Que signifie être transgenre ?

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Il y a beaucoup d'a priori sur l'identité de genre. Vous vous demandez ce qu'est être transgenre ? Il est important de bien le comprendre pour ne plus alimenter l'intolérance.

24 mars 2017 · Lecture : min.
Que signifie être transgenre ?

Pour la plupart des personnes, il n'existe que deux genres préétablis : l'homme et la femme, dont la constitution et le comportement sont particulièrement liés au sexe biologique. Or, les personnes transgenres sont celles qui ne s'identifient pas avec le genre qu'on leur a assigné à la naissance.

Jusqu'au 18e siècle, on considérait qu'il était normal que l'identité et les attributs sexuels ne coïncident pas. Le siècle de la raison et des Lumières va petit à petit faire voler cela en éclats. Au 19e siècle, avec les progrès de la biologie, les scientifiques occidentaux établissent comme une vérité absolue le fait que ce n'est pas Dieu, mais la nature qui créé les différences entre hommes et femmes. Pour certains idéologues, c'est le moyen de prouver que les hommes sont naturellement hommes et les femmes naturellement femmes en raison de leurs organes, de leurs gènes, de leurs hormones... Or, au fil du temps et des découvertes scientifiques, ces idées sont peu à peu démantelées. La femme n'a pas de prédisposition à l'hystérie plus qu'elle n'en a à lire des romans d'amour, et les hommes n'en ont pas pas plus pour allumer un feu ou changer une roue.

Tout ce qui était admis il y a 100 ans nous semble aujourd'hui totalement révolu, voire farfelu. Pourquoi, dans ce cas, ne pas admettre que nos certitudes actuelles reposent, elles aussi, sur des préjugés ?

La question du genre est particulièrement épineuse en ce sens. On considère encore, souvent fermement, qu'il n'existe que deux genres, l'homme et la femme. La langue française même n'est pas faite pour laisser la place à d'autres genres. Et pourtant, les scientifiques ont découvert qu'il n'existait pas deux sexes, mais 48. C'est-à-dire qu'entre l'homme à 100% et la femme à 100%, il existerait environ 46 intersexuations. Chaque personne serait elle-même constituée entre 10 et 40% des marqueurs biologiques de l'autre sexe.

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Comprendre le transgénérisme

Pour comprendre les notions de genre, de sexe et d'identité, il est important de redéfinir des concepts de base, que l'on a parfois tendance à mélanger. Il y a en effet trois réalités à propos du sexe et de l'identité, qui ne sont pas liées mais qui sont souvent confondues :

  • Les attributs sexuels : ils n'ont aucun lien avec l'identité, tout sexe peut cohabiter avec toute identité
  • L'identité : c'est la personne que l'on est, indépendamment de ses attributs sexuels
  • La sexualité : elle n'est liée ni au genre, ni au corps.

Tout genre peut coïncider avec toute identité.

La pilosité, les vêtements, le maquillage, le ton de la voix... sont appelés "expression de genre" : ce sont des marqueurs que l'on peut ou non contrôler, et qui n'ont aucune influence sur l'identité. Être d'un genre ou d'un autre peut influencer la manière dont ces marqueurs s'expriment, mais ne définit en rien l'identité de la personne. Porter des habits de femme ne signifie pas être une femme.

Lorsqu'un enfant naît, on lui attribue classiquement le genre qui correspond à ses attributs sexuels. Ainsi, une personne cisgenre est une personne dont le genre correspond à celui qu'on lui a assigné à la naissance, et une personne transgenre ne se reconnaît pas dans celui qu'on lui a assigné à la naissance.

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Comment se manifestent les signes du transgénérisme ?

L'insatisfaction de son propre corps ou la non reconnaissance de son sexe biologique peut apparaître tôt, et des enfants peuvent montrer dès l'âge de 3 ou 4 ans qu'ils sont transgenres. Il est fondamental pour toutes les personnes d'avoir l'appui d'un psychologue spécialisé dans les questions de genre, et notamment pour les enfants, afin qu'ils puissent passer à travers ce processus de manière naturelle, en leur offrant un espace suffisant pour se manifester, et qui permettra de découvrir si réellement ils vivent un conflit identitaire ou s'il s'agit d'un moment de mal-être.

Les transgenres ont souvent la sensation de ne pas être dans le bon corps, souffrent d'un inconfort constant en relation avec leur propre sexe. Beaucoup, d'ailleurs, afin d'expliquer à leurs proches leur sensation, expliquent que c'est comme si on leur avait donné des vêtements dans lesquels ils se sentaient mal (trop grands, trop petits, trop voyants ou trop ternes...). On peut vivre comme cela, mais au bout d'un moment, on a envie que les autres nous voient tels que l'on est, et pas uniquement à travers ces vêtements qui ne nous définissent pas et dans lesquels on ne se reconnaît pas.

Quelle est la différence entre transgenre et transexuel ?

Dans les deux cas, les personnes sentent un inconfort au niveau biologique, mais ces deux termes englobent une différence marquante :

  • Transexuel : il s'agit d'une personne pour qui les attributs sexuels ne correspondent pas à l'identité, et qui ont un fort besoin de modifier leur corps, par exemple à travers une thérapie hormonale ou une chirurgie de réassignation sexuelle.
  • Transgenre : il s'agit d'une personne qui ne se reconnaît pas dans tout ou partie du genre qu'on lui a assigné à la naissance, mais qui ne ressent pas forcément pour autant le besoin de modifier son anatomie.

L'expression de genre est quelque chose de très subjectif, elle passe principalement par le ressenti et l'envie ou non d'avoir un corps qui correspond à l'identité à laquelle on se sent appartenir.

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Pourquoi est-il important d'avoir l'aide d'un psychologue ?

Le transgénérisme n'est pas une maladie, cela n'est pas contagieux et ne se transmet pas aux enfants, tout comme il ne s'agit pas d'un effet de mode. On recense en effet de plus en plus de personnes qui admettent être transgenres, mais cela tient plus du fait que la parole se libère de plus en plus autour de cette question.

Pour autant, ce n'est jamais facile de faire face à des sentiments et conflits provoqués par le fait de ne pas se reconnaître dans le genre qu'on nous a attribué à la naissance et s'accepter comme transgenre. L'aide d'un psychologue peut être très utile car le professionnel ne verra pas cela comme une pathologie, mais tentera de dresser un état des lieux de votre vie, de vous faire mettre au jour vos peur et vos désirs. Être transgenre peut être une possibilité parmi d'autres d'exprimer son identité, comme d'autres l'expriment en étant cisgenre. Il est important de pouvoir vivre son identité de genre de la manière dont on ne se sent le mieux et, pour cela, être bien entouré est crucial.

Différents termes pour différents genres

Il existe actuellement une multitude d'autres genres que le féminin et le masculin, et il est probable que, grâce aux avancées de la recherche et à la libération croissante de la parole à ce sujet, on découvre de plus en plus de genres.

  • Cisgenre : personne dont le genre correspond à celui assigné à sa naissance
  • Transgenre :personne dont le genre ne correspond pas à tout ou partie de celui assigné à sa naissance.
  • Agender ou agenre : lorsque la personne n'a pas de genre. On peut aussi dire "neutre" ou "neutrois"
  • Agenderflux : personne agenre qui a parfois des poussées vers d'autres genres
  • Androgyne : personne qui est un mélange des genres homme et femme
  • Bigenre / trigenre : personne qui possède deux ou trois identités de genre
  • Demiboy / demigirl : personne qui est en partie homme ou femme et d'un autre genre.
  • Genderfluid : personne dont le genre peut varier, pas forcément entre les deux extrémités "homme" et "femme"
  • Queer : personnes dont le genre, la sexualité, le romantisme et l'habillement sortent des normes et le revendiquent. Ce mot a une connotation militante forte.

Tout genre peut coïncider avec toute identité ou toute sexualité, et l'important est que chaque personne se sente suffisamment soutenue et entourée pour pouvoir s'épanouir et vivre sereinement.

Enfin, notons qu'au fil des années des glissements sémantiques s'opèrent qui marquent le rapport que nous entretenons avec les autres. De même que l'on est passé des "handicapés" aux "personnes handicapées" ou "porteuses de handicap", nous passerons sans doute un jour des "transgenres" aux "personnes transgenres" ou "de type transgenre". Autrement dit à une nouvelle forme de reconnaissance de ce qui fait encore débat.

Photos : Shutterstock

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Commentaires 26
  • Annaëlle

    L'art de rédiger un article sur "être transgenre" sans expliquer la notion de "genre" ! « L'expression de genre est quelque chose de très subjectif... » C'est ça : personne n'est capable de dire ce que c'est, en fait... Par ailleurs, vous écrivez d'abord : « Les attributs sexuels : ils n'ont aucun lien avec l'identité, tout sexe peut cohabiter avec toute identité. » Et ensuite : « Transexuel : il s'agit d'une personne pour qui les attributs sexuels ne correspondent pas à l'identité... » Hummm... En fait, ça caractérise tout le monde alors, puisque identité et attributs sexuels... n'ont aucun lien. Oups! Reprenons : l'identité, c'est... « L'identité : c'est la personne que l'on est, indépendamment de ses attributs sexuels. » Et le genre : « Ensemble d'êtres ou de choses ayant des caractères communs. » Hummm... les êtres humains ayant des caractères sexuels mâles ne constituent-ils pas un ensemble ayant des caractères communs, composant un genre... masculin ? Plus j'effectue des recherches sur le sujet, et plus je m'aperçois que la substitution du terme "sexe" par le terme "genre" brouille complètement les esprits. En effet, on parlait autrefois de personnes transexuelles. C'était clair : il s'agissait de personnes qui ressentaient le besoin d'avoir un corps "de l'autre sexe" pour être bien dans leur corps, dans leur vie... Maintenant on parle de personnes qui ont un "genre" différent de celui qui leur serait attribué à la naissance... L'article ci-dessus nous indique : « On considère encore, souvent fermement, qu'il n'existe que deux genres, l'homme et la femme. La langue française même n'est pas faite pour laisser la place à d'autres genres. Et pourtant, les scientifiques ont découvert qu'il n'existait pas deux sexes, mais 48. » Pas deux "sexes", mais 48... Ne parlions-nous pas du "genre" ??? Quelle confusion ! Et pourquoi ? Pour avoir voulu distinguer le sexe, attribut corporel anatomique caractérisant une fonction reproductive, du "genre"... sans toutefois arriver à le définir autrement qu'en le confondant avec... le sexe. On arrive donc maintenant dans une situation où des personnes se disent très bien dans leur corps, sont très "contentes" de leur sexe... mais déclarent être "transgenres" sans pouvoir définir le genre autrement que par rapport aux comportements socialement majoritairement affectés aux deux sexes ! On fait ainsi croire que : « Être transgenre peut être une possibilité parmi d'autres d'exprimer son identité, comme d'autres l'expriment en étant cisgenre. » Non. Être une personne transgenre n'est pas un choix, une possibilité, une option qu'on sélectionne pour vivre sa vie. Non, il s'agit de l'expression d'un mal-être dû à un décalage entre le corps que l'on ressent avoir et le corps qu'on a réellement. Tout l'aspect social n'a rien à voir avec la transsexualité. « Les transgenres ont souvent la sensation de ne pas être dans le bon corps, souffrent d'un inconfort constant en relation avec leur propre sexe. » Oui, ça c'est ce qui caractérise ce qu'on appelle la transsexualité... Pourquoi avoir substitué le terme transsexuel par le terme transgenre ? « Beaucoup, d'ailleurs, afin d'expliquer à leurs proches leur sensation, expliquent que c'est comme si on leur avait donné des vêtements dans lesquels ils se sentaient mal (trop grands, trop petits, trop voyants ou trop ternes...). » L'image est très simpliste. Un vêtement ne vit pas. Un corps oui. « On peut vivre comme cela, mais au bout d'un moment, on a envie que les autres nous voient tels que l'on est, et pas uniquement à travers ces vêtements qui ne nous définissent pas et dans lesquels on ne se reconnaît pas. » Le mot "envie" est extrêmement faible et réducteur. Quand la personne se pose la question de savoir si elle va mettre fin à ses jours, on n'est pas dans le registre de l'envie mais de la survie. Et le regard des autres n'est qu'une toute petite partie du problème : la plupart des personnes transexuelles expriment surtout le besoin de mettre leur corps en conformité avec leur propres ressentis du corps. Le regard des autres n'est que très secondaire et sert surtout à favoriser l'intégration sociale en tant que personne du sexe ressenti. Bref, cet article me semble être le résultat d'une recherche superficielle sur le sujet et apporte plus de confusion que d'éclairage sur ce qu'est la transidentité. Il semble aussi y avoir une tendance actuelle à "banaliser", "normaliser" la transidentité : « Chaque personne serait elle-même constituée entre 10 et 40% des marqueurs biologiques de l'autre sexe. » (toujours le rapport au sexe et non le genre, indéfini !). Ce discours est dangereux pour les personnes transsexuelles car il tend à faire disparaître leur particularité, à minimiser leur souffrance, en la faisant passer comme quelque-chose que tout le monde vit d'une manière plus ou moins prononcée. Or c'est faux. La majorité des personnes ne se posent même pas la question de la correspondance entre leurs ressentis corporels et leurs ressentis "psychologiques" de leur corps... et n'arriveront d'ailleurs même pas à comprendre cette phrase. Le recours à un.e psychologue est une très bonne chose si le ou la psychologue est compétente en matière de transidentité. Pour faire son choix, le meilleur moyen reste encore le bouche à oreille. Et à l'heure actuelle, les "places publiques" sont les forums, sur Facebook par exemple... Un psychologue mal informé risque de semer plus de trouble chez une personne en questionnement. Même chose concernant les psychiatres. À noter que la transidentité n'est pas une maladie mentale; le recours à un psychiatre étant plutôt l'occasion de s'assurer que la personne exprimant les caractéristiques de la transidentité (et notamment la dysphorie corporelle) ne souffre pas d'une pathologie qui brouillerait son jugement. En conclusion : si vous voulez en savoir plus sur la transidentité... faites la même chose que si vous voulez en savoir plus sur n'importe quel sujet : discutez respectueusement avec les personnes directement concernées. Les personnes transsexuelles sont justes des personnes avec une particularité qui les fait souffrir : elles ne mordent pas ;-) [enfin, pas plus que n'importe qui]

  • Bernard

    Vers l'âge de 10 ans j'aurais voulu être fille, il m'est arrivé de mettre une robe, mais ça m'est passé ; j'ai trouvé les hommes laids , je ne comprenais pas ce que les femmes trouve aux hommes. Plus tard je me suis marié par deux avec une femmes, j'ai eu 4 enfants voulus avec la première , j'aime les femmes , je n'aime pas les hommes. Que sui-je ?

  • Alexy

    Je me sens emprisonné dans un corps de garçon depuis toujours. Seulement (je suis née en 1985) à l'époque dans ma jeunesse où j'ai vu beaucoup de psychologues et de pédopsychiatre, personne n'en parlait. Mais ce malaise s'est fait de plus en plus insistant au lycée (ma puberté à commencée quand j'avais environ 14-15 ans) et mon plus gros choc a été ma première érection, chose dont je ne voulais pas ainsi que la pilosité Ce malaise se traduisait également par un isolement : les filles me mettaient de côté considérant que je devais aller voir les garçons des autres classes (j'étais en SMS avec 97% voire 99% de filles et où j'étais le 2ème "garçon" de la classe). Du coup j'avais enfoui cela au fond de moi avec tout ce que la comporte (envie de se mutiler les parties génitales qui ne correspondent pas, scarifications, idées morbides...). Je viens de faire mon coming out à ma famille qui le vit pas très bien mais à force de toujours essayer de protéger les autres on s'oublie et on souffre. C'est seulement à 34 ans que j'ai fais mon coming out auprès de ma famille après un WE extraordinaire ou ma meilleure amie m'a invitée (elle le sait depuis toujours quasiment. On se connait depuis 2007) et m'a fait passer 3 jours dans la peau d'une fille ce qui a confirmé ce que je ressentais depuis toujours. Personnellement, je me considère comme "trans-hétérosexuel" (je dis "trans-hétérosexuel" car j'ai malheureusement ce corps d'homme) et que j'aime les hommes.

  • Savoir

    Est-ce qu un homme qui devient transgenre est attiré par les femmes ou les hommes j imagine qu il est attiré par les hommes mais il est devenu femme donc il peu très bien rendre un homme très satisfait sexuellement parce qu il sait ce qu un homme aime dans une relation sexuel peu être plus qu'une vrai femme !

  • xtine

    Il y a me semble t’il plus de difficultés pour un petit garçon que pour une petite fille. Une petite fille peut aller à l’école avec des vêtements de garçon, des cheveux courts sans problème. Un jeune garçon ne pourra pas se présenter en classe avec une robe et des chaussures dorées. Pourtant, le désir de l’un est égal au désir de l’autre.

  • michelle

    comment on fait pour parler avec des personnes comme moi sur cette page ?

  • michelle

    bonjour je ses pas si je suis transgenre mes depuis dejas longtemps je me maquille et porte lingerie de femme je ne suis pas du tous attire par les femmes et n'ai jamais eu de rapport avec une femme je suis attirer par les homme mes je n'aime pas que l'on toujours mon sexe j'aime séduire et etre dominé es ce que je suis transgenre je ses pas en tous qu"a je ne suis ni gay ni travest ni trans ni hetero dans quel catégorie dois je mettre

  • Clothilde

    "S'épanouir et vivre sereinement", la base et rien d'autre !!! très bel article. Merci

  • Lucie

    Bonjour, je suis Lucie et je suis Agee de 66 abs deputies tour ours j,aime etre femme Mais Dans la vie professionnelle la chose est impossible alors nous vivons une frustration au quotidien pendant pratique ment la plus grande parties de Notre vie. Maintenant que je ne travail plus je vis Le plus souvent possible en femme et maintenant je suis tres heureuse. Voila si vous avez envie de m'ecrire vous pouvez je vais vous repondre avec plaisir. Tres Cordialement. Lucie

  • boidoux

    bien expliquer rien a dire ,...……… je suis la juste par curiosité et Jaime bien le savoir que signifier transgenre ? merci


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