L’orthorexie, un trouble alimentaire méconnu.

<strong>Article révisé</strong> par le

Article révisé par le Comité Psychologue.net

L'orthorexie, bien que non encore reconnue en tant que tel, s'apparente à un trouble alimentaire.

10 mars 2014 · Lecture : min.
L’orthorexie, un trouble alimentaire méconnu.

Si nous connaissons plutôt bien les troubles alimentaires, et sommes informés sur les principaux, tels que l'anorexie et la boulimie, il reste que ce ne sont pas les seuls existants, et que des personnes souffrent de troubles alimentaires sans pouvoir forcément mettre des mots dessus.

Si elle n'est pas encore officiellement reconnue comme trouble alimentaire, l'orthorexie peut toutefois s'y apparenter au même titre que l'anorexie ou la boulimie, et désigne le fait de se focaliser sur l'absorption de nourriture saine.

L'orthorexie, un trouble alimentaire non reconnu

Mis en lumière par le Dr Steven Bratman à la fin des années 1990, l'orthorexie définit le fait de choisir avec le plus grand soin sa nourriture. Le mot lui-même vient du grec orthos (correct) et orexis (appétit).

Ainsi, une personne orthorexique se focalisera sur l'idée de manger sainement, et évitera de consommer certains produits qu'elle considère nuisibles pour la santé (produits chimiques, sel, matières grasses...). Pour éviter d'absorber ces substances, elle planifiera ses menus à l'avance, et peut risquer de s'isoler socialement par peur de se trouver dans un cadre où il sera impossible de contrôler sa nourriture (restaurant d'entreprise, fast food, etc.). Il arrive que la tolérance zéro envers soi-même soit si forte qu'elle affecte la vie quotidienne et suscite une perte de l'appétit de vivre.

Patrick Denoux, spécialiste en psychologie interculturelle, a parlé à propos de l'orthorexie de « spirale du risque imaginé », dans le sens où « la réduction du risque par le contrôle accroît la peur du risque ». Autrement dit, lorsque le risque est contrôlé, la peur que la situation risquée advienne grandit.

Comment savoir si on est orthorexique ?

Le test de Bratman, mis en place par ce médecin ayant étudié l'orthorexie, permet de déceler le rapport entretenu par la personne vis-à-vis de la nourriture : si elle répond de manière positive à quatre ou cinq des questions, cela prouve que la nourriture est un sujet d'anxiété. En revanche, si elle répond oui à toutes les questions, cela met en lumière une obsession du « manger sain ».

  • Passez-vous plus de 3h par jour à penser à votre régime alimentaire ?
  • Planifiez-vous vos repas plusieurs jours à l'avance ?
  • La valeur nutritionnelle de vos repas est-elle à vos yeux plus importante que le plaisir de déguster ?
  • La qualité de votre vie s'est-elle dégradée, alors que la qualité de vos repas s'est améliorée ?
  • Etes-vous récemment devenu plus exigeant avec vous-même ?
  • Votre amour-propre est-il renforcé par votre volonté de manger sain ?
  • Avez-vous renoncé aux aliments que vous aimiez au profit d'aliments « sains » ?
  • Votre régime alimentaire gêne-t-il vos sorties, vous éloignant de votre famille et de vos amis ?
  • Éprouvez-vous un sentiment de culpabilité dès que vous vous écartez de votre régime ?
  • Vous sentez-vous en paix avec vous-même et pensez-vous bien vous contrôler lorsque vous mangez sain ?

shutterstock-286810766.jpg

La nourriture comme objet de culpabilisation

Selon certains témoignages, il semblerait que les messages de prévention pour une nourriture plus saine, préconisant un certain nombre de fruits et légumes par jour, de ne pas manger trop gras, etc., compliquerait grandement le rapport à la nourriture, notamment au niveau de la culpabilité.

D'ailleurs, si la personne craque, la culpabilisation ainsi qu'un sentiment de panique sont forts, et elle tente de compenser par une nouvelle rigidité dans son régime alimentaire.

Les tendances sont aujourd'hui à une alimentation très saine, et certains témoignages appuient sur la responsabilité de cela dans la survenue ou l'aggravation de leur trouble.

L'orthorexie n'est pas officiellement reconnue comme trouble alimentaire, au même titre que l'anorexie ou la boulimie, par exemple. On ne sait également pas encore si ses effets sur la santé sont néfastes. Cependant, l'isolement social de la personne orthorexique peut être fortement présent, et son identité se trouve liée à l'attention obsessionnelle portée à la nourriture. En effet, se nourrir de manière saine devient quelque chose d'égoïste, où les autres ne peuvent avoir de place. De plus, un sentiment de supériorité est parfois développé, face à ceux qui continuent à s'engluer dans leurs pratiques alimentaires malsaines.

Si vous êtes vous-même orthorexique, ou si, en tant que professionnel, vous prenez en charge l'orthorexie, n'hésitez pas à nous faire part de votre témoignage.

Photos : Shutterstock

psychologues
Écrit par

Psychologue.net

Laissez un commentaire
Le nom sera publié mais pas l'e-mail