nous sommes mortels, ce qui peut déclencher des attaques de panique chez certains sujets sensibles, voire des comportements phobiques intenses, afin d'éviter tout ce qui pourrait faire mourir (les bactéries, traverser la rue...). Le décès d'un enfant en bas âge peut déclencher, chez la mère, l'idée qu'elle est mortifère.

Enfin, chez beaucoup de personnes, le décès des parents les met au pied du mur : désormais, ce sont eux les plus proches de la mort. Cela remet en question ce qu'ils ont fait de leur vie, de ce qu'ils voudront laisser à leurs survivants... Un décès est une remise en question.

Maurice Gaillard

Là encore, cela dépend du contexte du deuil, de l'âge des personnes concernées. Perdre un père, une mère, nous rapproche inéluctablement de notre propre fin et de la question centrale du temps qu'il nous reste. Perdre un proche exposé aux accidents de la vie, nous rappelle brutalement que ça n'arrive pas qu'aux autres. Perdre un enfant, outre le sentiment d'injustice, de colère, remet en question le cycle générationnel.

Tout cela n'est pas simple, et donc l'accompagnement psychologique, à ce moment-là, ne peut se résumer à quelques recettes, mais s'appuie sur un travail au plus près de l'intimité du sujet.

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Comment savoir que l'on a besoin de l'aide d'un professionnel ?

Sylvianne Spitzer

En fait, tout deuil nécessite un suivi psychologique ! Mais ce soutien est apporté par l'entourage, la famille, les proches, les amis qui viennent soutenir l'endeuillé. Et cela suffit souvent. Mais parfois, lorsque les amis ou les proches ne sont pas ou plus disponibles, lorsque ces proches se doivent de "jouer au psy" ou lorsque l'endeuillé se met à évoquer sans cesse les mêmes problématiques ou entretien son chagrin, il est évident qu'il faut consulter.

Ce n'est pas tant le deuil lui-même qui est problématique que ce qui refait remonter, à la surface, des problématiques enfouies et non réglées, qui vont venir s'exprimer et que l'on va attribuer souvent à tort au deuil lui-même. Il n'est qu'un révélateur de la personnalité et des dysfonctionnements afférents à la personne.

Il faut bien comprendre que la problématique du deuil est une problématique narcissique, personnelle. Les gens ne pleurent pas le mort, ils pleurent pour et sur eux, sur le fait qu'ils souffrent, sur le fait qu'ils ne savent pas ce qu'ils vont devenir, sur le fait qu'ils se sentent abandonnés ou tout simplement sur le fait qu'ils vont être tristes de ne plus voir cette personne. Le deuil concerne donc une problématique égocentrée ! C'est le fait de ne pas réussir à reconstruire ce narcissisme qui est pathologique.

Maurice Gaillard

Le deuil n'implique pas nécessairement un suivi psychologique par des professionnels des relations humaines. De même que d'autres épisodes de la vie, d'ailleurs, qui sont du seul ressort de l'individu. Psychologie, psychothérapie, psychanalyse, ne sauraient être l'alpha et l'oméga de nos états d'âme. La vie n'est pas un long fleuve tranquille. Pourquoi remettre aux mains d'un tiers ce qui est constitutif de notre existence, avec ses joies comme ses peines ?

Mais il arrive un moment où une personne ne peut plus avancer seule et où l'entourage, épuisé, impuissant, finit par "jeter l'éponge". Lorsque l'isolement devient le seul refuge, alors oui, il faut se faire accompagner. Car, au deuil lui-même, se surajoute une véritable dépression qui doit être prise en charge conjointement par son médecin et un professionnel psy.

Quels types de thérapies peuvent convenir ?

Sylvianne Spitzer

D'abord une psychothérapie cognitivo-comportementale. Le psychologue et son patient doivent réfléchir sur ce qu'est la mort réellement. Il s'agit ensuite de démonter toutes les irrationalités qui ont pu être pensées, intégrées et renforcées. Il ne faut pas faire l'impasse sur une phase de psychothérapie analytique pour comprendre ce qui se joue vraiment dans ce deuil et où est-ce que cela remonte : Des remords ? Un regret de n'avoir pu dire quelque chose ? Une relation à la personne différente de celle visible ? Une remise en question de la place dans la famille ? Les contraintes que ce décès vont créer ? Un soulagement inacceptable ? Une problématique transgénérationnelle ?

Il est évident que, lorsque les aspects dépressifs perdurent, que la souffrance s'est installée, il est nécessaire de consulter un médecin qui saura prescrire le traitement nécessaire à la mise en place ou à la poursuite d'une psychothérapie. Souvent, les endeuillés ne sont pas conscients d'être englués dans une problématique. Le simple fait d'entretenir un souvenir comme on entretiendrait l'autel d'un Dieu ne permet pas d'avancer dans le processus de deuil. Or, nombreuses sont les personnes qui restent dans ces situations. Il est souvent difficile, pour l'entourage, de leur proposer de prendre contact avec un psychologue. Pourtant, la mort d'un proche ne doit pas mettre ceux qui vivent au point mort.

Maurice Gaillard

Une collègue me rappelait que la souffrance de la personne endeuillée est parfois telle, qu'on ne sait plus quoi faire. Pour autant, faut-il à tout prix chercher à "faire" ?

Permettre à une personne de libérer des émotions, exprimer sa douleur, voire même, crier sa colère, est déjà une manière de "faire". Offrir un temps, un espace, un silence, hors de toute contrainte, de tout jugement, constitue le préalable à un accompagnement soutenant durant cette phase de deuil. Ensuite, s'il s'avère que cette souffrance est révélatrice d'une problématique plus profonde qui explose à ce moment-là, une thérapie sous une forme ou sous une autre peut, effectivement, être envisagée.

Enfin, il existe des groupes de parole pour les personnes vivant un deuil. Pour certaines, cet appui, à travers les échanges qui s'y jouent, s'avère bénéfique. D'autres, au contraire, ne souhaitent pas recevoir en écho dans le groupe ce qu'elles vivent déjà au quotidien. Preuve, une fois de plus, que chaque vécu est particulier, que notre approche en tant que psy nécessite à chaque fois une remise en question, une capacité d'adaptation, d'accueil, d'écoute, la plus authentique possible.

Ce tour d'horizon ne saurait faire oublier que le deuil n'est pas seulement affaire d'êtres humains. Lorsqu'une personne âgée, isolée, perd son animal de compagnie, sa souffrance ne peut être minimisée sous prétexte que ce n'est qu'un animal. Animal, certes, mais "de compagnie". Compagnon, grâce auquel une ultime communication, affective, sensorielle, donne à la vie ce complément d'âme qui souvent à ce moment là, fait défaut.

Découvrez l'article "Le deuil : témoignages face au vide", où plusieurs personnes nous ont livré leur propre expérience du deuil, comment elles y ont fait face et comment elles essayent d'avancer, malgré la douleur de la perte.

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Photos : tpsdave, unsplash, JesusLOVESyou, makunin, Antranias et aatlas (Pixabay)

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