Comment détecter une personne qui se victimise ?

Nous avons tous, à un moment donné, joué le rôle de victimes pour atteindre un objectif. Mais transformer la victimisation en habitude, comme stratégie passive, est un piège.

23 AOÛT 2019 · Dernière modification: 16 SEPT. 2019 · Lecture : min.

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Comment détecter une personne qui se victimise ?

Quand une personne assume le rôle de victime, parce qu’elle ne peut pas faire face à la situation qui la dérange ou parce qu’elle ne comprend pas le mal qui l’affecte, elle cherche un des deux objectifs :

  1. Inhiber l’agresseur, c’est-à-dire que la victime se montre vaincue, en position d’infériorité de conditions.
  2. Parvenir à l’empathie générale, parce qu’une personne "blessée", émotionnellement parlant, engendre la solidarité autour d’elle.

Cependant, toujours assumer le rôle de victime est contre-productif parce qu’il arrive un moment où les autres n’avalent pas l’histoire et ne l’écoutent plus, d’autre part, la position de victime a été si chronique que l’on pense que la personne est incapable de résoudre ses problèmes ou de faire face à son agresseur.

Comment agit une personne qui se victimise ?

Elle souffre comme jamais auparavant n'a souffert dans ce monde. En effet, ses problèmes sont plus graves et plus urgents que ceux des autres.

  • Elle veut attirer l’attention. Au lieu de chercher une aide efficace ou une empathie légitime, la victime cherche à éveiller la pitié des autres et, dans cette mesure, à confirmer qu’elle ne peut résoudre les problèmes elle-même. Ce jeu de la victime a pu être renforcé dès l’enfance lorsque l’enfant est surprotégé par les adultes et grandit ainsi avec la conviction qu’elle n’a pas de ressources internes pour réagir aux situations qui lui font du mal.
  • Elle n’assume pas ses responsabilités. Ce point a beaucoup à voir avec le précédent, car la victime élude consciemment son rôle face aux conflits. Elle évite les problèmes et préfère rester dans le rôle de la victime.
  • Elle accuse les autres de ses malheurs. Celle qui en est victime est incapable de voir objectivement les situations de conflit parce qu’elle croit que le monde entier est contre elle. Personne ne pense comme elle, personne n’est capable de se mettre à sa place, alors que la réalité est qu’elle change elle-même la réalité en sa faveur pour se placer confortablement dans le rôle de la victime.
  • Elle se plaint constamment. C’est son activité préférée, car c’est la meilleure dynamique pour se justifier en tant que victime. Elle exagère ce qui lui fait mal, ce qui la dérange, mais elle essaie de faire croire qu’elle a fait tout son possible parce que les choses changent, alors qu’au fond, elle sait qu’elle n’est pas forte et ne fait aucun effort pour changer son attitude face à ce qu'elle n’aime pas.

Pourquoi la victimisation est un piège ?

La victime renforce sa faible estime de soi et son insécurité, et c’est pourquoi il lui est plus facile de porter les écriteaux "je suis une malheureuse" ou "personne ne me comprend". Alors, même si elle accomplit quelque chose de bien par ses propres efforts ou s’il lui arrive quelque chose d’important et de positif dans sa vie, elle ne l’appréciera pas et ne l’appréciera pas parce qu’elle est prise dans le piège du "je suis une ratée et quelque chose de mauvais se passera sûrement plus tard".

Comment sortir du cercle vicieux de la victimisation ?

Celui qui assume le rôle de victime depuis de nombreuses années devra faire un grand effort pour sortir de là et trouver de nouveaux points de vue. Dans ce travail, il est très utile d’avoir l’aide d’un psychothérapeute et il est également important que les personnes qui l’entourent changent de position de manière radicale pour ne plus renforcer la victimisation.

  1. Objectivité. La personne doit apprendre à faire une analyse objective de la réalité qui l’entoure : tout est-il aussi mauvais que je veux le voir ou y a-t-il des points positifs ? Est-ce que je me plains de vice ou y a-t-il vraiment des choses pour lesquelles il ne faut pas se plaindre ?
  2. Isoler chaque situation pour établir les responsabilités. Les victimes ont l’habitude de sortir les problèmes de leur contexte et ont du mal à comprendre que dans beaucoup d’entre eux aussi, elles ont une responsabilité à assumer. Dans quelle mesure est-ce à moi de changer cette situation? S’il y a quelque chose que je ne peux pas changer, comment puis-je avoir une attitude différente de la plainte ?
  3. Arrêter toutes les plaintes. Si, pour une journée, la victime essaie de ne pas se plaindre de tout, elle remarquera que sa souffrance n’est pas aussi grande qu’elle l’imaginait. Dans la plupart des cas, laisser couler les situations sans porter de jugement de valeur est une bonne idée pour comprendre les autres et créer des relations constructives.
  4. Prendre les critiques comme une partie de la vie. Nous ne pouvons pas plaire à tout le monde et nous ne pouvons pas prétendre que les relations humaines sont parfaites. Si quelqu’un me critique, au lieu de sauter sur la défensive, je pourrais demander à cette personne ce qu’elle veut dire exactement et pourquoi elle pense que je n’ai pas bien fait les choses. Le dialogue pourrait ouvrir la porte à de nouveaux points de vue, au-delà de la sensibilité et de la plainte constantes.

Que puis-je faire si je vis avec une victime ?

Lui faire comprendre qu’elle compte sur notre empathie et notre solidarité, mais que nous ne pouvons pas résoudre les problèmes pour lui ou pour elle. Nous ne sommes plus des enfants et nous n’avons plus de parents surprotecteurs qui viennent nous défendre ; nous sommes nous-mêmes les maîtres de notre destin et la personne qui vit avec une personne habituée à se plaindre de tout doit faire son propre exercice de s’éloigner quand elle voit que l’autre prend une position passive. La victime comprendra peu à peu qu’elle doit prendre en main sa propre vie.

Photos : Shutterstock

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Commentaires 19
  • Eric

    Tous ce Que je viens de lire ,reflète complètement la femme qui partage ma vie depuis 18ans ,et la malheureusement je suis au bout de tous ce que je peut endurer même si je l'aime encore beaucoup.Jaurais voulut qu'ont puisse faire une thérapie de couple pour en parler,la réponse oui je c je suis folle ,toutes de ma faute ,je suis qu'une merde dur dur j'en peut plus ,je suis malheureux alors je préfère me séparer que de continuer à souffrir.......

  • Lucie

    Merci beaucoup pour cet article! Malgré les retours négatifs de plusieurs personnes (qui sont peut-être justifiés ?), je me suis reconnue en tout cas d'il y a un ou deux ans. À ce moment-là je vivais une situation très inconfortable (des contrats plus ou moins courts à répétition, et peut-être d'autres choses qui faisaient partie du contexte et qui me touchaient plus que je ne le pensais). À cette époque tout tournait autour de mon nombril et j'analysais tout par ce prisme, exactement comme le décrit cet article. J'avais l'impression de subir en permanence, comme dans une sorte de paranoïa. Je pense que d'avoir bénéficié de l'aide d'une psychologue puis d'une coach ont été plus que bénéfique : se rendre compte que l'on peut rationaliser certaines choses et agir à petite échelle pour sortir du trou est essentiel à mon avis. Peut-être qu'il manque une nuance à l'article, notamment dans le rapport à des personnes qui sont dans ce fonctionnement : ne pas nier leur douleur, compatir, et faire des recommandations pour les aider à aller mieux. Quand la personne n'écoute pas les conseils pour rester dans ce schéma effectivement il y a un souci, et il faut lui faire savoir.

  • Celine a.

    Je trouve cet article dangereux. En effet si une personne en situation de harcèlement moral lit ce message, relativiser sur son sentiment de victimisation peut être dangereux. Par ailleurs, un harcelleur, pervers narcissique, agresseur qui lira cet article aura des outils pour faire comprendre à sa victime qu’elle en fait trop ? Ce positionnement est surprenant de la part d’un site de psychologie. Ce sujet n’est pas anodin.

  • Nina

    Bonsoir, Bien que certains dénoncent le manque de sources ou le fait que l'article soit à charge. Je trouve qu i' est très bien fait ! Comme l'a énoncé un intervenant dans un commentaire, il faut différencier "une personne qui est une victime d'une personne qui se victimise". Et je suis triste de m'être reconnu et dans les deux car la personne avec qui je vis n'a pas pu peut être plus de patience et peut être violent. Alors pas d'amalgame, il s'agit bien de deux notions bien distinctes. J'ai enfin compris le mal qui me ronge et ai décidé de prendre ma vie, mon chemin entre mes mains car personne ne le fera à ma place. Je vais juste rebondir sur la surprotection parentale qui en fait n'était pas du tout mon cas, mais plus un manque de mon côté. En tout cas merci pour cet article qui permet d'avoir une idée sur ce que l'on peut vivre ou faire vivre aux autres. Amicalement.

  • marie85

    merci vous m'avez beaucoup aidé avec cette article

  • Kiki

    Merci infiniment pour cet article mais ma fille a 12 ans a ce comportement et comment je me comporte avec elle.

  • Thierry

    Merci mais que faire quand la victime y trouve son intérêt....? Quand il est trop dur pour elle d'envisager faire autrement et ce malgré une psychothérapie ! Mon Amie est ainsi et je m'épuise.....

  • Mielys

    Salut, merci pour cet article. Mes collègues et moi vivons avec une responsable comme ça. C'est fou comment elle passe de persécuteur à victime quand une nouvelle personne apparaît. Malheureusement c'est le serpent qui se mord la queue. Mais contrairement à ce qu'on pourrait croire, elle sest se flatter et elle veut plus que tout quon la flatte peut importe ce quelle fait même une peccadille elle aime que les gens la félicitent mis on a arrêté parce que son comportement est toxique pour la bonne tenue du service, elle divise pour mieux régner.

  • Pauline

    Article à charge et sans référence scientifique. Décrédibilise le site

  • Kem

    Merci pour cet article. Je reconnais parfaitement la situation que j'ai vécu avec mon ex-femme. Elle m'a rendu fou pendant 10 ans. Jérémiades continuelles et me traitait en ennemi quand je refusais d'entrer dans son jeu. Le monde entier lui veut du mal, seule sa mère qui l'infantilise et la surprotège la conforte dans ses délires. Elle est reparti vivre avec elle…


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