La fidélité est propre aux intelligents

D'après des études des neurosciences , les personnes plus intelligentes seraient plus à même de travailler à une relation de couple monogame, et donc moins enclines à l'infidélité.

22 MAI 2017 · Lecture : min.

PUBLICITÉ

La fidélité est propre aux intelligents

Rodolfo Llinás est un neuroscientifique colombien qui a dédié la majeure partie de sa vie à l'étude du cerveau. Il a dirigé le programme NEUROLAB de la NASA, et est actuellement directeur du département de psychologie et neurosciences de l'Université de New-York. Il y a peu, il a donné une interview surprenante dans laquelle il a tracé une carte des concepts de fidélité, d'amour et de bonheur.

Ses déclarations prouvent depuis un point de vue neurologique ce que beaucoup avaient pressenti par le bon sens, par l'expérience ou l'observation du comportement. Il affirme que le cerveau est un système fermé, uniquement "perforé" par les sentiments. Il indique que son fonctionnement possède une certaine analogie avec un ordinateur, à la seule différence que le cerveau possède la plasticité et la créativité : il se modifie, se nourrit et change. 

De ses recherches et études sur le cerveau, il conclu que la structure intellectuelle est d’abord émotion avant d’être raison. Nous créons notre point de vue sur le monde non pas à partir de raisonnements, mais à partir de nos émotions , nos affects et nos ressentis. Le sentiment amoureux est particulièrement mis en exergue. Rodolfo Llinás a mis en avant le fait que la fidélité semblait une qualité propre aux plus intelligent·e·s. 

shutterstock-351417281.jpg

La fidélité et l'intelligence

Rodolfo Llinás indique qu’au niveau structurel, l'ère émotionnelle du cerveau est l'une des plus anciennes et qu’elle est liée au cerveau, le plus « ancien » le cerveau dit reptilien, "celui où il n'existe que des structures d'actions fixes, propres aux reptiles. Ces derniers , s'approchent ou s'éloignent lorsqu'ils ont faim, attaquent pour se défendre et ont des relations sexuelles pour se reproduire". 

L'amour tire sa source de la même zone de cette partie du cerveau , mais implique des fonctions physiologiques différentes. D'après Llinás,« l'amour est comme une friandise, et celui qui aime devient gourmand, désirant de plus en plus d'amour de la part de la personne aimée». Rodolfo Llinás , ajoute en substance que "personne ne meurt d'excès d'amour".

L'amour, signale le scientifique, n'est pas comme faire du sport, mais plutôt comme de la danse, d'un point de vue physiologique. Face à ce que l'on nomme "amour éternel", il précise : "c'est celui des intelligents, qui modèlent et organisent les structures d'actions fixes en se basant sur l'idée que l'autre est un prolongement de soi : en prendre soin est ma responsabilité, et vice-versa. Savoir qu'il n'y aura pas de coup de couteau dans le dos devient alors une norme". 

La fidélité permet aussi de ne gâcher ni d'énergie émotionnelle ni intellectuelle . Plus le sujet est intelligent, plus il se préoccupe des grands problèmes de l'humanité, en laissant de côté les situations qui déstabilisent sa vie, ou emploie son énergie pour des actions plus complexes. Pour toutes ces raisons, Rodolfo Llinás conclu que l'amour éternel est une danse infinie de neurones entre deux personnes intelligentes. 

shutterstock-565609549.jpg

Études sur l'intelligence et la fidélité

Rodolfo Llinás n'est pas le seul à avoir parlé de la relation entre intelligence et fidélité. Le Dr Satoshi Kanazawa, spécialiste en psychologie évolutive, a dirigé une étude où il est parvenu à une conclusion similaire. Lors de ses recherches, il a repéré que les hommes ayant un quotient intellectuel (QI) élevé accordaient plus de valeur à la fidélité en couple. Les conclusions étaient différentes pour les femmes : elles valorisaient toutes la fidélité en couple, sans que cela soit forcément en lien avec leur quotient intellectuel. 

L'étude indique également que la monogamie est une phase supérieure dans l'évolution humaine. En principe, l'être humain est étroitement lié à son comportement instinctif de mammifère, ce qui tend à l'incliner vers la polygamie. Ainsi aussi bien dans l'histoire de l'humanité que dans l'histoire individuelle de chaque être humain, la monogamie semble impliquer un niveau supérieur d'évolution. 

Dès lors l'infidélité suppose d'avoir beaucoup de temps libre et une forte disposition émotionnelle pour le conflit. Lorsqu'une bonne part de notre temps est occupée, il est plus compliqué d'en gâcher une partie en intrigues et stratégies associées à l'infidélité. On ne dispose pas non plus de tant d'énergie émotionnelle pour payer le prix d'agir en se cachant, en évitant de se faire prendre et en portant un masque. 

Il en résulte qu'il est bien plus intelligent de vivre une relation stable et de la conserver plutôt que d'aller de relations en relations. La monogamie apporte de grandes satisfactions, et n'est pas un sacrifice. Comme toute situation humaine avec des valeurs, elle implique des efforts et apporte l’équilibre . Si la vie individuelle tend  vers les grands objectifs, il est certain qu'un·e partenaire de vie est un grand trésor. Et au contraire, si le sujet est en quête de relations multiples ou qu’il multiplie , alors une relation stable ne sera qu’entrave  et sa vie sans saveur. 

Photos : Shutterstock

PUBLICITÉ

psychologues
Linkedin
Écrit par

Psychologue.net

Laissez un commentaire

PUBLICITÉ

derniers articles sur développement personnel