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Ma psy met fin à notre thérapie, je ne voulais pas

Réalisée par Julien le 22 oct. 2017 4 réponses  · Psychologue

Bonjour,


Je consultais une psychologue depuis un an et demi. Je l'avais rencontré dans une association recevant des patients en situation de dépression. Le feeling était bon et elle m'a surpris en posant un diagnostic très pertinent à mon égard (j'avais déjà vu d'autres psy auparavant qui n'avaient pas eu ces ressentis aussi clairvoyants en si peu de temps). Etudiante en Master 2 dans une école privée formant des thérapeutes, le prix des consultations correspondait à mon budget étant sans emploi et en reconversion professionnelle. Nous avons commencé notre thérapie en avril 2016 et après quelques semaines, j'ai pu me livrer facilement et on avançait bien ensemble. Je voulais aller jusqu'à ma guérison avec elle.

Après 7 mois de suivi (octobre 2016), j'ai senti son attitude se fermer, ne répondant pas franchement à mes questions. Quand je sentais que je la vexais, je lui demandais de ne pas hésiter à me le dire, elle me répondait que c'était à elle de gérer ça. En Février 2017, j'ai souhaité faire une mise au point, elle me disait qu'elle n'était pas en conflit avec moi, qu'il n'y avait aucun problème relationnel, qu'il fallait que l'on travaille mon ressenti ensemble. On a repris nos séances normalement.

En Mai 2017, je lui ai fait comprendre que l'on stagnait, que j'étais démotivé et que je mettais en doute notre suffisance thérapeutique. Là, elle s'est mise en colère. J'ai intériorisé. La semaine suivante, je me suis excusé de l'avoir blessé. Nous avons continué pendant 3 mois nos séances. En Juillet 2017, je reviens sur cet incident lui expliquant que j'avais été blessé de notre accrochage et que je l'étais d'autant plus que je m'étais excusé et pas elle, où je me sentais dans une position d'infériorité. Elle m'a expliqué qu'elle n'avait pas réussi à retenir son émotion (ce qu'elle faisait d'habitude) et que cet friction n'était pas très grave, qu'elle ne se sentait pas en conflit avec moi. Août 2017, son école où elle reçoit est fermée, nous reprenons en septembre.

Septembre 2017, je lui fais part de mon inquiétude qu'elle mette fin à nos séances, j'avais ce ressenti intérieur. Elle reste évasive. Fin Septembre, elle m'annonce qu'elle met fin à notre thérapie, qu'elle ne se sent pas l'expérience de m'accompagner davantage. Je suis dévasté car j'avais pleine confiance en elle. Je lui fais part qu'il s'agit d'un vrai deuil pour moi de la perdre à jamais. Elle m'explique que nous nous verrons encore jusqu'au 20 décembre pour m'accompagner en douceur. De mon côté, je lui explique que j'aimerais que l'on trouve d'autres solutions (réduire la fréquence de nos séances, faire une pause de quelques mois, alterner avec un psychiatre, etc...), elle refuse toutes mes suggestions me disant avec aplomb "c'est moi qui décide". Les 3 semaines qui suivent, j'essaie d'en savoir un peu plus sur son choix d'arrêter car d'un côté elle me dit qu'elle ne se sent pas la capacité de me suivre, or d'un autre je sais tous les progrès que j'ai fait avec elle et je ne suis pas de cet avis, je m'accroche. Elle refuse de me répondre. Entre-temps, j'ai rencontré une psychanalyste qui me dit qu'elle peut mettre fin à la thérapie, mais qu'elle doit s'expliquer sur son choix. Je cherche sur Internet une déontologie qui stipule que le choix d'arrêter une thérapie doit, dans la mesure du possible, être pris en accord avec les besoins du patient, etc... Etant donné qu'elle ne veut pas me donner de réponse, je croise dans la rue son ancienne directrice de formation où je lui explique mon histoire. La semaine dernière, lorsque je revois ma psy, elle m'explique que ma démarche est assimilée à un passage à l'acte où j'ai cherché à lui nuire (elle passe son diplôme dans 1 mois) et met fin à notre thérapie à l'issue de cette séance.

J'ai le sentiment d'avoir été trahi car j'ai toujours recherché le dialogue et à arranger les choses. Je me sens sans recours face à sa pratique maladroite. Et en même temps, je culpabilise à me dire que si j'avais agi autrement au cours de nos séances, on aurait peut-être continué. Je reste dans l'incertitude de ses motivations d'arrêter. Je suis triste de ne plus jamais la revoir et je pense à elle tous les jours, je me sens seul face à mon deuil où elle n'aura pas pu m'accompagner jusqu'au bout. Mais je sais aussi l'excellent travail que l'on a fait ensemble, d'où mon incompréhension et ce sentiment d'inachevé. C'est très difficile pour moi de trouver quelqu'un d'autre qui prendra la relève et qui aura d'autres méthodes.

1) Avait-elle le droit de me donner aussi peu d'explications quant au choix d'arrêter avec moi ? Ne devions-nous pas trouver un accord ensemble ? Si elle a fait un contre-transfert, ne pouvait-elle pas me le dire simplement ? Je ne sais quoi faire vers l'incertitude de son choix qui me gêne à reprendre avec d'autres psy.

2) Comment faire le deuil de cette relation ? Je n'ai personne à qui parler : pas d'amis, une famille peu réceptive...

J'ai commencé à voir d'autres psy pour une première consultation, je m'en félicite, mais cela ravive ma douleur de ne plus continuer avec cette psy, j'y pense souvent, à ce qu'elle m'a dit, ce que j'ai appris sur moi, cette période est très difficile à traverser pour moi et je ne sais pas trop comment rebondir.

Je vous remercie par avance du temps que vous aurez pris à m'avoir lu et répondu.

confiance

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Bonjour Julien,

Il est étrange que vous n'insistiez pas plus sur un aspect pourtant évoqué dans votre message: le fait que votre psy était une étudiante en Master 2 et donc inexpérimentée. Dommage aussi que le centre auprès duquel vous vous êtes adressé permette que des étudiants prennent en charge seuls des suivis thérapeutiques...

Il me parait en tout cas important de prendre cet aspect en considération. Ceci étant, le transfert a bien eu lieu...et vous souffrez de la fin arbitraire mise à cette thérapie de quelques mois.

Essayez de trouver un ou une psy qui soit dans un exercice professionnel avéré. Vous pourrez travailler dans ces séances le vécu de votre première thérapie avec cette jeune-fille encore en apprentissage.

Bonne chance à vous,
Bien cordialement,
Fabienne Verstraeten
Psychanalyste

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Bonjour, votre psy en réalité n'en était pas encore une puisqu'elle n'avait pas encore passé son Master 2. Ce n'est pas normal qu'elle ait fait ainsi une prise en charge sans tuteur, sans supervision. Je pense qu'il y a eu contre-transfert et transfert. Elle n'a pas su gérer et elle a préféré se retirer pour ne pas se "détruire". Probablement que quelque chose dans votre propre vécu a retenti très fort dans le sien. Voyez un autre psychologue expérimenté, cette fois et travaillez avec lui ou elle ce que vous avez vécu et ressenti lors de cette expérience. Il y a quelque chose de très fort qui a dû se produire pour que vous n'arriviez pas à tourner la page.

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28 JANV. 2018

Logo Anonyme-280799 Anonyme-280799

40 réponses

35 J'aime

Bonjour Julien,
je comprends que cette situation soit très difficile pour vous à vivre, en même temps je trouve que c'est un très bon point pour cette jeune femme d'avoir su se rendre compte qu'elle n'était plus en capacité de vous suivre.
Ceci dit, dans un cas comme celui-là, si le fait même qu'elle ne peut plus vous suivre fait aussi qu'elle puisse difficilement vous en expliquer les raisons, son devoir par contre est de vous proposer quelqu'un d'autre qui puisse prendre sa suite.
Du fait qu'elle est encore en formation, cette proposition à vous faire peut éventuellement être du ressort de son école, dont j'espère bien qu'elle a assuré un rôle de supervision de sa pratique.
Je vous souhaite un très bon courage pour la suite.

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24 OCT. 2017

Logo Xavier Martin-Prével Xavier Martin-Prével

195 réponses

283 J'aime

Bonjour Julien
Je suis tout á fait d'accord avec la collègue oui l'association aurait dû etre plus vigilante et ne pas permettre qu'une étudiante, sûrement tres douée mais inexpérimentée, puisse vous suivre sans superviseur et supervision... Laissez lui le temps de terminer ses études de faire ses épreuves et surement elle pourra un jour reprendre contact avec vous! Vous savez le psy on est des êtres humains avec nos limites et parfois on ne peut pas pallier á tout... Surtout sans experience comme votre psy!
Continuez le chemin avec votre nouveau psy et chercher d'en parler avec lui/elle, surement il pourra vous apporter des réponses!
Courage continuez le travail sur vous et vous verrez que les réponses viendront petit à petit!
Bien á vous
Livia CLARA-VILNAT
Praticienne en psychologie et psychothérapie

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24 OCT. 2017

Logo Livia CLARA-VILNAT Livia CLARA-VILNAT

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