Les conséquences pour l'enfant de l'angoisse de séparation

Elle apparaît pour la première fois lors de la toute petite enfance et peut être synonyme de déprime, voire de dépression pour un enfant en insécurité. Nous la décryptons ensemble !

13 OCT. 2021 · Lecture : min.

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Les conséquences pour l'enfant de l'angoisse de séparation

Psychologie de l'enfant 

Un bébé, pour grandir et traverser les différents stades de développement qui se présentent à lui, a besoin de s'émanciper en étant amené à une forme de séparation progressive rassurante, sécurisante et saine pour lui. Baignant dans un amour inconditionnel, il aura aussi besoin, dés ses 6 mois, de goûter à des premiers interdits, de l'ordre de la frustration. Cela lui permettra de comprendre qu'il y'a un cadre et qu'il fait partie d'un environnement générale dans lequel il n'est pas le centre unique d'attention.

Ces frustrations, bien posées sont tout à fait rassurantes pour lui et l'amène à comprendre qu'il fait partie d'u système dans lequel il est un membre à part entière.

Cette prise de conscience pour lui, est très violente car depuis sa naissance, tout est confus entre ce qui est de lui, de l'autre, de l'extérieur ou de l'intérieur.

La relation mère/ enfant

Dés la naissance, l'enfant est en forte demande d'un lien relationnel, avec sa mère ou la personne qui se trouve dans son environnement, qui incarne son premier objet d'amour. C'est d'ailleurs son besoin primaire.En effet, ce besoin est psychique car il souhaite être reconnu.

Contrairement à ce que l'on imagine, le premier besoin de l'enfant n'est pas alimentaire mais relationnel. Il met en oeuvre ce qu'il faut pour entrer en relation avec la mère même avant la naissance:il est préparé à sourire. S'il y'a une relation forte établie entre sa mère et lui, tout le reste va de soi.

Il est vital pour lui que la relation à sa mère soit fusionnelle dans un premier temps (jusqu'à ses 6 mois). Car sa première angoisse est une angoisse de séparation qui elle-même est liée à son appréhension d'avoir la capacité ou non de gérer ses pulsions.

En effet, il a plusieurs choix: gérer ses pulsions (notamment agressives) et préserver la relation à sa mère. Ou bien, les laisser les exprimer, et porter préjudice à sa relation à sa mère. D'ailleurs, un enfant au stade des 6 mois, se rendant compte qu'il n'est pas sa mère et qu'il sont deux être différenciés, va pouvoir se griffer lui même en ayant pour intention de griffer sa mère.

  • L'enfant sécurisé

Pour l'enfant sécurisé, les angoisses s'atténuent automatiquement avec le temps car il ressent et vit très bien la relation à sa mère même s'il est défusionné d'elle. Sa perception de cette relation est alors positive et les "retours sur investissements" de cette relation lui sont satisfaisants. Il passera la phase dépressive qui s'ensuit de manière plutôt stable et équilibrée.

  • L'enfant insécurisé

Pour l'enfant insécurisé (ce qui dépend du comportement de la mère mais aussi de la perception propre de l'enfant), il y'aura une phase dépressive très importante lors de ce premier stade de sa vie. Il vit cette angoisse prédominante de séparation comme un choc traumatique et pourrait ne pas réussir à préserver la relation à sa mère : lui exprimer une très forte agressivité ou bien retourner l'agressivité contre lu-même. Tout cela est pulsionnel et instinctif: il n'y a pas de raisonnement stratégie chez un enfant si jeune. Il peut notamment être en demande d'attention, d'affection et en quelque sorte, en alternance de révolte et de demande quant à ce que lui apporte sa mère.

  • L'enfant est clairvoyant

Ce qui se passe dans le psychisme de sa mère est plus parlant que son comportement. En ce sens, si il ressent une peur (par exemple de l'abandon) chez a mère, elle ne pourra pas le berner quant à ses ressentis internes, même si son comportement montre le contraire. Un enfant est hyper connecté à sa mère à tel point qu'il ressent ses émotions propres, surtout quand celles-ci ne sont pas exprimées. En ce sens, l'angoisse de séparation sera exacerbée si cela est un problème pour la mère et que la charge émotionnelle associée est très forte.

Quelles sont les conséquences ?

Nous pouvons penser que le traumatisme d'un enfant qui se sent séparé de sa mère de manière violente (affectivement, relationnellement, alimentairement) peut amener l'adulte à avoir des phases dépressives plus marquées. Voire même à avoir passé des périodes de dépressions. Il est toujours important de prendre du recul car la vérité dépend de chacun est unique, mais nous pouvons dire que cela sera la conséquence majeure. De plus, cela peut intensifier par la suite un bagage pulsionnel et notamment agressif dans la relation à l'Autre en général.

Conclusion

L'éducation est un mélange entre amour et frustrations pour un enfant qui a besoin d'être accompagné dans ses différentes phases de développement. Il est connecté à sa mère de manière instinctive et ressent tout: surtout les non-dits. La communication entre ces deux êtres passent notamment par les émotions. Il semble qu'un élément fondamental à garder en tête est le fait qu'une mère qui fait son maximum sera forcément soumise à la perception que l'enfant a de la relation à elle. En ce sens, cet élément sera toujours indépendant (ou non) de ce qu'elle offre à son bébé.

Photos : Shutterstock

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Écrit par

Julia Bouchinet

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Bibliographie

  • Maman, ne me quitte pas ! : Accompagner l'enfant dans les séparations de la vie,  Bernadette Lemoine (Auteur), Anne-Marie d' Argentre (Auteur), Jean Monbourquette, Broché – 1 avril 2005

  • La maîtrise de l'amour : Apprendre l'art des relations,  Don Miguel Ruiz , Poche – 17 août 2009

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