12 mécanismes de défense inconscients - Partie 2

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Les mécanismes de défense sont variés et peuvent se compléter, aidant l'individu à supporter au mieux une situation complexe et génératrice d'anxiété.

24 juil. 2017 · Lecture : min.
12 mécanismes de défense inconscients - Partie 2

Les mécanismes de défense sont quelque chose que nous utilisons chaque jour et de manière banale. Ils nous permettent de mieux nous adapter à la réalité qui nous entoure et de soulager notre organisme face à une forte anxiété. Cet article est la suite de "12 mécanismes de défense inconscients - Partie 1".

Il existe de nombreux mécanismes de défense, et, selon les théories, on peut en trouver entre 10 et plus de 40. Voici six autres mécanismes de défense que chacun d'entre nous peut un jour expérimenter.

La conversion hystérique

Elle est très semblable à l'hypocondrie actuelle : le sujet réprime la représentation mais manifeste des symptômes physiques, comme une incapacité de parler ou de bouger certaines parties du corps. Ce handicap garde en général un lien logique avec celui qui est réprimé.

L'un des cas les plus célèbres de Freud, à ses débuts, est celui de Elizabeth von R., qui souffrait d'une paralysie des pieds. Lors de l'analyse, Freud a découvert un désir de se marier avec son beau-frère et la racine de ces pensées lors des funérailles de sa soeur. Une fois que le souvenir avait été revécu et qu'Elizabeth avait admis ses sentiments, sa paralysie était guérie.

Le délire

Le délire, aussi bien pour Lacan que pour Freud, loin d'être la manifestation d'un symptôme, est une défense et une tentative de guérison. Pour Freud, le délire est la reconstruction du monde de telle manière qu'on puisse accepter ce qui a été expulsé de la conscience.

Le délire est la manière dont le sujet justifie ses accès ou représentations : il développe des théories, parfois fantasques, pour donner du sens à son expérience. Intimement lié à la forclusion, le délire est une manière "d'accepter" ces signifiants forclus que le sujet perçoit comme des agents externes et non comme des stimuli provoqués par lui-même.

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La condensation

Il s'agit là d'un processus de l'inconscient qui apparaît particulièrement lors du sommeil. Les fragments réprimés s'unissent aux pensées conscientes, de telle manière que la nouvelle figure ou représentation ne s'apparente pas au contenu réprimé et que le rêve en contienne seulement un fragment.

La condensation est surdéterminée par de nombreux contenus inconscients, lesquels s'expriment partiellement en se condensant avec des contenus conscients. La condensation est évidente lorsque les symptômes apparaissent.

Par exemple, le symptôme d'une personne ayant un TOC et vérifiant à plusieurs reprises que sa porte est bien fermée à clé pourrait avoir plusieurs explications, comme la peur de l'invasion de son intimité mais aussi de l'exposition de ses désirs inconscients réprimés. La porte représenterait l'entrée et la sortie de l'inconscient par condensation.

Le déplacement et l'isolation

Il peut aussi être appelé "formation substitutive" et constitue le déplacement psychique d'un élément important inconscient à non important. De cette manière, les contenus inconscients et réprimés par le sujet lui sont présentés comme étrangers. Il ne peut pas se reconnaître dans ses pensées et actions à cause du déplacement.

L'exemple le plus commun se voit dans les rêves. Lorsque les personnes se réveillent et évoquent un rêve, elles sentent ce contenu comme totalement étranger à leurs vies et ne savent pas d'où peuvent provenir ces étranges images car les éléments importants ont été déplacés vers les non pertinents.

Cela peut aussi arriver lorsqu'une personne apprend un deuil : elle va souvent y réagir calmement et ne pas ressentir l'angoisse ou le malheur associés, en les déplaçant vers un autre élément.

Le déni

C'est lorsque l'individu a intégré une réalité mais la renie car il a besoin de temps pour l'accepter. Ce mécanisme survient comme une manière d'exprimer une représentation ou une pensée réprimée de manière consciente. C'est une annulation de la répression (l'inconscient est devenu conscient), mais pas encore l'acceptation de ce qui a été réprimé. La fonction intellectuelle est séparée du processus affectif.

Par exemple, au regard d'un rêve émotif et de son interprétation postérieure, le sujet affirme : "cette femme n'est pas ma mère". Cette négation constitue la manifestation d'un contenu réprimé (la femme du rêve représente la mère) et le sujet peut l'énoncer, à la condition de le nier.

La négation permet de maintenir réprimé l'affect de la représentation sans avoir à l'oublier.

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La sublimation

Peu de personnes connaissent ce mécanisme, mais il est mentionné par Freud à quelques occasions dans ses écrits. À la différence des autres mécanismes, dans celui-ci n'existe pas de conflit entre le Moi et le réprimé, mais bien une vie placentaire à travers laquelle l'inconscient peut se manifester.

Un exemple paradigmatique est celui de l'art, où toutes les pulsions peuvent s'exprimer. Ainsi, il ne s'agit plus de contenus inconscients, le sujet ne souffre pas de ses manifestations ni de la défense qu'il actionne en réaction en produisant un objet dans lequel les autres peuvent aussi exprimer leur inconscient et s'identifier.

Les mécanismes de défenses sont souvent groupés

Les mécanismes de défense n'apparaissent pas dans des cas "purs" ou isolés : l'appareil psychique a besoin de plusieurs d'entre eux pour pouvoir se défendre face aux mouvements de pulsion inconscients qui l'accablent.

C'est pour cela que le symptôme est toujours surdéterminé, c'est-à-dire qu'il doit son existence à diverses raisons et représentations inconscientes.

Ainsi, on peut découvrir qu'une simple toux peut être la manifestation d'un déplacement (il apparaît étrange au sujet de tousser sans raison) mais aussi d'une régression (il utilise des comportements infantiles comme la maladie pour réclamer des soins). En même temps, l'apparition de ces deux mécanismes rend compte d'un troisième, la condensation.

Il faut bien comprendre que ce ne sont pas les mécanismes de défense qui rendent l'individu malade, mais qu'il le devient lorsque ces mécanismes sont inefficaces, peu souples, ne varient pas ou apparaissent trop fréquemment, ou encore sont mal adaptés aux réalités internes et externes. C'est alors que les mécanismes de défense perdent leur efficacité et viennent perturber le fonctionnement psychique plutôt que d'agir pour le protéger.

Revenez à la première partie de cet article, en cliquant ici.

Photos : Shutterstock

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Commentaires 1
  • laure4

    Bonjour, La dénégation n'est pas le déni. On se demande s il n'y aurait pas comme une "défense" inconsciente du rédacteur a si mal expliquer le déni... Article superficiel qui n'apporte pas grand chose au patient. J ai peu confiance aux fameux cas "soignes par Freud", Carrément une histoire de desir fantasme avec une guérison miraculeuse. Sommes nous a Lourdes ? Les défenses sont intéressantes mais il faudrait arrêter de citer la Bible et Dieu le Pere..